Vaccination des enfants : ce que les parents devraient savoir avant de choisir (6/6)

Pasteur est amené à admettre que lorsque le corps est dans un état de santé normale, il peut faire preuve d’une étonnante résistance à des microbes potentiellement virulents. À tel point qu’à un certain moment, le savant doutera de la véracité de sa théorie. Et ce doute l’envahira encore sur son lit de mort puisque selon la légende, il aurait murmuré : « C’est Bernard qui a raison, j’ai eu tort. Le germe n’est rien, le milieu est tout. » – Pr Dominique Belpomme

De toute évidence, l’industriel et le médecin ne sont pas d’accord sur la masse d’informations nécessaires pour parvenir à une conclusion en matière de sécurité. – Philippe Grandjean

 

 

Bonjour à tousvaccins sante enfants

Cet article est le sixième et dernier article d’une série portant sur les risques liés aux vaccins. Les articles précédents ont successivement présenter la complexité du sujet, technique et sociétale, quelques rappels sur les principes de base de la vaccination, les arguments en faveur d’une augmentation du nombre de vaccins obligatoires, les arguments en faveur d’une vaccination limitée à certains vaccins essentiels, sans adjuvant préoccupant, et les arguments en faveur de la non-vaccination.

D’après les informations que j’ai pu collecter, des risques sont associés à la vaccination et à la non vaccination. Une démarche d’évitement des risques n’est donc pas possible ici : chaque parent doit faire un choix. Dans ce cadre, les deux derniers articles présentent comment j’ai mis en regard ces différents arguments, afin de me forger mon propre avis, à ce stade de ma compréhension. Comme d’habitude, mon avis personnel ne constitue pas une recommandation et ne prétend pas être une vérité absolue ; son processus d’élaboration peut contribuer à nourrir les réflexions des parents et éclairer leur choix.

 

Plusieurs auteurs mettent en avant les conflits d’intérêts récurrents dans le domaine de l’évaluation et de l’autorisation des produits pharmaceutiques. Au regard des nombreux exemples cités, ainsi que des personnes choisies pour mener le Comité d’orientation de la concertation citoyenne sur la vaccination, trouver des personnes compétentes et sans lien avec l’industrie parait de plus en plus compliqué. C’est effectivement très regrettable. Néanmoins :

  • ce sujet est aujourd’hui explicitement abordé et traité par les organismes sanitaires de référence cités à l’article précédent : lignes directrices formalisées par des chartes, obligation de renseigner une déclaration publique d’intérêts (souvent mise en ligne sur Internet), prise en compte de l’ampleur des conflits d’intérêts au moment de la sélection des experts… Dans mon domaine, lors de réunions de groupes de travail, j’ai pu assister à des experts qui sortaient temporairement de la pièce, pendant le traitement d’un sujet pour lequel le groupe avait jugé leurs conflits d’intérêt significatifs. J’ai le souvenir que cela s’était fait très naturellement, comme un évidence éthique. Evidemment, rien n’est parfait, il existera toujours des personnes qui ne joueront pas le jeu ou qui seront mal intentionnées. Néanmoins, mon expérience m’a convaincu que cela est faisable. Par ailleurs, accuser une personne de conflits d’intérêt peut être une stratégie efficace pour éviter de discuter de certains arguments ;
  • Pourquoi faire plus confiance à des personnes isolées, ou bien issues d’associations ne présentant pas les mêmes engagements dans le processus de sélection de leurs experts ? Les motivations et la qualité des informations fournies m’ont apparu très variables parmi les critiques de la vaccination. La question se pose, il me semble, d’autant plus que des techniques de communication discutables sont plus souvent utilisées dans ce cadre : jouer sur les émotions et sur les peurs, employer des mots imprécis ou des questions de réthoriques pour pouvoir affirmer sans être attaqué, entretenir la confusion entre danger et risque, invoquer la théorie du complot (visant à peu près tout le monde : politiciens, journalistes, entreprises pharmaceutiques, agences sanitaires…), récits anecdotiques présentés comme généralisables, procès d’intention… A mon sens, ces aspects peu sympathiques n’enlèvent en rien à la pertinence de certains arguments critiques ; ils les rendent plus difficiles à identifier ;
  • L’unanimité des organismes sanitaires de référence rend peu probable, à mon sens, un biais généralisé de l’évaluation des risques au profit des besoins de l’industrie pharmaceutique. D’autres préoccupations sanitaires, tout aussi importantes selon moi, sont loin de faire l’unanimité parmi ces organismes. C’est par exemple le cas des perturbateurs endocriniens, pour lesquels l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) et l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA, en anglais European Food Safety Authority,EFSA) ont formulé des avis significativement différents.

 

Selon moi, les travaux du Pr Gherardi sur les adjuvants aluminiques apportent des résultats intéressants ; ils me semblent soulever des questions légitimes, nécessitant un besoin d’approfondissement. Je retiens de mes recherches que le contenu de ces travaux est finalement peu contesté ; l’essentiel des critiques portent sur l’utilisation qui en est faite, notamment pour appuyer les discours s’opposant à une augmentation de la couverture vaccinale, tout du moins avec les vaccins proposés actuellement. Dans ce cadre, le Pr Gherardi s’est prononcé pour le principe de la vaccination, tout en appelant à mieux connaitre et à mieux maîtriser les risques associés.

Certains auteurs reprochent à ces travaux d’être issus d’une seule équipe, française, ce qui ne permet pas de garantir une robustesse scientifique. Ce constat pourrait également suggérer que très peu de fonds sont consacrés à l’étude des adjuvants, ce que soulignent le Pr Gherardi à longeur d’interviews.

Concernant les adjuvants contenant de l’aluminium, je retiens aussi les avis unanimes des organismes sanitaire de référence, qui affirment des bénéfices bien plus grands que les risques d’effets secondaires, en ayant connaissance contenu des travaux du Pr Gherardi.

 

vaccins sante enfants 2

 

Les systèmes de gestion des risques ont tous leurs limites, et on ne tarde pas à les remarquer quand on approfondit le sujet. C’est notamment le cas pour les vaccins, sans surprise. Néanmoins, j’ai été étonné du niveau de mobilisation sur ce thème. Comparé aux risques régulièrement abordés sur ce blog – ceux liés aux produits chimiques, aux nanoparticules, aux perturbateurs endocriniens, à la dégradation générale de l’environnement… – il me semble que les risques liés aux vaccins sont bien plus étudiés, encadrés et, sur la base des quantifications réalisées par les organismes sanitaires de référence, bien moins élevés. A titre de comparaison, rien qu’en France :

  • selon l’OMS, la pollution atmosphérique serait responsable de plus de 30 000 décès prématurés par an ;
  • selon une expertise collective de l’Inserm, l’exposition aux dioxines serait responsable d’environ 2 000 décès par an.

En outre, comme évoqué plus haut, les organismes sanitaires de référence peuvent être en désaccord sur certaines préoccupations majeures de santé environnementale, suggérant un degré d’incertitudes plus élevé.

Au final, dans l’objectif de protéger mes enfants, à mon sens, d’autres sujets peuvent constituer des priorités d’actions.

 

A ce stade de ma compréhension, si c’était à refaire, et si Romi était toujours d’accord après avoir lu cette série d’articles et s’être renseignée par elle-même, je crois que je serais pour vacciner mes deux filles selon les recommandations officielles du moment. En guise de récapitulatif, voici une synthèse des principales raisons :

  • Les organismes sanitaires de référence sont unanimes sur une balance bénéfices / risques très en faveur des vaccins, bien que tenant compte dans leur avis des incertudes et des limites existantes. Cette unanimité rend peu probable, à mon sens, un biais généralisé de l’évaluation des risques au profit des besoins de l’industrie pharmaceutique.
  • Je considère les vaccins comme une aide artificielle, tentant de mimer un phénomène naturel. Cette aide me semble nécessaire, à l’échelle des populations, compte tenu du mode de vie moderne actuel ;
  • Je pense que mes filles sont en bonne santé, que leur système immunitaire est performant, qu’elles ont un style de vie relativement sain, et qu’elles ne seraient probablement pas affecté par des complications graves liées à des maladies infectieuses. Néanmoins :
    • mon estimation ne repose pas sur des éléments robustes : je peux tout à fait me tromper ;
    • je souhaite que ma famille et moi participions à la protection des autres enfants, en particulier des plus faibles, même si cela peut correspondre à une légère baisse de santé pour nous. Sur la base des informations que j’ai collectées, se faire vacciner peut être considéré comme un acte de solidarité citoyenne.

Par ailleurs, je souhaite que le développement des connaissances et des techniques permettent de progresser vers une médecine plus personnalisée. Cette progression aurait pour objectif, notamment, de diminuer le nombre de vaccins administrés par enfant, tout en répondant à des objectifs de santé publique ambitieux.

 

Voilà pour mon cas particulier. Plus généralement, je crois que ce type de choix ne peut être fait uniquement sur la base des données scientifiques existantes. Il s’agit typiquement d’un choix multicritères, une décision au cas par cas. Les critères de choix pourraient inclure les suivants : degré de prudence face à des risques potentiels, tolérance face à des risques pris et face à des risques subis, personnalité (ex : gestion de l’incertitude), croyances, philosophie de vie, choix éducatifs, fragilités de l’enfant considéré, dangers présents dans l’environnement de proximité, contraintes pratiques (notamment ceux concernant la garde des enfants), personnes et organismes jugés fiables, etc. Sur la base de vos propres critères, j’espère que les éléments de connaissance présentés dans cette série d’articles (faits, incertitudes, hypothèses proposées…) permettront de nourrir vos réflexions et d’éclairer votre choix.

Certains lecteurs me font régulièrement part de leur confiance en mes analyses, ce qui me fait très plaisir ; je leur rappelle alors, systématiquement, que mon objectif est de partager des informations et de contribuer à leurs propres réflexions, et non pas de m’y substituer. Parfois, faute de temps pour approfondir les sujets, et sur la base de cette confiance, ils peuvent se contenter de suivre les choix que je fais pour mes propres enfants. Sur un sujet comme les vaccins, où chaque option présente des risques, je crois qu’on ne peut pas faire l’économie de se renseigner par soi-même et de prendre le temps d’y penser sérieusement : je vous y invite tous fortement ; selon moi, la décision finale reste très personnelle.

 

Et vous, quel est votre avis sur le sujet épineux des vaccins ? Déni de science ou science sous influence ? Marquage du corps outrepassant les prérogatives des États, ou symbole d’une citoyenneté responsable et partagée ?

 

Photo par Bluetongue virus et Steven Brown

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3 Commentaires

  1. Pingback: Vaccination des enfants : ce que les parents devraient savoir avant de choisir (5/6)

  2. Emilie

    « des techniques de communication discutables sont plus souvent utilisées dans ce cadre : jouer sur les émotions et sur les peurs, employer des mots imprécis […] » : ce type de technique est abondamment utilisé du côté des pro-vaccins aussi. Par exemple, lorsque mon aînée avait 2 mois 1/2, je suis allée à la PMI pour la visite des 2 mois. Je précise qu’elle avait une rhinopharyngite. Après l’entretien très cordial, la puéricultrice me dit : « Bon, on va lui faire un vaccin. » J’étais déboussolée car je ne m’y attendais pas, et que je comptais attendre ses 6 mois pour commencer, sachant qu’elle a été allaitée exclusivement jusqu’à cet âge. Je dis donc ça à la puéricultrice, et là son visage s’est transformée, elle est devenue froide et hautaine et n’a pas hésité à utiliser le mensonge (ou une vérité « approximative » si vous préférez) : elle m’a dit que je n’avais pas le choix, que pour le ROR je pouvais faire ce que je voulais, mais que le DTP était obligatoire. A l’époque oui seul le DTP était obligatoire, mais d’une, il n’était déjà plus disponible seul, et surtout de deux, l’obligation n’était qu’à 18 mois et certainement pas à 2 mois (ou à l’entrée en collectivité). Sur le coup, comme je ne le savais pas, je me suis sentie dépourvue. Après son sermon rabaissant, elle m’a dit d’attendre le médecin dans la salle d’attente. J’ai ainsi pu reprendre mes esprits et me rappeler qu’on ne vaccinait pas en cas de maladie. Or, comme je l’ai dit, ma fille avait une rhino. Bref, le médecin avance et me dit d’entrer. Et là, je vois que la puér était déjà à son bureau, comme pour faire front à 2. Je me suis sentie tellement humiliée et rabaissée dans mon rôle de maman.
    Mais lorsque le médecin m’a dit qu’on allait procéder au vaccin, je lui ai dit d’un air innocent : « Mais elle a une rhino, il me semble qu’on ne vaccine pas un enfant malade ! ». J’ai senti la gêne chez mes 2 interlocutrices. Le médecin a bredouillé que j’avais raison et que je devais prendre rdv pour dans 2 semaines pour faire le vaccin. Autant vous dire que je ne suis jamais revenue !
    Donc on a d’une part un mensonge éhonté, d’autre part une intimidation et un rabaissement du parent, et enfin une erreur médicale puisqu’ils voulaient vacciner un bébé malade ! Franchement, ça n’aide pas à la confiance !

    Bref, tout ça pour dire que les méthodes du personnel médical pour faire accepter la vaccination sont elles aussi extrêmement discutables et ne permettent pas un dialogue serein et une véritable confiance. Heureusement, mon médecin traitant a été beaucoup plus ouvert et franc avec moi.

    Par ailleurs, évoquer la théorie du complot contre les anti-vaccins est une manière de décrédibiliser ces gens en balayant leurs arguments. Or, même si je ne pense pas qu’il y ait de complot « contre » nous, je suis en revanche persuadée que les intentions de beaucoup sont plus dictées par leurs comptes en banque que par notre bien-être…

    Vous parlez aussi de l’obligation de déclarer les effets secondaires par exemple. Mais c’est biaisé puisque souvent on vous répondra que ça n’est clairement pas lié aux vaccins et on refusera de prendre votre plainte. Ça c’est dans le cas où vous tiltez, mais souvent les gens ont tellement confiance dans les vaccins qu’ils ne vont pas chercher de ce côté.

    Vous ne parlez aussi que de l’aluminium. Or, le mercure est apparemment aussi – voire plus – dangereux, et de ce côté on n’a encore moins d’infos et d’études.

    Je suis heureuse que vos filles soient en bonne santé et je souhaite que ce soit toujours le cas, mais les effets des métaux lourds peuvent se voir à long terme. C’est aussi une question de dose que le corps peut supporter. Et à ce niveau nous ne sommes pas tous égaux, donc là où quelqu’un pourra supporter 10 injections, un autre déclarera une maladie neurologique dès la première.

    Enfin, tous les organismes sont plus ou moins d’accord puisqu’ils se fondent à peu près sur les mêmes études. Or, relativement peu d’études sont financées pour prouver les effets néfastes des vaccins. Et surtout, pour mettre un vaccin sur le marché, on ne fait pas les tests qu’on fait avec les autres médicaments, à savoir un groupe vaccin – un groupe placebo, car ça ne serait pas éthique de « priver » certains enfants.
    Bref, c’est normal que tout le monde soit d’accord puisqu’ils se fondent sur les mêmes études et que le cas des vaccins est particulier par rapport aux autres médicaments.

    Pour autant, je vous rejoins sur le fond : on ne peut pas être sûr de notre décision quelle qu’elle soit, et aussi une médecine personnalisée serait bien plus censée (mais probablement plus chère à mettre en place donc ne rêvons pas !)…

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  3. Guillaume (Auteur de l'article)

    Bonjour Emilie
    Merci beaucoup pour le partage d’expérience. Je ressens beaucoup d’émotions à la lecture de ton récit, j’imagine que cela n’a pas dû être facile. A mon sens, ton témoignage apportera un éclairage utile au parents qui le liront.
    Pour être précis, mon opinion sur ce thème s’est construite sur la base de mes lectures. J’imagine que l’approche est très variable, sur le terrain, selon le praticien ; je suis content que tu aies pu trouver quelqu’un de confiance par la suite.
    Concernant les éléments suivants, sauf incompréhension de ma part, il me semble que je les ai explicités dans les articles précédents de la série, recensant les arguments critiques que j’ai pu trouver.

    Répondre

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