Quelle est la différence entre danger et risque, et pourquoi elle est importante

La définition fait connaître ce qu’est la chose. – Aristote

Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément. – Nicolas Boileau

Bonjour à tous !

Je vais profiter des vacances pour faire une série d’articles courts, visant à éclaircir certaines notions centrales en santé environnementale : santé, environnement, danger, risque, précaution, prévention, risque attribuable, etc. Je dédie cette série un peu “formelle” à mon père, qui m’a si souvent répété de bien définir les mots que j’emploie. Cet enseignement m’a permis d’éviter bien des embûches, un grand merci à lui. 

 

Autour de moi et dans les médias, j’observe que les termes “danger” et “risque” sont employés comme (quasi-)synonymes. Or ils désignent deux notions bien différentes :

  • le danger est une propriété d’un agent chimique, physique ou biologique. C’est sa capacité à induire un effet sanitaire néfaste. Par exemple, une substance peut être cancérigène, mutagène ou reprotoxique.
  • dans le domaine de de l’évaluation des risques sanitaires, le risque est la probabilité qu’un effet sanitaire apparaisse, suite à l’exposition d’un individu à un agent. Le risque dépend donc à la fois du danger lié à l’agent et de l’exposition de l’individu.

Par exemple, si un flacon hermétique contient un produit comprenant une substance toxique, alors un danger est présent mais il n’y a pas de risque. Par contre, si une personne fait tomber le flacon, que le flacon se brise et que du produit entre en contact avec cette personne, alors il y a un risque. Le niveau de ce risque dépendra de la toxicité de la substance et de l’ampleur de l’exposition.

 

Cette différence est importante à comprendre : la présence de substances toxiques ne signifient pas forcément qu’il y a un risque, et ne suffit pas non plus à conclure que le niveau de risque est préoccupant. Or la plupart des articles que je vois dans la presse mettent en avant l’existence de dangers, sans jamais chercher à estimer le risque, et concluent donc souvent à l’existence d’une situation préoccupante sans suffisamment de preuves. Sans présager des véritables conclusions au cas par cas, sur-simplifier et conclure hâtivement sont des pratiques imprudentes.

 

Photo par Steve Davis

Références

  • Bois FY. Mot à Mot : Danger – Risque. Environnement, Risques & Santé 2005 ; 4-5.
  • Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS). Évaluation de l’état des milieux et des risques sanitaires – Démarche intégrée pour la gestion des émissions de substances chimiques par les installations classées – Impact des activités humaines sur les milieux et la santé – 2013
  • Marano F, Barouki R, Zmirou D. Toxique Santé et environnement : de l’alerte à la décision. BUCHET CHASTEL 2015.
  • Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS). Evaluation des risques sanitaires dans les études d’impact des ICPE – substances chimiques – 2003.
  • Institut de Veille Sanitaire (InVS). Guide pour l’analyse du volet sanitaire des études d’impact – 2000.
  • Dab W. Santé et environnement – Que sais-je ? Presses Universitaires de France 2012.

 

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2 réponses

  1. Je relis un Que Choisir sur les désodorisant s aujourd’hui, et c’est vrai qu’ils ne parlent de substances toxiques, donc de dnager… Ce qui laisse un gris doute d’un coup sur le risque réel…

    1. Très intéressant, effectivement.
      Un point de vigilance : ne pas tomber dans l’écueil inverse. “L’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence”, d’autant en plus lorsque l’on considère une source unique. Emmettre des substances toxiques dans l’air n’est jamais une bonne chose en soi, et la situation mérite examen. Par exemple, personnellement, je ne brûle pas d’encens chez moi. Pour plus d’infos sur ce sujet : http://www.ineris.fr/centredoc/rapportineris-drc-14-144018-06268c–encens-vc-1455890922.pdf

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