La santé environnementale selon l’Académie américaine de pédiatrie (5/5)

On continue à vaporiser des insecticides dans les maisons et même dans les chambres d’enfants (alors qu’une bonne moustiquaire règle facilement le problème), on continue à consommer de l’aspartame, les mères encouragent leur progéniture à passer à des boissons « light » plutôt qu’à l’eau, on continue à se pommader de cosmétiques aux parabènes ou de crèmes solaires aux nanoparticules dont on ne connaît pas la toxicité … - Pr Jean-François Narbonne

Quand leur ajout ne correspond pas à un besoin précis autre que l’amélioration de l’attractivité du produit, par exemple dans les bonbons ou les chewing-gums ainsi que dans tout objet et jouet à destination des enfants, [les nanoparticules] devraient être interdites car elles n’apportent aucun avantage. - Pr Francelyne Marano

Chronique de “Protecting Your Child’s Health” (Protéger la santé de votre enfant), qui traite de santé environnementale en pédiatrie

pédiatrie et santé environnementale : un parent donnant de la protection pour la santé de son enfant

de l’Académie américaine de pédiatrie, 295 pages, publié en 2020

 

Dans le domaine de la pédiatrie, l’Académie américaine constitue un organisme de référence au niveau international. Elle aborde notamment le thème de la santé environnementale.

Ce livre s’adresse aux parents qui s’interrogent sur les pollutions environnementales et sur leurs effets sanitaires chez les enfants. Son objectif est de fournir des réponses pratiques aux questions de la vie quotidienne, ainsi que de proposer des moyens pour entourer les enfants d’environnements sains.

 

Santé environnementale selon l’Académie américaine de pédiatrie : quelques informations et points de vue intéressants

Voici une liste d’informations et de points de vue, portant sur le lien entre pédiatrie et santé environnementale, et que je souhaite partager avec vous.

  • Certaines substances s’accumulent dans le corps au fil du temps. Souvent, leurs effets dépendent de la quantité à laquelle une personne est exposée. Dans ce cas, les enfants et les adolescents présentent plus de risques que les adultes, parce que leur exposition commence plus tôt dans la vie.
  • Pendant l’adolescence, l’exposition à un produit cancérigène peut fortement augmenter le risque de développer cancer. En effet, l’adolescence correspond à une période de croissance rapide.
  • Les amalgames contenant du mercure constituent un matériau de résistance durable pour le remplissage des caries. Il n’existe aucune preuve scientifique que ce matériau dentaire couramment utilisé cause des dommages aux enfants, Néanmoins, il produit de faibles expositions au mercure. Au regard de ces expositions, remplacer les amalgames ne parait pas nécessaire et peut affaiblir les dents.
  • Dans la majorité des cas, les examens radiographiques correspondent à de très faibles risques pour la santé des enfants. En règle générale, les bénéfices qu’ils apportent dépassent largement les risques associés.
  • Les risques de leucémie infantile augmentent avec l’exposition aux pesticides, aux solvants, à la pollution atmosphérique liée au trafic et au tabagisme du père. Par conséquent, il est plus prudent de limiter ces expositions pendant la grossesse et tout au long de la vie des enfants.

 

Mener l’enquête soi-même

  • En règle générale, réaliser de soi-même des analyses de sang pour ses enfants, afin de connaitre les concentrations associées en polluants, constitue une démarche d’intérêt limité. En effet, les tests de laboratoire disponibles pour la population générale sont souvent peu fiables. De plus, il existe très peu de valeurs sanitaires pour interpréter les résultats obtenus.
  • Par ailleurs, une analyse de sang procure une « photographie » instantanée qui peut parfois s’avérer trompeuse. En effet, une analyse de sang ne donne notamment pas d’information sur l’évolution des concentrations mesurées.  Par exemple, un niveau de concentration de 10 pourrait moins préoccuper dans le cas d’un polluant rapidement détoxifié, comparé à un niveau de 1 pour un contaminant restant dans le corps pendant plusieurs dizaines d’années.
  • Le plus souvent, il est impossible de relier rigoureusement un cas particulier de maladie infantile avec une pollution environnementale particulière. En effet, très fréquemment, le niveau de connaissances scientifiques est faible et les effets de cette pollution sont non-spécifiques. En d’autres termes, d’autres pollutions environnementales peuvent créer les mêmes effets et estimer les contributions attribuables à chacune n’est généralement pas réalisable.

 

Les recommandations proposées dans ce livre incluent notamment :

    • pour diminuer les expositions au champs émis par les téléphones mobiles, privilégier l’usage des SMS ; préférer une utilisation avec haut-parleur activé ou avec un kit mains libres ; maintenir le téléphone mobile à une distance d’au moins quelques centimètres de la tête ; ne faire que des appels courts ou essentiels ; éviter l’utilisation dans des contextes qui conduisent les téléphones à émettre plus intensément ; par exemple : réseau peu présent (faible « nombre de barres »), transport, ascenseurs…
    • dans le choix d’une crème solaire, vérifier que l’étiquette inclut « large spectre ». Cela signifie que l’écran solaire va filtrer la plupart des rayons UVB et UVA. Un facteur de protection solaire (FPS) de 15 devrait suffire dans la plupart des cas.

 

pédiatrie santé environnementale : sœurs dans la nature

 

Santé environnementale selon l’Académie américaine de pédiatrie : quelques extraits de Protéger la santé de votre enfant

Le département de l’Éducation de la Californie exige que les nouvelles écoles soient construites à certaines distances minimales des lignes de transmission. Ces distances, 100 pieds (pi) (30 mètres [m]) pour les lignes électriques de 100 kV et 76 m (250 pi) pour les lignes électriques de 345 kV, ont été choisies sur la base d’évaluation des champs électriques associés, de sorte que ces distances correspondent à un retour au niveau de fond ambiant. Toutes les réglementations actuelles concernent les lignes de transmission, et aucun État n’a adopté de règlements régissant les lignes de distribution, les sous-stations, les appareils électroménagers.

Le principe de précaution n’étouffe-t-il pas l’innovation ? Étant donné que le principe de précaution exige explicitement que les experts et le public explorent d’autres technologies et solutions, il peut améliorer l’innovation. Par exemple, il serait préférable de développer des énergies renouvelables et propres pour répondre à la demande accrue d’énergie plutôt que de créer davantage de centrales au charbon. L’utilisation de pigments biodégradables, non toxiques et ne contenant pas de métaux serait préférable aux pigments plus anciens contenant des substances chimiques et des métaux lourds connus cancérigènes.

 

Risques attribuables et causalité

Notre enfant est atteint de leucémie et a été exposé à des lignes électriques. Cela aurait-il pu causer la leucémie ? Déterminer la cause de la leucémie de votre enfant dépasse actuellement la capacité de la science. Même lorsque les scientifiques sont convaincus qu’un facteur, comme le rayonnement ionisant, peut causer une leucémie infantile, il est impossible d’être certain qu’un cas particulier de leucémie a été causé par une radiothérapie. Il est encore plus problématique de déterminer dans quelle mesure les champs électriques et magnétiques des lignes électriques contribuent à une maladie, et c’est parce qu’il n’y a que de faibles preuves scientifiques montrant que ces champs peuvent causer des effets sanitaires.

Plusieurs enfants de notre quartier ont un cancer. Est-ce que cela pourrait être causé par la même chose ? Bien que la plupart des causes environnementales du cancer chez l’homme aient d’abord été reconnues par l’apparition d’un groupe de cas [« cluster »], ces découvertes sont peu fréquentes et impliquent généralement des cancers rares et attribuables à de fortes expositions à une substance cancéreuse. Les nombreux types de cancer (plus de 80) donnent lieu à des milliers de clusters aléatoires chaque année aux États-Unis, dans des quartiers, des écoles, des clubs sociaux, des équipes sportives, et d’autres groupes de personnes. […] Dans la plupart des clusters de quartier, il existe de nombreux types différents de cancers et de nombreuses causes différentes, plutôt qu’une seule cause.

 

Mon avis

Les « + » :

  • un tour d’horizon des principales questions des parents. Les réponses proviennent d’experts de pédiatrie et de santé environnementale. Ce tour d’horizon inclut la période de l’enfance et celle de l’adolescence, ce qui est assez rare. Pourtant, la puberté constitue bien une des fenêtres de vulnérabilité de grand intérêt ;
  • très riche en recommandations utiles et ciblées sur les besoins des parents ;
  • le format « questions / réponses », concret, pratique et qui donne un certain dynamisme au style de l’ouvrage ;
  • la mise en avant de l’aspect multicritère de la gestion des problèmes de santé environnementale. Souvent, il n’y a pas de réponse évidente, qui s’appliquerait uniformément à toutes les familles. Une fois les données factuelles connues, différents parents pourront choisir différentes réponses. Ces réponses dépendront en fonction de la situation particulière de leur enfant et de leur famille ;
  • des avertissements utiles. Je pense notamment à la capacité citoyenne à mesurer et à interpréter les taux de polluants dans le sang ;
  • une approche qui se veut factuelle et équilibrée. Le livre présente à la fois des préoccupations étayées par des faits et des préoccupations qui ne le sont pas. Parfois, ces dernières peuvent même contredire les preuves disponibles.

 

Les « – » :

  • non traduit en français à la date de rédaction de cette chronique ;
  • certaines analyses sont très spécifiques au contexte des Etats-Unis. Par exemple, celles portant sur la réglementation actuelle et sur l’information du public ;
  • des propositions de mécanismes de toxicité peuvent appuyer certaines préoccupations parentales. Pour ces cas, j’aurais bien aimé avoir plus d’explications sur ce qui permet d’affirmer « le risque est très faible ».

 

Image par cherylholt

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