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Échange avec Fabien Squinazi, président de la Commission santé-environnement au Haut Conseil de la santé publique (HCSP)

Il n'y a qu'un adulte qui puisse modifier l'environnement d'un enfant, pour qu'il ne soit pas exposé à des agents nocifs. - Fabien Squinazi

Parmi les constats sanitaires de l’impact de l’environnement sur la santé qui risquent de s’aggraver dans le futur, deux thématiques sont prioritaires : la pollution de l’air et les risques chimiques liés aux pesticides et perturbateurs endocriniens. - Haut Conseil de la santé publique (2017)

Bonjour à tous,
Voici une nouvelle vidéo publiée sur la Chaîne YouTube Santé des enfants et environnement, intitulée “Échange avec Fabien Squinazi, président de la Commission santé environnement au Haut Conseil de la santé publique (HCSP)”, ainsi que la transcription et le podcast associés.

 

 

 

Présentation de Fabien Squinazi, président de la Commission santé environnement au Haut Conseil de la santé publique (HCSP)

Bonjour les parents verts et prudents !

Aujourd’hui j’échange avec Fabien Squinazi. Fabien est Président de la Commission spécialisée “risques liés à l’environnement”, du Haut Conseil de la santé publique. Il est médecin biologiste, et notamment, ancien directeur du Laboratoire d’hygiène de la ville de Paris.

On discute notamment des expositions des enfants au domicile, de bonnes pratiques qui permettent d’augmenter notre capacité à agir, de l’influence de la publicité, et d’autres sujets.

Voilà, j’espère que vous y trouverez des choses utiles. Et je vous amène Fabien Squinazi.

 

Transcription de « Échange avec Fabien Squinazi, président de la Commission santé environnement au Haut Conseil de la santé publique (HCSP) »

Guillaume Santé des enfants et environnement
Aujourd’hui, je suis avec Fabien Squinazi. Fabien, merci de te joindre à moi.

Fabien Squinazi – président de la Commission santé environnement au Haut Conseil de la santé publique (HCSP)
Merci.

Guillaume Santé des enfants et environnement
Je suis très content de pouvoir échanger avec toi aujourd’hui, notamment parce que ton parcours professionnel est très riche, et que tu as travaillé sur de nombreux sujets de santé environnementale. Et souvent, je me rappelle, lors de nos échanges, je t’ai vu faire des ponts entre différentes thématiques, des ponts qui apportent des éclairages que je trouve vraiment, vraiment utiles.
Alors, avant qu’on débute, est-ce que tu souhaiterais indiquer des liens d’intérêt, au regard de la thématique santé environnementale, des liens que tu penses importants que les personnes qui nous regardent aient en tête en nous écoutant échanger

Fabien Squinazi
Non, je n’ai pas vraiment de lien d’intérêt particulier.

Guillaume Santé des enfants et environnement
OK, alors pour commencer, si tu veux bien, je te propose de présenter ton parcours, et les liens que tu y vois avec les enjeux de santé environnementale. Je pense qu’ils seront nombreux.

 

Fabien Squinazi et santé-environnement : un chercheur dans son laboratoire

 

Médecin biologiste

Fabien Squinazi
Voilà, en fait, j’ai une carrière qui est double. Dans un premier temps, après mes études de médecine, j’ai voulu faire une spécialité de biologie médicale ; et donc j’ai travaillé à l’hôpital pendant une douzaine d’années, comme assistant de microbiologie ; et à l’hôpital, donc pendant ces 12 années, je me suis beaucoup intéressé à l’enfant, à la pédiatrie, car c’était un sujet qui m’attirait ; et en particulier, je travaillais sur les maladies infectieuses de l’enfant, et notamment les traitements antibiotiques.

Et en tant que biologiste, au laboratoire, et bien je faisais à la fois des diagnostics de la, de la maladie, et surtout les traitements antibiotiques sur les bactéries, qui étaient souvent résistantes à ces médicaments ; et de proposer au médecin qui soignait ce patient, et bien, les meilleurs traitements antibiotiques possibles, avec le suivi également de, de ces traitements antibiotiques, par des analyses de sang, d’urine, pour voir l’évolution du traitement. Et donc c’était un binôme, en fait, et moi ça me plaisait beaucoup de travailler en binôme avec les médecins, pour avoir le meilleur traitement pendant mon séjour à l’hôpital. Aussi, je me suis beaucoup intéressé à la prévention des infections, et notamment à l’hygiène hospitalière.

 

Laboratoire d’hygiène de la ville de Paris

Fabien Squinazi – président de la Commission santé-environnement au Haut Conseil de la santé publique (HCSP)

Et donc, après ces 12 années passées à l’hôpital, et bien, j’ai voulu faire un changement d’orientation. Après un concours, j’ai été dans le laboratoire d’hygiène de la ville de Paris, donc à la mairie de Paris. Et là j’ai passé 30 ans de ma vie, et dans cette, dans ce laboratoire qui s’intéressait aussi au sujet de santé-environnement et qui étudiait les milieux dans l’environnement, que ce soit l’air, l’eau, les déchets, les surfaces, l’hygiène, dans les collectivités.

Et ce laboratoire comprend, comprenait à l’époque, une centaine de personnes. Donc vraiment une grande possibilité de, de travaux dans, dans ce laboratoire. Et donc, bah, je me suis intéressé dès le départ à ces sujets que je connaissais mal, puisque moi, j’ai travaillé plutôt à l’hôpital ; et donc je suis passé de l’hygiène hospitalière à l’hygiène urbaine.

 

Intoxication au plomb

Fabien Squinazi

Et très très peu de temps avant, euh, après mon arrivée de, 3 ans après, nous avons eu connaissance de, de problèmes par les médecins hospitaliers, de pédiatrie, d’enfants qui étaient intoxiqués par le plomb ; et je me suis beaucoup intéressé à cette question. Alors voilà, je passais de, des maladies infectieuses, tu vois, aussi aux intoxications de l’enfant par la peinture, qui était dans leur logement – et donc ce sont des immeubles anciens, vétustes, parfois insalubre – cette peinture que les enfants ingérait, soit sous forme de poussières, soit même sous forme, parfois, de petits fragments de peinture.

Et cette, ce plomb présent dans, dans cette peinture, c’était très ancien, puisque c’est un siècle auparavant, on avait utilisé cette peinture à la céruse au plomb ; et donc un siècle plus tard, et bien, les enfants – cette peinture se dégrade avec le temps – les enfants étaient à proximité de ces peintures et pouvaient s’intoxiquer de cette manière.

Voilà, et en fait, je me suis intéressé à cette question parce que l’intoxication chez l’enfant était, il y avait très peu de symptômes, et le seul moyen de diagnostiquer cette intoxication, c’était de faire une analyse de sang, et donc de repérer, de faire le dosage du plomb dans le sang – qu’on appelle la plombémie – et repérer ces enfants qui vivaient dans ces habitats, parfois dégradés, et de leur proposer, à ces familles, par l’intermédiaire des services de protection maternelle et infantile – et là aussi, je retrouvais le binôme du biologiste avec le médecin qui soutient, où nous travaillons main dans la main pour faire ce dépistage, qui existe encore aujourd’hui.

 

Enjeux liés au plomb : encore aujourd’hui

Fabien Squinazi

Encore aujourd’hui on diagnostique des enfants intoxiqués par le plomb lié à ces peintures. Bien sûr, heureusement beaucoup moins qu’à l’époque, dans, au milieu des années quatre-vingts, quand on a découvert ce sujet ; et donc là aussi, je me suis donc intéressé au problème de, de maladie chez l’enfant, et par l’intermédiaire de, du laboratoire, à la fois faire le, le diagnostic de, de l’intoxication par le dosage de cette plombémie, mais également en menant des enquêtes au domicile, pour repérer ces peintures au plomb avec des méthodes de diagnostic, pour rechercher le plomb dans les peintures et montrer que c’était bien la peinture qui était à l’origine de l’intoxication de l’enfant.
Parce qu’au départ, on n’y a pas beaucoup cru. Il a fallu mener des études pour convaincre que c’était bien la peinture qui intoxique les enfants, et non pas des marabouts ou d’autres, d’autres sources de plomb ; c’est vraiment bien cette peinture de logement, ou des parties communes de leur immeuble, qui les intoxiquaient. Donc voilà, et donc je revenais de nouveau à l’enfant.

 

Moins sujet à débat… aujourd’hui !

Guillaume Santé des enfants et environnement
Ouais, c’est, c’est intéressant d’avoir ton, intéressant de voir ce que je ; moi j’habite à Paris, dans un appartement ou il y a plein plein de murs avec des peintures au plomb, qu’on voit dans les diagnostics, et je me rappelle que – c’est surtout par quartier souvent à Paris – et dans les parties communes, y avait eu, y avait eu des travaux qui avaient été faits avec des, beaucoup de, de générations de poussière.
Et donc j’avais contacté la, la mairie et puis, dans les services en charge de ces, de ces sujets ; et je me rappelle qu’il n’y avait eu aucune discussion sur les enjeux, sur le lien possible et les techniques à faire quoi ; donc je, avec quelques dizaines d’années de décalage, je te remercie pour ton action de l’époque !

 

Peintures au plomb dans un état dégradé

 

Délai pour traduire dans la législation

Fabien Squinazi
Il a fallu, il a fallu du temps ensuite ; quand on a posé ce diagnostic et qu’on a montré l’origine de l’intoxication, il a fallu en moyenne une dizaine d’années pour qu’une loi impose ça. C’était en, en 1998, donc une dizaine d’années après, une loi qui impose aux propriétaires de ces logements, pour les locataires, de faire les travaux pour protéger les enfants, en recouvrant la peinture avec des matériaux solides, pour éviter que l’enfant n’ait accès à ces peintures et n’ait accès au plomb qui les intoxiquaient.
Donc en fait, je le, en pénétrant dans, dans ces maisons – parce que j’ai mené beaucoup d’enquêtes à l’époque ; moi, je suis un homme de laboratoire, mais je suis un homme qui sort beaucoup de son laboratoire ; quand c’était à l’hôpital, je sortais mon laboratoire pour aller à la rencontre des médecins, et à la rencontre des patients au lit du malade, hein, c’était et, et de la même façon à la mairie de Paris, dans ce laboratoire, je sortais beaucoup de mon laboratoire pour aller sur le terrain, pour voir comment les choses se passaient.

Et ça c’est fondamental, et souvent on reproche aujourd’hui au médecin qui sont dans leurs cabinets médicaux, de faire des diagnostics sans connaître l’environnement de leur patient ; et donc ils passent par des conseillers en environnement intérieur, qui vont au domicile à leur place, pour constater ce qu’il en est, dans l’environnement du patient. Moi, je, j’étais quelqu’un qui sortait beaucoup, qui allait au domicile, qui allait dans les EHPAD, dans les écoles, dans les crèches, dans les immeubles de bureau… pour aller constater sur place comment était, comment vivaient les personnes, et comment elles pouvaient être exposées.

 

Fabien Squinazi, santé environnement – Observation sur le terrain

Fabien Squinazi
Et donc j’ai un œil un petit peu d’observateur, c’est-à-dire, quand je vais quelque part, je regarde les, les sources de pollution ou les, les sources de contamination qui peuvent exister, pour essayer de repérer ces sources et essayer donc évidemment de les traiter, de les éradiquer en faisant des tas de mesures. Alors effectivement, je suis un homme de laboratoire, donc je fais aussi beaucoup de mesures de qualité d’air, de, je parlais tout à l’heure de, du plomb.
Mais pour revenir à ces maisons où étaient ces enfants, souvent dans des logements surpeuplés, avec des familles en précarité ; beaucoup de personnes ignoraient que, au sein même de Paris et dans certains quartiers de Paris, il y avait des, des personnes qui vivaient dans ces conditions là et, et donc j’ai eu l’occasion de prendre beaucoup de photos bien sûr, montrant uniquement le, l’environnement et non pas les personnes, et de projeter à l’époque dans des conférences, pour montrer l’état de ces logements qui était tout à fait inconnu à l’époque.

Et j’ai voulu faire connaître, finalement, comment ces personnes vivaient, dans quelles conditions, et comment il fallait mener des actions pour soit leur proposer de les reloger, soit de faire des rénovations de leur logement pour leur permettre de continuer à vivre dans ces logements, qui les intoxiquaient ou qui les rendaient malades, notamment par une mauvaise qualité de l’air.

 

Excès d’humidité

Fabien Squinazi – président de la Commission santé-environnement au Haut Conseil de la santé publique (HCSP)

Et donc c’est là que je me suis intéressé aussi, au-delà du problème des peintures au plomb, aux problèmes d’humidité ; car ces peintures, évidemment, se dégradaient du fait de l’humidité de ces logements ; et dans ces logements, c’était aussi accompagné de problèmes de moisissures. Et donc je me suis intéressé beaucoup à ces problèmes de moisissures dans mon laboratoire. On a été parmi les premiers à faire des diagnostics de ces moisissures, de les analyser, et pour voir quels, quels types de moisissures – qui peuvent être allergisantes, toxiques – que l’on pouvait trouver dans ces environnements intérieurs.
Et donc pas à pas, j’ai regardé comment ces enfants vivaient dans ces logements, avec ces problèmes de peinture, avec ces problèmes de moisissures, mais aussi la qualité de l’air. Parce que dans ces logements, les familles aéraient peu souvent et/ou leur, leur système de ventilation lorsqu’ils existaient, ne fonctionnaient pas ; des ventilations mécaniques fonctionnaient très mal, et donc il y avait une dégradation de la qualité de l’air, et donc ces enfants étaient aussi exposés à différents agents infectieux, à différents polluants, de l’air intérieur ; et en particulier ces enfants, donc, étaient souvent asthmatiques ou, ou faisaient des, des maladies respiratoires aiguës et des otites, des bronchiolites, bref des maladies respiratoires du fait de cet environnement.

 

Excès d'humidité et risque de moisissures

 

Fragilités des enfants

Fabien Squinazi
Car il faut le dire aussi, dans, dans ces maisons, on y passe beaucoup de temps, et notamment l’enfant ; l’enfant, et notamment le jeune enfant, passe beaucoup de temps à l’intérieur ; et un enfant, c’est un être fragile. Je l’ai constaté quand j’étais à l’hôpital, je l’ai constaté aussi quand j’étais dans la ville, que ces enfants avaient une certaine fragilité.
Cette fragilité est due déjà, en tant qu’enfant, c’est-à-dire, leur organisme est en pleine construction, en pleine formation ; leurs poumons ne sont pas encore développés. Leur cerveau n’est pas développé, et l’enfant c’est considéré comme une éponge, une éponge à polluants ; et donc les, les polluants vont venir, et l’enfant va absorber encore plus de polluants qu’un adulte. Un enfant respire plus vite qu’un adulte, donc il est, il respire beaucoup plus de, de polluants de l’air qu’un adulte.
Ses poumons, comme je l’ai dit, sont en pleine formation, donc sont agressées par ces différents polluants ; et donc il était important pour moi, presque, c’était un combat en fait, quand j’étais à la mairie de Paris, de combattre pour la protection de l’enfance et la protection de ces enfants, que je, que je regardais enfin, que j’allais voir dans leur domicile, voir comment ils vivaient ; et pour moi, c’était les défendre.

Et j’étais vraiment un ardent défenseur de ces enfants, et essayer, auprès cette fois-ci des pouvoirs publics – donc là je suis encore sorti mon laboratoire, non pas pour aller faire mes enquêtes, mais pour aller auprès des pouvoirs publics ; d’abord à la mairie de Paris, dans un premier temps, mais aussi au niveau du ministère de la Santé, ou du ministère du Logement, pour aller expliquer ce qu’il en était, et qu’il fallait trouver des solutions.

 

Acculturation à la santé environnementale

Fabien Squinazi – président de la Commission santé-environnement au Haut Conseil de la santé publique (HCSP)

Et dans les années 80, les années 90, quand on a travaillé sur ces sujets là ; c’était pas encore comme aujourd’hui. Toujours aujourd’hui, tout le monde parle de la santé environnement. C’est un sujet que tout le monde, maintenant en tout cas, on en parle ; à cette époque-là, on en parlait très peu. Et donc ces problèmes de, d’environnement et de, de problèmes de santé liés à l’environnement, étaient assez méconnus de, de la population, mais aussi méconnus des pouvoirs publics.
Et donc on était quelques-uns, scientifiques, disons, à défendre cette position, et surtout à démontrer – et j’avais au fait, j’ai eu la chance d’avoir un laboratoire avec beaucoup d’investissement, beaucoup de matériel, qui m’a permis de mener des études, et d’apporter les preuves les unes après les autres, des arguments auprès des pouvoirs publics, des publications pour montrer ces différents travaux que nous pouvions mener, pour faire bouger les choses. En fait, alors on est arrivé, on est arrivé à bouger les choses, oui.

 

Faux sentiment de protection

Guillaume Santé des enfants et environnement
Oui, parce que sur la santé-environnement, oui, sur la santé environnement, il y a effectivement ce, cette acculturation qui est quand même bien présente aujourd’hui – et je crois que, j’ai souvenir d’échanges avec toi sur ce sujet – je crois que ce qui reste encore assez fort aujourd’hui, c’est sur la notion de domicile ; et vraiment cette notion qui, en santé environnementale, peut-être un peu trompeuse
On a l’impression qu’on est dans un milieu assez protecteur, où on a, où on est protégé des polluants extérieurs ; et souvent les, les bâtiments sont pas hermétiques, les polluants de l’extérieur, on les retrouve souvent dans les intérieurs, plus les sources de l’air intérieur, et en plus, avec un volume restreint pour… avec des capacités de dilution plus faibles quoi.

 

Fabien Squinazi et santé-environnement : une chambre d'enfants

 

Fabien Squinazi, santé environnement – Double peine

Fabien Squinazi
Oui, moi je dis, moi je dis que, dans le logement, on a la double peine. On a les polluants qui viennent de l’extérieur et avec, si on se trouve près d’une voie de circulation automobile par exemple, ou d’autres sources de pollution, de pesticides ou d’industriels, et fortement exposés à ces polluants, et donc c’est la, la première peine ; et la, et la seconde peine, c’est celle des émissions à l’intérieur, à l’intérieur de son logement, par les matériaux et nos propres activités.
Souvent, on dit que, il y a l’environnement subi et l’environnement choisi ; effectivement, on subit un certain environnement, une certaine pollution environnementale, où malheureusement cette pollution est collective ; et donc malheureusement, on peut la subir de manière collective, et donc ça ne peut être, on ne peut agir que de manière collective sur cette pollution environnementale.
Mais il y a aussi l’environnement que l’on choisit, et que l’on choisit notamment à son domicile. Et donc cette deuxième peine, et bien, on peut la réduire ; on peut la réduire par la connaissance que l’on a de cette pollution, de l’air intérieur, ou des environnements intérieurs comme on dit, et donc là aussi, c’est la connaissance ; et notre rôle à nous scientifiques aussi, c’est faire passer de la connaissance auprès de la population du grand public, pour leur expliquer que ce n’est pas inéluctable, cette pollution intérieure, et que on peut agir.
Alors on peut agir, bien sûr, lorsqu’on fait des travaux ; on peut faire des choix de produits, on peut faire des choix de peinture non polluante, on peut choisir des matériaux peu polluants ; mais aussi nos propres activités jouent un rôle important ; aussi les, le choix des produits d’entretien par exemple, que l’on va faire.

 

Influence de la publicité

Fabien Squinazi – président de la Commission santé environnement au Haut Conseil de la santé publique (HCSP)

Et moi je suis un petit peu, comment dire, agacé par la publicité que l’on voit à la télévision, et qui nous engage à utiliser des produits de plus en plus toxiques ; parce que il suffit, quand on regarde la, la télévision, la publicité, y a une petite ligne tout en dessous qui dit que c’est un produit toxique, qu’il faut être attentif et cetera. Mais pendant la publicité, on nous encourage, on nous engage à utiliser les produits ; et il y a en particulier une, une publicité en ce moment, qui dit que nettoyer, c’est bien désinfecter.

On nous force un petit peu à utiliser des produits désinfectants, alors que le simple nettoyage serait suffisant, avec un simple détergent. On n’a pas besoin d’utiliser tous ces produits désinfectants, même pendant la crise COVID, on nous a engagé à utiliser tous ces produits, qui ont entraîné beaucoup de problèmes d’intoxication, cette fois-ci auprès de la, de la population, notamment des enfants.
Un dernier rapport de l’Anses montre que les enfants étaient touchés par ces produits désinfectants, qu’on a utilisés sans aucune retenue et qui étaient tout à fait inutiles et dangereux.

Guillaume Santé des enfants et environnement
Je mettrai le lien dans la description, je mettrai le lien dans la description.

 

Réduire les produits toxiques dans notre environnement

Fabien Squinazi
Et bien aujourd’hui il faut, voilà, il faut absolument réduire ces produits toxiques dans notre environnement et, et ça ce sont des choix individuels. Ce ne sont plus des choix collectifs, ce sont des choix individuels. On peut choisir des produits qui soient le moins toxiques possible. Il suffit de regarder les étiquettes, et puis se dire aussi, quand on veut acheter un produit : est-ce que j’ai vraiment besoin, est-ce que vraiment c’est utile d’avoir ce produit ; ou est-ce que je peux passer cette publicité aussi en disant, est-ce que je peux me passer de tel ou tel produit ? De tels vêtements ?

Oui, on peut se poser aujourd’hui la question, et surtout par rapport à notre environnement intérieur, se poser la question d’introduire dans notre environnement des produits toxiques ; et surtout ceux qu’on a acheté un jour, et qu’on a oublié dans un placard, mais qui continue à polluer notre air intérieur.
Donc là on, on peut expliquer, y a, y a plein de guides qui sont faits pour expliquer le choix des produits les moins toxiques. De choisir des produits qui, qui ne portent pas atteinte à notre santé ; et en termes de toxicité, être attentif à ça.

 

Importance d’aérer régulièrement la maison

Fabien Squinazi – président de la Commission santé-environnement au Haut Conseil de la santé publique (HCSP)

Et puis en parallèle aussi, notre maison, il faut la faire respirer, comme nos poumons respirent. Notre maison doit aussi respirer ; et donc il faut faire rentrer de l’air, c’est l’air qui vient de l’extérieur. Il peut être pollué, mais il y a certains moments de la journée où il ne l’est pas ; et souvent on conseille d’aérer le matin très tôt, le soir tard ; et notamment pour les personnes allergiques au pollen, c’est aussi bénéfique parce que y a peu de pollen. Très tôt le matin et tard le soir.

Et donc cette pollution aussi, qui a des cycles au cours de la journée ; et bien le, le matin ou le soir, il y a très peu de pollution ; et donc aérer sa maison, avoir un système de ventilation qui fonctionne correctement, il faut que notre maison respire ; et en faisant ces deux types d’actions, c’est à dire réduire les sources d’émission de polluants en choisissant des produits les moins toxiques, les moins émissifs en polluants ; et en renouvelant l’air de sa maison par l’aération, la ventilation.
On n’a sûrement pas besoin d’autres systèmes qu’on nous propose ; par exemple les plantes dépolluantes, on nous dit « voilà, vous allez agir sur votre intérieur en achetant telle ou telle plante qui va dépolluer » ; non, non, la plante, elle ne dépollue rien du tout. Il y a plein d’études qui ont montré que ça ne dépollue pas. La plante peut être toxique ou allergisante, donc il faut être très attentif à ça. Et puis, on a d’autres équipements qui sont proposés, d’épuration par exemple.

 

Équipements d’épuration : une fausse bonne idée ?

Fabien Squinazi

Là aussi, il faut être vigilant et bien connaître la nature de ces équipements, savoir ce qu’ils peuvent réellement nous apporter ; parce que souvent, ce sont de vrais gadgets, qui n’apportent rien ; et on a l’impression que ça y est, on peut polluer sa maison comme on veut ; on a la solution dépolluante, qui va nous permettre de polluer, alors que on a – et donc on a tous les produits possibles qui vont dépolluer ou les équipements dépolluants. Non, c’est faux.

Guillaume Santé des enfants et environnement
De mémoire, il y a des, y a des équipements de dépollution qui produisent, en plus, des polluants supplémentaires.

Fabien Squinazi
Ils peuvent produire aussi de la pollution en générant des, des sous-produits, des produits secondaires ou des sous-produits.
Donc il faut être vigilant là-dessus ; et donc là, ce que je suis en train de dire, c’est la connaissance ; c’est bien connaître le sujet ; et donc on n’a pas besoin d’aller chercher très très loin. Soyons le plus simple possible. En fait, quand on en a parlé, je parlais de la maison de ma grand-mère ; et j’ai fait la comparaison de la maison de ma grand-mère, la maison de mes parents et ma propre maison.

Et la maison de ma grand-mère, quand je m’en souviens, quand j’étais enfant, dans les années 50, c’était une maison très dépouillée, y avait très peu de produits ; on aérait beaucoup la maison parce qu’on avait peur de la tuberculose et de la, des maladies infectieuses de l’époque, parce que on n’avait pas autant d’antibiotiques ou la, les vaccins, que, qu’on a eus, et donc qu’on a eu après.

 

Intérieur des maisons

 

Fabien Squinazi, santé environnement – Intérieur des maisons, il y deux ou trois générations

Fabien Squinazi – président de la Commission santé-environnement au Haut Conseil de la santé publique (HCSP)
Et donc ma grand-mère, elle était très consciente de l’aération, elle m’a appris à aérer. Elle m’a appris aussi, à me laver les mains régulièrement, en termes d’hygiène, pour me prévenir des maladies infectieuses. Et donc il y avait très peu de produits dans, dans sa maison. Il y avait très peu d’équipements, je dis, c’était une maison dépouillée, je m’en souviens très bien.
Et puis la maison de mes parents, bah la maison de mes parents, elle s’est équipée ; et donc si ma grand-mère avait une glacière, avait un bloc de glace, mes parents avaient le réfrigérateur ; ils avaient la machine à laver, ma grand-mère allait au lavoir pour laver le linge et l’étendre à la terrasse, sur la terrasse. Mes parents, ils avaient la machine à laver ; et donc on a produit beaucoup d’équipements, on a introduit beaucoup de produits dans, dans la maison de mes parents à l’époque, parce que c’était la mode des années 60, des années 70. J’ai quitté la maison de mes parents à la fin des années 70, quand je me suis marié.
Pendant cette, ces deux décennies, y avait beaucoup de choses qui entraient dans la maison d’État, de produits, des tas de plastiques, de produits plastiques et autres. Parce que, à cette époque là, c’était pour améliorer notre environnement, pour améliorer nos conditions de vie. On avait la facilité, donc on a fait rentrer beaucoup de choses.

 

Prise de conscience

Fabien Squinazi – président de la Commission santé-environnement au Haut Conseil de la santé publique (HCSP)

Et puis avec mon épouse, et bien, on a suivi au départ un petit peu ce que faisait nos parents. Mais dans les années quatre-vingt, quand je suis arrivé à la mairie de Paris et que j’ai pris conscience de ces sujets de santé environnement et, et des problèmes de, de tous ces environnements, et bien on a fait marche arrière ; et donc on a décidé de limiter nos produits d’entretien. Ça, c’est dans les années, très rapidement dans les années 80, 90.
Quand on a pris conscience de ces sujets là, on a réduit l’utilisation de nos produits. On a été vers des produits les plus simples pour nettoyer. Notre maison n’a pas, on n’a pas fait rentrer tous ces parfums d’intérieur, que beaucoup utilisent les bâtons d’encens, les bougies parfumées, le papier d’Arménie, les huiles essentielles. Ça, ça n’existe pas chez moi ; tous ces produits-là ne, n’entrent pas, alors que ils entrent beaucoup chez des personnes qui pensent honnêtement que ça va pas assainir leur maison, et que ça va donner un bon air chez eux. Non, ces produits, ils émettent aussi beaucoup de polluants toxiques.
Moi, j’ai mené pas mal d’études pour montrer qu’on avait du formaldéhyde, du benzène, des particules fines, des oxydes d’azote avec ces produits ; et donc on crée une pollution sans le savoir, alors qu’on a un parfum ; mais derrière le parfum, il y a des tas d’autres polluants ; et donc cette maison aujourd’hui, on essaye bien de limiter, en fait, tous ces produits qui vont polluer ; et puis on est très sensible aussi à l’aération quotidienne de toutes les pièces de notre maison.

 

Alignement

Fabien Squinazi
Bon, ben voilà, tous les conseils que l’on donne aux autres, on essaie aussi de les appliquer chez nous ; et donc je m’aperçois que je suis en train de revenir à la maison de ma grand-mère, cette maison de mon enfance, dépouillée.

Guillaume Santé des enfants et environnement
Tu vas aller au lavoir bientôt !

Fabien Squinazi
Alors on peut être, elle était trop dépouillée, et donc il faut peut-être trouver un juste milieu ; mais en tout cas, surement pas celle de mes parents, qui ont introduit beaucoup, beaucoup de produits dans l’autre maison.

Guillaume Santé des enfants et environnement
D’accord. Je te remercie beaucoup pour, en fait, au travers de ton récit, on a passé en revue un, vraiment, de nombreuses bonnes pratiques intéressantes ; et ce que j’aime bien, c’est que t’as une… Parfois, on dit qu’il y a une liste de choses à faire, et puis une liste de choses à ne pas faire ; et j’aimais bien les, des, un peu des fausses bonnes idées ou les, les mauvais conseils que tu as soulignés. Là, j’ai, j’ai noté, celui des plantes dépolluantes qui est bien connu. T’avais commencé à aborder celui aussi de, de ces produits un peu… L’idée de « on n’a pas besoin d’aseptiser sa maison », quoi, d’aller vers des produits simples, et ça m’intéresse d’avoir ton, ton regard de médecin biologiste ; c’est souvent quelque chose que, que je relais de ce côté ; on a pas besoin, la maison n’a pas besoin d’être désinfectée quoi.

 

Produits ménagers

 

Pas besoin de désinfecter toute la maison

Fabien Squinazi – président de la Commission santé-environnement au Haut Conseil de la santé publique (HCSP)
Voilà, et, et puis même à l’hôpital aussi ; quand j’étais, je travaillais à l’hôpital dans les années 70, on utilisait beaucoup de désinfection ; on utilisait du formol gazeux, et il fallait étanchéifier la chambre. Et puis aujourd’hui, on utilise de moins en moins de produits désinfectants, même à l’hôpital, donc on a aussi progressé.
Voilà, mais dans notre maison, évidemment, on n’a pas besoin de, d’aseptiser. Stériliser notre maison avec des tas de produits… soyons les plus simples possibles et, et renouvelons l’air de notre maison. Et si donc de choisir les produits les moins toxiques dans notre maison, c’est vrai qu’il faut aller à la chasse hein ; parfois parce que, quand vous allez dans un supermarché et que vous voyez tous les rayons des produits d’entretien, c’est incroyable le nombre de produits ; et puis la publicité nous montre que le produit nouveau est, est meilleur que le produit ancien ; on lave mieux, on désinfecte mieux qu’avant. Et donc on nous encourage, encore aujourd’hui, à utiliser ces produits.
Moi je dis stop aujourd’hui parce qu’on va aller trop, on va trop loin ; et il faut essayer d’un à moment donné, ben de cesser un petit peu la, la course que l’on a vers le, le produit le, le meilleur, le… voilà. Non, non, soyons le plus simple possible aujourd’hui ; en tout cas, c’est la, c’est le message qu’on fait passer aujourd’hui sur la simplicité. Soyons simples dans notre maison et faisons – en fait, moi j’encourage toutes les personnes à aller ouvrir leurs placards dans leur maison. Et puis de regarder les produits qu’ils ont ; et faites le, le calcul, déjà du nombre de produits, et regardez chacun des produits.

 

Bien choisir ses produits

Fabien Squinazi
Alors bon, y a, y a des applications qui permettent de dire pour tel ou tel produit, il y a des substances indésirables par exemple dans ce produit ; et ben, on va éliminer les produits qui ont substances allergisantes, toxiques ; bon aujourd’hui il y a de moins de cancérigènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction. Heureusement, parce que y a toute une réglementation là-dessus ; mais on peut trouver encore des perturbateurs endocriniens.
Donc voilà, il faut essayer d’aller à la chasse, et surtout peut-être aller vers des produits moins, moins industriels : le savon noir, le bicarbonate de soude, le vinaigre blanc – que j’utilise chez moi, hein, j’utilise ces produits là ; d’abord, ça me coûte beaucoup moins cher ; jJ’ai fait des économies de produits d’entretien et ces produits-là, ils sont tout à fait simples, naturels, et il nettoie bien ; et donc j’ai pas besoin d’avoir un nettoyage, de nettoyant le plus performant du monde. Ils nettoient bien, ils donnent la propreté que j’attends et ça me suffit largement.

Guillaume Santé des enfants et environnement
On revient sur la question des besoins, dont tu parlais au début ; et quand je t’entends parler de, de simplicité ou même de, de diminuer le nombre de produits, j’ai l’impression, moi, ce que j’observe autour de moi, c’est que ça, – on parle pas mal d’éco-anxiété, parfois, et j’ai l’impression que ça diminue…

Fabien Squinazi
Tout à fait.

Guillaume Santé des enfants et environnement
… tu vois, cette, cette notion d’éco anxiété ; et j’ai souvenir, dans un échange précédent, tu avais employé des termes qui m’avaient marqué ; de mémoire, t’avais parlé d’éco-lucidité ou d’éco-enthousiasme, en entrant dans l’action. Et là, ça m’intéresse si tu voulais bien un peu développer.

 

Fabien Squinazi, santé environnement – Gestion de l’éco-anxiété

Fabien Squinazi – président de la Commission santé-environnement au Haut Conseil de la santé publique (HCSP)
Ce message que je viens de passer, il est loin, je ne – enfin je voudrais pas qu’il soit anxieux ; parce que d’habitude ; on parle des polluants, et donc on crée une éco-anxiété sur l’environnement ; on crée une anxiété sur notre environnement parce qu’on parle beaucoup de pollution. Et le message que je viens de donner, il va, il est plutôt positif ; il dit « on peut mieux faire », et on peut faire beaucoup mieux. Donc, effectivement, cette éco – être lucide, déjà sur ce que l’on fait, et d’avoir cette éco-enthousiasme, c’est-à-dire, finalement, c’est pas inéluctable ; et on peut tout à fait vivre sans tous ces produits, sans tous ces équipements qu’on peut faire entrer dans notre maison ; on peut vivre simplement ; et ça suffit pour bien vivre.
Et en plus on se dit que finalement, bah, on a, on a eu une action positive sur notre environnement. Tout à l’heure, je parlais d’environnement subi et choisi ; là, on fait une action positive sur notre environnement. On prend des décisions soi-même ; on balance les produits qui sont toxiques, on va choisir des produits les plus simples possibles ; et on vit très bien dans cet environnement. Bon, ben on n’a pas besoin de, d’avoir de la complexité dans notre environnement quotidien.

 

Environnement subi et choix personnels

Fabien Squinazi

On peut aussi choisir, puisque on parlait tout à l’heure de l’environnement subi, collectif, mais on peut faire aussi des choix personnels, par exemple liés à notre mobilité. Ça, c’est à l’extérieur. On peut choisir la mobilité – bon aujourd’hui, on donne des possibilités de différentes mobilités. Bon, effectivement, si on a une voiture, j’ai une voiture hein, j’ai une voiture ; je l’utilise très très peu, très très peu.

Dans Paris, on n’a pas besoin d’une voiture. D’ailleurs, en plus, quand on prend la voiture, on sait pas à quelle heure on va arriver à l’endroit où on va, tellement y a des embouteillages et autres ; donc à la limite, autant prendre les transports en commun ; et donc ma voiture, je m’en sers vraiment quand j’ai vraiment besoin de transporter quelque chose, ou que je vais très loin et que j’ai pas de transport tout à fait favorables. Mais sinon, non, je n’ai pas besoin, donc je prends les transports en commun.

Bon, à mon âge, j’ai du mal à faire du vélo, honnêtement, ni de trottinette. Bon, je suis désolé pour ceux qui font du vélo et de la trottinette, mais prendre les transports en commun, il faire des choix, choisir les transports en commun pour ma mobilité. Mais voilà, j’ai le sentiment que je vais dans un sens où je, de manière collective, j’essaie de ne pas polluer notre environnement ; et donc c’est aussi cet environnement que je souhaiterais – bon, je, quand on voit les niveaux de pollution qui ne baissent pas ; donc ils ne baissent pas suffisamment par rapport au seuil donné par l’OMS, par rapport à des seuils sanitaires ; on s’aperçoit encore qu’il y a beaucoup de chemin à faire par rapport à, voilà.

 

Encore des progrès à faire en matière de pollution atmosphérique

 

Au niveau individuel

Fabien Squinazi – président de la Commission santé-environnement au Haut Conseil de la santé publique (HCSP)

Mais si chacun d’entre nous faisait des efforts, à la fois dans nos environnements intérieurs, ce sont des efforts, pas des contraintes, ce sont des efforts – mais ce sont des actions et, et finalement, cette action, elle aboutit aussi à quelque chose ; car je peux vous assurer que si on modifie notre environnement, en choisissant des produits les moins toxiques, les plus inoffensifs possibles, on améliore la qualité de l’air ; et ça, je peux vous l’assurer, parce qu’il y a des études qui le montrent ; et quand on dit qu’on améliore la qualité de l’environnement, on améliore aussi notre santé.
Et pour revenir à l’enfant, c’est, c’est nous, adultes finalement, qui, faisant l’environnement pour nos…

Guillaume Santé des enfants et environnement
Alors, attends, je t’interromps sur ce sujet, Fabien, parce ce que je relisais, mes notes de travail là, sur des échanges qu’on a eu au Haut Conseil, et j’ai trouvé, je l’ai noté, et c’est une, je l’ai notée mot pour mot, une citation que, donc c’est une phrase que t’avais dite donc je cite : « il n’y a qu’un adulte qui puisse modifier l’environnement d’un enfant pour qu’il ne soit pas exposé à des agents nocifs. » Ça m’avait, j’avais trouvé ça très parlant, je l’avais noté, c’est marrant, dans mes fichiers persos, mais c’est exactement ça vers où tu voulais aller, c’est un espèce de pont entre l’action et la fragilité de l’enfant, notre rôle.

 

Protéger nos enfants

Fabien Squinazi
Et oui, et oui, parce que, comme cette phrase veut dire, que y a que nous, les adultes, qui peuvent protéger nos enfants ; donc les enfants sont des êtres fragiles ; prenons un petit bébé ; c’est vraiment, enfin ou, un enfant qui – c’est merveilleux d’avoir un enfant. C’est merveilleux de communiquer avec un enfant qui va progressivement – enfin, moi, j’ai, j’ai eu des enfants, trois garçons ; j’ai aussi trois petits enfants, deux petites filles et un garçon ; et je les ai vus évoluer, parce que j’ai eu plus de temps aujourd’hui pour mes petits-enfants, que pour mes enfants. J’étais très occupé pendant ma, mes professions, et donc j’ai pas vu beaucoup mes enfants grandir ; mais mes petits-enfants, oui.

Et en fait, ces petits êtres, ils ont besoin de nous en fait, ils ont besoin de nous et, et nous on est là pour les protéger. Alors, les, on est là pour les protéger, pour quand ils commencent à marcher, et qu’ils ne tombent pas, et qu’ils se fassent pas mal ; on les protège quand ils vont commencer à avoir leur premier pas, mais on les protège aussi de l’environnement. Euh, c’est que c’est nous les adultes qui faisons notre environnement ; l’environnement, pour nous, mais aussi pour nos enfants ; et donc protéger nos enfants, c’est aussi leur donner un environnement, voilà – je, je pensais aussi que, quand on sort nos enfants à l’extérieur, parce qu’il faut bien que les enfants aillent à l’extérieur, ils ne sont pas à la maison et on les promène à l’extérieur.

 

Fabien Squinazi, santé environnement – Moins de pollution dans les parcs urbains

Fabien Squinazi – président de la Commission santé-environnement au Haut Conseil de la santé publique (HCSP)
En fait, dans des études que j’avais faites il y a déjà plusieurs années, on avait mesuré la pollution à l’entrée des squares ou des jardins ; et à l’entrée, le niveau de pollution est très élevé sur les trottoirs ; le niveau de pollution est élevé, et l’enfant qui est dans sa poussette, il respire encore plus de polluants, parce qu’il n’est pas loin des pots d’échappement ; mais dès qu’on rentre dans un square ou dans un jardin – bon, moi je, j’habite pas très loin du parc Montsouris. Et donc, dès qu’on rentre, la pollution diminue ; et donc plus on s’éloigne de, du des trottoirs et de la voirie et qu’on rentre dans le jardin, plus la pollution diminue.

Et donc on protège nos enfants quand on va dans ces jardins, pour les protéger de la ville polluante, car là on trouve un havre de paix, si je puis dire. Du calme d’abord, on n’a plus le bruit de la ville, on a le calme pour nos enfants car le bruit est aussi nocif, hein, que la pollution chimique ou la pollution atmosphérique. Et donc on leur crée un havre de paix pour les protéger ; et donc on les protège à la maison, on les protège aussi à l’extérieur pour – quand on, quand on se promène, on évite finalement d’aller trop longtemps sur les trottoirs, et pénétrer dans des lieux où on s’éloigne de cette pollution. Et plus on s’en éloigne, plus elle diminue, et plus l’enfant va respirer un air qui va être de moins en moins pollué.

 

Écran de végétation

Fabien Squinazi

Et donc là aussi, les études que j’ai pu mener, dans mon laboratoire à l’époque, à la mairie de Paris, ont pu montrer aussi donc les, les niveaux de, de pollution et la protection de, de l’enfant que l’on peut avoir, donc, quand on pénètre dans un jardin.

Guillaume Santé des enfants et environnement
C’est très intéressant cette diminution significative de la pollution à l’échelle de, d’un parc urbain quoi ; et Montsouris, c’est de taille tout à fait…

Fabien Squinazi – président de la Commission santé-environnement au Haut Conseil de la santé publique (HCSP)
Et oui, et parce que la, la pollution va se fixer sur les arbres, d’où l’importance de la végétation. Voilà, on a un écran et, et donc on protège ainsi nos enfants de la pollution atmosphérique ; donc voyez, y a plein de moyens en fait. Et donc notre enfant, on peut tout à fait le protéger si on connaît bien les, les sujets, qu’on connaît bien les études scientifiques qui sont faites, mais aussi la traduction de ces études en messages sanitaires. On travaille au Haut Conseil de la santé publique sur les messages sanitaires à passer en cas de pollution atmosphérique, d’épisodes de pollution atmosphérique. On travaille aussi sur les stratégies d’aération, de ventilation, pour qu’on ait des débits suffisants pour renouveler l’air de manière correcte.

 

« Domiscore »

Fabien Squinazi – président de la Commission santé-environnement au Haut Conseil de la santé publique (HCSP)
Nous avons travaillé, au Haut Conseil de la santé publique, sur un outil qu’on appelle le Domiscore, le Domiscore. C’est un outil qui permet, par une grille multicritère – y a 48 critères – de déterminer tous les facteurs qui peuvent être favorables ou défavorables à la santé dans l’habitat, dans l’habitat ou dans la proximité de l’habitat. Et donc on part cette grille, on peut voir par les couleurs de cette grille, voir quels sont les facteurs les plus défavorables dans cet habitat, et donc de trouver des solutions pour agir dessus ; et donc on crée ce qu’on appelle un score santé de l’habitat. Par cette grille, par cet outil Domiscore – ça c’est les travaux qui ont été publiés en 2020 par le Haut Conseil de la santé publique…

Guillaume Santé des enfants et environnement
J’allais dire ouais.

Fabien Squinazi 
Et donc cet outil peut aider aussi des collectivités à bien connaître leur parc immobilier ; mais soi-même, on peut faire aussi cette grille, et voir si on est finalement, par rapport – alors y a, y a plusieurs thèmes, hein, qui sont donnés, notamment la qualité de l’air intérieur évidemment ; mais il y a des tas d’autres sujets comme l’eau, les déchets, la protection physique ; enfin, on prend en compte la proximité, par exemple, si on a à proximité de son habitat, des facilités de mobilité, des jardins dont je parlais à l’instant, des proximités, d’avoir de la nourriture diversifiée, etc. ; pas très loin de chez soi ; voilà, tout ça fait partie de cet outil Domiscore parce que tous ces facteurs sont favorables à la santé dans l’habitat.

 

Fabien Squinazi et santé environnement : un salon moderne

 

Fabien Squinazi, santé environnement – « Domiscore » : un outil aussi pour chez soi

Fabien Squinazi – président de la Commission santé-environnement au Haut Conseil de la santé publique (HCSP)

Et donc ça permet aussi donc de déterminer un score, pour savoir comment améliorer notre habitat soi-même, mais aussi on se faisant aider par des bailleurs sociaux, qui peuvent aussi améliorer les habitats, les logements des personnes. Voilà, donc voilà, il y a plusieurs outils au sein du Haut Conseil, qu’on a développé pour aider à mieux connaître la, notre environnement. Oui, essayer et voir aussi comment on peut agir directement sur notre environnement, et pour le sujet qui nous intéresse, pour l’enfant, et bien évidemment pour protéger nos enfants.

Guillaume Santé des enfants et environnement
Je suis content que t’aies souligné cet aspect que je… j’entendais beaucoup parler du Domiscore comme appui aux pouvoirs publics ; et effectivement, quand on rentre dedans, c’est tout à fait une grille de lecture qu’on peut faire pour soi-même, pour son amélioration continue au niveau, au niveau individuel, c’est très intéressant. Je mettrai le lien dans la dans la description.

Fabien Squinazi
Tout à fait, on peut le regarder, alors y a, bon, on parle du, on parle du bruit par exemple, aussi. Enfin, y a plusieurs facteurs qui sont favorables ou défavorables de la santé, enfin, des facteurs qui impactent la santé ; et donc on peut soi-même, par cette grille, voir, ben, on peut améliorer. Et donc si on est dans le rouge, par exemple, qu’on est, on peut aller du rouge ou jaune ; si on est dans le rouge, et bien on peut se dire « tiens, je vais voir comment je peux modifier ce facteur là, parce que je sais qu’il peut avoir un impact sur ma santé, dans mon habitat » ; et donc j’essaye de déplacer le curseur pour voir comment je peux améliorer mon habitat.

 

Facteurs favorisant la santé dans l’habitat

Guillaume Santé des enfants et environnement
Oui, c’est un outil vraiment très riche ; et j’invite vivement ceux qui nous regardent, à aller y jeter un œil.

Fabien Squinazi – président de la Commission santé-environnement au Haut Conseil de la santé publique (HCSP)
C’est un gros travail. J’étais le coprésident de ce groupe de travail au Haut Conseil ; et on a, on a fait un rapport sur les, les facteurs qui impactent la santé dans l’habitat ; et ensuite on a développé cet outil. Donc, avec cette grille, ça demandait beaucoup de travail, mais c’est un outil très intéressant et qui, je pense n’est pas assez connu ; et je pense qu’il est très utile pour améliorer notre habitat.

Guillaume Santé des enfants et environnement
Très bien Fabien. Est-ce qu’il y aurait un sujet important pour toi sur lequel tu voulais faire passer des messages, et qu’on aurait pas aborder spontanément au cours de nos échanges ?

 

Fabien Squinazi, santé environnement – Fil directeur

Fabien Squinazi
Non. Enfin, j’ai en fait, j’ai, je veux dire que, dans ma carrière, comme je l’ai dit rapidement au début, en fait bon, je suis médecin au départ ; et donc un médecin, c’est pour aider son prochain. Et, et pour trouver des solutions pour son prochain et lui apporter une aide, l’accompagner et, voilà ; et donc aider son prochain, ça a été vraiment mon, mon point de départ en fait, en voulant faire de la médecine ; et puis au cours de mon parcours, donc de mes études de médecine, médicales – j’ai changé d’orientation, j’ai pas voulu être clinicien, donc être médecin généraliste par exemple, ou spécialiste dans le domaine clinique ; et j’ai voulu faire de la biologie parce que j’ai pensé que dans ce domaine là, je pouvais aider encore plus, ou encore mieux le, les patients, et puis mon prochain, la population de tel ou tel sujet.

 

Au service de la santé des autres

Fabien Squinazi – président de la Commission santé-environnement au Haut Conseil de la santé publique (HCSP)

Et donc quand j’étais à l’hôpital, j’avais le sentiment d’aider à la guérison des patients. Ils venaient pour, ils étaient malades, et donc aider à la guérison, et pour moi, c’était un sentiment très fort. J’étais jeune, cette époque-là ; pour moi, c’était un sentiment très fort. Et quand des médecins disaient aux patients, « Vous voyez, c’est grâce à ce Monsieur, ce médecin, que vous avez guéri, parce qu’il a choisi le, le bon antibiotique qu’il fallait ; et, et on a, on vous a suivi » ; voilà, pour moi, c’est ça allait dans le bon sens.

Et puis, quand j’étais à la mairie de Paris, là aussi, j’ai voulu aider la population parisienne. Donc alors, c’est un sujet beaucoup plus vaste, évidemment que, au sein de l’hôpital ; parce que à l’hôpital, c’était le patient qui était en face de moi. La mairie de Paris, c’était la, la population parisienne, le grand public, donc c’était un peu plus. Mais j’essayais dans mes enquêtes, quand j’allais dans des enquêtes particulières, là aussi aider par des diagnostics, en discutant cette fois-ci avec le médecin du travail, avec le médecin de PMI, avec le médecin scolaire pour discuter avec lui également – Donc ce binôme que j’évoquais pour trouver les meilleures solutions – et là j’avais les outils nécessaires, avec un laboratoire pour faire des analyses et me rendre compte des résultats de ces analyses, voir comment les interpréter, et comment ensuite on pouvait gérer la situation, pouvait aider pour cette situation.

 

Dans la continuité

Fabien Squinazi
Et bien, c’est ce que je fais encore au Haut Conseil de la santé publique, par les avis que nous publions. C’est aussi l’aide qu’on peut apporter, des modalités de gestion, l’aide que nous pouvons apporter pour mieux gérer les situations. Alors, c’est un avis consultatif, hein. Je ne suis pas dupe, c’est un avis consultatif, je ne suis pas le décideur, hein. J’apporte une aide, je donne un avis le plus scientifique possible, pour gérer telle ou telle situation, et j’espère au fond de moi que le décideur, bah, va suivre mes recommandations, nos recommandations au Haut Conseil, pour améliorer la santé de nos concitoyens.
Parfois ça marche et il y a des protocoles sanitaires qui sont faits ; et ça a amélioré les choses ; et parfois, bah, les décisions vont pas tout à fait dans le sens que je souhaitais. Et bien voilà, je, quand j’étais à la mairie de Paris, j’allais me bagarrer avec le cabinet du Maire, pour faire évoluer les choses.
Parce qu’on essayait de m’écouter pour telle ou telle recommandation, que je vais faire en proposant des solutions pratiques ; quand je suis au Haut Conseil de la santé publique, là, c’est plus complexe, parce que c’est plus large, évidemment, et c’est un, des ministères. Mais mon combat est toujours là, et je suis toujours celui qui parle, qui défend mes positions, qui défend les recommandations que l’on peut faire, pour essayer de faire avancer les choses.

 

Fabien Squinazi, santé environnement – Commission santé-environnement

Fabien Squinazi – président de la Commission santé-environnement au Haut Conseil de la santé publique (HCSP)

Voilà, et donc c’est peut-être dans toute ma carrière, ce que j’ai souhaité faire, c’est aider les autres, et pour justement qu’ils aillent mieux, améliorer leur santé, leur état de santé. Ça a été tout le mon fil conducteur, finalement, dans ma carrière professionnelle, et même aujourd’hui, comme retraité et travaillant au Haut Conseil de la santé publique ; c’est ce que j’essaye de faire également, et j’essaye, et bien, en tant que président d’une commission sur la santé-environnement, et bien, d’entraîner tous les autres dans ce domaine-là. Et les échanges que nous avons au sein du Haut Conseil sont très riches, et nous permettent aussi d’avancer dans ce domaine-là.

Guillaume Santé des enfants et environnement
OK, très bien. Est-ce que, pour les gens qui voudraient te suivre ou suivre ton travail, est-ce qu’on peut les, où est-ce qu’on peut les diriger de manière privilégiée ? Tu as parlé du Haut Conseil.

 

Haut Conseil de la santé publique

Fabien Squinazi – président de la Commission santé-environnement au Haut Conseil de la santé publique (HCSP)
Oui, bah, le Haut Conseil, y a le site internet du Haut Conseil, avec tous les travaux qui sont publiés ; et donc on voit d’ailleurs à chaque fois dans, dans un avis du Haut Conseil, y a le groupe de travail qui qui a donné ses recommandations ; donc c’est transparent ;et donc on a les noms des membres du Haut Conseil qui ont fait ces recommandations, pour qu’on puisse éventuellement les contacter.
Bon, je suis sur LinkedIn également, où on peut également me suivre.

Guillaume Santé des enfants et environnement
J’ai vu.

Fabien Squinazi

Parfois, je fais des posts sur différents sujets, ou je réagis avec des commentaires, pour faire passer des messages. Je l’ai fait pendant la crise COVID, voilà, où j’étais par exemple horrifié qu’on fasse de la désinfection à la sortie du confinement, où le virus avait déjà rendu l’âme depuis longtemps ; et on se mettait à mettre des désinfectants partout, inutile et très dangereux. Je me suis aussi bagarrer contre ça.
Voilà donc j’essaye de, de faire pour le mieux ; et en fonction, donc, des moyens qu’on peut nous donner aussi au sein du Haut Conseil, de faire le travail que l’on peut faire, dans le meilleur des cas et des, et les meilleures possibilités qu’on puisse nous donner.

 

Merci !

Guillaume Santé des enfants et environnement
Ok, un grand merci…

Fabien Squinazi
… et merci beaucoup, et merci beaucoup Guillaume de m’avoir donné la parole ; parce que bon, je, j’interviens régulièrement, hein, dans les télévisions, les radios, dans des publications, et j’essaie de faire passer aussi ces messages ; mais, mais merci aussi de m’avoir permis de parler d’abord de moi, de mon parcours et de tout ce que j’ai pu faire, et de ce que je fais encore pour lutter contre la pollution, lutter pour un meilleur environnement et lutter pour un meilleur état de santé de nos concitoyens.

Guillaume Santé des enfants et environnement
Oui, on se retrouve sur ces sujets. C’est moi qui te remercie, Fabien. Merci pour l’entretien très riche en informations utiles, en bonnes pratiques concrètes pour les parents. Et puis, ben je, je te dis à très bientôt dans la vraie vie, hein, sur nos sujets en commun A bientôt.

Fabien Squinazi
Merci beaucoup, Guillaume, merci beaucoup.

 

————-

Voilà pour cet entretien intitulé « Echange avec Fabien Squinazi, président de la Commission santé-environnement au Haut Conseil de la santé publique (HCSP) ». S’il vous paraît utile, alors vous pouvez liker, vous abonner et clocher si ce n’est pas encore fait. C’est notamment pour que YouTube favorise sa diffusion.

À bientôt !

 

Fabien Squinazi et la santé environnement - vignette YouTube

 

Bibliographie. Échange avec Fabien Squinazi, président de la Commission santé environnement au Haut Conseil de la santé publique (HCSP)

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