Comment transmettre efficacement des bonnes pratiques « Santé-environnement » à nos enfants

Il y a un art de savoir et un art d’enseigner. – Cicéron

Un bon maître a ce souci constant : enseigner à se passer de lui. – André Gide

 

Bonjour à tous !sante transmettre bonnes pratiques enfants

Sur ce blog je partage avec vous les connaissances que j’acquière au cours de mes recherches. Ces connaissances contribuent à protéger les enfants des polluants du quotidien, et à les mettre au contact d’environnements plus naturels.

 

Si vous êtes parents ou encadrants, vous pourriez avoir envie de transmettre certaines de ces connaissances à des enfants. Par exemple, cette transmission pourrait permettre de :

  • faire comprendre aux enfants pourquoi vous souhaitez mettre en oeuvre certains changements dans leur quotidien : choisir tel aliment plutôt que tel autre, aérer la maison, choisir tel jouet plutôt que tel autre, etc. S’ils en comprennent les raisons, les enfants ont moins tendance à être un frein dans une démarche. Mieux : ils peuvent devenir moteurs ;
  • contribuer à rendre les enfants de plus en plus autonomes dans la gestion des aspects « santé-environnement ». Savoir se protéger des polluants du quotidien et prendre l’habitude de se mettre au contact de la nature, pourrait être un des éléments clés d’une éducation au 21e siècle. Les enfants peuvent être gardés par d’autres personnes (crèche, école, grands-parents, baby-sitter, nounou, …) ; ils deviendront des adolescents et de jeunes adultes dans un monde où des pollutions et des espaces artificiels seront présents autour d’eux : ils ont et auront besoin de maîtriser certaines connaissances et certains « réflexes » de santé environnementale.

 

Personnellement, je souhaite transmettre des connaissances « santé-environnement » à mes enfants, en commençant dès le plus jeûne âge. Comment le faire efficacement ? Voici quelques bonnes pratiques pédagogiques classiques, qui peuvent constituer des points de repère intéressants :

  • expliquer pourquoi on souhaite transmettre les connaissances considérées [1, 10, 11]. Cela permet, notamment, de donner du sens et de susciter l’envie d’apprendre chez l’enfant ;
  • adapter le contenu à transmettre aux spécificités de l’enfant [1, 10, 11] : niveau de connaissances actuel, capacité de compréhension (selon son âge par exemple), vocabulaire maîtrisé, etc.
  • prendre le temps d’expliquer les mots nouveaux ou ceux désignant une notion complexe, à l’aide de paraphrases, d’exemples illustratifs, de métaphores, de comparaisons, etc. [10, 11]. Autant que possible, décomposer en informations élémentaires. Ces informations élémentaires pourront être présentées petit à petit, des plus simples vers les plus complexes [4, 9, 11] ;
  • faire des liens avec d’autres connaissances, acquises par ailleurs [2, 8, 10, 11]. Les connaissances transmises peuvent aussi être mises en regard :
    • des valeurs retenues pour l’éducation de l’enfant [6]. Par exemple : prendre soin de sa santé, protéger les autres, partager les informations utiles, construire une connexion avec la nature ;
    • des actions mises en œuvre par les communautés auxquelles appartient l’enfant [6, 8]. Par exemple : travaux menés par des associations locales, Agenda 21 de l’école, politique de santé de la commune, Plan Régional Santé Environnement (PRSE) ;
    • le contenu de grands accords internationaux. Par exemple : Convention sur la diversité biologique, Accord de Paris sur le climat, Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants, Convention sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance ;

 

Transmettre connaissances sante environnement

 

  • poser des questions pendant la transmission de connaissances, afin de susciter la réflexion et de maintenir l’attention de l’enfant [8, 10, 11]. Idéalement, ces questions sont suivies d’un temps de pause ;
  • quand la connaissance considérée s’y prête, solliciter plusieurs modalités sensorielles [3, 4, 8, 10, 11] :
    • modalité auditive (ce que nous entendons),
    • modalité visuelle (ce que nous voyons), par exemple en utilisant des dessins ou des graphiques,
    • modalité tactile (ce que nous ressentons), par exemple à l’aide d’activités pratiques s’appuyant sur des objets physiques ;
  • utiliser des marqueurs verbaux pour aider l’enfant à faire la distinction entre ce qui important (ou plus important) et ce qui ne l’est pas (ou moins) [8]. Par exemple : « il s’agit d’une chose à bien comprendre », « ceci est important », « ça, garde le bien en tête » ;
  • s’assurer de la bonne compréhension : poser des questions [1, 4, 8, 11], inviter à la reformulation [1, 3, 4, 10], simuler une mise en situation [6, 8], inviter à l’action [2], suggérer de transmettre la connaissance à d’autres enfants [5] ;
  • mettre en application la connaissance acquise [1, 2, 4, 5, 6, 8, 9, 10, 11, 14]. Faire participer l’enfant à la définition des modalités pratiques et à la mise en application en tant que telle. Progressivement, l’autonomie de l’enfant pourra être favorisée, en s’appuyant en chemin sur l’accompagnement d’un adulte. Idéalement, la mise en pratique est présentée comme une contribution à un objectif plus large [6, 8] ;
  • imprégner de bienveillance chaque étape de la transmission de connaissances. En particulier, la violence physique et verbale, ainsi que l’intention de faire peur, sont des options (discutables et qui s’avèrent) peu efficaces en pratique [15] ;
  • laisser l’enfant « essayer avant de réussir », en acceptant le risque qu’il ne réussisse que partiellement ou maladroitement ce qui était demandé [2, 13, 14], dans les premiers temps. La patience et la compréhension sont ici essentielles : l’erreur fait partie du processus d’apprentissage. Les réussites et les erreurs peuvent être valorisées ;
  • féliciter d’une bonne compréhension et d’une bonne mise en application. Dans le cas contraire, encourager à la persévérance [2] ;
  • utiliser la répétition pour favoriser l’acquisition [3, 8, 10, 11], par exemple en planifiant des rappels réguliers. En s’appuyant sur la mise en pratique, ce processus favorise l’inscription dans la mémoire à long terme ;
  • envisager la possibilité de transmettre la connaissance à plusieurs enfants en même temps, par exemple en petits groupes de deux à quatre enfants. La transmission pourra être suivie d’un partage de leur compréhension respective (« apprentissage coopératif») [4, 5, 8, 10, 11, 12] ;
  • considérer la possibilité d’utiliser le jeu pour apprendre [7] ;
  • se montrer soi-même exemplaire quant à la mise en pratique de la connaissance transmise [8]. Exemplarité ne signifie pas forcément perfection : l’enfant est généralement capable de percevoir notre intention et nos efforts, même quand la réussite n’est pas complète.

 

Ces bonnes pratiques sont issues de quelques recherches bibliographiques ; elles s’appuient sur le contenu des documents cités en référence. Néanmoins, ce domaine se trouve en dehors de mon strict champ de compétences. Si vous avez des suggestions et des retours d’expériences utiles, partagez-les dans les commentaires !

Photo par elaine et Ludo Rouchy

 

Références :

  1. Académie d’Orléans-Tours. Guide de bonnes pratiques pédagogiques –- date non disponible – http://svt.tice.ac-orleans-tours.fr/php5/infossvt/ipr/guide.pdf
  2. Académie de Grenoble – Inspection pédagogique régionale. Socle de connaissances et de compétences – Guide de bonnes pratiques. 2012-2013 – http://www.ac-grenoble.fr/socle/file/guide-bonnes-pratiques-competences.pdf
  3. Effets des pratiques pédagogiques sur les apprentissages. Institut Français de l’Education (IFE) – Ecole Normale Supérieure de Lyon. Dossier d’actualité veille et analyses – n° 65 – Septembre 2011
  4. Cusset PY. Les pratiques pédagogiques efficaces – Conclusions de recherches récentes. France Stratégie 2014. http://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/doc_de_travail_12aout_vupyc-11-09.pdf
  5. Lemonnier F, Bottéro J, Vincent I et al. Référentiel de bonnes pratiques – Outils d’intervention en éducation pour la santé : critères de qualité. Editions INPES
  6. Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) – Secteur de l’Éducation. Éducation pour le développement durable – Bonnes pratiques dans l’éducation de la petite enfance. Bonnes pratiques N°4 – 2012
  7. Société Française de Pédiatrie. Difficultés et troubles des apprentissages chez l’enfant à partir de 5 ans. Concept Santé
  8. Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) – Institut international de la planification de l’éducation. Accroitre l’efficacité des enseignants. http://unesdoc.unesco.org/images/0013/001376/137629f.pdf
  9. Bissonnette S, Richard M, Clermont G et al. Quelles sont les stratégies d’enseignement efficaces favorisant les apprentissages fondamentaux auprès des élèves en difficulté de niveau élémentaire ? Résultats d’une méga-analyse. Revue de recherche appliquée sur l’apprentissage 2010 ; vol. 3, p. 1–35.
  10. Inspection Académique de Tarn-et-Garonne. Questions Vives – Repères pour des pratiques d’enseignement efficaces. 2009.
  11. Gauthier C, Mellouki M, Simard D et al. Quelles sont les pédagogies efficaces ? Un état de la recherche. Fondation pour l’innovation politique
  12. Robinson K. Bring on the learning revolution! Conference TED – 2010. https://www.ted.com/talks/sir_ken_robinson_bring_on_the_revolution?language=fr
  13. Blondel C. L’éducation positive. Conference TEDx – 2011. http://tedxtalks.ted.com/video/TEDxLyon-Claire-Blondel-Lduca-2
  14. Poussin C. Apprends-moi à faire seul : La pédagogie Montessori expliquée aux parents. Eyrolles 2011.
  15. Gueguen C. Pour une enfance heureuse. Robert Laffont 2014.
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10 Commentaires

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  5. Aurore

    Bienveillance et exemplarité: La clé selon moi 🙂
    Peut-être ajouter la patience

    Répondre
  6. Guillaume (Auteur de l'article)

    🙂
    Je comprends que la patience était incluse dans le « L’erreur fait partie du processus d’apprentissage » ; je vais faire un ajout dans le texte pour que cela soit plus explicite 😉

    Répondre
  7. F-Xavier

    Et pour déculpabiliser bcp d’entre nous rappeler que exemplarité ne veut pas dire perfection! L’enfant (l’autre en general) perçoit notre intention et notre effort même si nous ne réussissons pas à 100%.

    Répondre
    1. Guillaume (Auteur de l'article)

      Merci F-Xavier, cela me parait très sage tout ça 🙂 Je vais compléter le texte avec ce contenu

      Répondre
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