Sommes-nous tous cobayes ?

Entre une kyrielle de produits transformés, des OGM, un manque de traçabilité des produits bruts et une hyper-industrialisation de l’agriculture, nous avons perdu prise sur ce que nous consommons et ne pouvons même plus être sûrs de ne pas empoisonner nos enfants. – Erwann Menthéour 

Aujourd’hui, 98 % des OGM soit résistent aux pesticides soit en produisent ; au final, leur culture entraîne une utilisation accrue de pesticides. – Pr Jean-François Narbonne

 

Chronique du film-documentaire « tous cobayes ? »

cobayes enfants ogm nucleaire

De Jean-Paul Jaud, sorti en 2012

Ce documentaire porte sur deux nouvelles technologies déployées à grande échelle, le nucléaire civil et les organismes génétiquement modifiés, dont les impacts sanitaires et environnementaux sont présentés comme suffisamment maîtrisés.

 

Quelques informations et points de vue intéressants, concernant la thématique « Santé des enfants et environnement »

Voici une liste d’informations et de points de vue issus du documentaire, en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement », et que je souhaite partager avec vous.

  • L’être humain est la première espèce à être capable, à un vitesse « industrielle », de modifier le patrimoine génétique des êtres vivants de son environnement.
  • Les plantes OGM (organismes génétiquement modifiés), cultivées en agriculture et comestibles, contiennent des pesticides : soit elles les absorbent, soit elles les fabriquent elles-mêmes.
  • Les plantes OGM les plus utilisés sont le soja et le maïs. Ces OGM sont notamment utilisées pour l’alimentation du bétail : des OGM sont donc retrouvés dans les sous-produits animaux commercialisés : viandes, charcuteries, lait, beurre…
  • Les effets à long terme d’une nourriture contenant des OGM sont mal connus. En particulier, les tests de toxicité des OGM sur les animaux ne portent que sur trois mois, ce qui est une durée trop courte pour pouvoir observer de potentiels effets de long terme.
  • Une étude menée sur des rats pendant deux ans, nourris avec des OGM (maïs transgénique traité avec du Roundup, un célèbre pesticide fabriqué par la société Monsanto), a montré l’apparition de tumeurs cancéreuses après les trois premiers mois d’expérience. Il s’agit de la première étude réalisée sur un temps aussi long.
  • La technologie nucléaire appliquée à la production d’électricité présente des risques d’accidents graves. Les exemples de Tchernobyl et de Fukushima montrent que les impacts sanitaires et environnementaux de tels accidents sont très élevés et difficilement maîtrisables, dure sur le long terme et se déploie sur de longues distances.
  • En France, plusieurs accidents graves ont été évités de peu.
  • Plus le corps est jeune, plus il contient de cellules qui se divisent activement, et plus les irradiations peuvent causer des mutations conduisant au cancer. Les enfants sont donc les populations les plus vulnérables aux radiations.
  • A la centrale nucléire de Nogent-sur-Seine, plusieurs militants de Greenpeace ont pu atteindre un réacteur nucléaire en moins de 15 minutes, ce qui montre des failles inquiétantes dans le système de sûreté mis en place. Dans ce contexte, un accident nucléaire pourrait aussi être causé par des actes malveillants ou terroristes.

 

cobayes enfants ogm nucleaire2

 

Quelques extraits en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement »

Nous sommes victimes de maladies environnementales, aux conséquences hormonales, nerveuses et immunitaires.

Jamais l’Etat n’a eu les moyens de vérifier si ces OGM avaient contaminé ou pas les champs voisins. Or 100 % des experts sont d’accord pour expliquer que les contaminations sont inévitables.

Je suis un scientifique utilisateur de la technologie OGM. Et c’est parce que j’utilise cette technologie dans le cadre de mes recherches, au quotidien, que j’observe à quel point cette technologie est totalement aléatoire, et à quel point il est aujourd’hui irresponsable de mettre ces OGM dans les champs et dans les assiettes.

Le problème des OGM, c’est un peu comme le nucléaire. Plus on avance dans les générations, plus ça s’aggrave.

Aujourd’hui, les agro-semenciers surfent sur le fait qu’il n’y a pas de problème. Mais il n’y a pas de problème parce qu’il n’y a pas d’études.

[Un paysan de Fukushima] Nous finirons par évacuer tous les décombres et régler les problèmes de salinité. Mais pour ce qui est de la radioactivité, nous ignorons totalement ce que sera l’avenir. C’est notre plus gros sujet d’inquiétude. […] J’ai l’impression qu’on nous traite comme des cobayes.

Catastrophée […] de voir ces tumeurs colossales sur des animaux, c’est quand même impressionnant, je me dis que je n’imaginais pas que des responsables politiques, des responsables scientifiques, des responsables économiques, qui ont en charge – parce qu’ils ont les moyens, la connaissance – la responsabilité des autres, la santé des autres, puissent avoir un tel comportement. Parce qu’ils savent ça.

Provenant d’Amérique du Sud, des milliers de tonnes de soja OGM sont tous les ans débarqués dans les ports européens.

Moi ce que je reprocherais aux OGM, c’est qu’ils ont modifié ces produits agricoles pour qu’ils soient résistant aux pesticides. Mais alors qu’est-ce qui se passe ? C’est que maintenant, les agriculteurs n’hésitent plus : au lieu de mettre un litre [de pesticides] par plante, ils en mettent 30 litres. Ça veut qu’au fond de la plante il en reste plus.

La nourriture industrielle rend déjà les animaux malades. Avec les OGM, on en sur-rajoute. Nous sommes certains aujourd’hui, après nos recherches, que cela peut rendre les mammifères malades, parce qu’ils ont plus de tumeurs, parce qu’ils ont le foie et les reins qui sont marqués. Donc on sait aujourd’hui que manger des animaux malades peut nous donner des infections et des problèmes métaboliques.

Si on se demande encore ce qui marrie diaboliquement ces deux technologies, les OGM et le nucléaire, on découvre trois liens qui les unissent fondamentalement. 

  • Le premier c’est l‘irréversibilité. C’est la première fois dans l’histoire de la vie qu’on a une pollution, les OGM, qui peut se multiplier avec le temps. C’est une pollution vivante. De même, les résidus nucléaires vont être là pour des milliers d’années, plus longtemps que les pyramides.
  • Le deuxième lien, c’est cette contamination omniprésente. On trouve des résidus d’OGM dans les aliments, du Japon aux Etats-Unis en passant par l’Europe, la Chine, l’Inde ou l’Australie.
  • Le troisième lien, très fort, c’est cette bioaccumulation de produits chimiques à l’intérieur des aliments, qui nécessitent, comme les pesticides dans les OGM, que l’on fasse des études à long terme.

 

Mon avis

Les « + » :

  • sensibilise bien aux enjeux associés à la diffusion de nouvelles technologies, ainsi qu’à la difficulté de trouver un équilibre entre besoin de progresser et besoin de laisser le temps nécessaire aux évaluations des risques ;
  • interventions de personnes connues dans le domaine de la santé environnementale : Corinne Lepage, Gilles-Eric Séralini, Joël Spiroux, Michèle Rivasi…

Les « – » :

  • des mises en regard parfois très « limite », comme celle des OGM avec la bombe atomique ;
  • une grande partie du documentaire est consacrée à une expérience réalisée par Gilles-Eric Séralini, sans mentionner les nombreuses controverses et critiques scientifiques qu’elle a suscitées.
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Sensibiliser les enfants avec des livres illustrés ? Ca m'intéresse !
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