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Comment (re)tisser des liens entre les enfants et la nature, avec Émilie Lagoeyte

La capacité à tomber amoureux de la nature sommeille en chacun de nous, attendant d’être réveillé. – Scott D. Sampson

Arrêtons d’enfermer et d’entraver les enfants dans leur corps et leurs sens, libérons-les : mettons-les dehors, dans la nature, le plus souvent possible. - Louis Espinassous

Bonjour à tous,
Voici une nouvelle vidéo publiée sur la Chaîne YouTube Santé des enfants et environnement, intitulée “Comment (re)tisser des liens entre les enfants et la nature, avec Émilie Lagoeyte”, ainsi que la transcription et le podcast associés.

 

 

 

Comment (re)tisser des liens entre les enfants et la nature : présentation d’Émilie Lagoeyte

Bonjour les parents verts et prudents !

Aujourd’hui j’échange avec Émilie Lagoeyte. Émilie est animatrice nature, ancienne professeur des écoles et fondatrice d’Eveil et Nature, un site Internet et une structure qui s’adressent aux parents et aux éducateurs d’enfants entre 3 et 12 ans, souhaitant accompagner les enfants dans leur découverte de la nature.

Côté librairie, Elle est la co-autrice de l’ouvrage Passeur de nature, coédité par Plume de carotte et Terre vivante.

J’ai eu envie d’échanger avec Émilie parce que je trouve qu’il y a des ponts intéressants entre la santé environnementale, et la démarche visant à (re)tisser des liens entre les enfants et la nature.

On discute notamment du comportement des enfants dans la nature, de l’accompagnement et du positionnement que peuvent choisir les parents, de l’éducation à la prise de risques mesurés, et encore d’autres sujets.

Voilà, j’espère que vous y trouverez des choses utiles. Et je vous amène Émilie Lagoeyte.

 

Transcription de « Comment (re)tisser des liens entre les enfants et la nature, avec Émilie Lagoeyte »

Guillaume Santé des enfants et environnement
Bonjour et bienvenue à tous. Aujourd’hui, je suis avec Émilie Lagoeyte. Émilie, merci de te joindre à moi.

Émilie Lagoeyte
Bonjour Guillaume, Bonjour à tous, merci.

Guillaume Santé des enfants et environnement
Je suis très content d’échanger avec toi aujourd’hui, notamment parce que je pense que tu portes des messages importants, sur comment tisser, ou retisser des liens entre les enfants et la nature. Et puis aussi parce que certains des contenus que tu partages en ligne, ils ont eu une vraie influence sur comment je conçois mon rôle de parent.

Alors, avant qu’on débute, est-ce que tu souhaiterais indiquer des liens d’intérêt au regard de la thématique santé environnementale, des liens que tu penses important que les personnes qui nous regardent aient en tête, en nous écoutant échanger ?

Émilie Lagoeyte
Rien de particulier, Guillaume.

Guillaume Santé des enfants et environnement
OK, ça marche, alors pour commencer, si tu veux bien, je te propose de présenter tes activités et les liens que tu y vois avec la santé environnementale. Alors je pense ici, notamment, un peu dans l’esprit de la définition de l’OMS, je pense au bien-être associé au contact avec la nature. Et je te laisse aller où tu veux dans ce champ assez large.

 

Lien enfant nature avec Émilie Lagoeyte

 

Activités d’Eveil et Nature

Émilie Lagoeyte
Merci Guillaume. Pour présenter mes activités, donc je suis Émilie Lagoeyte, fondatrice d’Eveil et nature, que j’ai fondée en 2016 ; Eveil et nature, qui est une structure dont le but est effectivement de contribuer à retisser le lien entre les enfants et la nature, mais dont la fonction principale, ça va être d’accompagner les adultes qui sont acteurs de cette mise en lien entre les enfants et la nature.

Donc on contribue à ce lien de plusieurs façons ; la première façon, on accueille des enfants toutes les semaines en forêt, avec lesquels on partage donc une partie de la  journée dans le bois ; et d’une façon qui permet aux enfants d’être acteurs au maximum de leurs projets, de ce qu’ils font dans ce bois.

Et puis on le fait de façon régulière afin qu’ils se sentent chez eux, et que le lien avec le lieu soit de plus en plus fort ; et nous dans tout ça ? On a à la fois un rôle qui leur permette de se sentir bien, de se mettre en lien avec le lieu, donc on leur laisse le temps. On a des moments collectifs où on leur permet de parler ensemble, de parler de ce qu’ils veulent faire, de ce qu’ils aiment faire, de leur définir aussi des règles de sécurité, un cadre qui les rassure. Et puis on a, on a des temps où on les observe, où on est avec eux, où on les accompagne ; ou alors on se met en retrait.

 

On s’amuse bien !

Émilie Lagoeyte
Voilà et au final, on s’amuse bien ; donc je crois que c’est vraiment notre respiration dans la semaine ; ça a lieu le mercredi et c’est le moment où on va s’amuser avec les enfants en forêt ; et autre chose importante dans ce temps en forêt, on filme une partie des activités qui se déroulent. Tous les enfants sont d’accord avec ça, et leurs familles sont parties prenantes ; et grâce à ces films, nous, notre intention, c’est de donner à voir à la fois des temps importants de cette mise en lien « enfant – nature », pour que finalement le plus de monde possible puisse avoir une représentation nourrie de ce que ça peut être concrètement, à la fois sur ce que vit l’enfant, et à la fois sur ce que l’adulte peut faire, et quel rôle il peut avoir pour favoriser cette mise en lien.

Et donc ces vidéos, on les utilise sur la 2e partie de notre activité, et qui est l’activité principale d’Eveil et nature : l’animation d’une formation, qui s’appelle la formation Passeur de nature, et qui est une formation qui se déroule à distance. Et juste avant de présenter cette formation en 2 mots, je vais quand même dire aussi qui je suis et d’où je viens pour accompagner comme ça des enfants dans la nature et animer une formation.

 

Eveil et nature – Passeur de nature

Émilie Lagoeyte
Donc je suis Animatrice nature de formation, ça veut dire que j’ai un un BTS qui m’a appris à encadrer des classes vertes, ce genre de choses ; et puis ensuite, je suis devenue professeur des écoles pendant 7 ans. Et première anecdote, petite digression que je vais faire, puisque pour moi ça a un lien très fort avec la question santé et environnement. C’est un métier qui m’a passionné, maîtresse d’école ; j’ai d’excellents souvenirs et en même temps, les conditions dans lesquelles j’ai exercé cette activité font que j’ai été très stressée. Ça a été tellement stressant que, au fil des années, ça m’a rendu malade et quand je me suis retrouvée chez le cardiologue qui m’a dit, mais en fait, le stress est tellement fort sur votre cœur que je vais vous donner des bêtabloquants, pour cacher les effets du stress sur votre cœur.

Donc je suis sortie de ce rendez-vous et là je me suis dit, bah en fait, il ne faut plus que je retourne dans les salles de classe ; il faut que je trouve une autre façon de travailler ; donc c’est ce que j’ai fait, et ça n’a pas été facile, parce que je n’avais pas de filet de sécurité ; et en même temps j’avais quand même un bagage donc, et de la motivation, et c’est comme ça que j’ai créé la formation. Passeur de nature et éveil et nature, les 2 en même temps finalement ; et en fait ce qui est chouette, c’est que rapidement très rapidement, il y a beaucoup de monde qui a manifesté son intérêt pour ces questions et qui a eu envie d’être accompagné, et d’être formé pour accompagner des enfants ou des groupes d’enfants dans la nature.

 

Comment (re)tisser des liens entre les enfants et la nature, avec Émilie Lagoeyte : épanouissement en forêt – santé mentale et émotionnelle

Émilie Lagoeyte
Voilà, donc, le lien que je vois, moi, entre nos activités d’Eveil et nature et la santé, et bien il est triple en fait ; il va y avoir le lien avec les enfants, pour les enfants ; donc évidemment je suis nourrie de toutes les études qui sont de plus en plus nombreuses, et qui confirment ce que, en tout cas moi, j’observe ; et je vais plus parler de ce que j’observe. Les enfants, je trouve que pour leur santé mentale et émotionnelle, c’est impressionnant à mes yeux, à quel point ils jouaient ; des enfants joyeux, curieux, épanouis en forêt, notamment les mercredis en forêt, contrairement à des enfants avec qui j’ai pu travailler en classe.

J’espère avoir proposé un enseignement le plus intéressant possible ; j’ai fait ce que j’ai pu, en tout cas ; je n’ai pas fait le même constat pour les enfants ; je n’avais pas forcément des enfants pétillants en face de moi, pas tout le temps tout cas ; alors qu’en forêt, et bien, c’est plus ou moins le cas au niveau du stress des enfants ; quand je vois des enfants qui arrivent le mercredi, qui sont un peu fatigués, ou alors qui ont vécu peut être des choses pas faciles avant de venir, en famille ou ailleurs.

 

Une après-midi, c’est déjà significatif

Guillaume Santé des enfants et environnement
Oui c’est-ce que j’allais te demander. Tu vois le passage aussi, même au niveau de la fenêtre temporelle du mercredi, d’un état peut être un peu stressé, vers un état plus serein, voire même plus pétillant comme tu disais.

Émilie Lagoeyte
Complètement, complètement ; donc, soit de la part d’enfants qui arrive en étant pas très bien, mais ils savent qu’ils vont avoir l’espace et le temps pour se poser, pour s’isoler ; soit pour courir, crier avec les autres ou tout seul pour taper, voilà, pour faire des choses physiques ; et en fait, moi, je vois la transformation au fil des heures dans le bois, de ses enfants qui petit à petit, s’alignent ; en fait, ils s’alignent peut-être avec avec eux même. Et puis avec le reste du groupe ; donc, ça, ça me touche beaucoup. Le lien avec la santé des enfants, moi je trouve que c’est vraiment sur leur santé mentale et émotionnelle que je l’observe le plus.

 

enfant qui joue dans la terre

 

Moins de tensions, moins de violence

Émilie Lagoeyte 

Au niveau des groupes d’enfants, ce que j’ai trouvé le plus difficile quand j’étais enseignante, c’était cette violence qui émane souvent des groupes dans lesquels il y a des tensions, dans lesquels il y a certains enfants qui ne vont pas bien et qui prennent le dessus. Sur ce côté nerveux. Bref ; en forêt, et bien il ne se passe pas ça en forêt.

Et ce n’est pas que moi qui le dis, c’est un des témoignages qui revient, beaucoup de la part des personnes qu’on forme et qui sont enseignantes, notamment, ou qui animent des groupes. Et bien, la violence, elle disparaît. Les grosses tensions, elles disparaissent ; et ça, pour moi, c’est fondamental quand on œuvre pour une éducation à la paix, à la connaissance de soi aussi, au respect de soi-même, du groupe, etc.

Pour moi, c’est un prérequis, c’est un des fondamentaux ; donc ça, ça me semble intéressant quand on est avec un groupe d’enfants, mais on y reviendra sans doute tout à l’heure, Guillaume, et dans le lien avec ses propres enfants aussi, je pense que là, il y a un peu une potion magique qu’on peut leur administrer, hein ? Régulièrement.

 

Bienfaits pour les adultes

Émilie Lagoeyte

Le 2e lien que je vois, après le bénéfice pour les enfants, il y a les bienfaits pour nous, adultes. Et donc j’ai, j’ai pu en témoigner ; j’ai beaucoup de personnes également parmi les personnes qui suivent notre formation, qui font ce constat aussi, qui ont pu subir un mal-être et notamment au niveau professionnel. Et si elles arrivent à créer une activité avec un lien plus fort au milieu naturel, et bien, ça a du sens pour elles ; ça, du coup, au niveau motivation, estime de soi ; et bien ça les rebooste ; et ça, ça me semble aussi être un des fondamentaux pour être en bonne santé.

 

Santé de l’environnement naturel – One Health

Émilie Lagoeyte
Et puis la 3e, ça va être dans la santé de l’environnement naturel lui-même. Je pense que quand nous-mêmes, qu’on soit enfant, qu’on soit adulte, on est en lien avec le milieu naturel, on apprend à ne plus lui nuire autant. Je pense qu’on fait de notre mieux, et déjà qu’on la comprend mieux, on comprend mieux les écosystèmes et on comprend mieux l’impact de nos actions. Voilà donc je pense que grâce au fait de devenir comme ça, plus en lien au milieu naturel, on a tendance à mieux protéger ce milieu et donc il est en meilleure santé.

Guillaume Santé des enfants et environnement
Effectivement, ça, on voit les multiples connexions en miroir ; ça fait très penser au concept de Une seule santé, One Health, que j’imagine, tu connais effectivement. En fait, j’avais plein de choses quand je t’écoutais, j’avais plein de choses qui me parlaient beaucoup et sur lesquelles j’avais envie de rebondir avec toi ; je vais juste dire ça : le côté multidimensionnel du lien que tu as mis en avant, et même à travers les âges.

 

Besoin fondamental

J’ai l’impression que c’était autant d’indices qui semblaient pointer vers un espèce de besoin fondamental de l’être humain ; et un besoin fondamental qu’on voit notamment chez les êtres humains qui n’ont pas encore construit énormément de concepts ou de choses sur la vie. Donc j’ai l’impression que ce besoin fondamental de l’humain, ce que suggère un peu ces observations et les résultats dans la littérature, que tu citais, j’ai l’impression qu’il est d’autant plus prégnant chez les enfants.

Et alors je me demandais, au regard de tes activités, on sent que c’est, c’est basé sur beaucoup de pratiques ; et je voulais savoir, notamment pour les parents de jeunes enfants qui nous regardent, est-ce que, sur la base de ces activités, au regard de ce que tu peux voir, qu’est-ce que tu pourrais en tirer comme bonne pratique à conseiller pour des parents de jeunes enfants ? En particulier, peut-être pour ceux qui découvrent l’importance de ce lien entre enfants et nature.

 

Besoin de nature

Émilie Lagoeyte
Oui, et plusieurs. Plusieurs idées de bonnes pratiques ; mais juste avant, je rebondis sur ce que tu viens de dire, sur le fait de ce besoin fondamental du lien à l’environnement naturel ; et moi dans ce que je crois observer, il me semble le sentir complètement spontané et inné chez les très jeunes enfants. Ca, je l’ai senti en tant que maman aussi, avec mes enfants tout petits, de ce lien spontané, de toucher et sentir, n’avoir aucune limite dans cette façon dont on découvre l’environnement naturel ; et on se met en lien avec.

Et finalement plus ce lien est arrivé tardivement dans l’enfance, en tout cas, et plus je le sens déjà : ces barrières qui ont été construites, ces peurs qui sont déjà là et qu’il va falloir lever ; du coup les biais ne sont pas les mêmes, les moyens, les chemins sont différents.

Et en tant qu’adulte, c’est encore autre chose, puisqu’il y a ce qu’on construit mentalement comme intention et comme représentation de ce qu’on aimerait dans ce lien à l’environnement naturel ; et il me semble que le fait de devenir parent, c’est souvent un bon levier pour se mettre en lien plus spontanément grâce à son enfant, à cet environnement naturel.

 

Lien enfants nature avec Émilie Lagoeyte

 

Comment (re)tisser des liens entre les enfants et la nature, avec Émilie Lagoeyte – Bonnes pratiques de santé environnementale pour parents

Émilie Lagoeyte
Et du coup, dans les ce qui me semblait être des bonnes pratiques, je pense que les personnes qui nous écoutent, là actuellement, sont très certainement des personnes qui sont nourris d’un d’intention de lien avec cet environnement naturel, qui sont en quête de sens ; et puis qui sont convaincus des bienfaits de ce lien au milieu naturel ; et qui peut être ensuite, et bien, on ne vient pas du même endroit, on n’a pas le même parcours, on n’a pas les mêmes peurs…

Voilà donc moi je pense que ce qui est important, ça va être de s’écouter soi-même. Déjà de sentir qu’est-ce qui vibre en soi? en tant que jeune parent, de quoi on a envie et à quoi on est prêt. Du coup, ça va être de partir de là où on en est, c’est à dire peut être d’avoir à la fois le courage, et puis peut-être la simplicité aussi, de mettre un petit peu de côté les objectifs qu’on se donne, ou alors les belles pratiques qu’on a pu observer dans des vidéos où autour de soi, mais qui nous semblent pas évidentes.

 

Commencer simplement

Et puis c’est déjà de se dire : Bon, moi, qu’est-ce que je peux faire simplement là où j’en suis ? Je pense que le plus intéressant ça va être ce ce premier pas ci ; c’est vraiment un premier pas ; et donc de trouver comment, comment créer des moments qui pour nous, semblent être des moments de lien à la nature avec notre enfant.

Alors ça peut être d’aller au parc, mais je suis sûre que toutes les personnes qui nous écoutent le font déjà ; et en fait, et bien, déjà d’avoir conscience que c’est déjà chouette, c’est déjà beaucoup. En fait, c’est déjà dans ces moments, si on arrive à leur donner l’occasion d’avoir lieu suffisamment souvent, c’est dans ces moments que va se jouer une première mise en lien essentielle de l’enfant au milieu naturel, et le rôle que soi-même on joue.

 

Commencer où on est en capacité d’agir

Émilie Lagoeyte
Je pense que c’est essentiel de prendre conscience de tout ce qu’on transmet à l’enfant. Donc si jamais on se met un peu trop en difficulté dès le début, par exemple d’aller dans un endroit qui est trop sauvage pour nous, où il y a trop de choses qu’on ne connaît pas bien, et donc il nous inquiète, évidemment, on va un peu transmettre aussi des peurs à l’enfant ; alors c’est pas forcément grave, parce qu’on chemine en fait. Donc et bien voilà, l’enfant est soi-même, on va peut-être être au même endroit, au même point.

 

Peurs de la nature

Émilie Lagoeyte
À un moment, on a un peu peur, je sais pas, on a peur que les plantes soient toxiques, on n’ose pas trop les toucher par exemple. Bon, ben on va cheminer ensemble, on va apprendre à les connaître. Et puis on va se rendre compte que ben déjà la majorité des plantes, on peut les toucher sans problème. L’enfant, il peut les mettre à la bouche, c’est pas grave. En tant que parent, on sait où est la limite, voilà, les trucs petits, ben, on a déjà les réflexes d’éviter que l’enfant s’étouffe avec, et après on va vite apprendre. Ben, quelles sont les choses ou il y a vraiment un danger ?

Enfin, moi j’ai le souvenir que, Guillaume, tu avais écrit un super article pour notre site Eveil et nature, il y a quelques années, où, études à l’appui, tu rappelles combien, en fait, pour la santé des jeunes enfants, le fait de barbouiller dans la terre comme ça, de s’en mettre partout, bah en fait, les enfants ils sont en meilleure santé quand ils font ça. Et les parents ils sentent bien de quelle terre il s’agit ; enfin voilà, qu’il ne s’agit pas du coin du parc où les chiens vont venir faire leurs besoins, évidemment ; donc ça, moi, j’ai tendance à faire vraiment confiance aux jeunes parents : on le sent tout ça.

 

Nature et santé des enfants

 

Comment (re)tisser des liens entre les enfants et la nature, avec Émilie Lagoeyte : premiers pas et idéaux

Émilie Lagoeyte
Mais du coup, dans les bonnes pratiques, je pense que plus déjà on prend soin de soi, et de là où on en est, qu’on arrive à être OK avec le fait que, ben, on ne sait pas tout. On est sûrement loin des idéaux qu’on a, mais en fait si déjà on se donne les moyens de vivre ces moments, et ben, c’est un super premier pas.

Et puis, les idéaux qu’on se donne, je sais pas moi, par exemple mon idéal, bah, c’est que mes enfants, tous les jours, ils jouent au moins 1h, où ils vont être soit en forêt soit dans un jardin qui est assez touffu, où il y a plein de plantes. Oui, ils vont pouvoir gratouiller, faire des cabanes, se cacher avec les copains-copines, voilà ça, c’est mon idéal. Et au fil des années, j’ai fait de mon mieux pour qu’il y ait lieu, mais bah parfois c’est un combat en fait.

Y a des choses, c’est facile. Non, en fait c’est pas si facile, en fait. Je me rends bien compte que notre environnement naturel, qu’il soit urbain, qu’il soit… moi, j’ai vécu dans des lotissements où, bah finalement, la campagne autour, c’est des champs, il y a des chemins, mais on n’a pas accès à grand chose quoi. Après y a les parcs urbains, et souvent les parcs urbains, c’est vraiment des bons points de départ.

 

Prendre le temps et prioriser où on met son énergie

Émilie Lagoeyte
Mais ouais, j’ai l’impression d’être OK avec le fait que ça prend du temps. Il y a des choses, ça prend du temps à les mettre en place. Moi, j’ai réussi, par exemple, à scolariser mes enfants dans une école alternative, qui a ce lien au milieu naturel qui me plaît bien. Mais ça n’a pas été facile, pour plein de raisons, voilà. Et puis, si ça n’avait pas été ça, et ben je pense que j’aurais mis toute mon énergie ailleurs, j’aurais mis mon énergie pour me rendre disponible… je ne sais pas … entre midi et deux, ou le soir après l’école, pour faire en sorte que mes enfants aient un temps de nature à cet endroit là en fait, voilà.

Alors je ne sais pas, peut-être que la bonne pratique au niveau en tant que parent, ça peut être de réfléchir à où est-ce qu’on met cette énergie là, en priorité, pour que ce lien entre notre enfant et la nature nous semble satisfaisant ou en tout cas en chemin. Voilà il y a ça.

 

Se former soi-même

Émilie Lagoeyte
Après y a une autre chose, je pense que c’est se former soi-même, apprendre soi-même – je parlais des plantes, par exemple – à connaître suffisamment de plantes pour savoir reconnaître quelques plantes toxiques, pour avoir confiance en soi sur le fait qu’on apprend à son enfant à pas se mettre en danger, qu’on lui apprend les bonnes pratiques, par exemple pour les plantes.

Moi, j’ai toujours dit à mes enfants, bah quand on ne connait pas la plante, on ne la met pas à la bouche. Et puis bah, tiens, on va chercher ensemble, c’est quoi cette plante ? Alors elle est jolie, elle a de jolies boules rouges. Ah, c’est de l’arum tacheté ? Ah bah, non, l’arum tacheté, si tu le mets dans la bouche, ça va te faire gonfler la bouche et ça va être pas bon. Donc ben on va… faut pas le faire, d’accord ? Bah mes enfants, ils ont vite appris, en fait.

 

Prise de risques mesurés

Guillaume Santé des enfants et environnement
Je te parlais au début des sujets sur lesquels… ton contenu et ce que tu partages, qui m’ont pas mal influencé et je me souviens que la… la première fois que j’ai été au contact de la notion de prise de risques mesurés, voire de l’éducation à la prise de risques mesurés, je pense que c’est via ton intermédiaire ; et je pense que ce que tu disais, c’est en lien, et je serais très preneur que tu approfondisses sur ce sujet, que les gens puissent partir avec quelques bases sur ce sujet, qui me paraît hyper important.

Émilie Lagoeyte
Ouais, Okay et ben Okay, je garde ça, l’éducation à la prise de risque mesuré pour dans une minute à peu près ; et du coup, je dis un 3e mot sur la pratique donc. J’avais un peu les bonnes pratiques vis à vis de ce qu’on fait avec l’enfant, les bonnes pratiques pour soi-même ; on se nourrit et on se forme en fait pour progresser, et ça peut être sur sa connaissance des plantes ; et ça va être sur sa connaissance des dangers dans le milieu naturel, parce que si on les connaît bien, et ben, on sait bien comment les éviter et on sait bien comment apprendre à notre enfant à vivre avec, en fait. Et la 3e, ça va être, je pense, sur comment est-ce qu’on peut permettre à l’enfant, en plus d’avoir des temps de nature pour lui même, d’en avoir aussi avec d’autres enfants ?

 

Comment (re)tisser des liens entre les enfants et la nature, avec Émilie Lagoeyte : jouer avec d’autres enfants

Émilie Lagoeyte
Parce qu’il me semble qu’ils se jouent des choses intéressantes. Les enfants en groupe, alors que ce soit par deux, quand ils sont tout petits, et puis plus ils grandissent, plus c’est quand même des interactions qui peuvent être plus foisonnantes. Je trouve intéressant de réfléchir à vers quel groupe d’enfants ou vers quel dispositif on peut orienter notre enfant, pour qu’ils vivent ces temps de nature collectifs ; et donc ça peut être soit trouver une nounou nature – y en a quand même de plus en plus qui développent ce côté-là – soit ça va être des activités du mercredi ou du périscolaire, ou quand c’est dans le cadre de jeunes enfants, des choses plus ponctuelles.

Ca peut être une colo en nature. Ici, dans la Drôme, on a les Voyageurs des Cimes, qui sont une association à connaître. Je devrais pas faire de pub, parce que leur séjour sont déjà un peu complets, mais c’est pas grave, ils vont embaucher plus d’animateurs et en faire plus ! Les enfants reviennent de semaines Nature où ils ont… ils sont transformés en fait ; ils vivent vraiment au contact de la nature, mais vraiment en groupe aussi.

Guillaume Santé des enfants et environnement
On mettra le lien dans la description, oui.

 

Colonies nature

Émilie Lagoeyte
Et ça, je pense que c’est une force pour toute la vie. Je n’ai pas d’action chez eux hein, juste je les adore ; mais y en a plein d’autres, en fait, y en a plein d’autres qui font un travail équivalent et une recherche sur Internet permet d’en trouver. Et puis, dernière chose, y a de plus en plus des des structures, sur le modèle des Forest Schools britanniques qui se développent en France.

Et c’est je trouve qu’on peut, on peut avoir des actions pour les soutenir, ces structures, pour les, pour les faire connaître et en tout cas pour se mettre en lien avec. Je sais qu’en région parisienne, il y en a, il y en a plusieurs qui s’ouvrent, mais y en a un peu partout ; et du coup, les enfants qui ont la chance d’en bénéficier, ben tous les mercredis par exemple, ils ont leur temps de nature, et ça je trouve ça chouette.

Voilà et nous, du coup, à Eveil et nature, ben là, notre rôle c’est de former ces gens-là, pour qu’il y ait de plus en plus qui ouvrent ce genre de structure, pour que les enfants des personnes qui nous écoutent puissent en bénéficier.

 

Paysage de forêt

 

Comment (re)tisser des liens entre les enfants et la nature, avec Émilie Lagoeyte : éducation à la prise de risques mesurés

Émilie Lagoeyte
Donc Guillaume, si tu le veux bien, j’embraye sur cette éducation à la prise de risques mesurés.

Guillaume Santé des enfants et environnement
Oui, je t’en prie. Moi, ça m’a beaucoup apporté ces notions là, sur quelque chose sur lequel je n’avais pas du tout réfléchi à l’époque.

Émilie Lagoeyte
Donc en fait, l’éducation à la prise de risques mesurés, en deux mots, ça va être le fait de soi-même bien connaître l’environnement naturel, d’être capable d’identifier les dangers qui sont dans ce milieu naturel, de voir quels risques découlent de ces dangers. Donc, par exemple, je prends un exemple ; on est dans une un coin de nature où il y a un rocher ; un rocher, ça va être à la fois plein de potentiels pour jouer, pour explorer. Et puis il va y avoir des risques associés à la façon dont l’enfant va jouer avec ce rocher ; et donc nous adultes, c’est bien que, d’un coup d’œil, et ben on apprenne à identifier ces risques.

Donc il va y avoir quoi comme risques ? Bah si jamais il grimpe, il peut y avoir le risque que Ah, il glisse et il s’érafle contre le rocher, il tombe d’en haut et il peut se faire une fracture. Pardon, je nomme vraiment les risques, mais c’est bien d’être au clair avec ça. Si, par exemple, le risque, c’est quand il est en haut du rocher, il tombe et il se tue : très clairement, bah c’est non en fait, donc clairement, en tant qu’adulte qui accompagne l’enfant, je, voilà là, on va juste dire non à l’enfant. Tu montes pas.

 

Mesures d’atténuation

Mais du coup, quand on est dans une éducation à la prise de risque mesuré, d’un côté, nous, adultes, on va mettre en place ce qu’on peut appeler des mesures d’atténuation, c’est à dire en gros tout ce qui fait que du coup, une fois que l’enfant va évoluer dans ce milieu naturel, et ben c’est okay, il va pas prendre des risques trop trop graves ; et puis on va apprendre à l’enfant à agir d’une façon appropriée; donc les mesures d’atténuation, ça va être soit les consignes orales qu’on va donner – « et ben là c’est non là, tu y vas pas ».

On peut expliquer pourquoi : « c’est, c’est c’est trop dangereux. Il y a un risque si tu tombes du rocher, tu peux tuer donc non – y a des mesures d’atténuation physique – ça peut être bah de choisir par exemple, d’aller plutôt à côté d’un petit rocher que d’un gros rocher. C’est un exemple un peu bateau mais voilà. Ou de mettre une barrière si c’est dans son jardin, ou … enfin voilà.

 

Comportements à adapter

Et puis, l’autre mesure d’atténuation, finalement, ça va être d’apprendre à l’enfant, et de s’assurer que qu’il intègre cet apprentissage à agir d’une façon adaptée. Donc on va lui montrer : ben voilà, sur le rocher, tu t’y prends comme ça, t’as trois points d’appui, tu vas pas plus haut que cette limite. Et là, au pire tu prends le risque de t’érafler – enfin, on est pas obligé de lui dire, mais soi-même on le sait, la, le risque, c’est une éraflure, c’est OK pour moi – donc j’apprends ça à mon enfant et on s’assure visuellement que l’enfant respecte ses limites.

Souvent l’enfant, dans l’apprentissage, il va avoir toujours un moment où il va transgresser la limite ; déjà pour voir si, (pour) nous, c’est une limite importante pour nous. Et puis soi-même pour vérifier quoi, donc, c’est là où ça demande d’être vigilant, si le risque est assez élevé, pour avoir vu quand l’enfant prend cette ce risque là et pour intervenir ; donc là, on est là en dernier recours pour assurer sa sécurité, et à priori mieux on a mis ça en place pendant longtemps, plus bah déjà pour soi-même adulte, ça devient une habitude, donc on le fait automatiquement d’un coup d’œil.

 

Au service de sa sécurité présente et future

On a identifié les risques d’un coup d’œil, on s’est mis soi-même dans la position d’agir de la façon appropriée, et l’enfant, ça devient une habitude aussi. Si, à l’inverse, y a pas eu cette éducation à la prise de risques mesurés… moi, j’ai vu des adolescents dans les groupes de jeunes que j’ai pu encadrer en nature, ben qui directement allaient montrer aux autres qu’ils étaient forts en grimpant sur le plus haut des rochers, et directement ben il prenait le risque maximal. Et je suis convaincue que les enfants qui avaient bénéficié, auprès de leur famille ou autre, d’une éducation à la prise de risque, c’est plutôt les autres ados qui, ben voilà, ils étaient plus prudents.

Guillaume Santé des enfants et environnement
Ouais, ça m’avait bien plu cette idée de non seulement réfléchir à la notion de prise de risque mesuré, et en même temps de la transmettre pour augmenter le niveau d’autonomie de l’enfant quoi. Et ça contribue au projet pédagogique qu’on a pour lui. Je me souviens que ça avait ouais, ça avait vraiment matché dans ma tête quoi.

 

Santé des enfants et nature

 

Comment (re)tisser des liens entre les enfants et la nature, avec Émilie Lagoeyte – Conseils de mise en application

Guillaume Santé des enfants et environnement
Tu as parlé de cette éducation à la prise de risque mesuré – c’est bien ça le terme hein ? – de faire attention à partir de où on est en capacité d’agir et je me demandais si t’avais d’autres d’autres retours d’expérience à partager sur des conseils d’application, de bonnes pratiques ou en miroir, des écueils, des écueils à éviter, sur la base de ce que t’as pu observer. Parce que j’imagine que t’as observé pas mal de parents en pratique.

Émilie Lagoeyte
Oui, et en fait, je pense qu’il y a y a autant de bonnes pratiques à mon sens que de parents. Finalement, j’ai l’impression que ce qui me semble être les pratiques les plus bénéfiques, ça va être celle où les parents se sentent le mieux.

Guillaume Santé des enfants et environnement
Ce que tu ce que tu disais tout à l’heure.

 

Agir là où on se sent le mieux

Émilie Lagoeyte
Ça va être celles, je sais pas, si jamais par exemple y a un parent, un parent son truc, c’est le jardinage par exemple, ou mais même dans des jardinières où…ben je pense que ça va être dans ce lien à la terre, aux plantes, au fait de planter, d’agencer un joli coin de jardin, peut être de réfléchir son jardin avec, selon ses enfants; d’aménager un coin où l’enfant, il va pouvoir… Je revois ma fille par exemple, quand elle avait un an, assise au milieu de j’avais mis de la lavande, de la menthe, c’est des plantes… l’enfant peut tirer dessus, c’est pas grave, ça va sentir bon, il peut même le mettre dans la bouche. Moi, j’ai été convaincue que c’était un cocktail sensoriel « plus plus ».

Et voilà, du coup, j’avais fait un coin de jardin comme ça, où je savais que, bah, ma titoune elle pouvait y aller à fond, ça allait pas me faire bondir parce que c’était des plantes fragiles. Et puis, ben, s’il y avait un autre coin un peu fragile, j’avais mis un peu des jolies barrières en bois. Enfin bref, voilà, pour que tout le monde s’en sente bien dans le jardin et donc, ben, je pense que c’est un point d’accroche pour un parent qui aime le jardinage.

 

Jardiner, bouquiner dehors, etc.

Mais après ben y a un parent, je sais pas, si jamais son truc ça va être de bouquiner dehors, bah peut être ça peut être juste d’installer une couverture et que l’enfant puisse amener ses jouets à côté. Et puis se sentir juste bien là, dans le parc au soleil, ça peut être un point de départ.
Je pense qu’on a tous autant de points de départ ; quelles sont les choses qui nous font vibrer vraiment ; parce qu’il me semble que c’est là qu’on est vrai avec son enfant, et du coup il s’en nourrit vraiment. Voilà, c’est mon point de vue.

 

Comment (re)tisser des liens entre les enfants et la nature, avec Émilie Lagoeyte – Conseils de lecture

Guillaume Santé des enfants et environnement
Oui OK, merci beaucoup, je trouve ça super pertinent.

Autre question que je voulais poser, c’est, est-ce que tu as, un livre que tu offres souvent aux parents autour de toi, ou un documentaire que tu conseilles ? Je te pose la question parce que j’ai le souvenir que lors de l’un de nos échanges, il y a plusieurs années déjà, t’as dû me dire oui, donc on parlait de mentor nature ou de passeur de nature ;  à l’époque, tu m’avais dit bon ; on partait sur le terme de Rachel Carson à l’époque ; je crois que t’as dû me dire un truc du genre « moi, mon mentor nature, c’était Louis Espinassous et ces livres », et moi je ne connaissais absolument pas cet auteur.

Et je donc, je crois que j’ai à peu près tout lu de ce qu’il a fait depuis, et cela m’a beaucoup plu. Ca avait été vraiment une pépite pour moi ; et je voulais savoir si t’avais des livres que tu aurais peut-être conseillé – je sais pas, peut-être Besoin de nature de Louis Espinassous ou d’autres, est-ce que t’en as que t’aimes particulièrement offrir aux gens autour de toi ?

 

Nature et albums de littérature jeunesse

Émilie Lagoeyte
Oui, oui oui, y en a plein. Effectivement oui, Louis Espinassous m’a beaucoup inspiré à mes débuts. Et puis, bon, en réalité, les livres que j’offre le plus, ça va plus être des albums de littérature jeunesse et du coup, je les offre peut-être plus aux enfants ; et mais finalement, c’est le parent qui les lit. C’est l’occasion de, bah voilà, d’une bouffée d’air pur.

Souvent, je te redonnerai le nom de l’auteur, mais par exemple y a un album que j’aime beaucoup, qui s’appelle Sauvage et sur la couverture, on voit le visage d’une petite fille avec les cheveux comme ça. Et puis, plein de plantes collées dans les cheveux.

Guillaume Santé des enfants et environnement
Ça me dit quelque chose.

Émilie Lagoeyte Enfants-Nature
Et c’est un peu l’histoire de Victor, l’enfant sauvage finalement, qui a été extrait du milieu naturel. Mais sauf que là, on imagine que cet enfant sauvage, il est bien dans ce milieu naturel et que c’est violent pour elle d’être du coup dans une famille, ben on va dire très bourgeoise, enfin voilà. Et donc elle s’enfuit. Oui, elle retourne au milieu naturel, et les dessins sont magnifiques et on s’y sent bien à ses côtés.

 

Comment élever un enfant sauvage

Voilà donc il y en a plein des comme ça et je trouve que c’est des beaux moments de partage nature avec ses enfants, qui nourrissent un imaginaire très positif, très friendly avec le milieu naturel. Beaucoup d’auteurs britanniques, je trouve que les Britanniques ont un lien de sympathie avec le milieu naturel qui fait du bien ; encore plus que ce que, voilà autour de nous, là ; et puis après, pour les adultes, j’aime beaucoup How to raise à Wild Child de Scott Sampson, qui a été traduit, il est sorti aux éditions les Arènes, et il s’intitule Comment élever un enfant sauvage en ville ; il commence à avoir quelques années, mais voilà un livre que j’ai trouvé très pertinent.

Et puis j’ai écrit un livre moi aussi, qui s’appelle Passeur de nature ; et voilà, je l’offre aussi parfois ; il est édité aux Editions plume de carottes et Terre vivante.

Guillaume Santé des enfants et environnement
On mettra aussi le lien dans la description. Je te remercie d’avoir fait l’effort de faire une sélection parmi, oui, j’imagine, un grand nombre d’ouvrages intéressants et enthousiasmants pour les enfants.

 

Santé des enfants et milieu naturel

 

Avec le recul…

Guillaume Santé des enfants et environnement
Je termine avec une dernière question ; quand je t’écoutais tout à l’heure, là, dans la discussion sur ton parcours effectivement,  y a Eveil et nature en 2023, j’ai souvenir que le début c’est 2015 ou quelque chose comme ça, et c’est donc qu’on arrive vers les 10 ans. Je me demandais si, du haut de ces presque 10 ans, si tu as l’exemple d’un aspect, d’un sujet sur ta thématique, et sur lequel tu as changé d’avis ou tu as évolué au cours de ces 10 dernières années, et pourquoi.

Émilie Lagoeyte
Et ben pas tellement Guillaume. En fait, à l’inverse.

Guillaume Santé des enfants et environnement
Ca a confirmé.

Émilie Lagoeyte Enfants-Nature
À l’inverse, je me sens de plus en plus convaincue par les observations que je fais au quotidien, de tous ces idéaux dont j’étais porteuse depuis l’enfance – parce que moi j’ai baigné là-dedans, mais en fait, qui se transpose aux personnes, aux personnes qu’on forme, aux personnes de notre entourage. Voilà donc ça ne fait que me confirmer que ce lien enfant nature, il est, il est puissant ce lien, de nous-mêmes à cet environnement plus naturel, il nous fait du bien.

 

Simplicité qui favorise le lien

Et puis de la simplicité finalement, de, comment dire, de ce retour à la simplicité qui favorise cette mise en lien ; et donc finalement, on fait tout un travail assez complexe pour réapprendre cette simplicité. Et ça, j’en étais déjà convaincue, mais finalement, c’est toujours le cas.

Guillaume Santé des enfants et environnement
Moi, c’est aussi un autre aspect sur lequel sur lequel ton contenu et toi, vous m’avez apporté. Je pense que certainement au début de mon approche sur ces sujets, je pense que j’étais certainement un peu trop surveillant ; et peut-être un peu trop impliqué ou dirigeant, dans le sens « diriger les jeux » ; et la notion de jeu libre dans la nature, je pense qu’elle est aussi arrivée par ton intermédiaire ; et il me semble, ça me semble aller dans cette… dans ce mouvement effectivement de retour à une certaine simplicité, à un contact direct.

Et puis, ça fait écho à ce que tu disais tout à l’heure, de prendre du temps régulièrement pour, ça prend du temps finalement. Je crois que c’est Scott Sampson je crois qui le dit, ça prend du temps de créer un lien avec la nature, ça se fait pas du jour au lendemain. C’est simple, mais ça demande du temps, quoi.

 

Comment (re)tisser des liens entre les enfants et la nature, avec Émilie Lagoeyte – Approche féminine

Émilie Lagoeyte
Et du coup peut être une chose quand même sur laquelle… J’en étais déjà convaincu, mais j’ai, j’ai encore avancé là-dessus. C’est un équilibrage qui me semble nécessaire, un rééquilibrage entre ce qu’on apporte, qu’on soit homme ou femme ; c’est à dire, je sens qu’il y a une approche féminine qui ose davantage se mettre sur le devant de la scène, de façon peut être récente, en tout cas en France ; et qui me semble très complémentaire d’une approche plus traditionnelle, qui était plus masculine dans la transmission de la connaissance de la nature, de la connaissance de gestes ; des choses qu’on apprend au scoutisme, par exemple, et qui sont à mon sens fondamentales.

Et là je trouve qu’il y a une approche qui, en tout cas de mon point de vue, est plus féminine, et qui apporte une dimension qui est différemment centrée sur l’enfant, et qui à mon avis est très intéressante ; et je sens l’importance de ce mouvement, notamment par le fait que nous, il y a quelques quelques jours, là, on a fêté les 3000 personnes qui ont suivi notre formation Passeur de nature ;  donc ça commence à être significatif

Guillaume Santé des enfants et environnement
Félicitations !

 

Émilie Lagoeyte Enfants-Nature
Et en fait, 95 %, ce sont des femmes. Donc c’est significatif aussi. Voilà donc bah à nous de jouer pour nous équilibrer, que ce soit professionnellement et puis au sein du couple, aussi hommes-femmes. Je suis sûre qu’on a tout à y gagner, sûrement sur les questions de santé et en tout cas sur cette mise en lien au milieu naturel. Voilà, un peu une quête d’harmonie, sûrement, vaste sujet.

Guillaume Santé des enfants et environnement
C’est une très belle ouverture.

Est-ce que – parce que je sais qu’on perd la notion du temps quand on est immergé dans la nature, mais je voudrais pas abuser trop de ton temps – est ce qu’il y aurait un sujet important à tes yeux, que tu voulais évoquer et qu’on n’aurait pas spontanément abordé dans les échanges ?

 

liens enfants nature

 

Importance du premier pas

Émilie Lagoeyte
Je pense que on a dit des choses fortes, vraiment ; ce que je souhaite aux personnes qui nous écoutent, c’est vraiment de s’emparer de leur propre pouvoir. Donc prendre conscience d’oser le premier pas, s’il a pas été franchi très souvent ; on a des personnes qui nous écrivent des messages pour nous dire « Ben j’osais pas, j’avais des peurs. Voilà, mais j’ai, j’ai essayé quelque chose, je suis sortie avec mon enfant, il nous est arrivé ça. J’ai trouvé ça génial et en fait maintenant, bah on va recommencer parce qu’on sait que c’est chouette. »

Donc je pense que c’est d’avoir confiance en ça, en ce premier pas, vous allez le faire. Et puis la suite, elle se construira. Je pense que si notre motivation est là, et si on arrive à la suivre sans s’imposer trop de contraintes qui nous parlent pas vraiment au final, et ben, on va faire un chouette chemin : c’est mon point de vue.

 

Pour suivre Émilie

Guillaume Santé des enfants et environnement
OK, je te remercie beaucoup pour l’échange très riche, pour toutes les bonnes pratiques hyper utiles pour les parents. Pour ceux qui veulent approfondir ton contenu ou rentrer en contact avec toi, c’est quoi les moyens privilégiés ?

Émilie Lagoeyte
On a un site internet qui s’appelle Eveil et nature, donc j’imagine qu’on peut trouver le lien quelque part autour de la vidéo.

Guillaume Santé des enfants et environnement
Dans la description, oui.

Émilie Lagoeyte
Voilà donc sur ce site, il y a la description de la formation Passeur de nature ; il y a aussi la description de notre petit nouveau, dont je n’ai même pas parlé, parce qu’il est tout nouveau, mais qui s’appelle Ninja des bois, qui cette fois-ci ne s’adresse non pas aux professionnels de l’enfance, mais aux parents ; et qui est un programme d’activité qu’on a voulu le plus ludique possible, pour motiver, donner envie aux enfants d’aller jouer dehors ; et puis à nous, parents, ben de les accompagner. Donc voilà Ninja des bois c’est aussi sur Eveil et nature.

Guillaume Santé des enfants et environnement
Très bien ;  à nouveau un grand merci pour ton temps. Et puis, ben, au plaisir de te croiser dans la vraie vie, un de ces quatre, Émilie !

Émilie Lagoeyte
Merci Guillaume, ce sera avec plaisir moi aussi. Très belle continuation.

 

————-

Voilà pour cet entretien intitulé « Comment (re)tisser des liens entre les enfants et la nature, avec Émilie Lagoeyte ». S’il vous paraît utile, alors vous pouvez liker, vous abonner et clocher si ce n’est pas encore fait. C’est notamment pour que YouTube favorise sa diffusion.

À bientôt !

 

Liens enfants nature avec Émilie Lagoeyte

 

Bibliographie. Comment (re)tisser des liens entre les enfants et la nature, avec Émilie Lagoeyte

  • Lagoeyte É, Chapelle C. Passeur de nature : transmettre le goût de la nature aux enfants. Plume de carotte & Terre vivante, 2019. Et aussi :
  • Hugues E. Sauvage. Casterman 1993. Et également :
  • Espinassous L. Besoin de nature. Editions Hesse, 2014. Et aussi :
  • Espinassous L. Pistes – Pour découvrir la nature avec les enfants. Plume de carotte, 2013. Et également :
  • Sampson SD. Comment élever un enfant sauvage en ville. Éditions des Arènes, 2016.

 

Photos et vidéos de « Comment (re)tisser des liens entre les enfants et la nature, avec Émilie Lagoeyte » :

  • En introduction : Eveil et Nature – Tous droits réservés.
  • Autres images et vidéos : notamment par Guillaume et Sayumi

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