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Santé-environnement : être impliqué sans devenir « obsessionnel », avec Robert Barouki (Inserm)

Ce n’est pas étonnant d’observer des effets à faibles doses, puisque les hormones agissent à faibles doses. - Robert Barouki

Il y a un délai important entre les avancées scientifiques et les applications réglementaires. - Robert Barouki

Bonjour à tous,
Voici une nouvelle vidéo publiée sur la Chaîne YouTube Santé des enfants et environnement, intitulée “Santé-environnement : être impliqué sans devenir « obsessionnel », avec Robert Barouki (Inserm)”, ainsi que le podcast associés et quelques points clés de l’échange, selon moi.

 

 

 

Présentation du Pr. Robert Barouki (Inserm)

Bonjour les parents verts et prudents,

Aujourd’hui j’échange avec Robert Barouki. Robert est toxicologue, directeur d’une unité INSERM, chef de service à l’hôpital Necker-enfants malades et professeur à l’Université Paris Cité. À mes yeux, sur les 10 dernières années, il a été un des principaux acteurs du domaine de la santé environnementale, en France et à l’international.

On discute notamment des habitudes prises pendant l’enfance, de la notion de co-bénéfice, de l’importance de ne pas devenir « obsessionnel » dans la gestion des polluants, et d’autres sujets.

Voilà, j’espère que vous y trouverez des choses utiles. Et je vous amène Robert Barouki.

 

NB : dans le cadre de cet échange réalisé le 29 février 2024, Robert Barouki s’exprime à titre personnel, intuitu personae, et non en tant que représentant d’un de ses organismes d’affiliation. Les points de vue exprimés ne reflètent pas nécessairement les décisions ou la politique déclarée de ces organismes.

 

Robert Barouki, Inserm - vignette YouTube

 

Quelques points clés selon moi, issus de la vidéo « Santé-environnement : être impliqué sans devenir « obsessionnel », avec Robert Barouki de l’Inserm » 

  •  L’exposome est l’ensemble des stress auxquels est exposé un individu, pendant sa vie entière. Ces stress peuvent être de différentes natures et interagirent entre eux. Par exemple : chimiques, physiques, biologiques, psycho-sociaux, etc. C’est un champ large et complexe. Typiquement, à ce stade, les équipes de Robert étudie l’exposome en considérant deux ou trois types de stress à la fois, et à l’intérieur des stress chimiques, en considérant des mélanges de substances.
  • Concernant les effets associés aux contaminants, on dispose de différents niveaux de preuves  :
    • parfois on est très sûrs, ces effets sont bien établis. Par exemple : l’amiante, le plomb, la fumée de tabac, etc. Pour atteindre ce niveau, on considère classiquement qu’il faut des preuves chez l’humain (études épidémiologiques), des preuves chez l’animal (expériences de laboratoire) et une bonne idée du mécanisme d’action, le mécanisme par lequel un contaminant agit sur le corps. Réunir toutes ces preuves est difficile, prend du temps et est coûteux. C’est en particulier le cas des études épidémiologiques ;
    • parfois il y a des arguments concluant à des effets mais il reste certaines incertitudes. En tant que scientifique, on se doit de le préciser. On parle alors d’effet probable ou d’effet possible, selon le niveau de preuves disponible. Dans cette situation, le principe de précaution peut s’appliquer.
    • parfois il y a beaucoup plus d’incertitudes, et il est plus difficile de faire des recommandations.

 

Scientifique qui fait une présentation

 

Bonnes pratiques de santé environnementale

  • Quand on est parent, la première chose à faire est de prêter attention à l’alimentation, car pour de nombreux polluants, il s’agit de la source de contamination la plus importante.
    • Les aliments très transformés incluent souvent des conservateurs, des émulsifiants, des résidus de pesticides… toute une série d’intrants extérieurs à l’aliment et qui peuvent être néfastes à la santé. Il est donc recommandé de privilégier des aliments frais et locaux, si possible issus de l’agriculture biologique, et de les cuisiner simplement. En règle générale, « moins on met de composés étrangers dans l’aliment, mieux on se porte« .
    • Cette bonne pratique est intéressante de plusieurs points de vue. Par exemple : nutrition, exposition à des contaminants préoccupants, climat (émissions de gaz à effet de serre).
  • Certains produits ménagers peuvent contenir des substances préoccupantes. Faire ces propres produits ménagers fait partie des recommandations simples qui permettent de réduire les expositions à ces substances.

 

Rester simple

  • Le côté « simple » est un aspect important à prendre en compte dans les recommandations qu’on peut faire. Il faut éviter de créer une vie trop compliquée pour les gens. Idéalement, ces recommandations prennent aussi peu de temps et permettent d’économiser de l’argent. Un écueil à éviter est de devenir trop « obsessionnel » avec ces aspects. Certaines substances nous ont aussi beaucoup facilité la vie.
  • Pour certaines contaminations, on ne peut pas avoir, soi-même, seul, une influence significative pour les diminuer. En tant que citoyen, on peut militer pour contribuer à des actions collectives efficaces.
  • Certaines bonnes pratiques apportent des bénéfices sur plusieurs aspects. On parle alors de co-bénéfice. Par exemple : marcher ou utiliser son vélo en ville, plutôt que sa voiture, apportent des bénéfices du point de vue de la pollution atmosphérique, du climat, de l’activité physique, etc. Autre exemple : consommer moins de viande apporte des bénéfices pour le climat, pour la santé du système digestif, pour l’économie du ménage, etc.
  • La période de l’enfance, en plus d’être associée à des vulnérabilités spécifiques, présente aussi l’enjeu de la formation d’habitudes pérennes. Souvent, les habitudes prises par un enfant influencent les comportements de l’adulte qu’il deviendra. Par exemple : habitudes alimentaires, appétence pour passer du temps à l’extérieur, contact avec la nature, choix de produits peu transformés, etc.

 

Vers un « Toxiscore » pour les produits de consommation courante

  • L’interdiction de substances dans les produits de consommation est un processus long (« des années et des années« ) et qui demande un fort niveau de preuves. Un score sur la présence de substances préoccupantes dans les produits seraient une information intéressante, en écho au Nutri-Score. Cela permettrait notamment de fournir rapidement un premier niveau d’information simple, en particulier aux personnes qui n’ont pas les connaissances permettant d’analyser le contenu des étiquettes.
  • Quand on achète quelque chose, c’est un droit de savoir ce qu’on achète, et notamment si des substances préoccupantes sont présentes.
  • Il ne faut pas associer l’environnement qu’à ce qui peut être néfaste, mais aussi à ce qui peut être bénéfique. C’est notamment le cas des environnements verts et bleus, notamment ville.
  • Se salir dans la nature n’est pas forcément quelque chose de mauvais. En particulier, être au contact des bactéries et des champignons de la nature, cela peut participer à un fonctionnement harmonieux du système immunitaire.
  • laver les fesses d’un bébé avec de l’eau et du savon, c’est suffisamment efficace. Les lingettes peuvent exposer à des substances préoccupantes et ne sont pas forcément plus efficaces.

 

Bébé qui dort

 

Eco-conscience : moteur de l’action

  • Le bien-être fait partie de la santé, au sens de la définition de l’organisation mondiale de la santé (OMS) de 1946. Notre approche de santé environnementale pour parents devrait donc intégrer et s’articuler au mieux avec la notion de bien-être.
  • En santé environnementale, il faut être conscient des problèmes, ne pas nier leur existence, afin de pouvoir agir au mieux pour tenter de les résoudre. Dans la mesure du possible, mieux vaut donc privilégier l’éco-conscience à l’éco-anxiété, et s’en servir comme moteur pour l’action.
  • La situation internationale actuelle est plus difficile qu’il y a quelques années. On peut s’inspirer de ceux qui nous ont précédé et qui ont traversé des périodes historiques compliquées, voire parfois catastrophiques, et qui s’en sont sortis. Cela peut renforcer notre motivation et notre détermination à contribuer à résoudre les problèmes du moment.

 

————-

Voilà pour cet entretien intitulé « Santé-environnement : être impliqué sans devenir « obsessionnel », avec Robert Barouki (Inserm)« . S’il vous paraît utile, alors vous pouvez liker, vous abonner et clocher si vous ne l’avez pas encore fait. C’est notamment pour que YouTube favorise sa diffusion.

À bientôt !

 

Bibliographie. Santé-environnement : être impliqué sans devenir « obsessionnel », avec Robert Barouki (Inserm)

  • Inserm.fr. Robert Barouki. Notamment : lien. Consulté le 2024.03.10.
  • Barouki R. L’exposome, un concept holistique et utile. Bulletin de l’Académie Nationale de Médecine 2020. Notamment : DOI.
  • Barouki R, Coumoul X. L’histoire de l’exposome depuis la proposition de Wild. 2022. Notamment : lien.
  • Health Environment Research Agenda for Europe (HERA) Consortium. EU research agenda for the environment, climate & health 2021-2030. 2022. Notamment : lien.
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Colloque – Recherche(s), santé et environnement, 19e-21e siècle. 2021. Notamment : lien.
  • Chevallier L. Le Livre antitoxique. Fayard, 2013. Préface de Robert Barouki.
  • Marano F, Barouki R, Zmirou D. Toxique ? – Santé et environnement : de l’alerte à la décision. Buchet-Chastel, 2015.
  • Brockmann I, Barouki R. Savez-vous vraiment ce qu’il y a dans votre assiette ? Solar Editions, 2016.
  • Ministère chargé de l’Écologie, Ministère chargé de la Santé. Quatrième Plan national santé-environnement (PNSE4). Un environnement, une santé. 2021. Notamment : lien.
  • Organisation mondiale de la santé (OMS). Vos questions les plus fréquentes – Comment l’OMS définit-elle la santé ? Notamment : lien. Consulté le 11/03/2024
  • Stanwell-Smith R, et al. The hygiene hypothesis and its implications for home hygiene, lifestyle and public health. International Scientific Forum on Home Hygiene. 2012. Notamment : lien.

Images notamment par Guillaume et Sayumi

 

Robert Barouki (Inserm) : des environnements verts et bleus en ville

 

Résumé de cet échange avec Robert Barouki (Inserm)

Voici un résumé de l’échange, produit par une intelligence artificielle ; j’y ai supprimé les « hallucinations » les plus évidentes.

 

Introduction

Robert Barouki, directeur d’une unité de recherche à l’Inserm, est un expert reconnu dans le domaine de la santé environnementale. Son travail a une grande influence sur la manière dont sont réalisées les études et les expertises dans ce domaine. Au cours d’un entretien, il nous explique son parcours, ses recherches et les recommandations concrètes qui en découlent pour notre vie quotidienne.

 

Le travail de recherche de Robert Barouki (Inserm)

C’est à la fin des années 90 que Robert Barouki a décidé de s’intéresser à la santé environnementale. « Je me suis lancé dans les effets des polluants sur la santé. Ce qui m’intéressait particulièrement, vu ma formation à la fois de biologiste et de médecin, c’était de comprendre comment les polluants peuvent avoir un impact sur notre santé, comment ils fonctionnent« , explique-t-il. Il a commencé par travailler sur les dioxines et les polluants apparentés, avant d’élargir ses recherches aux perturbateurs endocriniens.

Au fil des années, Robert Barouki a adopté une approche plus globale, prenant en compte les interactions entre différents types de stress environnementaux (chimiques, physiques, biologiques, psychosociaux). « On commence à s’intéresser à l’effet d’un mélange de stress psychosociaux, de stress chimiques et d’autres stress. C’est un champ large qu’on a appelé l’exposome, qui fait le lien entre l’ensemble des expositions vie entière« , précise-t-il. Ses recherches se concentrent désormais sur les mélanges de produits chimiques plutôt que sur une seule substance.

 

Recommandations concrètes tirées des recherches

Les travaux de Robert Barouki permettent de dégager des recommandations concrètes pour réduire notre exposition aux polluants. Le principe de précaution s’applique en fonction des niveaux de preuves scientifiques disponibles. Certaines substances comme l’amiante, le plomb ou le tabac ont des effets néfastes avérés. Pour d’autres facteurs, les preuves sont partielles et les incertitudes demeurent.

L’alimentation est la première source d’exposition à maîtriser. « Je dirais que la première chose à faire, c’est de faire attention à son alimentation« , souligne Robert Barouki. Il recommande de privilégier les aliments frais et peu transformés, de favoriser les produits locaux et de saison. L’agriculture biologique présente aussi un intérêt pour réduire l’exposition aux pesticides, même si les preuves épidémiologiques existantes de son impact positif sur la santé à long terme restent à confirmer.

Concernant les produits ménagers, le chercheur conseille de se tourner vers des alternatives plus saines en fabriquant soi-même ses produits à partir de recettes simples, ou en choisissant directement des ingrédients naturels comme le savon. La vapeur est également une solution efficace pour nettoyer.

La pollution de l’air est un autre facteur de risque majeur, plus difficile à maîtriser à l’échelle individuelle. Des politiques publiques sont indispensables sur ce plan.

 

L’importance d’une approche scientifique rigoureuse

Pour faire progresser les connaissances et la prise en compte des enjeux de santé environnementale, Robert Barouki insiste sur l’importance de collaborations et de programmes de recherche ambitieux, à l’échelle européenne et internationale. « J’ai pu contribuer à un certain nombre de programmes, notamment à l’échelle européenne et internationale dans ce champ-là, et peut-être contribuer, avec d’autres collègues, à réorienter ce champ, influencer les décideurs et les convaincre que c’est important de travailler dessus« , indique-t-il.

Le partage des connaissances scientifiques avec le grand public fait aussi partie de ses priorités, comme en témoigne par exemple le livre « Savez-vous vraiment ce qu’il y a dans votre assiette ? » qu’il a co-écrit avec la journaliste Isabelle Brokman.

 

Conclusion

En conclusion, les travaux de Robert Barouki éclairent les multiples facettes de l’impact de notre environnement sur notre santé. Ils nous invitent notamment à adopter certains comportements de prudence dans notre vie quotidienne, en particulier concernant notre alimentation et notre usage des produits ménagers. Au-delà des gestes individuels, une mobilisation collective et des politiques publiques volontaristes sont également indispensables pour réduire l’exposition aux polluants et mieux comprendre les mécanismes en jeu.

Comme le souligne Robert Barouki, les recherches doivent se poursuivre de manière intensive, notamment sur l’exposome et la santé environnementale dans les prochaines années. Elles permettront de lever certaines incertitudes et d’élaborer des stratégies de prévention encore plus ciblées, pour le bien-être et la santé de tous.

 

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