Un moyen simple pour susciter l’émerveillement chez un enfant

Musique par Ronan Vernon

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Le sentiment de mystère est le plus beau qu’il nous soit donné d’éprouver. Il est la source de tout art et de toute science véritable. Celui qui ne connaît pas cette émotion, qui ne peux plus s’émerveiller, est pratiquement mort : ces yeux sont fermés. – Albert Einstein

Dans toutes les choses de la nature il y a quelque chose de merveilleux. – Aristote

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Bonjour à tous

Cet article participe au carnaval d’articles du groupe de blogueurs « Forme Vitalité Bien-être ». Tous les mois, chaque blogueur publie un article sur un thème commun. Pour décembre, je suis l’organisateur du carnaval et le thème retenu est « la Nature ». Dans quelques jours, je publierai un article récapitulant les contributions des autres blogueurs : je vous invite chaudement à aller les découvrir !

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Selon Edward Wilson, l’un des promoteurs de la notion de biodiversité et de biophiliel’émerveillement est probablement un besoin psychologique de base, nécessaire au bon développement des enfants.

Dans cet article, avec Rachel Carson, je vous propose de découvrir un moyen simple pour susciter l’émerveillement chez un enfant : lui faire passer du temps dans la nature 🙂

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Chronique du livre « Le sens de l’émerveillement » (The Sense of Wonder) Emerveillement Rachel Carson enfant

De Rachel Carson, 110 pages, publié en 1956

 

Rachel Carson est une biologiste américaine, internationalement reconnue. Elle est notamment célèbre pour son livre Silent Spring (Printemps silencieux), qui traite de l’impact des pesticides sur l’environnement.

The Sense of Wonder est un essai portant sur l’émerveillement que peut générer la nature, en particulier chez les enfants.

 

Quelques informations et points de vue intéressants, concernant la thématique « Santé des enfants et environnement »

Voici une liste d’informations et de points de vue issus du livre, en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement », et que je souhaite partager avec vous

  • La construction d’une connexion entre un enfant et la nature est un élément essentiel à son bon développement. Cette construction peut être accompagnée par une personne adulte : un « mentor nature ».
  • Lorsqu’un adulte se balade en forêt avec un enfant, il ne doit pas se sentir obligé de nommer des plantes ou des animaux, ni de fournir des explications sur un ou plusieurs phénomènes naturels. Il peut juste exprimer le plaisir pris à ce que lui et l’enfant voient ensemble.
  • L’adulte peut appeler l’attention de l’enfant sur certains aspects particuliers, mais dans la mesure où il le ferait pour une personne plus âgée. Mieux encore : l’adulte peut tenter de faire l’expérience de la nature avec la perspective de l’enfant. Dans cette configuration, l’expérience commune sera également très riche pour l’adulte .
  • Faire découvrir la nature à un enfant se rapproche plus du partage que de l’enseignement. L’expérience directe doit être la première étape. Le besoin de comprendre et de savoir viendra dans un second temps, naturellement, une fois que des liens émotionnels auront été crée établis.
  • Le contact avec la nature peut et devrait commencer dès la petite enfance.
  • Se reconnecter à la nature, c’est avant tout s’ouvrir à nouveau à ce qui nous entoure, et à en faire l’expérience avec tous nos sens. Se poser les deux questions suivantes peut favoriser cette ouverture :
    • Comment vivrais-je cette expérience si c’était la dernière fois ?
    • Comment vivrais-je cette expérience si c’était la première fois ?
  • S’ouvrir à ce qui nous entoure implique, notamment, de redevenir plus réceptif. Et redevenir plus réceptif implique, notamment, d’affûter nos sens et d’être attentif aux effets qu’ils produisent en nous.
  • Le temps libre dans la nature, c’est-à-dire non dirigé par un adulte, est propice à générer le sentiment du merveilleux chez les enfants. En fait, le contact avec la nature est la manière la plus simple et la plus intuitive de donner l’occasion de cette expérience à un enfant. Et inversement, l’émerveillement rend la connexion avec la nature plus profonde.
  • Hors de notre environnement habituel, notre attention est spontanément plus grande. Par exemple, les expériences sont souvent très intenses lorsqu’on se rend de nuit dans la nature. Le sens habituellement sollicité, la vue, y est peu utile : nous devons nous appuyer d’avantage sur des sens habituellement moins sollicités.

 

Quelques extraits en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement »

Une nuit orageuse d’automne, quand mon neveu Roger avait environ vingt mois, je l’ai enroulé dans une couverture et je l’ai amené à la plage, dans l’obscurité pluvieuse. Là, juste au bord du où-nous-ne-pouvions-voir, de grandes vagues retentissaient, formes blanches indistinctes qui tonnaient et criaient, nous projetant des poignées d’écume. Ensemble, nous avons ri de pure joie – lui, un bébé rencontrant pour la première fois le tumulte sauvage de l’océan, moi avec le sel d’une moitié de vie pleine d’amour de la mer. Mais je pense que nous avons ressenti le même frisson dans l’échine, répondant au vaste océan rugissant, et à la nuit sauvage qui nous entourait.

Je ne prétends pas que Roger et moi avons réagi avec les mêmes émotions. Mais c’était bon de voir son acceptation de jeune enfant, acceptation d’un monde fait de choses fondamentales, n’ayant peur ni du chant du vent, ni de l’obscurité, ni du mugissement du ressac.

Pour qu’un enfant puisse garder vivant son sens inné de l’émerveillement […] il a besoin de l’accompagnement d’au moins un adulte qui peut le partager, redécouvrant avec lui la joie, l’excitation et le mystère du monde dans lequel nous vivons.

Il est moitié moins important de savoir que de ressentir. Si les faits sont des graines qui produiront plus tard du savoir et de la sagesse, alors les émotions et les impressions des sens sont le sol fertile sur lequel ces graines vont grandir. Les années de la jeune enfance sont le temps de préparer le sol.

Explorer la nature avec un enfant revient principalement à devenir réceptifs à ce qui se trouve tout autour de vous. C’est réapprendre à utiliser vos yeux, oreilles, narines et bouts de doigts, rouvrant les canaux délaissés des impressions sensorielles. Pour la plupart d’entre nous, la connaissance de notre monde vient principalement de la vue, et nos yeux qui voient si peu nous font partiellement aveugles.

[regardant un ciel étoilé avec un enfant] Une telle expérience, quand les pensées sont libérées pour errer au travers des espaces solitaires de l’univers, peut être partagée avec un enfant, même si vous ne connaissez pas un seul nom d’étoile. Vous pouvez toujours boire à cette beauté, et vous émerveiller en pensant au sens de ce que vous voyez.

Ceux qui demeurent, scientifiques ou profanes, parmi les beautés et les mystères de la terre, ne sont jamais à l’écart ou las de la vie. Quelque soient les vexations ou les soucis dans leur vie personnelle, leurs pensées trouvent des chemins vers le contentement intérieur et une excitation de vivre renouvelée.

Il y a quelque chose d’infiniment apaisant dans les refrains répétés de la nature – l’assurance que l’aube vient après la nuit, et le printemps après l’hiver.

  

Mon avis

Les + :

  • superbe style, très poétique, que c’est beau ! Difficile (à  traduire puis) à transmettre avec une simple chronique ;
  • donne envie, met en joie.

Les – :

  • non traduit en Français ;
  • l’essai est court et j’en sors très frustré : je reprendrais bien quelques dizaines (centaines ?) de pages…

 

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27 Commentaires

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  4. Catherine

    Bravo pour ton partage, ça me donne vraiment le goût de retourner me balader dans la nature avec les enfants. Même si la nuit arrive tôt maintenant, je pense à aller apprivoiser la noirceur avec des lampes de poches. Ça pourrait être une belle activité familiale. Merci pour l’inspiration! 🙂

    Répondre
  5. Guillaume

    Merci Catherine 🙂
    Les sorties nocturnes m’ont marqué (positivement) quand je faisais des camps en forêt. Comme Rachel Carson le souligne bien, cet environnement inhabituel sollicitait intensément mes sens, ce qui favorise un sentiment de connexion avec la nature.

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  7. Pingback: Carnaval d’articles « Nature »

  8. Marie-Pierre

    L’émerveillement, c’est retrouver son âme d’enfant. Croire de toutes ces forces que tout est possible. Un enfant ne connaît pas les barrières de l’imaginaire et rien de tel que de partager avec lui des instants calmes et ludiques au contact de la nature. En étant à son écoute, en le regardant évoluer avec innocence dans ce contexte naturel, l’enfant donne à l’adulte la possibilité de renouer avec sa capacité d’enchantement et de contemplation.
    Marie-Pierre Article récent : Un thème astrologique, pourquoi faire ?My Profile

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    1. Guillaume

      J’aime bien l’idée que je lis entre tes lignes : redecouvrir le réel comme si c’était la première fois, avec la même ouverture d’esprit, encore et toujours

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  9. Blanche

    Bonjour Guillaume,
    Ce thème de l’émerveillement me rappelle la réaction de mon plus jeune fils alors que nous atteignions dans les alpes un splendide lac glacaire… il était parti devant nous et je revois ses yeux émerveillés et ses appels pour que nous arrivions au plus vite admirer le spectacle qui s’offrait à nous ! et là ce fût un pur échange et une plénitude inoubliable.
    La montagne, la mer, la campagne, la nature quoi, sont de belles sources d’émerveillements bénéfiques pour les petits et les grands.
    Bientôt les vacances où les petits enfants seront à la maison et je vais penser à une belle sortie dans la nature !

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    1. Guillaume (Auteur de l'article)

      Bonjour Blanche
      Merci pour ce beau partage, qui nous rappelle la joie ressentie lorsqu’on s’émerveille… et lorsqu’on assiste à l’émerveillement des autres, en particulier de ceux que nous aimons.
      Je crois que je vais m’efforcer de garder en tête ton invitation implicite, de sorte à saisir au vol tous ces instants avec mes propres enfants 🙂

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  10. Cécile Mahé

    On ne doit pas se sentir obligé de nommer… eh oui! voilà qui devrait en décomplexer plus d’un. Il suffit de s’émerveiller des couleurs, des formes, des jeux de lumière, des odeurs. Les enfants savent faire ça très bien, alors finalement c’est un peu eux qui nous apprennent, non?
    Cécile Mahé Article récent : Mes livres sur les huiles essentiellesMy Profile

    Répondre
    1. Guillaume (Auteur de l'article)

      Hello Cécile !
      Moi aussi les enfants m’inspirent beaucoup sur ce thème, le processus qui mène à l’émerveillement, la présence simple au monde, qui souvent me semble devenir moins facilement accessible par la suite.

      Pour les lecteurs qui ne te connaissent pas encore : Cécile est l’auteur (notamment) du blog « La sorcière et le médecin » (http://la-sorciere-et-le-medecin.com/), dont je suis un vrai fan (!), et dont les photos et vidéos constituent un support enthousiasmant pour « s’émerveiller des couleurs, des formes, des jeux de lumière ». Je vous le recommande chaudement !

      Répondre
  11. Cynthia et Nico de Massage Maison

    Merci Guillaume pour cet article qui récapitule bien les avantages des sorties nature pour les petits et les grands ! Je pense aussi que ces moments de partage et de plénitude n’ont pas d’égal et que lorsqu’on a eu la chance de « communier » avec la Nature en tant qu’enfant (ce qui est mon cas), on a de grandes chances que cela ne se perde pas en grandissant. C’est aussi cela qui nous pousse à vouloir la protéger !
    Cynthia

    Répondre
    1. Guillaume

      Bonjour Cynthia
      Super intéressant de lire que, selon ton expérience, on ne perd pas cette connection si on l’a eu pendant l’enfance. Je ressens ça aussi, intuitivement, et c’est pour cela que j’essayé d’offrir un maximum de présence dans la nature à mes enfants 🙂
      Richard Louv pense comme toi, que la meilleure façon de donner envie de protéger la nature.. c’est de faire que les enfants s’y connectent émotionnellement. Je suis assez convaincu aussi !
      Guillaume Article récent : Le Modèle Paléo, pour la santé de nos enfantsMy Profile

      Répondre
      1. Cynthia et Nico de Massage Maison

        En effet, les parents ont un rôle important mais l’école aussi ! Quand j’étais petite, on faisait des sorties nature à la journée et on nous apprenait à reconnaître les arbres et les plantes (de la guarrigue) et on rentrait à l’école avec des sacs remplis de déchets trouvés… J’ose espérer que cette pratique est très répandue de nos jours ! A suggérer dans toutes les écoles en tout cas ! 😉
        Cynthia et Nico de Massage Maison Article récent : Bonne année et 16 bonnes résolutions !My Profile

        Répondre
        1. Guillaume (Auteur de l'article)

          Je crois que tu as eu bien de la chance Cynthia, je n’ai jamais fait ce genre de sortie dans le cadre de l’école. Ça fait plaisir de voir que cela existe et j’espère que ton cas est plus représentatif que le mien !
          En tout cas tu soulèves un point intéressant, car ça ne m’est pas venu spontanément d’évoquer l’idée avec la maîtresse de ma fille 🙂 A faire !

          Répondre
          1. Cynthia et Nico de Massage Maison

            Super si mon expérience peut être utile ! Il faut que ce genre de pratique se diffuse au max ! Je me souviens bien de la dynamique de groupe de la classe lors de ce genre de sortie ; ça marque l’esprit ! 🙂

          2. Guillaume

            Oui merci ! Sur ce thème, je te recommande le blog « Éveil et Nature » d’Émilie (cf. barre latérale), qui est très intéressant. J’ai comme l’impression que les enfants dont elle s’occupe pourraient faire le même retour quand ils seront grands !
            Guillaume Article récent : Alimentation des enfants : jusqu’où remonter dans le temps pour trouver un modèle ?My Profile

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