Faites-vous partie des parents qui prennent en main la santé de leurs enfants ?

Musique par Ronan Vernon

Dessin par iamo’i’s

Il n’y a que les pères et les mères qui s’affligent véritablement de la maladie de leurs enfants. – Confucius

C’est souvent très frustrant de constater le faible impact du travail scientifique sur l’action politique et régulatrice. – Andreas Kortenkamp

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Bonjour à tous !

A l’occasion d’un article précédent, nous avons évoqué les pratiques que Walden ou la Vie dans les bois, l’œuvre de Henry David Thoreau, pouvait suggérer en matière de santé environnementale. Au-delà de ces aspects pratiques, j’aime également l’approche générale de Thoreau. Par exemple, toujours dans Walden, il affirme que « tout homme est le bâtisseur d’un temple, appelé son corps » et que « nous sommes tous sculpteurs et peintres, et nos matériaux sont notre chair, notre sang, nos os ». Thoreau reprend ainsi une des idées qui traversent l’histoire de la philosophie – façonner sa propre personnalité, idée que l’on retrouve initialement chez Plotin : « Ne cesse pas de sculpter ta propre statue » – en l’appliquant aux domaines du corps et de la santé. Et il me semble effectivement qu’un très bon niveau de santé est atteignable, grâce à une action au niveau individuel.

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Agir pour la bonne santé des enfants

Quelle statue sculpter pour les enfants dont on s’occupe et qui ne sont pas encore autonomes ? Un corps en pleine santé, au sens de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) [1], me parait un objectif à la fois minimal et enthousiasmant : « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. »

Malheureusement, l’état de santé de la population générale est assez éloigné de cette référence. Certains auteurs parlent de « crise sanitaire », dont les pollutions environnementales sont une des causes principales [9, 21, 26, 52], la situation étant plus particulièrement préoccupante pour les enfants [53-65, 82]. Aujourd’hui, en l’absence d’action au niveau individuel, le risque de maladie chronique pour les enfants est bien trop élevé à mon goût.

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Santé enfants prendre main 2

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Des médecins généralistes souvent peu informés

Certains demandent : « Mais que font les médecins de proximité ? » En matière de santé environnementale, les médecins généralistes sont souvent peu informés : ce domaine scientifique, relativement jeune, n’a pas fait partie de leur formation initiale [2-4, 16, 17, 20-24, 27, 29, 30, 41-43] ; et leur emploi du temps, fréquemment très chargé, leur laisse souvent peu de temps pour compléter et mettre à jour leurs connaissances [4, 5], alors que la santé est un domaine où la production de nouvelles données est constante. Dans ce contexte, la pollution de l’environnement peut être perçue principalement comme un problème de société, éloigné de la pratique quotidienne classique [2, 4, 83].

Ce manque de connaissance a été identifié par les pouvoirs publics depuis longtemps, sans que la situation ait été corrigée à ce stade. Ainsi, une commission d’enquête parlementaire, qualifiant la santé environnementale de « serpent de mer des cursus de formation » [78], a conclu encore en 2020 : « Sur le terrain, le rôle des professionnels de santé reste également central alors que leur formation en santé environnementale est lacunaire. Il faut faire une plus grande place dans le cursus médical à l’étude des facteurs environnementaux émergents en rendant leur enseignement obligatoire dans les formations » [78].

Par ailleurs, la création de la Sécurité sociale, en 1945, a orienté les dépenses de santé vers la guérison des maladies, vers le curatif plutôt que vers le préventif [2, 9, 20, 38, 66, 78, 83] : pour certains médecins généralistes et certains pédiatres, encore aujourd’hui, chaque pathologie peut ou pourra être guérie à l’aide d’un médicament [4, 12, 67]. Au niveau européen, seuls 3 % des dépenses de santé sont alloués à la prévention des maladies [76, 77] ; pour la France, l’estimation de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) est inférieure à 2% depuis plus de 10 ans [18], ce qui correspond au 18e rang européen.

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Des pouvoirs publics trop lents et dans le compromis

D’autres demandent « Mais que font les pouvoirs publics ? » Les décisions prises par les pouvoirs publics font souvent l’objet de critiques et de suspicions diverses : influence de lobbies, connaissances trop limitées des sujets, mauvaise prise en compte des contraintes pratiques « de terrain », manque de consultation des différentes parties prenantes, manque de dynamisme, etc. Au travers de mon métier d’évaluateur de risques auprès de ministères, j’ai pu observer quelques processus de décision réglementaire. Sans prétendre à la représentativité, ceux que j’ai observés :

  • d’un côté, m’ont rassuré : d’une manière générale, les acteurs publics impliqués m’ont paru maîtriser leur sujet, à l’écoute des différents points de vue (des industriels aux ONG), impliqués, soucieux des enjeux liés aux aspects pratiques, etc.
  • d’un autre côté, m’ont inquiété : dans un contexte multi-enjeux, souvent riches en incertitudes [17,19, 30, 38, 41, 46-49, 70-72] et présentant des budgets disponibles en diminution depuis des années [20, 38, 45] (deux exemples parlants : les dépenses de recherche en santé environnementale représentent moins de 0,01 % de ces dépenses de santé [78] ; « la politique de santé-environnement, concernant plus de 60 000 décès par an, est pilotée par 0,4 ETP«  (CGEDD) [78, 80]),  le processus de décision publique me parait bien trop long. En règle générale, les acteurs publics doivent :
    • attendre de rassembler un grand nombre de preuves, afin d’être certains de la robustesse et de la validité de leur hypothèse (ce qui, en science, peut être difficile et long [20, 27, 38, 41, 46, 68-72]) ;
    • faire participer un grand nombre d’acteurs au processus de décision : groupes de travail, consultation publique, etc.
    • concilier au mieux des intérêts souvent divergents [17, 46-49, 70-72] ;
    • évaluer les impacts potentiels de leur décision (avec de faibles moyens, pour ce que j’ai vu) ;
    • obtenir l’avis ou la validation de différentes instances : autres services de l’Etat concernés, commissions consultatives, Secrétariat général du gouvernement (ex-Commissaire à la simplification), Commission européenne, Conseil d’Etat, etc.

Ces différentes étapes ne sont pas, en elles-mêmes, injustifiées, bien entendu [84]. Mais leur mise en œuvre est lourde et demande du temps. Et le processus est encore plus long concernant les textes législatifs, avec notamment des passages à l’Assemblée Nationale et au Sénat. Par ailleurs, la fréquente rotation des fonctionnaires des ministères de la santé et de l’écologie [50], avec le temps de montée en compétences associé à chaque nouvelle prise de poste, ralentit également le pilotage du processus global.

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Cette longueur dans la prise de décision a parfois même été caricaturale et a pu, dans certains cas tristement célèbres, laisser s’accroître l’impact sanitaire initial [9, 13, 1517, 27, 28, 38, 70-74, 78] : amiante, Distilbène, chlordécone, plomb dans l’essence, etc. David Servan Schreiber en donne une autre illustration [4], que je trouve assez parlante : « En 1950, 80 % des hommes fumaient dans les pays occidentaux. Cette habitude était considérée comme parfaitement inoffensive, y compris par les médecins. Dans les journaux médicaux, on trouvait des publicités pour les Gauloises ou les Marlboro. Cette année-là, le docteur Richard Doll, de l’université d’Oxford – lui-même fumeur –, a démontré sans l’ombre d’un doute que le tabac était la cause directe de l’explosion du cancer du poumon. Avec plus d’un paquet par jour, le risque était jusqu’à trente fois plus grand ! Il a fallu attendre vingt-deux ans avant que soit prise la première mesure gouvernementale contre le tabac et cinquante-sept ans pour qu’il soit interdit dans les lieux publics en France ».

Encore récemment, pour certains risques bien connus, comme ceux liés au radon ou au monoxyde de carbone, le retard de l’action des pouvoirs publics est déplorée par certains épidémiologistes [25]. Encore plus frustrant : l’étiquetage des meubles portant sur leurs émissions de polluants dans l’air intérieur, pourtant inscrit dans la loi dès 2010 [31] et (re)recommandé en 2015 par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) [32], n’a toujours pas été mis en place.

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Trop peu de résultats en santé-environnement

Plus généralement, fin 2018, les propres inspecteurs de l’Etat – Inspection générale des affaires sociales (IGAS) ; Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) – ont estimé que le troisième plan national santé-environnement (PNSE3) a eu très peu d’impact sanitaire positif mesurable [42, 43]. D’après William Dab, épidémiologiste et ancien Directeur général de la santé (DGS), « le constat tiré par les inspecteurs est particulièrement affligeant, […] Il est très rare que, sur un sujet aussi important que l’impact de l’environnement sur la santé, une politique publique se situe à un tel niveau de défaillance. » [44]. Le rapport d’une commission d’enquête parlementaire a également conclu en 2020 que « le plan national santé-environnement est ineffectif, en partie du fait d’une absence de volonté politique pour le porter […] le plan national santé-environnement ne sert à rien » [78].

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Voici un dernier exemple symbolique, qui malheureusement restera d’actualité encore de nombreuses années ; il concerne les valeurs réglementaires portant sur les particules fines (PM2,5) dans l’air ambiant [33-36, 38] :

  • en France, la valeur limite réglementaire est de 25 µg/m3 en moyenne annuelle (elle pourrait être abaissée à 20 µg/m3 à l’initiative de l’Union Européenne [75]) ;
  • la valeur guide de l’OMS est de 10 µg/m3 en moyenne annuelle ; cette valeur guide existe… depuis 2005 !
  • tenant compte des connaissances scientifiques produites depuis 2005, l’OMS a entamé des travaux pour abaisser la valeur guide de 10 µg/m3. Les résultats de ses travaux sont planifiés pour 2021…

En complément, je liste quelques autres exemples symboliques en fin d’article.

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Cette longueur dans l’action des pouvoirs publics n’est pas spécifique à la France ; on en trouve également des exemples au niveau européen. Le plus emblématique me parait être celui de la réglementation générale sur les produits chimiques. Selon les Professeurs Marano, Barouki et Zmirou, qui participent à de nombreuses de prises de décisions publiques en santé-environnement [17] : « Le dispositif de gestion des risques des substances chimiques qui précédait REACh [l’actuel dispositif, en vigueur depuis 2007] était complexe, inapplicable, lent et, de ce fait, non protecteur. […] La très grande majorité des substances présentes sur le marché étaient produites, utilisées et éliminées (avec les déchets) sans que l’on ait la moindre connaissance des risques encourus ».  

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Parents et pouvoirs publics : des logiques de choix différentes

Même en imaginant une plus grande réactivité, il me semble que les décisions des pouvoirs publics seront très souvent multicritères, car essayant de concilier au mieux de multiples enjeux : sanitaires, économiques, techniques, politiques, sociaux, etc. Les décisions publiques ne sont donc pas uniquement motivées par des aspects sanitaires : par exemple, la concentration de référence pour les PM2.5 dans l’air ambiant, fixée par l’Union Européenne [6], est supérieure à la recommandation sanitaire de l’OMS [7, 8, 38].

Or moi, à mon échelle de parent, je souhaite baser mon action sur des décisions visant à protéger la santé de mes enfants, avant tout. Par exemple, à titre personnel, j’aimerais éviter un maximum de compromis entre la santé de mes enfants et certains intérêts industriels, qui s’imposeraient à moi par l’intermédiaire de réglementations lacunaires ou insuffisamment protectrices. Je considère que m’informer sur les options basées uniquement sur le critère sanitaire fait partie de mon rôle de parent. Et compte tenu de l’efficacité très imparfaite des systèmes de protection mis en place par les pouvoirs publics, cela me parait également une véritable nécessité pour permettre que mes enfants puissent atteindre un bon niveau de santé.

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Enfants santé prendre main

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De multiples écoles de pensée existent en matière de santé. Toutes celles que j’ai eu l’occasion d’approfondir partagent certaines recommandations de base : une alimentation équilibrée, une activité physique régulière, des temps de repos suffisants, une bonne gestion du stress et des émotions, des relations sociales de qualité avec un nombre restreint de personnes, une exposition réduite aux polluants, un contact régulier avec la nature… ce qui pourrait être résumé par mimer le mode de vie de nos ancêtres dans le monde moderne. Ces recommandations font partie, pour une bonne part, des choses sur lesquelles nous pouvons agir [12]. Et ce blog a pour vocation de vous accompagner, pour mettre en œuvre les deux dernières recommandations citées (une exposition réduite aux polluants et un contact régulier avec la nature) auprès de vos enfants.

Paul Émile Victor s’inquiétait à « la pensée que l’homme est capable de s’habituer aux pires conditions de vie ». Pour y faire écho, je m’efforce de garder en tête la formule d’Oscar Wilde, « la santé est le premier devoir de la vie », associée à la recommandation de Jacques Attali, conseiller de trois présidents de la République : « Agissez comme si vous n’attendiez plus rien du politique ». 

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J’aimerais bien savoir dans quelle mesure cette approche vous parle. Peut être que certains d’entre vous ont une grande confiance dans l’efficacité de l’action des pouvoirs publics ; j’imagine que d’autres sont encore plus réservés que moi. Partagez votre point de vue dans les commentaires !

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Photos par Liz West, Gep Pascual, UNIS Vienna, lan

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Références

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  2. Dr Michèle Muhlmann Weill. Pour le développement d’une médecine environnementale. Forum Démocratique Européen – http://sustainabledevelopment.unblog.fr/contributions-des-membres/pour-le-developpement-dune-medecine-environnementale-par-le-dr-michele-muhlmann-weill/
  3. Action 55 du 2e Plan National Santé Environnement(PNSE2) – http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/PNSE2.pdf (Consulté le 8/10/2015) –> http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/PNSE2.pdf
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  5. How the e-patient community helped save my life: an essay by Dave deBronkart. BMJ 2013; 346 doi: http://dx.doi.org/10.1136/bmj.f1990
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  9. Cicolella A. Toxique planète – Le scandale invisible des maladies chroniques. Anthropocène 2013
  10. Halimi P. La grande détox – Comment éviter les poisons du quotidien ? Calmann-Levy 2015.
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  15. Le Houézec D. Le profit nuit gravement à la santé. Site Internet LeMonde.fr – 2014 – http://prevention.blog.lemonde.fr/2014/04/25/le-profit-nuit-gravement-a-la-sante/.
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  73. Gaille M. Pathologies environnementales-Identifier, comprendre, agir. CNRS Editions 2018.
  74. Kah O. Les Perturbateurs endocriniens. Éditions Apogée 2016.
  75. Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Les normes de qualité de l’air ambiant. 2017. https://www.anses.fr/en/system/files/AIR2016SA0092Ra.pdf
  76. Agence Européenne Environnement (AEE). Healthy environment, healthy lives: how the environment influences health and well-being in Europe. 2020. https://www.eea.europa.eu/publications/healthy-environment-healthy-lives
  77. Eurostat. Healthcare expenditure statistics’, Eurostat – Statistics Explained. 2019. https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php/Healthcare expenditure_statistics. Accès le 14/12/2019.
  78. Toutut-Picard E, Josso S. Rapport fait au nom de la commission d’enquête sur l’évaluation des politiques publiques de santé environnementale – Tomes 1 et 2. Assemblée Nationale 2020. https://www2.assemblee-nationale.fr/15/autres-commissions/commissions-d-enquete/commission-d-enquete-sur-l-evaluation-des-politiques-publiques-de-sante-environnementale/(block)/RapEnquete/(instance_leg)/15/(init)/0-15 ; incluant les auditions de Sébastien Denys (Santé Publique France) et Raymond Cointe (Ineris)
  79. Lydiane Agier, Xavier Basagaña, Carles Hernandez-Ferrer, Léa Maitre, Ibon Tamayo Uria, Jose Urquiza, Sandra Andrusaityte, Maribel Casas, Montserrat de Castro, Enrique Cequier, Leda Chatzi, David Donaire-Gonzalez, Lise Giorgis-Allemand, Juan R Gonzalez, Regina Grazuleviciene, Kristine B Gützkow, Line S Haug, Amrit K Sakhi, Rosemary R C McEachan, Helle M Meltzer, Mark Nieuwenhuijsen, Oliver Robinson, Theano Roumeliotaki, Jordi Sunyer, Cathrine Thomsen, Marina Vafeiadi, Antonia Valentin, Jane West, John Wright, Valérie Siroux, Martine Vrijheid, Rémy Slama, Association between the pregnancy exposome and fetal growth. International Journal of Epidemiology 2020 ; 49(2) : 572–586. https://doi.org/10.1093/ije/dyaa017
  80. Pipien G, Vindimian É. Évaluation du troisième plan national Santé-Environnement – Rapport n° 011997-01. Ministère en charge de l’environnement – Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) 2018. https://cgedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/documents/Affaires-0010730/011997-01_rapport-publie.pdf
  81. Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Base de données en ligne Statistiques de l’OCDE sur la santé 2020. 2020. https://www.oecd.org/fr/sante/base-donnees-sante.htm (Consulté le 08/02/2021)
  82. Cyrulnik B, Benachi A, Filliozat I. 1000 premiers jours – là où tout commence. Rapport de la commission des 1000 premiers jours. Ministère en charge de la santé 2020. https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/rapport-1000-premiers-jours.pdf
  83. Mattei J-F. Les liens entre la santé et l’environnement, notamment chez l’enfant. Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) 1996. https://www.senat.fr/rap/r95-245-1/r95-245-1.html
  84. Tamburlini G, Ehrenstein OSv, Bertollini R, et al. Children’s health and environment: a review of evidence: a joint report from the European Environment Agency and the WHO Regional Office for Europe. 2002. https://www.eea.europa.eu/publications/environmental_issue_report_2002_29

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Quelques autres exemples symboliques de retard des pouvoirs publiques

Nitrates

  • (Rapport annuel 2018 de l’Autorité environnementale – http://www.cgedd.developpement-durable.gouv.fr/le-rapport-annuel-2018-de-l-autorite-a2734.html) « Les PAR nitrates sont une illustration exemplaire de plans visant la protection de l’environnement. Ils déclinent le plan national lui-même pris en application de la directive n° 91/676/ CEE du 12 décembre 1991 concernant « la protection des eaux contre la pollution par les nitrates d’origine agricole ». L’article R. 211 – 80 du code de l’environnement indique que « ces programmes comportent les mesures et actions nécessaires à une bonne maîtrise des fertilisants azotés et à une gestion adaptée des terres agricoles dans ces zones, en vue de limiter les fuites de nitrates à un niveau compatible avec les objectifs de restauration et de préservation de la qualité des eaux souterraines, des eaux douces superficielles et des eaux des estuaires, des eaux côtières et marines ». L’Ae a relevé ces objectifs, les a pris comme référence et s’est attachée à analyser dans quelle mesure les programmes régionaux étaient bien à même de les atteindre. Le bilan est plus que mitigé. Seule la Bretagne, partie d’une situation exceptionnellement excédentaire en azote, fait état d’améliorations significatives mais les quelques résultats favorables restent dans toutes les régions limités, insuffisants et fragiles, sans pouvoir être toujours attribués aux mesures du plan. […] Aucun des maîtres d’ouvrage régionaux n’a pu démontrer que les mesures prises pour diminuer la pression azotée de l’agriculture sur les milieux aquatiques pouvaient conduire à supprimer à terme les excédents d’azote et l’eutrophisation d’origine agricole. Dans bien des cas, il n’est même pas envisageable de prédire les teneurs en azote dans les eaux. […] Dans le prolongement de son avis rendu en 2016 sur le plan d’action national qui portait en germe les limites des orientations prises, l’Ae a donc été amenée à adopter des avis très critiques sur chacun des PAR nitrates qu’elle a examinés, d’autant plus qu’il s’agissait de la sixième génération de plans […] Il apparaît même surprenant que l’un d’entre eux, alors qu’il n’a pu que constater des dégradations par rapport aux résultats antérieurs, se soit borné à reconduire les mesures, au mieux sans régression apparente« 

Plomb dans l’essence

En France, le niveau moyen d’exposition au plomb des femmes est relativement élevé, notamment en raison d’une interdiction tardive du plomb dans l’essence dans l’hexagone (en 2000, soit 20 ans après les États-Unis) [38, 78]. Même chez les femmes présentant une plombémie inférieure à 10 µg / litre, soit une valeur très inférieure au seuil de déclenchement d’une déclaration obligatoire aux autorités sanitaires pour la prévention du saturnisme infantile (50 μg/L), une étude de l’Inserm a trouvé une association avec un plus faible poids de naissance [79].

Formation en santé environnementale pour les professionnels de santé

(Extrait de Toutut-Picard E, Josso S. Rapport fait au nom de la commission d’enquête sur l’évaluation des politiques publiques de santé environnementale – Tomes 1 et 2. Assemblée Nationale 2020) La formation en santé environnementale ressemble à un serpent de mer. Elle figure dans les trois PNSE qui ont été lancés depuis 2004, mais les rapports d’évaluation de chaque PNSE pointent tous l’absence d’avancées concrètes.
a) Le premier PNSE, qui couvrait les années 2004 à 2008, affichait une volonté de « consolider la formation », en développant « une politique de formation en matière d’environnement et de santé, destinée à différentes catégories de publics (professionnels, salariés, élus, citoyens…)1. »
L’action 41 avait pour but « d’intégrer la dimension santé environnementale dans les formations initiales » de l’ensemble des professions de santé et professions à caractère environnemental, notamment des agents de l’État. […]
b) Le deuxième PNSE, en 2009, encourageait dans son action 55 le développement d’une formation initiale en santé environnementale pour former des spécialistes dans le domaine Santé Environnement Travail, mais aussi pour la formation continue.
c) Le troisième PNSE, en 2015, comportait dix-sept actions visant à renforcer la formation. L’action n°104, notamment, avait pour objectif « d’analyser en détail les programmes de formation, tant initiale que continue, des publics relais visés dans les PNSE1 et PNSE2, et compléter les dispositions existantes, les publics concernés étant notamment les professionnels de santé (internes en santé publique, futurs gynécologues, infirmiers…) », mais sans préciser de calendrier de mise en oeuvre.
[…] Pourtant, quinze ans après le lancement du PNSE1, l’offre de formation à destination des professionnels de santé reste selon les cas absente ou « seulement émergente » : « L’action n°104 du PNSE 3 n’apparait ni réalisée, ni même entreprise. […] », lit-on dans le rapport inter-inspections de décembre 2017 relatif à la stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens, cité par les rapports d’évaluation à mi-parcours du PNSE3.
Une impression confirmée par tous les professionnels de santé rencontrés par les inspecteurs de l’IGAS et du CGEDD, ainsi que la quasi-totalité des personnes auditionnées pendant la Commission d’enquête.

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34 Commentaires

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  2. FX

    C’est sûr que ça nous parle et qu’on ne peut pas faire une confiance aveugle aux administrations. Tu parles de lenteur mais quid des lobbys (tabac, amiante pharmacie et chimie et agroalimentaire par ex…)?

    Répondre
    1. Guillaume (Auteur de l'article)

      Hello Fx
      J’évoque « concilier au mieux des intérêts souvent divergents » 🙂 Plus sérieusement :
      – je ne doute pas de leur existence, de leur efficacité et, dans certains cas, de leur utilisation de méthodes douteuses ;
      – je me méfie aussi de l’état d’esprit « théorie du complot » à chaque décision ;
      – il se trouve que, dans les processus que j’ai pu observer, les lobbies industriels ont argumenté au même titre que les autres acteurs. Et quand je connaissais ou faisais partie des acteurs de la décision, je peux te garantir que je n’ai jamais vu de corruption ou de tentative de corruption. Bien entendu, cela ne prétend pas à exhaustivité 😉

      Répondre
      1. Un colibri

        D’après ce que j’ai pu constaté de ma petite expérience, je serai bien tentée de dire que les lobbies industriels mettent surtout les moyens au niveau communautaire aujourd’hui. Ce qui ne veut pas dire qu’ils ressortent « vainqueurs » des débats à chaque fois, mais c’est bien à cet échelon notamment qu’il faut se méfier de leur possible influence. A noter également que leur présence n’a pas que des inconvénients. En effet, j’ai constaté que leur présence et leur compétence dynamisent bien souvent les discussions et obligent certains à plus d’efforts d’analyse qu’ils ne s’en seraient fendus autrement…

        Répondre
        1. Guillaume (Auteur de l'article)

          Intéressant Colibri, merci beaucoup. J’imagine que tu as en tête notamment la définition des perturbateurs endocriniens.
          Je ne connais pas bien l’échelon européen, mais je retrouve bien mes expériences dans ton second point. Il y a des acteurs qui arrivent en mode « dénonciation des grands méchants » avec très peu d’arguments, ce qui fait qu’ils se trompent souvent par manque d’approfondissement des sujets 😉

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  3. Desperate Houseman

    Encore un bel article qui me parle, notamment sur l’absence de prévention. Par contre, de plus en plus de jeunes médecins généralistes essayent de s’y mettre. Certaines sections de la médecine (médecin acupuncteur, médecin Homéo…) s’y sont déjà mis et ces médecins agissent déjà plus en tant que préventeur que curateur.
    Personnellement je suis un parent convaincu au 1er plan de l’impact énorme de la prévention sur la santé de nos enfants. Un exemple concret pourrait être les lavages de nez aux premiers signes d’infection, qui sont dans 90% des cas efficaces pour stopper la bronchiolite. Or, pour un 1er enfant, très peu de parents le font correctement, car ils ne sont pas formés, et peu de pédiatres ont le temps d’expliquer la chose.

    Répondre
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  5. Guillaume (Auteur de l'article)

    Hello Desperate !
    Ton retour sur les généralistes est cohérent avec ce que j’observe aussi autour de moi : bonne nouvelle !
    Ma première n’a pas eu beaucoup de bronchiolites (je sais pas ce que je manque hein ? haha on verra ce qu’on peut faire pour la 2e 🙂 ), mais j’en vois pas mal autour de moi : merci beaucoup pour le partage de la bonne pratique, qui peut être très utile. Ça m’intéresserait de connaitre ce que tu mets derrière « correctement », peut être que tu as une ressource à conseiller ; un de tes articles par exemple.

    Répondre
    1. Un colibri

      D’accord à 100% avec le fait que les parents devraient être « formés » à cela. Personnellement, c’est le kiné de ma fille qui m’y a sensibilisé pour ma première bronchite (je te souhaite au passage d’éviter cela également pour ta deuxième, Guillaume ! ;-)).
      Au passage, j’ajouterai que ce n’est pas toujours que le manque de formation qui l’empêche… mais aussi le manque de courage des parents. Admettons bien sincèrement que c’est juste la galère et le supplice (psychologiquement parlant, pour le parent), quand l’enfant crie et se débat sur la table à langer… Certes, pas pire qu’une séance de kiné respiratoire, mais franchement pas un moment agréable 🙁

      Répondre
      1. Guillaume (Auteur de l'article)

        Desperate on est preneur de tes bonnes pratiques !! 🙂

        Répondre
  6. Marie-Pierre

    Bonjour Guillaume,
    je dirais que la prévention de la santé de nos enfants commencent aussi à la maison. Lorsque mes filles étaient petites (je suis Mamy maintenant), je confectionnais les goûters , car il était exclu qu’elles s’alimentent avec ces trucs emballés au rayon biscuits des supermarchés. Contact avec la nature dès que possible: forêt, campagne, coin de verdure etc… Pas de téléviseur ou des émissions choisis sur le volet (rarement quand même) afin qu’elles ne soient pas influencées par tout ce négatif. Aujourd’hui, ce sont des jeunes femmes épanouies, qui ont fait de brillantes études et qui s’insèrent parfaitement dans la société, tout en continuant à cultiver les valeurs qui leur sont essentielles. Je reconnais que cela est plus compliquée dans certaines ville et la région parisienne. Ma petite fille faisait des otites à répétition, lorsque les enfants vivaient dans le 94. Un toubib avait dit qu’elles étaient dues à la pollution. De fait, lorsqu’ils ont déménagés dans la banlieue toulousaine, otites Adieu…

    Répondre
  7. Guillaume (Auteur de l'article)

    Hello Marie-Pierre !

    Merci pour ton super retour d’expérience, très intéressant.

    A mon sens tu évoques un des secrets de la bonne santé par la prévention : préparer sa nourriture soi-même. Cela permet notamment de moins la transformer, donc de conserver ses qualité nutritives, et de ne pas ingérer des substances pour lesquelles notre corps est peu adapté (additifs, hormones de croissance, résidus de médicaments, pesticides, polluants issus des emballages, etc.). Tes (petits) enfants ont eu bien de la chance d’avoir un cordon bleu à la maison !! 🙂

    Répondre
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