Un air respirable ? L’avis du Pr Francelyne Marano (1/5)

L’agence de protection de l’environnement [des Etats-Unis] nous avertit maintenant que la pollution de l’air intérieur est la première menace environnementale pour la santé – et qu’elle est 2 à 10 fois pire que la pollution de l’air extérieur. – Richard Louv

La population est exposée à une multitude d’agents chimiques par inhalation (pollution de l’air, aérosols …) – feuille de route issue de la Conférence environnementale 2016 – Ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer  

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Chronique de « Notre air est-il respirable ? »

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de Lise Loumé, avec le Pr Francelyne Marano, 168 pages, publié en 2018

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Lise Loumé est journaliste scientifique, spécialisée dans le domaine de la santé. Francelyne Marano est professeur émérite de biologie cellulaire et de toxicologie à l’université Paris Diderot ; elle a été lauréate du Prix Environnement-Santé du ministère de l’environnement, pour ses travaux sur les mécanismes de toxicité respiratoire des polluants atmosphériques.

Ce livre vise à distinguer « le vrai du faux » concernant la pollution de l’air, en extérieur et à l’intérieur de bâtiments. Il présente également les  bonnes pratiques permettant de diminuer son exposition. 

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Quelques informations et points de vue intéressants, concernant la thématique « Santé des enfants et environnement »

Voici une liste d’informations et de points de vue issus du livre, en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement », et que je souhaite partager avec vous.

  • La recherche en santé environnementale bénéficie de relativement peu de financements, au regard des potentiels enjeux associés.
  • Les faibles budgets disponibles ont des conséquences concrètes, notamment du point de vue politique : comme assez peu de connaissances sont disponibles pour appuyer les décisions, les pouvoirs publics doivent établir des réglementations dans des contextes de fortes incertitudes.
  • La pollution atmosphérique favorise l’apparition de plusieurs pathologies. Par exemple : asthme chez le jeune enfant, bronchite chronique chez l’enfant plus âgé, excès de risque de cancers chez les adultes, etc.
  • Lors des pics de pollution atmosphériques, différents conseils sont diffusés par les autorités, visant à diminuer les expositions des populations. Les populations jugées les plus vulnérables incluent : bébés, jeunes enfants, femmes enceintes, personnes âgées ou asthmatiques. Ces conseils incluent « ne pas pratiquer d’activités physiques et sportives intenses, de plein air ou en intérieur » ou « ne pas sortir en début de matinée ou en fin de journée, en particulier aux abords des grands axes routiers ».
  • La pollution de fond, celle à laquelle la population est exposée de manière chronique, présente un impact sanitaire bien plus élevé que celui des pics de pollution.
  • La composition de la pollution atmosphérique varie selon :
    • les zones géographiques. Par exemple, un habitant du centre d’une grande ville sera exposé à des polluants différentes de ceux de quelqu’un qui habite en bordure d’un champ ;
    • les saisons. Par exemple, les concentrations en pesticides dans l’air dépendent des périodes d’épandage ;
    • le moment de la journée : les pics de pollution automobile dépendent des pics de trafic, en début et fin de journée.
  • Les polluants mesurés dans l’air ne sont pas seulement ceux qui ont été émis par des sources de pollutions : ce sont également ceux qui ont été produits par des réactions chimiques dans l’air, à partir des polluants initialement émis. On parle de « polluants secondaires ».
  • La définition d’un « pic » de pollution de l’air peut varier selon les personnes. Le plus couramment, ce terme désigne une concentration d’un polluant dépassant un seuil réglementaire. Même avec cette définition assez restrictive (relativement peu de substances sont réglementées), des pics de pollution peuvent apparaitre à n’importe quel moment de l’année. Par exemple : particules issues de de diverses combustions en hiver, particules issues d’épandages agricoles au printemps, ozone en été… Ce constat invite à se tenir informé tout au long de l’année.
  • Des micro-capteurs sont aujourd’hui disponibles à la vente : ils permettent de mesurer soi-même la pollution de l’air autour de soi, en extérieur et en intérieur. Néanmoins, à ce jour, ces micro-capteurs « grand public » manquent de fiabilité.
  • La fédération Atmo a créé une application mobile, « Atmo France », qui décrit la qualité de l’air dans la ville ou dans la région de son choix. Les polluants considérés incluent particules fines (PM10), dioxyde d’azote (NO2), d’ozone (O3) et de dioxyde de soufre (SO2). Egalement, cette application envoie des alertes en cas de pics de pollution.

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Quelques extraits en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement »

Les relations entre la santé humaine et l’environnement sont très souvent évoquées, notamment lorsqu’elles doivent servir de prétexte ou d’argument dans le lancement d’une alerte ou d’une campagne. Mais force est de constater que ces relations entre les deux domaines ne sont pas suffisamment portées par les ministères concernés, et que, partant, elles ne bénéficient pas des soutiens nécessaires dans leur promotion politique au sens général, et notamment en termes de moyens alloués à la recherche. Cela conduit trop souvent, dans certains secteurs, à une relative faiblesse de la quantité et de la qualité des preuves scientifiques dans les argumentaires qui sont présentés.

Avez-vous ce sentiment désagréable que la qualité de l’air que vous respirez s’est dégradée ces cinq dernières années ? Si vous répondez « oui » spontanément, vous rejoignez l’avis de 52 % des Français, basé peut-être sur la multiplication des pics de pollution sur cette même période. Pourtant, cette impression est fausse : les données montrent que la qualité de l’air s’est au contraire améliorée depuis les années 2010 dans l’Hexagone !

Entre 2007 et 2010 à Paris, seulement 7 % des décès et des hospitalisations cardiaques liés à la pollution de l’air ont pu être attribués aux pics, les 93 % restants étant dus à la pollution chronique.

Le nitrate d’ammonium provenant des épandages d’engrais par les agriculteurs contribue à l’apparition de pics de particules printaniers, l’ammoniac se volatilisant plus facilement par températures douces. Durant deux pics de pollution, en mars 2014 et 2015, que ne fut pas la surprise des Parisiens en découvrant que la moitié des particules était du nitrate d’ammonium venant d’épandages d’engrais !

Des pesticides interdits depuis des années mais toujours « stockés » dans le sol peuvent continuer à se retrouver dans l’air, par effet de volatilisation ! C’est par exemple le cas de l’insecticide lindane, interdit en France depuis 1998 pour ses propriétés cancérigènes. Une donnée qui complexifie encore davantage la mise en place d’une réglementation des pesticides dans l’atmosphère.

Nul doute, les transports routiers sont effectivement une source majeure de pollution de l’air. En France, ils sont responsables de 61 % des émissions totales d’oxydes d’azote ! Mais pour les autres principaux polluants, ils ne sont pas majoritairement coupables : ils rejettent 14 et 18 % du total des PM10 et PM2,5 émis (soit moins que le secteur tertiaire et résidentiel), 8 % des COV — dont 26 % du benzène — et 17 % du monoxyde de carbone (moins que l’industrie). Les polluants et leurs sources diffèrent, et ne sont pas toujours faciles à identifier. La preuve avec la vallée de l’Arve, au pied du mont Blanc. Durant l’hiver 2016, un nuage de pollution a envahi la zone déjà réputée pour sa qualité de l’air désastreuse. Un air pollué, à quelques encablures du Toit de l’Europe ? Difficile à croire. Longtemps incriminés, les transports routiers et l’industrie ne furent pourtant pas les principaux responsables de cette pollution aux PM10 et PM2,5 : une analyse a montré que 70 à 80 % des émissions avaient été en fait produits par le chauffage au bois.

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La suite de cette chronique se trouve ici Un air respirable ? L’avis du Pr Francelyne Marano (2/5)

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Cette chronique met en avant l’importance de protéger les enfants des substances préoccupantes, présentes dans leur environnement, car les effets potentiels pourraient être graves ou pérennes. Ce blog a pour mission de vous aider et de vous accompagner dans votre démarche ! Pour vos premiers pas, vous pouvez vous appuyer sur le guide gratuit téléchargeable ci-dessous.

photo par United Nations Photo

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Sensibiliser les enfants avec des livres illustrés ? Ca m'intéresse !
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