Comment protéger la santé des enfants des polluants issus des produits ménagers

Il est important de poursuivre les études sur les effets de la pollution intérieure sur la santé, notamment les liens entre l'exposition aux polluants et le développement d'une maladie ou d'un symptôme. Toutefois, la base des connaissances permet dès aujourd’hui d’entamer des actions de prévention. - Plan d’actions sur la Qualité de l’Air Intérieur (PQAI)

Ce n’est pas toujours possible de savoir quels matériaux se trouvent dans les produits de puériculture et à quel point ils sont sains. Une manière de s’en rendre compte : suivre son nez. Si l’odeur d’un nouveau meuble, de nouveaux draps, d’une nouvelle peinture ou d’un produit ménager est assez forte pour vous déranger, elle est assez forte pour déranger votre bébé, donc à ne pas placer dans sa chambre. - Christopher Gavigan

Bonjour à tous !produits menagers sante enfants polluants

En 2015, l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS) a publié un rapport intitulé “Utilisation de produits ménagers et qualité de l’air intérieur : enjeux sanitaires, substances d’intérêt, bonnes pratiques” [1]. Ce rapport présente des études menées dans le cadre du Plan d’actions sur la Qualité de l’Air Intérieur (PQAI), qui demande notamment de “travailler sur l’information et l’étiquetage pour certains produits de consommation les plus émetteurs en polluants volatils. [2]

 

Ce rapport présente une nouveauté intéressante en termes d’évaluation des risques. Les expositions aux polluants émis par les produits ménagers ont pu être quantifiées avec des mesures réalisées en conditions réelles, dans la maison expérimentale du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) [3]. Ces mesures ont été effectuées pour 19 produits ménagers, identifiés comme les plus émissifs par des tests préalables en laboratoire, correspondant à des types de produits variés : produit vaisselle, Javel, nettoyant multi-usage, nettoyant WC, nettoyant salle de bain, nettoyant vitres, dépoussiérant meuble, nettoyant pour entretien du sol, de parquets cirés ou vitrifiés, nettoyant cuisine, …

 

Plusieurs scénarios d’exposition ont été élaborés, pour caractériser des utilisations de produits ménagers plus ou moins à risques : temps et fréquence d’utilisation, pièces nettoyées, pratiques d’aération et de rinçage surfaces nettoyées après l’utilisation du produit, etc. Puis des méthodes classiques d’évaluation des risques ont été mises en oeuvre. Voici les principales conclusions du rapport :

  • Concernant les risques chroniques, c’est-à-dire ceux liés à une utilisation de routine : des risques pourraient apparaîtredans le cas de nettoyages fréquents, dans des bâtiments où la ventilation est faible et sans la mise en oeuvre de bonnes pratiques d’utilisation. Les bonnes pratiques recommandées sont les suivantes :  
    • respecter les recommandations du fabriquant ;
    • rincer après l’utilisation ;
    • aérer la pièce après utilisation, par une ouverture sur l’extérieur, pendant au moins dix minutes, été comme hiver.
  • Concernant les risques liés à des expositions de courte durée, c’est-à-dire ceux liés à une unique utilisation : “certains produits pourraient générer des risques […] Les effets associés pourraient être une irritation des yeux et des voies respiratoires.

Les substances identifiées comme les plus préoccupantes sont l’acroléine et le formaldéhyde. Selon les tests effectués, le format “spray” s’est révélé le plus émissif.

 

produits menagers sante enfants polluants2

 

Le rapport a aussi étudié la formation de composés secondaires, c’est-à-dire de composés qui ne sont pas directement issus des nettoyants mais produits, dans un second temps, par des réactions chimiques dans l’air intérieur. Il a permis de mettre en évidence qu’une partie du formaldéhyde produit est issu d’une réaction avec l’ozone, ce qui conduit à la recommandation d’une bonne pratique supplémentaireéviter d’utiliser des produits ménagers en présence de concentrations significatives en ozone. Par exemple : épisodes de pollution, traitement de l’air intérieur à l’ozone, etc.

 

Avant ce rapport, je ne connaissais pas cette dernière recommandation… intéressante ! Plus généralement, ces résultats suggèrent que les produits ménagers sont des contributeurs significatifs à la dégradation de la qualité de l’air intérieur. Pour diminuer leur impact sur la santé des enfants, je vous recommande de lire les recommandations de l’article Pollution de l’air intérieur : comment bien choisir ses produits ménagers ?

 

Photo par jean-louis Zimmermann et Benoît Meunier

Références :

  1. Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS). Utilisation de produits ménagers et qualité de
    l’air intérieur : enjeux sanitaires, substances d’intérêt, bonnes pratiques. RAPPORT D’ÉTUDE INERIS-DRC-14-144018-04822B – 18/05/2015 – https://www.ineris.fr/sites/ineris.fr/files/contribution/Documents/drc-14-144018-04822b-vf1-2-1455270386.pdf (consulté le 01/03/2018)
  2. Ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer (MEEM) – Ministère des Affaires sociales et de la Santé. Plan d’actions sur la Qualité de l’Air Intérieur (PQAI) – 2013 – http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/Plan_Qualite_de_l_air_interieur_octobre_2013.pdf
  3. Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB). Maison Automatisée pour des Recherches Innovantes sur l’Air (MARIA) – http://www.cstb.fr/plateformes-essais/qualite-sanitaire-des-environnements-interieurs/
  4.  Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB), l’Institut de Recherches sur la Catalyse et l’Environnement de Lyon (IRCELYON), Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS). Activités DOmestiques et Qualité de l’air intérieur (ADOQ) – programme de recherche interorganisme pour une meilleure qualité de l’air à l’échelle locale (PRIMEQUAL) – Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) et Ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer (MEEM) – http://www.primequal.fr/

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