6 astuces pour un grand changement : faire plus marcher ses enfants :)

Seules les pensées que l’on a en marchant valent quelque chose. – Friedrich Nietzsche

Le fortifiant souverain du corps c’est l’exercice, et de tous les exercices marcher est le meilleur. – Thomas Jefferson

 

Bonjour à tous !marcher enfant mouvement

Cet article est le dernier d’une série de trois articles consacrés au « mouvement nutritionnel » : une grande variété de mouvements au quotidien peut être considéré comme un besoin de base du corps de nos enfants. Cette série s’appuie sur les travaux de Katy Bowman, une référence mondiale en biomécanique, mère de trois enfants.

Un premier article a présenté pourquoi quelques séances d’exercice par semaine ne peuvent pas remplacer des mouvements variés en routine. Un deuxième article a recensé des astuces pour intégrer plus de mouvements dans la vie quotidienne des enfants. Ce troisième article porte sur un des mouvements les plus simples et les plus nutritifs : la marche.

 

Les bienfaits de la marche sont très nombreux et bien décrits par la littérature scientifique : perte de masse graisseuse, contrôle du taux de sucre sanguin (en particulier une marche de 15 minutes après un repas), accroissement de l’énergie, amélioration du sommeil, amélioration de l’humeur, réduction du stress (en particulier quand la marche a lieu dans la nature), amélioration de la mémoire, protection contre les maladies cardiaques, compensation des méfaits d’une longue station assise, accroissement de la libido, accroissement de la durée de vie, amélioration des marqueurs du prédiabète … La liste est bien longue : si une entreprise pharmaceutique pouvait mettre les bénéfices de la marche dans une pilule, elle lui rapporterait des milliards 😉

Tous ces bienfaits peuvent aussi expliquer que tant de « grands penseurs » aient été des adeptes de la marche : Aristote, Schopenhauer, Nietzsche, Dickens, Thoreau, Kierkegaard, Stevenson, Kant, Rimbaud, Gandhi , Rousseau, …

 

Mais bon… de la marche pour des enfants ? Je vous imagine lever un sourcil dubitatif 😉 C’est vrai qu’au premier abord, en tant que parent, ça peut paraître un sacré défi haha ! Le premier aspect qui vient en tête, le plus basique, c’est que les (jeunes) enfants ne sont pas au même niveau de capacités physiques que nous : souvent, ils se sentent fatigués plus vite. « Mais d’où vient ce ‘je suis fatiguéééééé’ de l’enfant qui marche ? Après tout, nous sommes des êtres qui (à tout âge) avons toujours marché, depuis des centaines de milliers d’années, plusieurs heures par jour, avec une survie basée sur notre endurance à la marche. Expliqué simplement, la fatigue d’un enfant est le résultat d’un entrainement pauvre » indique Katy Bowman. « Concernant les enfants entre 2 et 12 ans, dont le corps est en pleine phase de développement, j’en vois dans les bras ou sur le dos des parents, sur des vélos et sur des skateboards. Je vois aussi des enfants bien trop grands pour être encore en poussette. […] Si les enfants n’ont pas l’habitude de marcher, alors quand ils marchent ça devient vite trop dur. Cela semble une réponse vraiment très simple, mais réellement, c’est le principe de base de la science du mouvement ».

 

marcher enfant mouvement2

 

Alors, comment amener les enfants à plus marcher ? Comment susciter un vrai changement ? Voici les recommandations de Katy Bowman :

  1. commencez par marcher régulièrement vous-même ( 😉 ) ;
  2. et dès que possible, commencez à marcher avec vos enfants. Ce sera beaucoup plus lent, « mais il est important de marcher en famille, à leur rythme ». Choisissez une distance courte avec un objectif concret pour commencer (aller au parc par exemple), si possible en les impliquant dans l’élaboration des modalités pratiques, et faites-en une habitude « en leur expliquant simplement que c’est parce que marcher régulièrement est très important pour la santé » ;
  3. sur cette base, augmenter la distance marchée, très progressivement, pas de plus de 10 % par semaine ;
  4. choisissez des objectifs enthousiasmants. « Officiellement » on ne va pas marcher : on va aux jets d’eau, acheter de quoi déjeuner, à la piscine, voir des amis, chercher des fleurs pour faire une surprise à maman, aller dans un parc où on peut grimper aux arbres, etc. La marche devient le moyen d’atteindre des objectifs enthousiasmants ;
  5. considérez la possibilité de réserver des temps dédiés à la marche, si besoin « en remplaçant certaines activités par de la « Vitamine D.W. » (pour « Daily Walk », marche quotidienne ; il s’agit d’un jeu de mot avec la fameuse « Vitamine D », non traduisible). Cette marche est plus importante que juste à peu près tout… Faites-moi confiance » insiste Katy Bowman.
  6. n’ayez pas peur que les enfants s’ennuient… si vous-même vous ne vous ennuyez pas ! « Une fois j’ai entendu quelqu’un dire « si tu t’ennuies, alors tu es ennuyeux ». Il y a du vrai là-dedans. Votre corps n’a rien d’ennuyeux, en mouvement dynamique, avec ses 200 os, ses 230 tendons et ses 600 muscles, tous en vie et en communication avec votre cerveau à chaque pas. Il n’y a rien d’ennuyeux non plus avec la planète sur laquelle vous marchez, les insectes, les animaux et les personnes avec qui vous la partagez.»
  7. Démarrez dès les premières années de l’enfant, en proportionnant les efforts à ses capacités physiques. La marche devrait faire partie des habitudes des enfants… et les habitudes s’acquièrent dès le plus jeune âge.

 

marcher enfant mouvement3

 

La marche pourrait être l’occasion d’intégrer plus de mouvement dans le quotidien des enfants. Comment rendre plus variés les mouvements générés par une marche ? Voici quelques astuces supplémentaire :

  • marcher sur le côté de la route, du chemin ou du trottoir. Le côté est généralement peu nivelé. Les différentes formes et textures feront varier les sollicitations des pieds et du reste du corps ;
  • marcher sur différents types de terrain, dans des environnements variés ;
  • varier la répartition des temps de marche : trois sessions de 10 minutes apporteront des « nutriments » différents de ceux apportés par une unique session de 30 minutes ;
  • varier la vitesse et le rythme de la marche, par exemple en marchant avec d’autres personnes.

Ces astuces permettent d’obtenir des démarches différentes. Et pour les mettre en application, le plus simple est de marcher régulièrement, idéalement au quotidien.

 

Et vous, avez-vous des difficultés à faire marcher vos enfants ? J’imagine que cela dépend notamment du caractère plus ou moins sédentaire de leurs habitudes actuelles. Partagez vos astuces dans les commentaires !

Photo par MMarsolais, Derek Gavey et normanack

Cet article est rédigé dans le cadre des « jeudis de l’éducation », organisés par Valérie du blog Wonder Mômes  

Les autres participants :

La mère instit imparfaite : Une rentrée et des changements : http://www.lamereinstitimparfaite.com/famille/humeur-de-maman/jeudi-education-rentree-et-changements/
Apprendre avec bonheur : Ça fait peur le changement : http://apprendreavecbonheur.blogspot.fr/2016/09/ca-fait-peur-le-changement.html
Maman et ses pitchouns : L’année du changement : https://mamanetsespitchouns.wordpress.com/2016/09/29/lannee-du-changement/
Papa Blogueur : Nouvel enfant, nouvelle éducation, normal quoi ! http://www.papa-blogueur.fr/nouvel-enfant-nouvelle-education-normal-quoi
Bulles de Plume : Une rentrée sous le signe du changement http://bullesdeplume.blogspot.fr/2016/09/une-rentree-sous-le-signe-du-changement.html
WonderMômes : Apprendre à lâcher prise avec mon pré-ado http://www.wondermomes.fr/apprendre-a-lacher-prise-pre-ado/

education santé enfants environnement

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Références :

  • Bowman K. Blog Nutritious Movement – https://nutritiousmovement.com/blog/
  • Bowman K. Whole Body Barefoot: Transitioning Well to Minimal Footwear. Propriometric Press
  • Bowman K. Move Your DNA. Propriometrics Press 2014.
  • Gros F. Marcher, une philosophie. Éditions Carnets nord
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13 Commentaires

  1. CécileD

    Coucou Guillaume, contente qu’il y ait un nouvel article !
    Je suis totalement en phase avec d’ailleurs !
    Mon retour perso :
    Dès que les enfants ont su marcher (nous avons fait pareil pour les 2), nous ne prenions plus la poussette lors de nos petites balades. Nous préférions les porter un peu de temps en temps. Nous habitions en ville à l’époque et les balades étaient assez courtes mais toujours avec des objectifs (aire de jeux, bac à sable, lac avec les canards, manège etc).
    Par la suite, nous avons déménagé à la campagne et là, les balades du weekend dans la campagne environnantes sont devenues régulières.
    Bien sûr nous avons entendu des « je suis fatigué(e) » mais nous essayons d’avoir toujours un objectif (ramasser des fraises des bois, aller jusqu’à la rivière, faire un bouquet, goûter sur le tronc d’arbre du bout du chemin etc).
    ça fait 3 fois que nous participons à la randonnée des 3 châteaux de 6 km. l’année prochaine nous nous sommes mis d’accord pour celle un « cran » au dessus (presque le double).
    Nous avons également passé des vacances à la montagne et fait des petites randonnées de 3/4h sur des chemins bien pentus !
    Cet été, pendant les vacances, nous avons laissé un peu la voiture de coté et les enfants faisaient presque 10 km par jour pour aller/revenir/retourner à la plage. Tout ça sans râler et sans même s’en apercevoir.
    Pour moi je pense que :
    – il faut vraiment commencer tôt (les gamins de 6 ans en poussette ça me rend dingue)
    – il faut toujours avoir un objectif pour entretenir la motivation
    Marcher en famille ça permet de partager de supers moments avec les enfants car ils sont toujours émerveillés par un rien et donc ça nous permet de garder/cultiver notre part d’enfance également
    Par contre, nous faisons collection de coquillages/cailloux/fossiles/bâtons etc etc
    Je dois en avoir prêt d’une tonne à la maison !!!
    En ce qui concerne la variation de la marche, les enfants le font d’eux même : grimper sur un rocher/muret, courir pour être le premier à la rivière, se baisser pour ramasser des coquillages/cailloux/fossiles/bâtons… Il faut juste les laisser faire (en s’assurant de leur sécurité – cf article précédent!)

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    1. Guillaume

      Hey Cécile, on avait pris rdv pour cet article haha
      Merci pour ce retour génial, dans lequel je vais piocher plusieurs idées pour mes propres enfants !
      J’ai le même ressenti concernant la qualité de la connexion parents – enfants pendant la marche ; j’imagine que c’est lié à son rythme, peut être celui qui nous convient le mieux… une autre déclinaison de l’approche ancestrale 😉
      Guillaume Article récent : 6 astuces pour un grand changement : faire plus marcher ses enfants 🙂My Profile

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  2. Pingback: Apprendre à lâcher prise avec mon pré-ado - Wondermomes

  3. Pingback: Une rentrée et des changements { Jeudi éducation #7 } - La mère instit imparfaite - Le blog d'une maman geek de 5 enfants, instit maternelle vivant à Bruxelles

  4. Isa LISE

    Tout n’est pas toujours simple. Je suis une adepte des balades, mes filles sont souvent sorties depuis qu’elles sont petites. L’aînée n’allait plus dans la poussette très tôt, nous marchions longuement mais lentement… quoique elle courait souvent 😉
    Quant à la cadette elle est très longtemps resté dans la poussette car marcher était compliqué pour elle, elle marchait lorsqu’elle le pouvait, il est aussi important d’entendre les limites des enfants. 🙂
    Bonne journée !

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    1. Guillaume

      Très juste il me semble.
      Je pense que Cécile insistait surtout sur le fait que les capacités des enfants sont maximisés si on leur fait prendre l’habitude de marcher assez tôt.
      En plus de la bienveillance, Katy Bowman indiquait que garder à coeur de s’adapter à leurs capacités du moment permet aussi de varier les styles de marche et les démarches. Et puis c’est tellement charmant ; perso, j’adore marcher au rythme d’un enfant de 2-3 ans 🙂
      Guillaume Article récent : 6 astuces pour un grand changement : faire plus marcher ses enfants 🙂My Profile

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  5. CécileD

    Il est certain que chaque personne (adulte ou enfant) a ses limites, son caractère, son âge, son état de santé… Et il faut bien sûr en tenir compte. D’ailleurs, je pense que les personnes qui s’intéressent à ce blog y sont sensibles !
    Cependant mon propos était que c’est le parent qui doit être moteur et exemple. Entre une pomme et un bonbon, l’enfant risque de choisir systématiquement le bonbon. Entre la poussette et marcher, il risque de choisir systématiquement la poussette. Autant ne pas proposer ce qu’on ne veut pas qu’il choisisse !
    Les gamins de 6 ans dans les poussettes que je croisait régulièrement en ville, c’était le matin et le soir, car on peut pousser une poussette plus rapidement que ce que ne va un enfant ! Celui-ci ne marche pas vite, s’arrête pour observer/ramasser etc. Ces parents font ça pour leur « commodité » et je trouve ça nul. Autant se lever 15 minutes plus tôt et prendre le temps de faire le chemin de l’école calmement et partager un autre moment avec les enfants (bon après, il y a des matins où tout le monde est à la bourre aussi mais ce n’est pas tous les jours heureusement !!!)

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    1. Guillaume

      Exemplarité + travail sur l’environnement et les possibilités proposées aux enfants : je suis assez fan aussi de cette approche !
      Guillaume Article récent : 6 astuces pour un grand changement : faire plus marcher ses enfants 🙂My Profile

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  6. Yum

    Bonjour Guillaume,

    Merci pour cet article !

    C’est magnifique (et bien commode!) que la marche, le « sport » le plus simple et le plus naturel, soit aussi un des meilleu rs pour la santé 😉
    Mais je crois que ses bienfaits ne sont pas assez connus. Je connais beaucoup de gens qui courent (je cours d’ailleurs moi-même un peu), mais qui semblent ne pas considérer la marche comme un « vrai sport »…

    Je suis globalement en phase avec les idées contenues dans ton article.
    Toutefois, je suis aussi d’accord avec ce que dit Isa, ce n’est pas toujours aussi simple, malheureusement, trop souvent, tous les matins en semaine par exemple, je suis pressée. J’aurais aussi voulu, idéalement, faire marcher mon enfant dès 2 ans pour aller et revenir de la crèche, par exemple, mais au vu des contraintes de temps qu’on a, ce n’était pas possible, donc j’utilisais la poussette. Si on prenait plus de temps sur le trajet, ça voulait dire qu’il fallait que je lève mon enfant plus tôt et la coucher plus tard… Plus de marche ou plus de sommeil ? Ce n’est pas donc pas toujours si simple, on fait au mieux! Par contre, le week-end, quand on va au parc, par exemple, j’essaie de les encourager à marcher au maximum. Mais quand elle souhaite prendre sa trottinette, je ne m’y oppose pas.

    Par ailleurs, une suggestion : dans l’article tu proposes, pour motiver les enfants, de présenter la marche comme « un moyen d’atteindre des objectifs enthousiasmants ». Cela peut être utile, mais pourquoi ne pas également essayer de sensibiliser les enfants au plaisir de la marche en elle-même ? Evidemment, ça marcherait (c’est le cas de le dire haha) beaucoup mieux dans un cadre agréable, en particulier dans la nature. Le top du top, c’est de marcher pieds nus sur l’herbe ou sur le sable mouillé à la plage… j’adore 🙂

    Répondre
    1. Guillaume (Auteur de l'article)

      « le plus simple et le plus naturel » … et en plus gratuit et accessible pour quasiment tout le monde (pas besoin d’avoir déjà un physique d’athlète ou d’être particulièrement doué).
      On est bien d’accord : l’important c’est de s’impliquer et de faire au mieux, je pense que Cécile avait plus en tête des parents un peu flemmards que des parents qui se lèvent déjà à 6h30 et qui n’ont plus beaucoup de marche de manœuvre.
      Dans ton approche j’aime bien le « j’incite tout en restant flexible… tout en incitant un peu plus tard », de la persévérance en douceur, qui ne braque pas l’enfant et me parait souvent obtenir de bons résultats au final 🙂
      « pourquoi ne pas également essayer de sensibiliser les enfants au plaisir de la marche en elle-même » Complètement en phase, Katy Bowman le serait aussi je pense. L’astuce qu’elle donne se veut être un premier pas, pour « amorcer la pompe » et se diriger vers ta suggestion au final, il me semble

      Répondre
  7. hypno180

    Merci pour votre article très intéressant. Personnellement je n’ai pas encore d’enfants mais je voyage beaucoup avec mon frère en bas age en sac à dos. Autant vous dire qu’il n’a eu d’autre choix que de s’habituer à marcher en asie mais c’est devenu de plus en plus facile avec le temps à lui faire comprendre. C’est le temps que les habitudes se fassent. J’aime beaucoup ce concept voyage car ça permet à l’enfant de s’ouvrir au monde et à ne pas rester enfermé dans des habitudes. Au plaisir d’échanger.

    Répondre
  8. Guillaume (Auteur de l'article)

    Bonjour hypno180 ! Merci pour cette 7e astuce ( 🙂 ) et plus généralement votre retour inspirant, qui éveille la curiosité : je serais intéressé par l’âge du petit frère par exmeple, ça pourrait motiver des lecteurs !
    Je n’ai pas eu l’occasion de « vraiment » voyager avec mes enfants pour le moment, j’imagine aussi un rythme de croisière après une phase de transition ; « ils ont ça en eux », un héritage ancestral probablement 😉

    Répondre
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