Polluants et alimentation : l’avis de Robert Barouki (3/4)

Alors qu’un comité scientifique « contamination des chaînes alimentaires » a été mis en place au ministère de l’Environnement dès 1972, on se rend compte qu’en 2004 (soit plus de 30 ans après) les responsables de la santé publique n’avaient toujours pas conscience de la contamination de l’homme pourtant situé au sommet des chaînes alimentaires. - Pr Jean-François Narbonne

Les industriels ont tout d’abord utilisé les nanos comme argument publicitaire puis, progressivement, ils ont fait machine arrière. Le domaine le plus problématique est sans doute celui de l’agroalimentaire où les nanos sont cachées sous le terme d’« additifs » et où il est très difficile de faire apparaître clairement leur utilisation ! - Pr Francelyne Marano

Chronique du livre Savez-vous vraiment ce qu’il y a dans votre assiette ? d’Isabelle Brokman et Robert Barouki, qui traite notamment des polluants présents dans l’alimentation

Polluants alimentation Robert Barouki

320 pages, publié en 2016

 

Isabelle Brokman est journaliste et réalisatrice. Ses domaines d’intérêt incluent les questions alimentaires et la santé.

Robert Barouki est notamment professeur de biochimie à la faculté de médecine Paris- Descartes. Il est aussi directeur d’une unité de toxicologie de l’INSERM. Robert Barouki est généralement considéré comme un des acteurs de référence de la santé environnementale en France.

Ce livre porte sur les substances préoccupantes présentes dans l’alimentation.

Le première article de la chronique se trouve ici. Polluants et alimentation : l’avis de Robert Barouki (1/4)

 

Polluants dans l’alimentation, selon Robert Barouki – Quelques informations et points de vue intéressants

Voici une liste d’informations et de points de vue, issus du livre et que je souhaite partager avec vous.

  • La DGCCRF surveille également l’alimentation animale. En particulier, cette surveillance porte sur les antibiotiques interdits par la réglementation. Et ainsi, « sur les 242 prélèvements effectués en 2014, […] 51 se révèlent non conformes, soit 21,1 % du total. La moitié de ces non-conformités est due à une pollution probable (« contamination croisée ») des aliments par des substances médicamenteuses. Ces données sont stables depuis 2010.» En d’autres termes, 1 échantillon contrôlé sur 5 s’avère non-conforme, depuis des années.
  • Les veaux de batterie vivent en cage. En règle générale, leur nourriture consiste en du lait en poudre, des céréales et des tourteaux de soja. Ils sont ensuite abattus vers six mois.
  • Ces conditions d’élevage rendent nécessaires l’utilisation d’antibiotiques. D’après l’Anses, en 2012, un veau a reçu en moyenne 4,5 traitements antibiotiques.
  • Les oméga 3 sont des acides gras essentiels à une bonne santé. Le corps ne les produit pas. Il doit donc les tirer de l’alimentation. Or le lait des vaches qui mangent de l’herbe comporte quatre fois plus d’oméga 3 que le lait des vaches nourries au maïs et aux tourteaux de soja (contexte industriel).
  • Le lait cru a la faveur de la plupart des experts. Il s’agit d’un lait qui n’a pas été traité thermiquement, mis en bouteille dès la sortie du pis de la vache. En particulier, le lait cru présente le meilleur contenu micro-nutritionnel.
  • Les stimulants de croissance sont interdits dans l’Union européenne. Cette décision a fait l’objet de discussions entre pays et de controverses scientifiques. Les désaccords portaient notamment sur les effets des faibles doses d’hormones et de composés aux actions similaires.

 

Polluants dans l’alimentation, selon Robert Barouki – aliments paradoxaux

  • Les poissons gras, tels que le saumon, présentent souvent des contaminations par des polluants capables de s’accumuler dans les graisses. Par exemple : mercure, dioxines, PCB, certains pesticides. Ainsi, le saumon constitue un autre exemple d’aliment paradoxal. En effet, il apporte de nombreux bienfaits avec ses acides gras et ses protéines de qualité. Mais il expose aussi à des polluants toxiques.
  • Cette contamination des poissons gras représente des risques significatifs. En effet, depuis 2013, l’Anses recommande de consommer du poisson au maximum deux fois par semaine. En particulier, il s’agit d’associer un poisson gras et un poisson maigre. L’Anses recommande aussi de varier les espèces et les provenances.
  • Le saumon d’élevage peut s’avérer très contaminé. Par exemple, Jérôme Ruzzin, chercheur en toxicologie environnementale à l’université de Bergen (Norvège) qualifie ce saumon de « produit alimentaire le plus chargé en polluants organiques persistants (POP) du monde ».
  • D’une manière générale, le monde vivant présente une capacité d’adaptation. Cette capacité permet à certaines espèces nuisibles aux cultures de progressivement résister aux traitements chimiques. Et ainsi, en parallèle, les cultivateurs augmentent la puissance et la quantité de produits chimiques utilisés.
  • Depuis 2002, la Suède est interdite de vendre en Europe les poissons pêchés dans la mer Baltique. En effet, ces poissons sont trop contaminés par des substances toxiques. Les Suédois gardent le droit de consommer leurs poissons. Néanmoins, leurs autorités sanitaires recommandent une consommation limitée. Par exemple, les enfants et les femmes enceintes ne doivent pas manger du saumon plus de trois fois par an.

 

Recolorer la chair des poissons

  • En conditions d’élevage, la chair des saumons peut être blanche ou jaune, en fonction de leur alimentation. Or aucun consommateur n’achèterait de saumon de cette couleur. Par conséquent, les industriels ajoutent un additif à la nourriture, afin de rendre la chair orangée.
  • La viande contient des résidus des médicaments avec lesquels on a traité les animaux.
  • Un consommateur régulier de viande se trouve exposé à de faibles doses d’antibiotiques et d’antiparasitaires. Ces expositions sont censées se trouver en dessous des seuils sanitaires officiels. Néanmoins, l’exposition à de faibles doses sur de longues périodes est difficile à évaluer.
  • La santé animale de la santé humaine ne peuvent se considérer isolément. Une vision globale s’avère nécessaire. En particulier, elle intégrerait santé humaine, santé animale et santé des écosystèmes. On parle du concept « one health » (une seule santé).

 

Polluants Barouki - renard

 

Polluants dans l’alimentation, selon Robert Barouki – Quelques extraits du livre

Il ne faudrait pas confondre manque d’information et absence d’effet…

Depuis quelques années, les contaminants à faible dose ont fait l’objet de très nombreuses études, en particulier les perturbateurs endocriniens. Bien que le sujet reste controversé, il est à présent clair que, dans certaines situations expérimentales, des perturbateurs endocriniens à faible dose peuvent exercer une toxicité, notamment lorsque l’exposition a lieu à un moment de grande vulnérabilité, principalement chez le fœtus. Cette toxicité n’est pas immédiatement visible, mais, en modifiant la programmation fœtale, on peut favoriser l’apparition de pathologies ou d’anomalies ultérieurement, au cours de la vie.

[Des] facteurs cancérogènes sont présents dans certaines charcuteries, notamment lorsqu’elles sont fumées, et contiennent de ce fait des quantités importantes d’hydrocarbures, dont certains sont bien cancérogènes.

Le cas de l’éthoxyquine est instructif […]. D’abord, il s’agit d’une molécule qui a été et continue à être très utilisée, et on se rend compte qu’on connaît assez peu de chose sur sa toxicité. […] Il demeure beaucoup d’incertitudes à son sujet. Cela reflète un des problèmes actuels en toxicologie, puisque l’essentiel des travaux concerne quelques dizaines de molécules « modèles », les stars en quelque sorte, et néglige de très nombreuses autres molécules.

 

Eviter de susciter des résistances

L’autre leçon que nous livre l’éthoxyquine concerne le double rôle de cette molécule, à la fois fongicide et antioxydant. […] Si l’on veut juste empêcher l’oxydation des lipides grâce aux propriétés antioxydantes, quel besoin a-t-on de la fonction fongicide ? Ce qu’on risque, c’est de favoriser le développement de résistance des moisissures. Il faut donc se méfier de ces molécules aux deux visages quand on projette de les utiliser à grande échelle.

La monoculture, autrement dit la culture d’une même espèce à perte de vue dans une même exploitation, crée une autoroute pour les maladies et les épidémies. Les pommiers se trouvent donc pulvérisés pendant tout le cycle végétatif, et on en remet après chaque averse pour qu’il y ait toujours du produit.

 

La suite de cette chronique se trouve ici. Polluants et alimentation : l’avis de Robert Barouki (4/4)

 

Cette chronique traite notamment des polluants dans l’alimentation, selon Robert Barouki. Ainsi, elle met en avant l’importance de protéger les enfants des substances préoccupantes. Présentes dans leur environnement, leurs effets pourraient être graves et pérennes. Ce blog a donc pour mission de vous aider et de vous accompagner dans votre démarche ! Pour accompagner vos premiers pas, vous pouvez vous appuyer sur le guide offert téléchargeable ci-dessous.

Photo notamment par Alain Audet

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