La protection de la santé de nos enfants est-elle soumise à la loi du marché ?

L’hôpital est étranglé par un système devenu comptable qui s’appelle la tarification à l’activité. – Emmanuel Macron en 2018, alors Président de la République

La médecine moderne est une négation de la santé. Elle n’est pas mise en place pour assurer la santé des gens, mais seulement pour elle-même, en tant qu’institution. Elle rend plus de gens malades qu’elle n’en guérit. – Ivan Illich

 

Chronique du documentaire « Santé : la loi du marché »

cash investigation santé marché

De l’équipe Cash Investigation, diffusé sur France 2 en 2015

Ce documentaire porte sur l’influence des aspects financiers sur la gestion de la santé publique en France.

 

Quelques informations et points de vue intéressants, concernant la thématique « Santé des enfants et environnement »

Voici une liste d’informations et de points de vue issus du documentaire, en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement », et que je souhaite partager avec vous.

  • Le système de santé français a longtemps été envié par les autres nations, notamment pour sa capacité de protection des populations les plus vulnérables. Cette protection est aujourd’hui amoindrie, principalement pour des raisons économiques et financières.
  • Le déficit de la sécurité sociale a dépassé les 9 milliards d’euros. La situation budgétaire de la plupart des milieux hospitaliers est également délicate.
  • Avec un fort contraste, les laboratoires pharmaceutiques, eux, font partie des entreprises accumulant le plus de bénéfices. Leur chiffre d’affaires a été multiplié par deux en 15 ans. En 2014, la sécurité sociale a consacré près de 23 milliards d’euros pour le remboursement des médicaments.
  • Depuis le passage à la tarification à l’acte en 2007, les hôpitaux sont rémunérés par l’Etat en fonction du nombre d’actes médicaux accomplis. Cette logique a pour effet pervers d’inciter à augmenter les interventions médicales, parfois de manière décorrélée avec les véritables besoins des patients. Par exemple, alors que la Haute autorité de santé déconseille l’ablation de la prostate après 75 ans, car les risques annexes seraient trop grands, certains hôpitaux opèrent jusqu’à 50 % de leurs patients de plus de 75 ans !
  • Comme pour tous les actes médicaux, une certaine partie de ces opérations inutiles conduisent à des complications et à des effets secondaires, parfois très handicapants.
  • Des plaquettes présentant les projets de certains hôpitaux publics mentionnent les termes « parts de marché », « progression d’activité », « accroître l’attractivité », « stratégie de conquête »…
  • De nouveaux types de sociétés privées ont été créés : elles visent à optimiser les budgets des hôpitaux. Certaines d’entres elles sont accusées d’avoir créer des actes médicaux non-fournis, ou d’avoir augmenté la gravité de pathologies soignées, afin de pouvoir augmenter la facturation des hôpitaux. Ces pratiques constituent des fraudes à la Sécurité sociale, mais également un violation du secret médical, puisque dans consultants externes rentrent dans le détail des dossiers de patients.
  • Pour accroître leurs bénéfices, les laboratoires pharmaceutiques favorisent la prescription de médicaments sur le long terme, en utilisant plusieurs stratégies : formation continue des médecins par leurs services, permettant d’influencer leurs prescriptions ; abaissement des seuils définissant les maladies et déclenchant des diagnostics et des traitements ; création de médicaments préventifs visant à empêcher l’apparition de maladies chez des personnes bien portantes…
  • Pour de nombreux médicaments en vente, la balance bénéfices / risques est contestée, surtout concernant les effets à long terme, difficilement évaluables.
  • Les membres de l’Agence de sécurité du médicament, qui autorise la mise sur le marché des médicaments en France, sont nombreux à présenter des conflits d’intérêt avec des laboratoires pharmaceutiques privés.

 

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Quelques extraits en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement »

Le patient n’est plus toujours la priorité : c’est avant tout la loi du marché qui règne. Dans certains hôpitaux, on n’en arrive à opérer des malades qui n’en ont pas vraiment besoin, juste pour renflouer les caisses. Les bilans financiers ont pris le pas sur les bilans sanguins, et les directeurs d’établissement font appel à des cabinets privés pour optimiser leurs comptes.

On a les deux dindons de la farce : les patients qui prennent des médicaments inutiles et toxiques, et l’assurance maladie qui paie.

On nous demande de le maintenir le patient en vie au maximum, même quand il est en fin de vie, par exemple 48 h d’affilée – alors que ce sont des soins palliatifs qu’on devrait faire simplement et attendre la fin de vie du patient – pour des raisons de facturation de jours supplémentaires. On nous demande de mettre en place des produits – c’est de la noradrénaline – pour remonter la tension du patient, pour permettre une activité cardiaque alors qu’il n’y en aurait pas.

Des actes inutiles ? Je dirais plutôt : dans le cas d’actes dont on pourrait se passer, là maintenant on n’hésite plus. Ça va rapporter, donc on le fait. Le système nous pousse à ça. […] On est dans un dilemme affreux, qui est l’aspect financier et l’aspect soignant : c’est incompatible.

C’est ça la grande révolution de la tarification à l’activité ; c’est-à-dire qu’elle abat le mur entre la médecine et l’argent. Et elle vise à manipuler les pratiques médicales : elle vise à les influencer par des incitations financières.

[Marisol Touraine, alors ministre en charge de la santé] J’ai relancé une réflexion au sein d’un comité sur le financement des hôpitaux, qui doit aboutir à un meilleur dosage entre la tarification à l’activité et le financement global.

 

Mon avis

Les « + » :

  • une présentation claire des potentielles dérives de la logique de la tarification à l’acte ;
  • une invitation indirecte… à éviter de tomber malade : tout est tellement plus simple et on se tient à l’abris de potentielles dérives du système de santé.

Les « – » :

  • cette critique de la logique de la tarification à l’acte aurait été utilement complétée par une critique du modèle qu’elle a remplacé ;
  • des démonstrations de rigueurs inégales ;
  • plusieurs procès d’intention : une approche avec laquelle je ne suis pas à l’aise.
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Sensibiliser les enfants avec des livres illustrés ? Ca m'intéresse !
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