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Un environnement sain, essentiel à la bonne santé, avec le Dr Pierre Souvet (ASEF)

Pour prévenir les maladies chroniques, la première chose que l’on peut faire, c’est de s’informer. - Dr Pierre Souvet

En tant que médecins de terrains, nous voulions prévenir nos patients, que certains produits leur faisaient parfois prendre des risques qu’ils ignoraient et qu’ils auraient pourtant pu éviter aisément. - Dr Pierre Souvet

Bonjour à tous,
Voici une nouvelle vidéo publiée sur la Chaîne YouTube Santé des enfants et environnement, intitulée “Un environnement sain : essentiel à une bonne santé, avec le Dr Pierre Souvet (ASEF)”, ainsi que la transcription et le podcast associés.

 

 

 

Présentation du Docteur Pierre Souvet, président de l’ASEF

Bonjour les parents verts et prudents,

Aujourd’hui j’échange avec le Dr Pierre Souvet. Pierre est cardiologue. Il est aussi président et membre fondateur de l’ASEF, l’Association Santé Environnement France. Côté librairie, il est l’auteur du livre « 200 alertes Santé Environnement ».

On discute notamment de santé environnementale chez les acteurs de santé, de conseils pour éviter les polluants du quotidien, du rôle de l’alimentation pour réduire leur impact, et d’autres sujets.

Voilà, j’espère que vous y trouverez des choses utiles. Et je vous amène Dr Pierre Souvet.

 

Transcription de « Un environnement sain : essentiel à une bonne santé, avec le Dr Pierre Souvet (ASEF) »

Guillaume Santé des Enfants et Environnement
Aujourd’hui, je suis avec le docteur Pierre Souvet. Pierre, merci de vous joindre à moi !

Dr Pierre Souvet (ASEF)
Bonjour, Bonjour.

Guillaume Santé des Enfants et Environnement
J’ai souhaité échanger avec vous à propos de vos actions à l’ASEF, l’Association santé Environnement France, qui est une association qui a la particularité d’être composée uniquement de professionnels de santé.

Alors, avant qu’on débute, est ce que vous souhaiteriez indiquer des liens d’intérêt, au regard de la thématique santé environnementale, des liens que vous pensez important que les personnes qui nous regardent aient en tête en nous écoutant échanger.

Écoutez, nous, on est bénévole au sein de l’association. Après, vu cet engagement, je donne des cours à la faculté de Créteil, à la faculté de Montpellier et à l’école des mines de Paris, qui sont donc un deuxième volet. Mais tout ce que nous faisons pour l’association est gratuit.

Mais c’est très valorisant, hein. Tout engagement est valorisant ; c’est ce qu’il faut se dire ; et ça permet des rencontres exceptionnelles avec des gens que, si on était dans son cabinet où on ne sortait pas de son giron habituel, on ne ferait pas.

Guillaume Santé des Enfants et Environnement
OK, merci pour ces précisions ; et alors pour commencer, si vous voulez bien, je vous propose de, de présenter ce sur quoi vous travaillez, et les enjeux associés en santé environnementale.

 

Pierre Souvet : logo de l'ASEF

 

Déterminants de santé

Dr Pierre Souvet (ASEF)
Alors c’est très vaste puisque c’est tous les sujets santé environnement.
Donc, initialement, on avait démarré avec des, des guides pour que le public se protège des effets négatifs de l’environnement ; essentiellement les pollutions évidemment ; et donc on a fait plein de guides sur les perturbateurs endocriniens, le ménage, – je vous donne quelques exemples – sur la pollution de l’air… pour que les gens soient informés et puissent se protéger.

Sachant que dans les déterminants de santé… vous savez qu’il y a douze déterminants de santé, tout au long de votre vie, qui déterminent si vous allez… le facteur, l’importance des facteurs qui vont vous rendre malade ou pas. Or, dans ces déterminants de santé, le système de santé, le système de soins je dirais – parce qu’on est très orienté « soin » et moins « prévention », parce que nous, on veut qu’il n’y ait pas de malade.

En fait, je vous résume : on veut qu’il n’y ait pas de malade. Bon, c’est un vœux pieux, mais on trouve que c’est inutile quand… si on a un cancer à 45 ans ou à 50… de l’avoir alors qu’on pourrait ne pas l’avoir quoi. Vous voyez, c’est, c’est tellement bête que personne n’y pense. Donc le système est orienté vers le soin, et pas assez vers la, vers, la prévention.

 

S’orienter vers la prévention

Et donc, oui, dans les déterminants de santé, le système de soin, c’est 15 %. Alors un jour, ya un professeur, il me dit « ouais mais non, c’est beaucoup plus si on est malade ». Je dis oui, si on est malade ; si moi je vous fais un infarctus, là devant vous, le système de soins, c’est 100 %, aujourd’hui, pour moi.

Mais tout au long de ma vie, c’est 15 % ; évidemment : les vaccinations, le suivi des pathologies, etc. et les facteurs prédominants, c’est les facteurs sociaux, économiques, éducatifs. 55 % des facteurs sociaux, économiques, éducatifs. Donc on voulait éduquer, former, sensibiliser les patients ; et puis après on s’est orienté vers, pareil, former les professionnels santé et les acteurs de santé.

Parce qu’un urbaniste, ou un architecte qui fait une maison où la qualité de l’air n’est pas bonne, ou l’urbaniste qui va faire des, des lotissements où la voiture est indispensable, avec plus de pollution de l’air par exemple, où y a pas de, d’éléments végétalisés pour lutter contre les îlots de chaleur ; et ben il n’aura pas bien fait son boulot, ce ne sera pas un vrai acteur de santé comme il peut l’être.

Les élus sont des acteurs de santé. Je prends toujours l’exemple de Tokyo. Tokyo a interdit le diesel en l’an 2000 à peu près ; et quelques années après, on compare à Osaka, qui s’y est mis plus tard – donc le diesel, c’est beaucoup de particules fines et d’oxyde d’azote ; surtout les particules fines, qui sont très toxiques, hein.

 

Impact de la pollution atmosphérique

En France, c’est entre… D’après santé publique France, 40 000 décès par an ; 48 000 si on compte des oxydes d’azote et l’ozone ; et Harvard – c’est sérieux, Harvard – ils ont fait une étude, ils disent qu’en France, il y a 97 000 décès par an dus à la pollution de l’air ; donc on a une fourchette de chiffres du niveau du tabac, hein ; puisque d’ailleurs le Lancet a fait une étude mondiale sur la mortalité dans le monde ; et bien le, les, les mortalités, les pollutions modernes, tabac et pollution chimique, pardon… tabac par… pollution de l’air et pollution chimique dépassent le tabac : la première cause de mortalité dans le monde, ce sont les pollutions modernes, devant le tabac.

Alors ça veut pas dire qu’il faut fumer ; là, c’est pareil, je sors cette diapo et… à une conférence, un Monsieur me dit « ah bah ça donne envie de fumer. » Non, évidemment non, hein ; mais c’est pour vous dire « Voilà donc, y a un enjeu, y a un enjeu extrêmement important », et donc on veut sensibiliser.

Et puis maintenant, avec… on s’est aperçu que l’environnement au sens large – la santé animale, la santé des végétaux, le climat, la biodiversité et la santé humaine – c’était tout lié et interrelié ; c’est le concept one health, une seule santé ; toutes les les santé sont reliées. Si votre environnement est pas en bonne santé, vous ne pouvez pas être en bonne santé.

 

Une seule santé : symbole

 

Dr Pierre Souvet (ASEF) : Une seule santé

Et puis y a aussi les limites planétaires ; donc, c’est un concept un peu plus large, où c’est une seule santé, en fait, plus des conditions socio-économiques et de futurs qui, qui vont permettre de, de prendre en compte les ressources de la terre qui sont limitées ; et donc… mais quand vous parlez d’une seule santé, forcément vous parlez d’une agriculture différente. Vous parlez de comportements différents dans la consommation ; et donc ça a forcément des conséquences sur le développement socio-économique de l’humanité.

Et donc, maintenant, on s’est allié avec les vétérinaires, la fédération des syndicats vétérinaires de France, avec l’union de conservation de la nature – c’est ceux qui font le… – c’est l’ONU – avec le comité français, c’est ceux qui font les congrès mondial de la nature – avec France Nature Environnement, des associations, puis des gens sur le droit de l’environnement.

Parce qu’on veut que une seule santé, cette vision globale, chaque fois qu’une décision… en fait, c’est pas seulement les conséquences sur la santé humaine, c’est les conséquences sur la santé animale, la santé végétale, biodiversité, l’aspect climatique… parce que tout est relié.
Donc j’ai relu tout à l’heure un mot du du rédacteur en chef du British médical journal qui nous dit, ben prendre le, la santé et l’environnement séparément, c’est stupide et ça doit être pris ensemble.

C’est d’ailleurs le sens de, de l’appel puisqu’il en fait partie avec 200 plus grandes revues médicales du monde. Alors je les cite : Le Lancet, donc le, le journal américain de médecine, l’European Journal of Cardiology – parce que je suis cardiologue, et les cardiologues ont compris que l’environnement, c’était important – enfin, 200 revues médicales ont alerté l’OMS…

 

Urgence au niveau mondiale

Guillaume Santé des Enfants et Environnement
Comme pour la pollution de l’air dont vous parliez tout à l’heure.

Dr Pierre Souvet (ASEF)
Voilà. Et on dit, ben, climat, changement climatique, perte de biodiversité, pollution : ça doit être très traité dans le même élan, et c’est une urgence sanitaire pour le monde.

Guillaume Santé des Enfants et Environnement
Oui, j’ai le souvenir de la première fois que j’ai entendu parler de l’ASEF. C’était, je pense, quand vous veniez de la monter il y a un an – ça devait être un peu avant 2010 – dans un, dans un podcast de France Culture qui s’appelait Terre à terre ; vous étiez interviewé avec l’autre membre fondateur, un des autres membres, Patrice Halimi.

Je me souviens, vous aviez particulièrement insisté sur l’aspect « fondé sur la science » , que ce soit très important, que la science… que ce soit basée sur les meilleures état des connaissances disponibles. Vous citiez beaucoup d’études très robustes, là, dans votre introduction et puis sur la particularité effectivement du, de la, le côté exclusivement composé de, de professionnels de santé et ça donne des associations intéressantes, effectivement, dans la logique One Health, avec le, le côté vétérinaire.

Et ce que j’ai, ce que j’aimais bien aussi c’était le… vous parliez des petits guide santé que vous aviez faits au départ, et qui sont régulièrement mis à jour. Là le, le guide du ménage par exemple – je le mettrai à l’écran – là, il est, il a été remis à jour en 2023 ; et c’est à chaque fois par des professionnels de santé spécifiques à chaque guide. Et ça donne des, des bonnes pratiques bien, bien adaptées ; j’apprécie beaucoup, ça, ouais.

 

Pierre Souvet de l'ASEF : petit guide du bio-ménage

 

Dr Pierre Souvet (ASEF) : professionnels de santé spécifiques aux thèmes traités

Dr Pierre Souvet (ASEF)
Mais le guide du ménage, par exemple, c’est Philippe Carenco, qui est le, le directeur du, du service d’hygiène du CHU de Nice, et Véronique Mondain. Comment… Alors c’est c’est amusant, c’est… comment nettoyer sa cuvette de WC ?

J’ai beaucoup insisté parce que les gens, ma femme la première, mettent de l’eau de Javel pour blanchir la cuvette des WC ; alors que c’est mauvais pour… d’abord ça, ça peut rejeter des, des vapeurs si vous le mélangez avec du solvant. Et puis, pour l’environnement, ça va détruire des bactéries, et vous savez que on est composés dans notre tube digestif de, de 1000 à 100 000 milliards de micro-organismes.

Et quand on agit comme ça, qu’on désinfecte pour rien, on détruit… surtout les bonnes bactéries, et les mauvaises prennent la place ; et donc Véronique Mondain est infectiologue, aussi au CHU, au CHU de Nice. Oui, c’est que des pros de santé, alors c’était une spécificité.

J’ai eu des critiques, hein. Parce que, évidemment, il y a des gens compétents, hein, des ingénieurs, des… Enfin, y a des gens qui peuvent être compétent et qui ne sont pas professionnels de santé ; mais on a voulu garder cette, cette spécificité. Voilà. Et ensuite, quand on fait des conférences, des topos, ben on invente rien en fait ; mais on prend le temps et l’énergie de lire les études internationales, hein.

Et pour les gens qui veulent connaître, ils vont sur PubMed, P U B M E D, ils mettent en anglais…

Guillaume Santé des Enfants et Environnement
J’afficherai l’écran.

 

Des milliers d’études

Dr Pierre Souvet (ASEF)
Voilà, PubMed. Ils mettent en anglais, par exemple, je sais pas… Alors perturbateur endocrinien ; il faut mettre endocrine disruptors et cancer, par exemple, hein, cancer ; et vous allez avoir des milliers d’études – parce qu’il y en a des milliers. Il faut se donner la peine. En fait, c’est du temps, c’est de l’énergie ; mais ça vaut la peine d’aller voir.

Guillaume Santé des Enfants et Environnement
Le côté professionnel de santé, je trouvais, était bien allié – je sais pas quel type de critique vous recevez, là, dont vous parliez – en tout cas, je trouve que ça reste très concret. Si on reprend le, le guide du bio ménage donc, non seulement on a le côté, ben, « les produits traditionnels, c’est intéressant », « attention à la désinfection systématique », etc. Mais aussi le côté… je trouve que ça répond aux questions que j’entends autour de moi.

Par exemple, j’entends que les produits traditionnels, ça peut être parfois moins efficace pour certaines tâches ; et le guide dit bien, met bien en avant qu’en fait, l’important c’est de faire le ménage régulièrement, pour qu’on n’ait pas besoin d’avoir des produits extrêmement performants, et donc avec beaucoup de chimie, avec des substances préoccupantes, évaluées partiellement, etc. Je trouve que c’est vraiment très, très pratique.

Dr Pierre Souvet (ASEF)
J’ai fait une interview télé ; à la fin, il m’a demandé : « Est-ce que vous faites souvent le ménage ? »

Guillaume Santé des Enfants et Environnement
Et vous avez dit oui !

 

Ménage : d’abord du dépoussiérage

Dr Pierre Souvet (ASEF)
Alors là, j’ai eu un peu honte ; j’ai dit non, non ; j’ai quand même révisé… et donc le, le premier truc du ménage c’est le dépoussiérage. Donc, c’est la microfibre ; c’est… 90 % du ménage, c’est le dépoussiérage, avec la microfibre. Et après ?

Donc la vapeur ; évidemment, c’est plus compliqué à la maison, mais bon ; en tout cas, voilà : il faut commencer par le dépoussiérage. Et savoir que, bah, le bicarbonate et le vinaigre sont très efficaces ; et si vous ne voulez pas, pour des raisons XYY, et bah ya des produits éco labellisés qui sont vraiment le, indispensables.

Pour la désinfection, alors il n’y a qu’un, qu’un cas où il faut : c’est quand il y a une épidémie. Donc si par exemple, je sais pas, vous avez la typhoïde et que vous faites caca au milieu de votre salon – Bon, j’exagère hein. – Là, vous avez le droit de désinfecter à fond, hein, bien entendu, c’est, voilà.

Donc là nos conseils, de toute façon, chaque situation est différente ; donc évidemment, il peut y avoir des exceptions, hein ; et voilà, mais dans… on précise bien, en cas d’épidémie, on peut avoir le droit de désinfecter plus largement ; mais vous savez que, par exemple, pendant le COVID, ils ont désinfecté des plages ; ils sont allés mettre de, de l’eau de javel sur les plages.

Guillaume Santé des Enfants et Environnement
Il y a eu des excès, ouais.

Dr Pierre Souvet (ASEF)
Ouais incroyable hein.

 

Une plage

 

Dr Pierre Souvet (ASEF) : information et alerte

Guillaume Santé des Enfants et Environnement
Oui, là on prend l’exemple du bio ménage, mais – je l’ai, je les ferai passer à l’écran – en fait les, le, le périmètre des petits guide santé là, et, aborde plein de sujets d’intérêt, y a, je sais pas, les cosmétiques, l’air intérieur, l’alimentation… On trouve vraiment plein de choses.

Et puis un autre truc que j’aime bien dans votre association c’est que sur la base, là, de vos études bibliographiques, que vous évoquiez tout à l’heure, vous lancez aussi des alertes quand vous estimez que c’est, que c’est pertinent. Je pensais par exemple le point de vigilance sur le cadmium que vous avez mis en avant y a quelques temps, là.

Dr Pierre Souvet (ASEF)
Oui, alors le cadmium, alors, personne ne sait ce que c’est. Donc c’est un métal lourd cancérigène – y a 3 métaux lourds, le plomb, le mercure, le cadmium – qui est aussi perturbateur endocrinien.

Donc il est lié à de nombreux cancers, parce qu’en fait il, il altère l’ADN ; il altère la réparation de l’ADN ; il altère la respiration de la cellule, il fait du du stress oxydatif ; donc il favorise un peu tous les cancers ; et donc il y a de nombreux papiers sur les liens avec le cancer du sein – parce qu’il a une activité oestrogénique, par exemple – cancer de la prostate ; bon, les cancers hormono-dépendants.

 

Nombreux effets toxiques

Mais aussi cancer du rein – parce que le cadmium que vous absorbez va se stocker dans vos reins – cancer du pancréas – et pancréas, évidemment, tout de suite, on voit autour de nous, plus 3,8 % chez la femme tous les ans, plus 2,7 chez l’homme : on est dans les 10 premières incidences au monde, alors que les facteurs de risques classiques dixit, c’est le tabac ; parce que, en effet, dans la fumée de tabac, y a du cadmium ; on en inhale 10 % à peu près.

Donc ceux qui fument ont un peu plus de calcium stocké dans l’organisme ; et les gens qui étaient un peu gros ben… Et puis j’ai regardé les incidences de cancers du pancréas dans le monde : aux États-Unis, l’incidence est plus faible. Alors que, quand même, il y a plus de, de d’obèses, hein, aux États-Unis qu’en France.

Et puis santé publique France sort une étude, qui s’appelle Esteban qui, sur plusieurs centaines – bon, y a à peu près 2-3 000 enfants et adultes – on leur dose le cadmium dans les urines ; ce cadmium, il reste ; la, la demi-vie tardive, ça peut être 20, 30 ans. En fait, il sort pas l’organisme si vous en prenez, il sort pas tout de suite ; il va s’accumuler notamment dans le rein ; et donc, Santé publique France nous dit : les Français sont deux fois plus, quasiment hein, deux fois plus contaminés en, dans les années d’Esteban, c’est-à-dire 2016, par rapport à une étude qui s’appelait nutrition santé de 2006.

Guillaume Santé des Enfants et Environnement
L’ancêtre ouais.

 

Français : deux fois plus contaminés

Dr Pierre Souvet (ASEF)

Bon déjà le double, voilà, le double ; bon après, ils comparent avec les autres pays : on est plus fort que, beaucoup plus que les pays d’Europe, les pays d’Amérique du Nord notamment. On est 3 à 4 fois plus contaminés que les Américains. Bah, je prends les Américains comme truc, mais j’aurais pu prendre un autre. Les enfants, c’est carrément… eux, ils ont rien aux États-Unis, et nous, on a 0,27 ; eux, ils ont un quasiment à 0.

Et Santé publique France écrit : ya un problème de santé publique avec le cadmium, notamment avec ses liens potentiels avec le cancer du pancréas. Je vous dis pas que c’est que le calcium qui donne le cancer du pancréas, mais c’est un truc qui va, qui va, qui va favoriser tous les cancers. Il y a des études qui vous montrent qu’il y a entre 2 et 7 fois plus de risques de cancer du pancréas, quand vous êtes trop imprégné au cadmium.

Et donc, ils nous disent, déjà, on est plus imprégnés que la majorité de, de nos, nos pays similaires. Et puis, on regarde la dose qu’on trouve dans les urines : elle est supérieure, sur près  de la moitié de la population, dont 18 % des enfants, à une valeur que l’Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, à édicté sur la première, la, l’apparition pour la première fois de signaux osseux.

Parce que le cadmium, c’est cancérigène, puis ça fait des signaux osseux, et des signaux rénaux notamment. Mais évidemment, cancérogène. Et déjà à la valeur ou des des, des perturbations osseuses, c’est-à-dire risques de fracture, déminéralisation…

 

un enfant dans un contexte de ville moderne

 

Dr Pierre Souvet (ASEF) : sources de contamination au cadmium

La moitié de la population française est, est, dépasse ; et donc beaucoup plus que les voisins. Et donc je demande à Santé publique France ; ils me disent, ben, « on a alerté le gouvernement ». Bon, et pourquoi on est contaminé au cadmium, alors ? Facteurs de risque : donc le tabac, ils en ont un peu plus, ceux qui fument – mais entre l’étude nationale nutrition santé de 2006 et 2016, il n’y a pas plus de tabagiques, donc c’est pas que tout le monde s’est mis à fumer.

Cest les coquillages, où y a plein de, de métaux qui se mettent – mais là aussi, on ne s’est pas mis plus à manger de coquillages entre 2006 et 2016 ; et d’ailleurs la, la petite fille, enfin, l’adolescente de 16 ans qui était la plus contaminée de tous en fait… ni de fumer, ni de fumeur passif, ni de manger des coquillages, elle n’habitait pas en Bretagne.

Voilà, et ils nous disent, ben c’est les enfants qui mangent des céréales du petit déjeuner, qui sont… il y a une sur contamination ; donc ça vient de l’alimentation à 50 % ; et alors on se dit, mais comment c’est possible qu’il y ait tant de cadmium dans l’alimentation, surtout les patates, les pâtes, les produits de panification, donc issus de céréales – céréales, patate, un peu moins, beaucoup moins les, les légumes, les fruits, un peu les, les légumes, branches en épinards, mais surtout patates, produits de panification, donc, céréales, pains et pâtes. Et riz, éventuellement, mais lui n’a pas été mesuré.

 

Céréales du petit déjeuner : nue source significative pour les enfants

En fait, dans les cultures conventionnelles, on met des engrais ; donc on met du nitrate, du phosphate et du potassium. En l’occurrence, on achète des engrais phosphatés – alors là, on diminue au fil des années, on en met moins – dans des des pays où il y a des gisements de phosphate. Et nous, on achète plutôt – alors je veux pas discriminer le pays dans lequel on achète, parce que ils ont un taux élevé, donc, de camion naturellement présent dans leurs, dans leurs engrais, mais ils sont pour rien, hein ; c’est naturel. Et puis c’était autorisé à la vente.

Donc les pays proches et, et donc ce taux est élevé ; ce cadmium, est mis dans les engrais, rentre dans le sol et ne peut en sortir, que par la plante. Alors, il y a d’autres pays qui, qui ont des gisements quasiment pas, très peu… mais, mais c’est la Russie.

Guillaume Santé des Enfants et Environnement
Ça tombe mal.

Dr Pierre Souvet (ASEF)
Bah ça tombe mal, hein ; c’est le Brésil, c’est loin ; c’est l’Afrique du Sud, c’est loin. Et donc pour des considérations géopolitiques – ce sont des pays amis – et financières, on préfère.

Et puis c’était dans la réglementation, hein, ça. Le taux de cadmium au kilo est respecté, la réglementation, réglementation française, qui autorisait 90 milligrammes, milligrammes kilos, de cadmium par kilos d’engrais.

Alors que l’Europe, y a 5 ans, a dit déjà « on va passer à 60 » ; déjà, 5 ans de retard pour s’aligner sur l’Europe ; et dans cette Europe qu’on critique, y a des pays comme la Slovaquie, la Hongrie, la Finlande, qui déjà n’autorisent que 20 milligrammes kilos.

 

Réglementation insuffisamment protectrice

Il se trouve que ces 20 milligrammes kilos, c’est la valeur que préconise l’Anses pour arrêter de continuer de contaminer les Français. Et donc le gouvernement, là, a fait une consultation publique pour réduire le taux de cadmium dans le kilo d’engrais ; donc de 90 c’est passé à 60, alors que l’Anses veut 20, hein.

Et là, c’est en consult… la consultation publique est finie ; on attend les décrets, en nous disant « Ben après, on passera à 40, après on passera à 20. Alors que le ministère de la santé – je sais, parce que je les ai embêtés – voulait que ce soit inscrit quoi, « en telle année, on passe à 40. En quelle année on passe à… » alors que là, c’est, c’est jeté en l’air. Donc si on en reste avec ces 60 milligrammes kilos, ben les Français continueront à se sur-contaminer. Qu’est-ce qu’il faut faire pour éviter d’accumuler ce cadmium, qui est donc extrêmement dangereux ?

Y a une étude américaine de 2000 avec Birmingham, oui, au Royaume Uni aussi, début 2023 qui compare 38 perturbateurs endocriniens, dont des pesticides – parce que beaucoup sont perturbateurs endocriniens – des hydrocarbures aromatiques – dont beaucoup sont cancérigènes – des phénols, des phtalates et plein d’autres métaux – mercure, plomb, arsenic, etc. – le cadmium, dans la mortalité, le risque de mortalité globale, et mortalité par cancer, c’est le pire de tous.

Y a un chiffre ahurissant : la mortalité par cancer – pour des valeurs qui correspondent largement à l’imprégnation des Français – c’est + 83 % en moyenne de sur risque de mortalité par cancer. Donc ça si c’est pas un problème de santé publique….

 

épandage d'engrais contenant du cadmium

 

Dr Pierre Souvet (ASEF) : avantages de l’agriculture biologique

Les plus imprégnés, c’est 2,15 ; c’est-à-dire 215 % de fois plus de risques de mourir de cancer du sein, de mourir… et même les Américains ont fait des études sur le nombre de décès qui sont liés, et sur l’argent que ça coûte ; et je peux vous dire – vous pourrez la diffuser, cette étude – c’est le plus de tous les métaux, de tous les perturbateurs endocriniens ; et donc on alerte.

Donc, soit vous avez un régime équilibré, ce qui est une très bonne chose – donc vous ne vous gavez pas de patates, vous ne vous gavez pas de pain afin de, voilà ; vous faites un régime comme on doit le faire, avec des fibres complètes, avec des légumes, avec des fruits – les céréales, sur le bio, une étude qui s’appelle Baranski, en 2015, a calculé combien y avait de calcium dans le bio par rapport au, au non bio. Ben c’est – 48 % en moyenne ; – 48 %, hein. Le problème, c’est socialement : qui peut ? Voilà, donc, et 4 fois moins de pesticides en moyenne.

Euh, je prends toujours l’exemple, le, si vous avez un champ cultivé normalement avec les engrais, vous passez en bio, vous pouvez plus mettre ces engrais là : la première année, ben y a autant de cadmium qui va remonter dans la plante. Et puis, petit à petit, ça va se diminuer ; c’est pour ça qu’on peut trouver du cadmium dans les sols qui vont remonter quand même dans le bio, mais beaucoup moins.

 

Mesures collectives, mesures individuelles

Et puis il peut y en avoir dans l’air. Moi, j’ai vu des prélèvements d’huile d’olive autour de l’étang de Berre. Y a des usines qui rejettent du cadmium ; et ben, il peut y avoir du cadmium dans l’huile d’olive, hein. Même la bio, donc voilà.

Guillaume Santé des Enfants et Environnement
En résumé : des actions des pouvoirs publics sur  les intrants en agriculture. Et puis nous, à notre niveau, pour baisser les expositions, on peut varier son, son alimentation ; faire attention quand on connaît des, des types de produits alimentaires qui sont des sources significatives d’exposition – donc, comme les céréales du petit déjeuner – faire attention à ça.
Et puis j’ai le souvenir que quand on préparait cet échange, vous me disiez que l’alimentation avait un, un double effet bénéfique ; c’est à dire que certains composés, certains micronutriments pouvaient aussi réduire l’impact du cadmium.

Dr Pierre Souvet (ASEF)
Tout à fait, tout à fait. Donc, qu’est ce qui peut augmenter la, l’action du cadmium ? C’est les carences en fer et les carences en zinc. Parce que quand le cadmium est absorbé, il passe par le foie ; et, et là il peut se lier au zinc ; et le zinc va empêcher son action négative.
Donc euh… on le dose, rarement, hein, le, le zinc dans le sang ;; mais c’est important. On, souvent, on a des compléments alimentaires. On prend… y a du zinc, y a des vitamines, très bien ; mais bon c’est… Pour nous, c’est mieux qu’on sache où on en est, et donc faire une prise de sang.

 

Micronutriments protecteurs

On fait le zinc ; et ben je trouve que ça apporte ; comme pour les, pour le, l’acide folique, qui est important aussi. La B9, la vitamine D3 aussi – la vitamine D. Alors, on nous dit qu’il ne faut plus faire les prises de sang maintenant ; mais moi, moi je dis, il faut se complémenter, mais en fonction de ton taux ; si tu as un taux très élevé à parce que tu vas souvent au soleil, t’as peut-être pas besoin d’en prendre. Et puis si tu as un taux… voilà.

Donc quand on a une base, quand même, de labo scientifique, claire, c’est… tu, tu peux te complémenter comme il faut. Pas n’importe comment : bah je prends, je prends pas, j’en prends beaucoup… Non, il faut savoir. Voilà donc, n’hésitez pas à demander à votre médecin de faire le zinc ; pas tous les jours évidemment, hein ; mais pour savoir un peu si votre charge est correcte ; voilà, donc ça c’est, c’est important.

Guillaume Santé des Enfants et Environnement
Ce type de recommandation, ça faisait écho à ce qu’on peut trouver aussi sur le plomb. J’ai le souvenir que le ministère de la Santé mettait en avant l’importance de, de pas avoir de carence en fer également et en calcium ; parce qu’on sait que le, le plomb peut venir se stocker sur les os ; et donc là aussi, on peut avoir, avec une alimentation équilibrée, une action pour réduire l’impact. Ouais.

 

Vielles peintures dégradées au plomb

 

Dr Pierre Souvet (ASEF) : parallèles avec les enjeux liés au plomb

Dr Pierre Souvet (ASEF)
Et alors le plomb est un facteur de risque d’hypertension artérielle ; ya pas beaucoup de cardiologues qui le savent. Donc quand, quand un hypertendu il vient : wah vous, vous mangez salé ? Vous faites un peu d’exercice ? Il faut lui demander : où est-ce que vous habitez ? Est-ce que c’est une vieille maison, avec des vieux tuyaux, pour voilà, subodorer la possibilité que le, voilà.

On n’a pas trouvé de solution ; si ce n’est faire couler l’eau avant, avant de se servir, hein ; c’est, ça tombe mal en ce moment où il en manque dans le Sud ; mais faire couler l’eau deux minutes pour que le plomb qui est dans le, les connexions, voilà ; mais il peut y avoir aussi du, du plomb dans les réseaux qui sont à l’extérieur.

Guillaume Santé des Enfants et Environnement
Oui, en théorie les branchements plombs ont dû être… C’était au milieu des années 2000 ; il y a eu des grandes opérations de, de renouvellement des branchements plombs.

Dr Pierre Souvet (ASEF)
Mais, mais je crois qu’il faut 100 ans. Le taux de renouvellement est à moins de 2 %, je crois, dans les réseaux.

Guillaume Santé des Enfants et Environnement
Je crois que c’est à l’intérieur des maisons aussi, c’est ça…

 

« Exposition zéro » pour les enfants

Dr Pierre Souvet (ASEF)
Et donc il faut très, très, très longtemps pour que tout le réseau soit… Par exemple, aux États-Unis, l’eau dans les crèches doit avoir zéro plomb, zéro. Alors qu’en France, il est autorisé une certaine valeur de plomb ; alors on avait demandé au gouvernement : ben nous, dans les, dans les crèches, les, les écoles, enfin un truc où y a des enfants : ça devrait être 0, avec mesure systématique. Ben, si y a , et bien on fait ce qu’il faut pour qu’yen ait pas, voilà ; mais bon, on tolère.

Guillaume Santé des Enfants et Environnement
Oui, parce que le Haut Conseil de la santé publique, là, y a déjà plusieurs années, avait produit des rapports sur le plomb, en disant qu’on arrivait plus… Plus on l’étudie, moins on arrive à trouver de seuil d’innocuité ; et effectivement ça…. pour certains polluants de ce type, ça plaide pour, pour aller vers le 0.

Dr Pierre Souvet (ASEF)
J’aime bien raconter l’histoire des, des cantines sans plastique ; donc je vais, donc y a un collectif de mamans qui, qui est à Strasbourg, qui milite pour des cantines sans plastique ; parce que, à l’époque, ça arrivait dans des bacs en plastique, ça allait à l’école, c’était chauffé et c’était servi ; donc, dans les assiettes des enfants ; et puis après, jeter le plastique, donc déjà du gaspillage.

 

Cantine sans plastique

Et donc je t’invite à Strasbourg pour donner mon avis. Il y avait des élus et tout. Et puis il y avait une étude de l’Institut de la consommation sur la moussaka cuite dans le plastique ; c’était la moussaka.
Bon et donc, ça rejetait évidemment, à froid – à froid ! – et encore plus à chaud, des huiles minérales. Alors ça s’appelle POSH, MOSH, MOAH. Donc le MOAH est cancérigène, les autres sont toxiques pour le foie.

Donc, des huiles minérales. Ah c’est joli, « huiles minérales ». En fait, c’est des lubrifiants pour moteurs ; et les fabricants de ces huiles minérales, de ces lubrifiants, c’étaient les grandes compagnies pétrolières.

Alors je dis « Ben voilà, c’est pas inerte, le plastique, même à froid, encore plus à chaud. Donc ne chauffez pas vos aliments dans le plastique. Merci ; c’est pas la peine ; surtout si on peut faire autrement » ; et donc l’élu, il me pose la question, il me dit « mais est-ce que vous avez prouvé que chez les enfants, tous les jours, un peu de de l’huile pour moteur – enfin il a dit « huile minérale », lui – c’est toxique.

J’ai dit « on peut pas, y a pas d’étude qui va prendre 1000 enfants à qui on va mettre un peu d’huile pour moteur tous les jours dans la moussaka » et le reste… Et non ; donc j’ai dit, ce n’est pas possible, mais est-ce que ça vous paraît cohérent, du moment que vous pouvez faire autre chose, autrement ?

 

Dr Pierre Souvet ASEF : prendre soin de ses enfants en utilisant son bon sens

 

Dr Pierre Souvet (ASEF) : alternatives plus saines

Mettre de l’inox par exemple, qui est inerte. Le verre est inerte aussi hein. – Donc chez vous, pour éviter : l’inox, le verre ou la fonte. – « Ah oui, c’est vrai. Ah oui, c’est vrai. »

Et donc Strasbourg a été un des premiers à passer à la cantine sans plastique. Euh, pas tout de suite, parce que dans les écoles ils avaient supprimé les points d’eau, puisqu’ils jetaient tout ; ils jetaient les bacs ; donc il a fallu remettre des points d’eau dans les écoles.

Et puis il y avait des, des troubles, des troubles musculo-squelettiques ; parce qu’ils soulevaient le, le plat de moussaka avec de l’Inox, c’est plus lourd que le plat de moussaka dans du plastique ; donc il a fallu se préparer pour que les employés puissent ne pas souffrir de, de ces troubles.
Donc ça a mis 3 ans ; et ça a été fait maintenant dans beaucoup de, de villes en France, ça se fait. Mais voilà, le, la cohérence… Je peux pas vous prouver qu’un peu d’huile pour moteur tous les jours, c’est mauvais, c’est…. bon. ça paraît logique, mais bon ; mais par contre, si on peut faire autrement, c’est quand même stupide de se contaminer.

 

Se faire du bien et faire du bien autour de soi

J’ai un collègue qui me dit « Tu me gonfles avec ton bio, avec ton alimentation équilibrée ». J’ai dit « mais je me fais du bien. Pourquoi j’aurai honte de me faire du bien et de faire du bien autour de moi ? » C’est quand même incroyable, il faut que je m’excuse, presque, de lui donner de bonnes choses à manger, qui ne vont pas lui nuire – non seulement ne pas lui faire du mal, mais faire du bien.

J’ai dit « mais c’est incroyable, on a le droit de se faire du bien. » Et c’est très valorisant en plus. Oui, bien sûr.

Guillaume Santé des Enfants et Environnement
Je mettrai un lien vers le, le site du collectif, s’il existe toujours, pour ceux qui veulent approfondir ce sujet. Et puis vers, vers les principales études que, que vous avez citées, vers le site de l’ASEF et les, et les petits guide santé.

Je sais que votre agenda est très contraint : je voulais savoir, est-ce que y avait un sujet que il était important pour vous de d’évoquer pendant l’échange et qu’on n’aurait pas abordé spontanément au cours des discussions ?

Dr Pierre Souvet (ASEF)
L’important c’est, c’est s’informer ; voilà bon, alors c’est bateau, mais être acteur de sa santé.  Il s’agit pas, il s’agit pas de tout éviter, c’est pas possible ; mais il s’agit d’être acteur. Alors pourquoi on va être acteur ? Pourquoi on va agir ?

 

Freins à l’action

C’est difficile de changer ses habitudes – ça s’appelle les freins neurocognitifs à l’action – pour, pour pouvoir agir parce que… bah, si vous traversez la rue, vous avez une voiture qui arrive à 100 à l’heure, tout de suite, vous allez réagir hein. Hein, vous allez « oh ! ».
Par contre, le changement climatique, la perte de biodiversité, les, la malbouffe, les aliments transformés que vous mangez… Ben, c’est retardé ; donc vous touchez pas du doigt tout de suite, comme la voiture qui va vous écraser ; donc, « bof », bon, vous avez tendance à…

Et puis après, il y a les, les mots classiques que j’entends. L’autre jour, une dame, tiens : « faut bien mourir de quelque chose« . Bon, ou l’autre : « ah bah les Chinois, ils font rien : moi je fais rien » ; ou mon copain qui me dit « Oh, ben, cette étude est bidon. » Toutes les études sont bidons, le bio c’est pas bio. Vous avez vu, j’ai pas dit qu’il n’y avait pas de pesticides en bio, mais il y en a en moyenne quatre fois moins, suivant une étude. Parfois, c’est 10 fois moins ; bon.

Donc il faut… ils cherchent une cohérence au fait de ne rien changer, parce qu’ils ont pas conscience à la fois de, de ce que l’environnement fait sur eux de négatif – Moi, je vous dirais quand même que c’est des éléments très positifs dans l’environnement ; que ce qui… – les conséquences de leur action sur l’environnement – Alors quand je vois les mecs, ils jettent les clopes et ça, ça me… j’ai les yeux qui sortent, hein. Ils sont là, hein, hop, ils jettent leurs clopes – Et du fait qu’on peut faire quelque chose, même tout petit.

 

Un enfant qui ramasse des déchets dans la nature

 

Dr Pierre Souvet (ASEF) : cohérence vers le changement

Donc la cohérence des gens qui ne font rien, il faut, il faut la basculer en disant : vous avez conscience, c’est pour vous que vous allez agir ; soyez égoïste, faites le pour vous, peu importe ; pas pour sauver le monde, hein – parce que tout seul c’est pas possible, mais… – et, et faites un petit geste ; et ce petit geste, ben, vous allez vouloir trouver la cohérence pour continuer à faire des petits gestes.

Guillaume Santé des Enfants et Environnement
Et puis les petits gestes, ça permet de de se mettre dans une dynamique, de se mettre en mouvement et à ce moment-là, le, le principe d’inertie joue de manière vertueuse quoi.

Dr Pierre Souvet (ASEF)
Voilà. Et puis c’est valorisant ; je veux dire c’est, c’est bien ; alors tout ça je… Là, j’ai eu un topo avec le rectorat – enfin avec les profs. Il faut valoriser dès qu’il y a une action positive, même si ça vous paraît ridicule, mais il faut la valoriser ; et l’estime de soi augmente.

Guillaume Santé des Enfants et Environnement
Ça, ça fait aussi baisser l’éco-anxiété.

Dr Pierre Souvet (ASEF)

Alors j’ai beaucoup d’estime de moi, je ne vous le cache pas, mais alors…  je plaisante ! Mais c’est important dans la vie, l’estime de soi. Pour les jeunes, c’est vachement important. Les gens qui ont pas confiance, ils, ils, voilà, ils, c’est compliqué pour eux ; donc il faut se valoriser.

« J’ai fait ça » ; ben si y en un qui vous dit « Ah mais c’est nul et tout » : mais non, c’est pas nul, c’est formidable. Et ben, et puis après, je vais continuer tranquillement, à mon rythme. En tout cas, je vais aller dans ce sens.

Voilà donc il, oui, il faut, il faut faire des actions positives. Et vous basculerez tranquillement vers le mieux.

 

Effets positifs de l’environnement

Ensuite sur les effets positifs de l’environnement, il y a une grande méta-analyse, sur 290 millions de personnes – excusez du peu – sur le fait de bénéficier des espaces verts. Donc les espaces verts, y a trois, trois éléments qui font que ça fait du bien à la santé.

Bon d’abord, ça réduit la toxicité de l’environnement quand elle y est ; c’est-à-dire pollution de l’air – vous êtes en ville – pollution de l’air, le bruit, le stress – une demi-heure de marche, ça diminue le, le cortisol salivaire de 20 % hein. Donc ya marcher dans un endroit vert – alors pas pas 3h hein, une demi-heure – et en plus, ça réduit le risque de cancer, de maladies cardiovasculaires, etc.

Et, et donc c’est dans cette étude sur, sur **** millions de personnes, le risque de mortalité, quand vous bénéficiez d’un espace vert, est réduit de 31 %. Moi, j’ai pas beaucoup de médicaments qui réduisent le risque de mortalité de 31 %, avec des enfants de meilleurs poids de naissance, moins de diabète – moins 28 % de diabète -, moins de maladie cardio-vasculaires, etc.

Guillaume Santé des Enfants et Environnement
Vous prescrivez la nature, alors, dans vos consultations.

 

Prescrire la nature

Dr Pierre Souvet (ASEF)
Et ben y a, y a aux États-Unis : Walk with a Doc – marcher avec le docteur. Alors il y a une étude qui a fait que… pas besoin forcément de marcher avec le docteur : avec des travailleurs sociaux, ça marche aussi bien ; déjà tout de suite, la tension baisse, le stress baisse. Et puis à long terme, vous avez vu ces ces, ces chiffres. Et c’est pour ça que c’est… les acteurs de santé, il faut, il faut impliquer tout le monde : pas que le professionnel de santé.

Donc voilà, ça a des effets très positifs. Outre les, les agressions qui sont diminuées y a, y a la théorie de la Biophilie ; dans notre sang, on a du sel, on a du chlore, on vient de la mer ; la mer c’est pareil hein. On a 30 % – alors ça c’est bien de l’ancien directeur des musées d’histoire naturelle – 30 % de, de gènes communs avec, avec les algues. Mieux, 70 % avec la banane ; bon donc on a une attirance avec la nature, j’allais dire spontanée ; alors pas tous, hein, mais bon.

Et, et y a même une étude où la méthylation de l’ADN – vous savez que là, là on, on a nos gènes. Et puis, ces gènes s’expriment ou pas, en fonction de réactions chimiques qui s’appellent méthylation, acétylation, phosphorylation ; c’est un peu compliqué, ces gènes vont s’exprimer ;  mais y a des gènes qui sont liés à la nature, et liés au quotient intellectuel : si vous n’allez pas dans la nature, ce gène va pas forcément s’exprimer. Votre quotient intellectuel va être, va être plus… donc ça c’est l’hypothèse de la biophilie.

 

 

Dr Souvet (ASEF) : mettre les enfants au contact de la nature

 

Dr Pierre Souvet (ASEF) : biophilie, biodiversité

Puis l’hypothèse de la biodiversité d; ans notre organisme ; notre microbiote : 1 000 à 100 000 milliards de micro-organismes. Et quand vous êtes en contact avec la nature, votre microbiote s’enrichit, avec notamment une étude sur le verdissement des cours d’école. Moi, j’ai connu l’école avec le, le béton.
Quand vous reverdissez les cours d’école, le microbiote des enfants s’améliore, sur la peau et intestinal ; moins de bactéries pathogènes et plus de bactéries non pathogènes donc ; donc, ce microbiote s’enrichit.

Les enfants qui sont dans des, des milieux trop aseptisés, ils ont plus d’asthme, plus d’allergies, plus d’utopie que ceux qui vivent à la campagne par exemple, enfin exposés à la nature.

Guillaume Santé des Enfants et Environnement
Cela reboucle en cohérence avec le, le petit guide santé du bio ménage.

 

Effet de dilution

Voilà et et donc le 3e élément, c’est l’effet de dilution ; quand il y a, par exemple, beaucoup d’espèces ; par exemple, pour la maladie de Lyme, plus il y a des espèces de rongeurs, moins il y a de risque de transmission de la maladie de Lyme, parce que s’il y a qu’une espèce qui est capable de transmettre alors que d’autres espèces de, de mulots ou autres ne sont pas capables… et ben du coup ça s’appelle l’effet dilution : plus y a des espèces, moins il y aura de transmission.

Dans quelques cas, c’est l’inverse. Par exemple, y a une étude sur la fièvre jaune transmise par les primates en Amérique centrale. Bon, et c’est très peu de, très peu de malades et très peu de décès, où là c’est l’inverse ; mais globalement l’effet dilution prédomine. Et donc si vous préservez la nature, qu’elle soit animale où végétale, ben vous préserverez votre santé.

 

Pas de bonne santé sans un environnement sain

Mon grand slogan, c’est « il n’y a pas de bonne santé sans un environnement sain ». Ya pas que moi qui le dit, y a l’OMS qui le dit, Hein.

Guillaume Santé des Enfants et Environnement
Tout à fait. Je suis content que vous ayez ouvert sur ces aspects de nature et d’environnement favorisant la santé. C’est un thème que je traite aussi sur ma chaîne. L’hypothèse de la biophilie, c’est déjà abordé, et puis la biodiversité : on sent que Edward Wilson est en, est en filigrane de ces recommandations ; sur la popularisation de cette hypothèse au départ, quoi.

Docteur Souvet, merci beaucoup pour l’échange, pour les informations intéressantes, pour les bonnes pratiques utiles ; ceux qui veulent suivre votre travail et les activités de l’ASEF, où est-ce qu’on peut les orienter préférentiellement ?

Dr Pierre Souvet (ASEF)
Donc le site c’est www.asef-asso.fr ; on est loi 1901, on est d’intérêt général, on est agréé 1 % pour la planète… donc voilà, on a beaucoup de qualités et… mais c’est un engagement.

Mais pour lutter contre l’éco-anxiété, c’est un livre d’Alice Desbiolles, le docteur Desbiolles, sur l’éco-anxiété. Un des éléments, c’est le soutien social : ne pas rester seul. C’est comme pour le cancer, hein ; vous, vous risquez plus de récidiver si vous êtes tout seul ; donc le soutien social… ou COVID hein, si vous êtes tout seul dans votre coin et vous avez  le COVID, vous risquez beaucoup plus que si vous êtes entouré de soutien social.

 

paysage de nature

 

 

Gestion de l’éco-anxiété : en parler

En parler, parce que, on a ce qu’on appelle les normes conversationnelles ; c’est-à-dire : « tu es anxieux sur ce qui se passe » « Oh non, moi, – à la Marseillaise – moi nickel, j’en ai rien à foutre », voilà c’est ça. « Rien à foutre. Moi, j’suis plus fort que tout » – , excusez-moi pour le… j’aurais aimé faire du théâtre.

Guillaume Santé des Enfants et Environnement
C’est l’accent de l’étang de Berre, là ! [rires].

Dr Pierre Souvet (ASEF)
Ouais c’est ça, ouais.

Guillaume Santé des Enfants et Environnement
Je sais que vous êtes par là-bas.

Dr Pierre Souvet (ASEF)
Et donc il faut en parler ; c’est pas une honte d’en parler, c’est normal d’être anxieux ; c’est normal, hein. Ce qui se passe ; il faut dépister – ça, c’est un message pour les, pour les professionnels de santé – dépister le moment où ça passe en dépression, parce que ya des gens qui passent en dépression ; donc il faut qu’ils, qu’ils que, que les professionnels de santé en parlent : « vous êtes en anxieux », voilà.

Voilà, que les, les profs en parlent, que les élèves puissent sortir tout ça.

 

Passer à l’action

Et un des deux autres remèdes, donc c’est, on l’a vu : engagement ; s’engager : petite action, je valorise, j’ai de l’estime de moi ; et la régulation émotionnelle, je voulais finir par ça.

Quand je vois des fois, dans les réunions de, en haut à Paris, l’inertie pour la prise de décisions évidentes pour la santé des Français et de l’environnement, j’ai envie d’en secouer quelques-uns, hein. Et là, régulation émotionnelle, le dalaï-lama sera content de moi.

Guillaume Santé des Enfants et Environnement
Vous pouvez aussi allez vous balader dans la nature, pour faire des synergies.

Merci beaucoup Pierre, merci pour l’échange intéressant et au plaisir de vous, de vous rencontrer en vrai à l’occasion.

Au revoir, merci.

Dr Pierre Souvet (ASEF)
À bientôt au revoir.

 

————-

Voilà pour cet entretien intitulé « Un environnement sain : essentiel à une bonne santé, avec le Dr Pierre Souvet (ASEF)« . S’il vous paraît utile, alors vous pouvez liker, vous abonner et clocher si vous ne l’avez pas encore fait. C’est notamment pour que YouTube favorise sa diffusion.

À bientôt !

 

Pierre Souvet ASEF - vignette YouTube

 

Bibliographie. Un environnement sain : essentiel à une bonne santé, avec le Dr Pierre Souvet (ASEF)

  • Association santé environnement France (ASEF). Notamment : lien.
  • Petits guides santé de l’ASEF. Notamment : lien.
  • Atwoli L, et al. Call for emergency action to limit global temperature increases, restore biodiversity, and protect health: wealthy nations must do much more, much faster. Nutrition Reviews 2021 ; 79(11) : 1183-1185. Notamment : DOI.
  • Université de Montreal. Réaliser une revue systématique: Introduction. Notamment : lien.
  • Université de Laval. Réaliser une revue systématique. Notamment : lien.
  • Réseau Cochrane. Elaboration d’une revue systématique Cochrane. Notamment : lien.
  • Oleko A, et al. Imprégnation de la population française par le cadmium. Programme national de biosurveillance, Esteban 2014-2016, Santé Publique France, Juillet 2021.
  • Avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) relatif à l’Exposition au cadmium (CAS n°7440-43-9). Propositions de valeurs toxicologiques de référence (VTR) par ingestion, de valeurs sanitaires repères dans les milieux biologiques (sang, urine, …) et de niveaux en cadmium dans les matières fertilisantes et supports de culture permettant de maîtriser la pollution des sols agricoles et la contamination des productions végétales, Juin 2019. Notamment : lien.

Davantage de références – 1

  • Note d’appui scientifique et technique de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail relatif à la recommandation de niveaux en cadmium dans les matières fertilisantes permettant de maîtriser la contamination en cadmium des sols et des productions agricoles et l’exposition de la population humaine, Novembre 2021. Notamment : lien.
  • Carne G, et al. Mass balance approach to assess the impact of cadmium decrease in mineral phosphate fertilizers on health risk: The case-study of French agricultural soils. Sci Total Environ. 2021 Mar 15. Notamment : DOI.
  • Genchi G et al., The Effects of Cadmium Toxicity, Int J Environ Res Public Health. 2020 May 26. Notamment : DOI.
  • Fan Y, et al. Association of Endocrine-Disrupting Chemicals with All-Cause and Cause-Specific Mortality in the U.S.: A Prospective Cohort Study, Environ Sci Technol. 2023 Feb 21. Notamment : DOI.
  • Barański M et al. Higher antioxidant and lower cadmium concentrations and lower incidence of pesticide residues in organically grown crops: a systematic literature review and meta-analyses, Br J Nutr. 2014 Sep 14. Notamment : DOI.
  • Association Cantine sans plastique France. Notamment : lien.
  • Twohig-Bennett, C. The health benefits of the great outdoors: A systematic review and meta-analysis of greenspace exposure and health outcomes. Environmental research 2018, 166, 628-637. Notamment : doi.

Images notamment par Guillaume et Sayumi

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