Notre planète est-elle pleine de plastiques ?

Enfants, évitez de sucer vos jouets en plastique. D’abord parce que l’utilisation de bisphénol A, même restreinte, est toujours autorisée pour leur fabrication. Ensuite parce que si l’Europe a banni six phtalates depuis 1999, cette interdiction se limite aux jouets destinés aux enfants de moins de 3 ans. Mais les enfants sont tête en l’air… Tout à leur plaisir de sucer, grignoter, lécher ou mâchonner à peu près tous les objets qui leur tombent sous la main, ils prennent rarement le temps de décrypter les étiquettes. – François Veillerette 

Il ne faut pas omettre de vous soucier du type d’emballage des produits alimentaires. En effet, il peut y avoir des interactions entre le contenu et le contenant. Ainsi, certains plastiques déversent divers composants dans les aliments en fonction de la durée de contact et du degré de température. – Dr Laurent Chevallier

 

Chronique du film-documentaire « Planète plastique »

Planete plastique enfants risques

De Bertram Verhaag, diffusé sur Arte en 2008

Ce documentaire porte sur la présence de matières plastiques dans l’environnement, non biodégradables et libérant certaines substances toxiques.

 

Quelques informations et points de vue intéressants, concernant la thématique « Santé des enfants et environnement »

Voici une liste d’informations et de points de vue issus du documentaire, en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement », et que je souhaite partager avec vous.

  • Les plastiques constituent une matière bon marché et facilement malléable. Leur utilisation est très largement répandue, en particulier dans les produits de consommation courante.
  • Les plastiques sont fabriqués à partir de sous-produits du pétrole.
  • Plusieurs dizaines de plastiques sont fabriqués par l’industrie ; elles se différencient par les additifs et les colorants ajoutés. Plus de 900 additifs sont aujourd’hui utilisés, qui permettent d’obtenir une large gamme de propriétés utiles, à partir de la matière plastique initiale.
  • Certains plastiques peuvent libérer des substances toxiques dans l’environnement. Ces substances incluent des additifs et des sous-produits d’additifs, car les liaisons de ces additifs aux plastiques sont faibles et peuvent aisément se briser.
  • Les substances classiquement désignées comme préoccupantes comprennent les phtalates.
  • Les enfants sont les populations les plus vulnérables à ces substances, car leur corps est en phase de construction.
  • Une réglementation européenne récente interdit la présence de certains phtalates dans les jouets pour enfants. Cette interdiction serait tout aussi pertinente pour d’autres produits de consommation courante.
  • De nombreux agents plastifiants sont des perturbateurs endocriniens, c’est-à-dire qu’ils sont capables d’interférer avec le système hormonal. Des études sur des animaux, réalisées en laboratoires, ont montré que les troubles associés à ces substances incluent la féminisation, la perte de fertilité, la masculinisation, des troubles comportementaux et des malformations génitales.
  • Une partie des déchets en plastiques est recyclée. Les matières recyclées constituent une matière première de l’industrie du vêtement ; elles permettent de fabriquer du polyester, du nylon, du polyamide, de la matière « polaire »…
  • Les matières plastique ne sont pas biodégradables. Avec le temps, elles se décomposent en petites particules, qui demeurent dans l’environnement. Par exemple, ces particules sont mesurées dans le corps de nombreux animaux aquatiques, se trouvant à des milliers de kilomètres des côtes.
  • Des substances toxiques, comme le DDT ou d’autres pesticides, peuvent se fixer sur ces particules plastiques. Ce phénomène facilite leur pénétration dans les organismes, ainsi que leur accumulation dans la chaîne alimentaire.
  • Aujourd’hui, la fabrication de « bio-plastiques » se développe, notamment à partir de cultures de maïs. Ces plastiques sont bio-dégradables.

 

Planete plastique enfants risques2

 

Quelques extraits en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement »

Le plastique, on en trouve partout : de notre brosse à dents à notre four à micro-ondes, notre téléphone, nos meubles, en passant par les emballages et les vêtements. A croire que la colonne vertébrale de notre société est en plastique. Nos systèmes d’informations et de communication, et même la médecine moderne, n’existeraient pas sans le plastique. Comment ferions-nous aujourd’hui sans lui ?

Je crois que le domaine d’utilisation du plastique est amené à s’étendre d’avantage, à mesure que notre société évolue. De plus en plus de gens vivent seuls, d’où un besoin de conditionnement toujours plus petit. Nous n’aurions pas une telle variété de produits alimentaires si le plastique ne nous offrait autant de possibilités de conditionnements.

Le WWF a réalisé des analyses de sang à l’échelle européenne. Il a détecté la présence d’additifs utilisés dans les matières plastiques :  d’une part, des agents plastifiants servant à assouplir les produits en plastiques pour qu’ils ne cassent pas ; d’autre part, des adjuvants ignifugeants, utilisés pour que les produits ne s’enflamment pas trop facilement. Les agents plastifiants sont intégrés aux produits mais ne sont pas totalement fixés. Ces agents se retrouvent dans l’air, dans la poussière et dans l’environnement.

Certains jouets en plastique contiennent beaucoup de phtalates. Il s’agit d’agents plastifiants qui rendent, par exemple, un anneau en plastique agréable à mordiller. Or on a découvert que ces agents plastifiants sont cancérigènes. Quand un enfant met cet objet dans sa bouche, des agents plastifiants sont libérés et absorbés par l’enfant, ce qui peut engendrer des maladies, et notamment le cancer.

Le recyclage perd sa raison d’être car on introduit des métaux lourd, du chlore et des dioxines, ce qui contre-balance les effets bénéfiques du recyclage. Les gens pensent que c’est protéger l’environnement que de détruire moins de choses ; c’est comme si je disais que je protège mon enfant si je ne lui donne que trois fessées au lieu de cinq. Moins détruire ne veut pas dire protéger ; de même que faire moins de mal n’est pas faire le bien. Il faut redéfinir la notion de protection de l’environnement, pour que cette protection soit réellement profitable aux êtres vivants.

Dès la phase de conception d’un produit, il faut se préoccuper de comment et où il finira. Aucun de ses composants ne doit être nocif ; tous doivent être démontables et réutilisables.

Ce qui était considéré au départ comme une qualité de la matière plastique, le fait qu’elle soit presque impérissable, se révèle être une malédiction.

Divers reportages et études scientifiques montrent qu’il y a jusque 18 000 particules de plastiques par kilomètre carré dans la mère du Nord. Un chiffre ahurissant.

Nous, nous essayons de voir où finit tel ou tel matériau, comment il est réutilisé, sous quelle forme il peut être réutilisé, en se répétant la phrase que l’on disait aux empereurs romains : « regarde la fin ». Quand on envisage la fin, on considère aussi le début différemment. Autrement dit, on peut tout réinventer.

 

Mon avis

Les « + » :

  • présentation claire des enjeux liés à l’utilisation des matières plastiques, incluant les points de vue de nombreux types d’acteurs ;
  • images assez impressionnantes de la présence de plastiques dans des animaux se trouvant dans des régions très éloignées (oiseaux et ours des pôles par exemple).

Les « – » :

  • les interviews d’industriels ne portent que sur des aspects de fabrication, d’utilisation, de recyclage, de design… j’aurais bien aimé qu’ils soient aussi interrogés sur les aspects sanitaires et environnementaux ;
  • j’aurais aimé que le documentaire aborde les actions qui peuvent être entreprises au niveau individuel, de manière à ce qu’on n’en ressorte pas forcément avec un sentiment d’impuissance.

Photo par marcovdz et lagammel

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Sensibiliser les enfants avec des livres illustrés ? Ca m'intéresse !
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