Nos enfants « sous le feu des ondes » : un risque pour leur santé ?

Dotez vos enfants d’un portable le plus tard possible. Pas de téléphone portable avant 13 ans. – Dr Véronique Vasseur

Les normes actuelles sont obsolètes ; elle ne protègent de rien. – Michèle Rivasi

 

Chronique du documentaire « Sous le feu des ondes »

feu ondes risques enfants

De Jean-Christophe Ribot, diffusé sur Arte en 2009

Ce documentaire porte sur les expositions aux ondes électromagnétiques issues des téléphones portables, ainsi que sur les potentiels risques associés.

 

Quelques informations et points de vue intéressants, concernant la thématique « Santé des enfants et environnement »

Voici une liste d’informations et de points de vue issus du documentaire, en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement », et que je souhaite partager avec vous.

  • Les ondes des téléphones portables sont suspectées de présenter des effets sanitaires : troubles du sommeil, difficultés à respirer, maux de tête, perturbations hormonales et immunitaires, cancers… Les évaluations de risques sont complexes, notamment car elles se situent aux frontières de deux domaines habituellement séparés : la physique et la biologie.
  • Dans ce contexte, des études sont menées avec des approches différentes : elles permettent d’apporter des éclairages complémentaires sur les risques, parfois contradictoires.
  • La diffusion des téléphones portables a débuté au début des années 1990, sans étude préalable sur leurs impacts sanitaires.
  • Certains scientifiques, dont les études fournissent des résultats contraires aux intérêts de l’industrie de la téléphonie mobile, affirment avoir subi différents types de pressions : attaque ad hominem, suspension de subventions pour leurs travaux, perte d’emploi…
  • les effets thermiques des ondes électromagnétiques sont biens connus : les fours à micro-ondes se basent sur ce phénomène pour cuire les aliments. Mais les ondes sont suspectées d’avoir aussi des effets sanitaires à des puissances moins élevées, quand les expositions sont répétées sur le long terme.
  • Le Débit d’ Absorption Spécifique (DAS) d’un téléphone indique la puissance maximale absorbée par le cerveau. La limite légale du DAS est fixée à 2 W/kg. Cette limite, basée sur des effets thermiques, a pour objectif de protéger les populations contre de potentiels effets sanitaires : elle correspond à une augmentation de température de 0,1 °C de la peau.
  • Des végétaux soumis à des ondes de DAS très inférieur à 2 W/kg produisent les mêmes substances que lorsqu’elles subissent une agression extérieure.
  • Selon certains chercheurs, missionnés par l’Union européenne, les champs magnétiques sont capables d’endommager les gènes. Des ruptures d’ADN ont pu être observées sur des cellules humaines in vivo. Dans la plupart des cas, ces ruptures peuvent être réparées par le corps, mais ce n’est pas systématique. Par conséquent, plus le niveau d’exposition est élevé, plus il y aura de ruptures et plus le risque de mauvaise réparation augmente.
  • La plupart des cellules présentant des anomalies génétiques sont éliminées par le système immunitaire. Celles qui survivent peuvent déclencher un processus cancéreux.
  • La vitesse de développement des téléphones portables laisse trop peu de temps à la recherche pour effectuer des évaluations de risques fiables. Le temps de l’industrie et le temps de la recherche correspondent à des ordres de grandeurs différents.
  • Certains chercheurs ont montré, dans des études de laboratoires, que l’exposition à des ondes de téléphone portable, à faibles doses, stimulent les mécanismes de reproduction cellulaires. Ces effets ne produisent pas de cancers mais, en présence de premières cellules malignes, pourraient favoriser le développement de cancers.

 

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Quelques extraits en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement »

Régulièrement, des études annoncent de nouveaux risques dans notre environnement. […] Le téléphone portable est aujourd’hui suspecté d’atteindre à la santé publique. Mais alors qu’on attend de la science un verdict définitif, les chercheurs sont face à un défi : comprendre comment les ondes interagissent avec les organismes vivants.

En dépit d’études de plus en plus nombreuses, la science reste divisée sur la question, ce qui alimente une polémique montante. Au nom du principe de précaution, certains mettent en cause l’attentisme des pouvoirs publics, qu’ils accusent de complaisance envers le puissant secteur de la téléphonie mobile. Mais ils sont en retour taxés de paranoïa, voire d’obscurantisme.

L’électrosensibilité est reconnue en Suède comme un handicap. 2% de la population se dit concerné. Mais si le nombre de cas recensé augmente à travers le monde, ce phénomène demeure une énigme médicale.

Il y a une cellule spécialisée dans le corps, qui interagit avec le champ électromagnétique et qui envoie un message au cerveau pour lui signaler la présence de ce champ dans l’environnement du sujet. Le cerveau reconnait qu’il n’y a aucune information utile pour lui, et donc il ignore le signal. Mais le processus consistant à détecter et ignorer met à l’épreuve les capacités d’adaptation du corps. En d’autres termes, l’organisme devient plus faible et votre santé plus fragile si ce processus se répète constamment.

Une étude ne fait pas le beau temps ou le mauvais temps. Il faut un faisceau de preuves. […] Ce pourquoi on insiste autant sur la réplication, c’est parce que si on n’est pas capable de retrouver les mêmes résultats dans un laboratoire différent, cela veut dire que c’est un effet qu’on ne peut pas prendre en compte pour l’évaluation du risque. […] L’un des meilleurs exemples de résultats positifs qui ont été répliqués par nous et par d’autres sont ceux […] qui avaient montré une perméabilisation augmentée de la barrière hémato-encéphalique chez le rat soumis à des ondes. […] et on est incapable de répliquer ces résultats.

La société attend toujours un verdict définitif. Quelles conclusions tirées des milliers d’articles publiés jusqu’à aujourd’hui ? A partir de la même base de données, les interprétations divergent d’un chercheur à l’autre… et la vérité scientifique nous échappe. De cette confusion émerge une question essentielle : quel est le niveau de preuves suffisant pour alerter le public ?

[D’après nos études épidémiologiques,] après 10 ans d’utilisation du téléphone portable, les risques de développer un gliome [tumeur maligne] ou un neurinome acoustique [tumeur bénigne]  augmentent. […] Le risque augmente avec le nombre d’années et les risques sont les mêmes avec les téléphones sans fil qu’on utilise à la maison ou au bureau. Néanmoins, il faut souligner que le risque individuel reste très faible, parce que c’est une maladie qui touche une personne sur 10 000 : donc même si le risque est double, cela ne fait que deux sur 10 000. Mais le problème c’est que tout le monde est exposé aujourd’hui. Donc même si le risque est faible individuellement, le nombre de cas sera important.

 

Mon avis

Les « + » :

  • une présentation claire des enjeux sanitaires liés aux ondes électromagnétiques issues de la téléphonie mobile, abordés à la fois sous l’angle de la santé publique et sous l’angle scientifique ;
  • interventions de personnes ayant des points de vue différents, ce qui contribue à donner un éclairage utile ;
  • une mise en avant utile des notions de « réplicabilité », de « faisceau d’indices » et de « niveau de preuves suffisant ».

Les « – » :

  • j’ai été un peu frustré que l’enquête se focalise sur les ondes issues de la téléphonie mobile, et qu’elle n’approfondisse pas les autres types de sources : antennes-relais, micro-ondes, WIFI…

Photos par régine debatty

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Sensibiliser les enfants avec des livres illustrés ? Ca m'intéresse !
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