Un air respirable ? L’avis du Pr Francelyne Marano (2/5)

La pollution de l'air est un fléau. - Ségolène Royal, alors Ministre en charge de l'environnement (2016) 

Disposer de tant de données avérées, être face à des conclusions si nettes et s’en tenir à une passivité quasi totale, cela me laisse franchement perplexe. - Dr Patrice Halimi

Chronique de « Notre air est-il respirable ? »

air respirable Marano 0

de Lise Loumé, avec le Pr Francelyne Marano, 168 pages, publié en 2018

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Lise Loumé est journaliste scientifique, spécialisée dans le domaine de la santé. Francelyne Marano est professeur émérite de biologie cellulaire et de toxicologie à l’université Paris Diderot ; elle a été lauréate du Prix Environnement-Santé du ministère de l’environnement, pour ses travaux sur les mécanismes de toxicité respiratoire des polluants atmosphériques.

Ce livre vise à distinguer « le vrai du faux » concernant la pollution de l’air, en extérieur et à l’intérieur de bâtiments. Il présente également les  bonnes pratiques permettant de diminuer son exposition. 

Cet article est le deuxième d’une série qui débute ici : Un air respirable ? L’avis du Pr Francelyne Marano (1/5)

 

Quelques informations et points de vue intéressants, concernant la thématique « Santé des enfants et environnement »

  • Pour chaque polluant réglementé, deux seuils sont définis, correspondant à des différentes recommandations sanitaires :
    • le seuil d’information correspond à une exposition de courte durée présentant un risque pour la santé de populations fragiles : jeunes enfants, personnes souffrant de pathologies respiratoires, femmes enceintes, personnes âgées, etc. Si le seuil d’information est dépassé, par exemple, des traitements médicamenteux peuvent être adaptés ;
    • le seuil d’alerte correspond à une exposition de courte durée présentant un risque pour la population générale. Si le seuil d’alerte est dépassé, par exemple, les préfets peuvent prendre des mesures allant jusqu’à la limitation d’activités industrielles, la circulation alternée, etc.
  • Les personnes visées par un seuil réglementaire, s’il est dépassé, sont invitées à reporter leur activité physique, pour ne pas augmenter l’exposition aux polluants atmosphériques par hyperventilation.
  • A partir de six ans, en l’absence de pathologie significative, l’activité physique présente plus de bénéfices que de risques pour la santé, même si le seuil d’alerte est dépassé, au regard des concentrations classiquement mesurées en France. Cependant, les activités sportives seront utilement pratiquées à l’écart des principales sources majeures. Par exemple : axe routier à fort trafic.
  • Un polluant inhalé peut pénétrer plus ou moins profondément dans l’appareil respiratoire, en fonction de ses propriétés physico-chimiques. Par exemple :
    • les polluants gazeux les plus solubles (SO2) et les particules les plus grosses (PM10) sont arrêtés dans les voies respiratoires supérieures : nasopharynx, trachée, grosses bronches ;
    • les polluants gazeux peu solubles (O3, NO2) et les particules les plus petites (PM2,5, PM1, nanoparticules) pénètrent plus profondément. Ces polluants peuvent atteindre les alvéoles, ces petites poches microscopiques où se font les échanges gazeux avec le sang (entrée de l’oxygène et sortie du gaz carbonique).
  • Dans les voies respiratoires supérieures, le corps met en œuvre un mécanisme d’élimination : il sécrète du mucus qui piège certains polluants ; le mucus est ensuite évacué par le battement des cils des cellules des parois (une sorte de « tapis-roulant »), puis par la toux et déglutition.
  • Au niveau des alvéoles, le mécanisme d’élimination est double :
    • une fiche couche de lipides sur les parois semblent jouer un rôle similaire au mucus présenté ci-dessus ;
    • des cellules spécialisées du système immunitaire (macrophages) peuvent entourer puis détruire un polluant.
  • Si ce mécanisme d’élimination alvéolaire est efficace contre les agents biologiques pathogènes, il l’est moins pour les polluants issus de la chimie de synthèse. Par conséquent, certains polluants peuvent s’accumuler dans les alvéoles.
  • Au niveau des alvéoles, de plus en plus d’études concluent que certains polluants, notamment à l’état nanoparticulaire, peuvent traverser la paroi et atteindre le sang. Ceci est très préoccupant car, une fois dans la circulation sanguine, les polluants pourraient exposer d’autres parties de l’organisme. Ce mécanisme est une explication possible aux effets cardiovasculaires de la pollution atmosphérique.
  • En cas de pic de pollution de l’air, les personnes « sensibles » et les personnes « vulnérables » sont invitées à réduire leur exposition : éviter les zones à fort trafic routier, éviter les activités physiques intenses, etc.

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Quelques extraits en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement »

Lors d’un épisode de pollution, inutile de pratiquer des mesures de confinement chez soi : les pièces doivent être aérées et ventilées comme à l’accoutumée.

Si l’on compare le risque de mortalité à celui engendré par le tabac, il paraît forcément faible. Mais l’impact sanitaire de cette pollution est considérable du fait qu’elle touche tout le monde ! C’est pourquoi l’OMS considère que la pollution de l’air est le principal risque environnemental pour la santé dans le monde.

Bébés et enfants, au système respiratoire « immature », ne sont pas exposés aux mêmes risques que les adultes, et les seniors, aux tissus plus fragiles dus au vieillissement, sont également plus vulnérables.

Nul doute, les particules fines ne sont pas sans risque pour le fœtus. Celles issues du trafic routier augmentent le risque de retard de croissance, comme l’a mis en évidence une vaste étude menée dans douze pays européens. Pour toute augmentation de 5 microgrammes par mètre cube de l’exposition aux particules fines pendant la grossesse, le risque d’avoir un bébé d’un poids inférieur à 2,5 kg après 37 semaines de grossesse augmente de 18 %.

Le mécanisme a été mis en évidence chez des lapines pour les particules fines de diesel : ces dernières sont capables de franchir la barrière placentaire avant de passer dans le sang du fœtus. Elles diminuent l’apport sanguin au placenta, entravant ainsi la nutrition du fœtus. À la moitié de la gestation, des signes de retard de croissance fœtal sont constatés chez les lapereaux : la longueur de tête est plus courte, le tour de taille réduit et, chez la mère, les concentrations du placenta en insuline et en IGF1 (facteur de croissance fœtale) sont trop faibles. Et des effets sont également constatés chez la deuxième génération ! En effet, les lapines exposées aux particules fines dans le ventre maternel ont été accouplées à des mâles sains, et l’on constate des anomalies dans les échanges de lipides entre la mère et le fœtus.

Les effets de la pollution de l’air sur les premiers stades de la vie sont de plus en plus mis en évidence par les scientifiques. Mais il est fort possible que des effets sont même envisageables à un stade encore antérieur… avant la conception.

Une grande étude européenne [Guillaume : projet Aphekom] montre qu’habiter à moins de 150 m d’un grand axe de circulation emprunté par plus de 10 000 véhicules par jour (à vos compteurs !) expose à un risque plus important d’asthme chez l’enfant et un risque de pathologies chroniques respiratoires et cardiovasculaires plus fréquentes chez les adultes de 65 ans et plus. Or dans cette étude incluant 25 villes de 12 pays européens, dont la France, c’est bien la moitié de la population qui vit en bord de route très passante !

Il ne fait plus de doute que les particules fines, le dioxyde d’azote et l’ozone augmentent les réponses allergiques au pollen. Lorsque l’ozone est présent à une concentration élevée dans l’air, il accentue l’irritation des muqueuses nasales et leur perméabilité, ce qui engendre une réaction allergique à des concentrations de pollen plus faibles qu’en temps normal. Quant aux particules fines et aux oxydes d’azote, ils peuvent agir directement sur le pollen, en entraînant la rupture de la paroi du grain ! Plus petits, les fragments de pollen peuvent ensuite pénétrer bien plus profondément dans le système respiratoire que les grains de pollen entiers, ce qui les rend potentiellement plus dangereux pour la santé.

La suite de cette chronique se trouve ici : Un air respirable ? L’avis du Pr Francelyne Marano (3/5)

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Cette chronique met en avant l’importance de protéger les enfants des substances préoccupantes, présentes dans leur environnement, car les effets potentiels pourraient être graves ou pérennes. Ce blog a pour mission de vous aider et de vous accompagner dans votre démarche ! Pour vos premiers pas, vous pouvez vous appuyer sur le guide gratuit téléchargeable ci-dessous.

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Photo par 君勇 林

 

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