Maternité et santé environnementale, avec Sandra Steingraber (1/4)

Le fœtus est sensible à l'environnement entourant la mère. – Université Johns Hopkins

Le poids de la preuve devrait incomber à ceux qui cherchent à mener des activités potentiellement préjudiciables ; ça ne devrait pas être à la population générale de démontrer qu'un préjudice a déjà été causé. - Conférence de Wingspread

Chronique de « Having Faith »

de Sandra Steingraber, 440 pages, publié en 2001

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Sandra Steingraber est une des figures les plus connues du domaine de la santé environnementale. Biologiste universitaire, généralement considérée comme militante écologiste et lanceuse d’alerte, certains considèrent qu’elle s’inscrit à la suite d’icônes telles que Rachel Carson ou Théo Colborn. Elle est notamment connue pour son travail d’enquête sur les pollutions environnementales pouvant favoriser l’apparition de certaines pathologies. Having Faith décrit l’enquête qu’elle a menée au cours de sa propre grossesse.

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Quelques informations et points de vue intéressants, concernant la thématique « Santé des enfants et environnement »

Voici une liste d’informations et de points de vue issus du livre, en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement », et que je souhaite partager avec vous.

  • Pendant trop longtemps, le placenta a été considéré comme une barrière de protection efficace contre les substances chimiques. Aujourd’hui, on sait que cela est faux et que cette fausse croyance a produit des effets délétères sur de nombreux enfants en gestation, conduisant notamment à quelques scandales publics tristement connus : rubéole lors d’une grossesse, Thalidomide, Minamata, Diéthylstilbestrol, etc.
  • Cette croyance se retrouve encore, de manière indirecte, dans les seuils sanitaires fixés par la réglementation actuelle : l’élaboration de ces seuils ne tient pas compte des potentiels transferts vers le fœtus par le placenta. Ceci est une véritable folie.
  • Le thalidomide est un médicament utilisé comme anti-nauséeux, à la fin des années 1950 et pendant les années 1960. Le marketing associé a notamment visé les femmes enceintes, avant que de graves malformations congénitales ne soient remarquées. Comment un tel drame a-t-il pu arriver ? Comment une telle substance a-t-elle pu être vendue à des femmes enceintes dans 48 pays ?
  • La relative naïveté des autorités de l’époque (« il n’y avait pas de raison de suspecter un effet toxique a priori ») est une explication très imparfaite car :
    • ce médicament a continué à être vendu au Canada après qu’il a été interdit en Europe ;
    • de premiers éléments de preuve de toxicité avaient été publiés avant sa mise en vente en Europe, sans que les autorités en tiennent compte. Ces éléments ont été jugés suffisants aux Etats-Unis pour que la Food and Drug Administration (FDA, « Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux ») n’autorise pas la mise sur le marché.

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Quelques extraits du livre

Si notre objectif est de protéger les embryons humains, nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre de tout comprendre sur la manière dont un produit chimique peut infliger ses dommages. Les scientifiques ont finalement appris le mécanisme par lequel la thalidomide nuit aux bébés en 1991, soit trente ans après son retrait du marché. […] Cette découverte résout enfin le mystère de la façon dont la thalidomide empêche le déploiement des membres du fœtus, mais cette solution – aussi intéressante soit-elle scientifiquement – n’était pas nécessaire pour protéger la santé publique.

Concernant le Thalidomide, le jour de l’exposition était aussi important que la quantité d’exposition pour déterminer les effets sanitaires.

Les conséquences imprévues ne sont pas toujours des conséquences imprévisibles. Même si l’environnement aura une manière spécifique de gérer des éléments comme le mercure, certaines lois écologiques s’appliquent dans tous les cas. Le principe de la bioamplification, qui fait référence au fait qu’un poison persistant se concentre à mesure qu’il monte dans la chaîne alimentaire, est au centre de ces principes. Les organismes au sommet se retrouvent invariablement avec le plus de poison.

Les biologistes demandent toujours plus de recherche. [En tant que biologiste], c’est mon cas aussi. Bien qu’intéressé, l’appel des biologistes pour des études plus approfondies est une vraie reconnaissance du peu que nous savons en réalité sur les systèmes vivants. C’est pourquoi une monographie récente sur le placenta humain commence par cet humble aveu : « Une seule chose est évidente : ce que nous savons n’est qu’une infime partie de ce que nous avons besoin de savoir. » Et pourtant, l’histoire du placenta est aussi l’histoire de notre échec à tenir compte des connaissances que nous avions déjà.

Cela ne veut pas dire que les gènes ne contribuent en rien au processus. Mais ce qui ressemble initialement à de l’héritage peut être enveloppé dans de l’environnement. Par exemple, si des expositions toxiques endommagent l’ADN des ovules et du sperme, ces mutations génétiques peuvent potentiellement devenir héréditaires. Les agressions environnementales peuvent également interagir avec des facteurs génétiques qui prédisposent l’embryon aux anomalies congénitales mais ne sont pas à elles seules capables de les déclencher.

Malheureusement, la nature de l’anomalie n’indique pas toujours si son origine est environnementale ou génétique. Considérez un bébé avec de multiples anomalies congénitales. Celles-ci peuvent être causées par des tissus endommagés par l’environnement, qui donnent ensuite naissance à plusieurs organes différents. Ou elles pourraient être causées par la mutation héréditaire d’un seul gène qui régule la production d’une protéine nécessaire au développement de ces organes. Ou une combinaison des deux.

J’ai décidé de poser ma question d’une autre manière : que sait-on des produits chimiques tératogènes dans l’environnement ? Où se trouvent-ils et qui est exposé ? Les réponses sont « pathétiquement peu » et « personne ne le sait ».

La plupart des produits chimiques n’ont pas été testés pour leur capacité à avoir des effets tératogènes. Il existe maintenant environ 85 000 produits chimiques synthétiques produits aux États-Unis. Environ 3 000 de ces produits sont fabriqués à au moins un million de livres par an et sont donc classés comme produits chimiques à haut volume de production. Plus des trois quarts de ce groupe n’ont subi aucun dépistage des effets possibles sur le développement des fœtus et des enfants. Et sur plus de 700 produits chimiques à haut volume de production trouvés dans les produits de consommation, près de la moitié des informations de base sur la toxicité pour le développement fait défaut.

La suite de cette chronique se trouve ici : Maternité et santé environnementale, avec Sandra Steingraber (2/4)

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Cette chronique met en avant l’importance de protéger les enfants des substances préoccupantes, présentes dans leur environnement, car les effets potentiels pourraient être graves ou pérennes. Ce blog a pour mission de vous aider et de vous accompagner dans votre démarche ! Pour vos premiers pas, vous pouvez vous appuyer sur le guide gratuit téléchargeable ci-dessous.

Photo par Heather

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