Connaitre les polluants chimiques qui mettent nos enfants en danger, avec Anne-Corinne Zimmer (3/4)

Les enfants, comme la majorité des français, passent plus de 90 % de leur temps dans un espace clos où la pollution de l’air intérieur nuit à leur développement et à leur santé. – France Nature Environnement

Nous sommes les témoins d’une augmentation alarmante des problèmes d’apprentissage et de comportements chez les enfants. […] En 2012, aux Etats-Unis, on estime qu’un enfant sur dix présente un Trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH). En 2014, aux Etats-Unis, 1 enfant sur 68 présente un trouble du spectre autistique. – collectif du projet TENDR (Targeting environmental neuro-developmental risks, Cibler les risques de troubles neurodéveloppementaux liés à l’environnement)

 

Chronique du livre « Polluants chimiques. Enfants en danger »

 polluants enfants danger Zimmer

D’Anne-Corinne Zimmer, 288 pages, publié en 2009

 

Anne-Corinne Zimmer est journaliste scientifique et journaliste d’investigation, spécialisée en santé environnementale.

Ce livre porte sur les substances dangereuses auxquelles les enfants sont exposés par leur environnement quotidien. Il fait l’objet d’une chronique en quatre parties. Cet article est la troisième partie de la chronique. La première partie se trouve ici : Connaitre les polluants chimiques qui mettent nos enfants en danger, avec Anne-Corinne Zimmer (1/4)

Quelques informations et points de vue intéressants, concernant la thématique « Santé des enfants et environnement »

Voici une liste d’informations et de points de vue issus du livre, en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement », et que je souhaite partager avec vous.

  • Selon des travaux de recherche récents, pendant le développement de l‘embryon et du jeûne enfant, des perturbations du développement peuvent être causées par des expositions bien inférieures à celles permises réglementairement.
  • Pendant la vie intra-utérine et les premières années de vie, le système immunitaire des enfants est immature : leur niveau de protection contre les substances toxiques est bien plus faible que celui des adultes. Un enfant n’est pas un adulte miniature.
  • L’histoire de la toxicologie montre que la majorité des substances qui, un temps, on été considérées comme « préoccupantes » par de premières études, se sont effectivement avérées avoir un impact sanitaire significatif après de plus amples études. Par exemple : amiante, distilbène, DDT, PCB, etc. Pourtant, encore aujourd’hui, un haut niveau de preuve est demandé avant d’enclencher de premières actions de gestion des risques.
  • Il existe des périodes où les enfants sont spécialement vulnérables à l’impact des produits chimiques : les « fenêtres de vulnérabilité ». C’est par exemple le cas de certaines périodes de développement du cerveau. Si un processus à été perturbé pendant une de ces fenêtres, les conséquences sanitaires peuvent être graves, mais surtout, il n’y a pas de retour en arrière possible.
  • Certaines substances présentent des modes d’actions (perturbation du système endocrinien, sensibilisation, pénétration via état nanoparticulaire, etc.) qui sont aujourd’hui imparfaitement compris et imparfaitement couverts par les principes classiques de la toxicologie. En pratique, il devient délicat de définir des seuils d’innocuité.
  • Certaines bonnes pratiques permettent de diminuer les expositions des enfants aux substances toxiques. Celles présentées dans le livre incluent :
    • lire la liste des ingrédients avant d’acheter un produit cosmétique ; les substances à éviter incluent : phtalates, parabènes et éthers de glycol. Plusieurs ONG proposent des sélections de produits considérés comme les plus sûrs. Par exemple :
    • privilégier les cosmétiques labellisés « Cosmebio ». Leur composition exclut, notamment, les paraffines et les silicones, les parfums et colorants de synthèse, les composants irradiés ou issus d’organismes génétiquement modifiés, les conservateurs autres qu’alimentaires, les matières premières éthoxylées ;
    • préférer un savon simple à un produit antibactérien pour se laver les mains ;
    • pour pouvoir faire des calins à son bébé sans le contaminer, opter pour le moins de produits de maquillage possible, et les choisir éco-labellisés ;
    • éviter les produits ménagers affichant un pictogramme de danger. S’il n’est souvent pas possible d’obtenir leur composition complète, un tel pictogramme est une indication indirecte de présence probable de substances dangereuses. Préférer les produits affichant l’écolabel européen.

 

polluants-enfants-danger-Zimmer

 

Quelques extraits en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement »

Les limites maximales de résidus (LMR) de pesticides appliquées aux aliments courants sont établies selon le calcul d’un apport journalier maximum théorique (AJMT), c’est-à-dire en fonction de la quantité maximale de résidus qu’un individu est susceptible d’ingérer quotidiennement… mais pour un adulte de 60 kg ! […] Nous sommes loin des quelques 6 ou 7 kilos d’un nourrisson de quelques mois.

Le calcul des LMR de pesticides (lesquelles serviront à vérifier la conformité des produits agricoles) n’intègre donc pas la susceptibilité particulière des organismes en développement, pas plus que le rapport entre poids et quantité de résidus. Et ces limites ne tiennent pas davantage compte des effets combinés de substances actives ayant une même toxicité, un mode d’action identique. Ces résidus apparentés peuvent pourtant être retrouvés au cours d’un même repas tant dans une pomme de terre que dans une poire par exemple, et agir de concert.

[Il est] impossible de faire le tour des ingrédients indésirables contenus dans les cosmétiques. D’autant que tous ne figurent pas sur la liste de la nomenclature internationale des ingrédients des cosmétiques (INCl) pour divers motifs. Au terme de la directive « cosmétiques », ne sont pas considérés comme ingrédients :

– les impuretés contenues dans les matières premières utilisées ;

– les substances employées au cours de la fabrication du produit ;

– celles que les fabricants, sous certaines conditions, et pour des raisons de confidentialité commerciale, ne souhaitent pas voir figurer ;

– celles, enfin, qui sont utilisées dans « des quantités absolument indispensables en tant que solvant ou vecteur des compositions parfumantes et aromatiques ».

Les produits de soins personnels sont donc issus de mélanges complexes, contenant des additifs utilisés pour la fabrication, le stockage, les procédures de production et pour leur conférer certaines qualités, telles que leur parfum. Et à propos desquels, la plupart du temps, le consommateur ne saura rien.

Il est d’ailleurs tout à fait étonnant de voir des publicités télévisuelles montrant une personne, sourire aux lèvres, passant l’éponge avec l’un de ces produits « surpuissants », sans gant, sans protection du visage, sans indication de la nécessité d’utiliser ce produit dans un local bien ventilé (c’est-à-dire fenêtres grandes ouvertes). Alors qu’il est clairement indiqué dans les précautions d’emploi figurant sur ce même produit, en petits caractères certes : « Porter un vêtement de protection approprié, des gants et un appareil de protection des yeux et du visage … »

 

La suite de cette chronique se trouve ici : Connaitre les polluants chimiques qui mettent nos enfants en danger, avec Anne-Corinne Zimmer (4/4)

 

Cette chronique met en avant l’importance de protéger les enfants des substances préoccupantes, car les effets potentiels pourraient être graves et pérennes. Ce blog a pour mission de vous aider et de vous accompagner dans votre démarche ! Pour vos premiers pas, vous pouvez vous appuyer sur le guide gratuit téléchargeable ci-dessous.

Photo par damo1977

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Sensibiliser les enfants avec des livres illustrés ? Ca m'intéresse !
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