Peut-on encore maîtriser le contenu de l’assiette de nos enfants ?

Faut-il s’étonner que les risques des OGM aient été si peu explorés, lorsque ceux qui leur découvrent un effet problématique risquent d’être cloués au pilori et d’y laisser leur carrière ? – Stéphane Foucart

La France importe d’Amérique du Sud 50 % des protéines végétales consommées par l’élevage animal. Or, en Argentine et au Brésil, d’où proviennent la majorité des importations, les OGM sont la norme. – Erwann Menthéour

 

Chronique du film-documentaire « Bientôt dans vos assiettes ! (de gré ou de force) »

Enfants OGM assiette

De Paul Moreira, diffusé sur Canal + en 2014

Ce documentaire porte sur la présence d’OGM dans la nourriture, les potentiels risques associés, et sur l’influence des lobbies industriels sur l’information des consommateurs.

 

Quelques informations et points de vue intéressants, concernant la thématique « Santé des enfants et environnement »

Voici une liste d’informations et de points de vue issus du documentaire, en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement », et que je souhaite partager avec vous.

  • En France, la présence d’organismes génétiquement modifiés (OGM) doit être affichée sur l’emballage des produits alimentaires. Néanmoins, l’emballage des produits animaux ne permet pas de savoir si des végétaux OGM font partie de leur nourriture. Aucun des services-clients contacté par l’auteur du documentaire ne lui a fourni cette information.
  • D’après le président des syndicats d’exploitants agricoles, presqu’un animal sur deux est nourri avec du soja sud-américain ou nord-américain, c’est-à-dire majoritairement du soja OGM.
  • Les effets à court, moyen et long terme des OGM n’ont toujours pas été correctement évalués.
  • Des effets secondaires sont constatés sur les animaux d’élevage. Par exemple, au Danemark, où la quasi-totalité des animaux d’élevage est nourrie avec des végétaux OGM, les cochons présentent des cas plus élevés de malformations génitales et des maladies gastriques inhabituelles, ayant tué 30 % de certains élevages.
  • Le soja OGM a été modifié de sorte à pourvoir résister à un pesticide particulier, le plus répandu étant le Roundup, fabriqué par la société Monsanto et dont la substance active est le glyphosate. Cette résistance est censée permettre d’épandre un unique pesticide, pour éliminer toutes les plantes du champ excepté le soja OGM cultivé.
  • Malheureusement, l’efficacité de ces pesticides diminuent : des mauvaises herbes résistantes apparaissent progressivement. par conséquent, les agriculteurs sont amenés à augmenter les quantités épandues et à utiliser des pesticides complémentaires. En Argentine, ces pesticides incluent des pesticides interdits en Europe, comme l’Atrazine ou le 2,4-D.
  • Cette tendance conduit à augmenter la pollution des nappes phréatiques locales, durablement, ainsi que l’exposition des populations riveraines aux champs, en particulier si les épandages se font par avion.
  • Les populations agricoles, et en particulier les enfants, présentent nu nombre plus élevé de maladies neurodégénératives, de handicaps physiques et de cancers.
  • Le partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (PTCI), également connu sous le nom de traité de libre-échange transatlantique (dont l’acronyme anglais « TAFTA » est souvent utilisé dans les médias) est un traité commercial entre les Etats-Unis et l’Europe, en cours de négociation. Ce traité a notamment pour but d’harmoniser les normes des deux continents, afin de faciliter les échanges commerciaux. Puisque les réglementations respectives sur les OGM sont très contrastées – une grande liberté aux Etat-Unis contre des restrictions réglementaires et une obligation d’affichage en Europe – la signature du TAFTA impliquerait très probablement une augmentation de la présence d’OGM dans les produits alimentaires européens. Ce raisonnement est extrapolable à d’autres réglementations, portant sur la protection et l’information des consommateurs,  et sur la maîtrise des impacts sanitaires et environnementaux.

 

Enfants OGM assiette2

 

Quelques extraits en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement »

En gros, il y a un peu moins d’une bête sur deux qui consomme des OGM. […] Il n’y a pas un éleveur – et on a passé au moins 50 coups de fils – qui accepte de reconnaître qu’il donne à manger à ces bêtes du soja OGM […] Il y a une sorte d’Omerta sur ce sujet, la pression médiatique est extrêmement forte.

[Un agriculteur argentin] Nous, on ne donne pas de ce soja aux animaux. […] Si vous donnez ce soja aux poules, vous ne pouvez plus manger leurs œufs. […] Ils ont une mauvaise odeur. […] On n’en donne pas non plus aux cochons, sinon on ne peut plus manger leur viande. Elle a une odeur de pourri, une mauvaise odeur. […] Ce soja, c’est juste pour l’étranger.

Avec le tracteur, je peux fumiger tout près des maisons.

En seulement 30 hectares de soja transgénique résistant au glyphosate, en trois ou quatre applications par an, aujourd’hui sont apparues des mauvaises herbes qui résistent au glyphosate. Alors il faut augmenter sans cesse et faire des mélanges avec d’autres pesticides. Il faut dire que l’industrie transgénique nous aide beaucoup.

Les firmes du transgénique […] avaient promis chaque fois moins de produits chimiques, c’est le contraire qui se passe. Le glyphosate ne tue plus les mauvaises herbes. Pour en venir à bout, il faut ajouter maintenant trois, quatre ou cinq produits chimiques. Les prochaines graines seront conçues pour résister à des combinaisons encore plus toxiques. Ce n’était pas vraiment prévu.

Ce n’est pas que l’ambassade aide Monsanto, l’ambassade travaille activement pour Monsanto. C’est une politique d’Etat. Toutes les ambassades des Etats-Unis travaillent en faveur de la diffusion du transgénique agricole. Ils appliquent à l’échelle globale un modèle agricole qui va alimenter le monde, et qui leur permettra de dominer le marché agricole mondial.

L’agriculture transgénique, c’est comme les armes ou le pétrole : de la géopolitique, du pouvoir en quelque sorte.

Ni un citoyen, ni même un scientifique lambda dans une université n’a accès – vous vous rendez compte, au 21e siècle – à une analyse de sang qui a servi à autoriser le Roundup ou un OGM, ce qui est incroyable. Demandez à Monsanto les tests qu’ils ont fait avec du soja Roundup donné à long terme aux animaux : c’est zéro pointé, ils n’ont rien fait.

Un seul Etat a eu le toupet d’autoriser une étiquette OGM dans les supermarchés : le Vermont. Il est poursuivi en justice par Monsanto pour atteinte au droit à rester silencieux. 

 

Mon avis

Les « + » :

  • une enquête récente concernant les OGM : impacts sanitaires et environnementaux, négociations internationales en cours, informations des consommateurs… La plupart des documentaires et des livres sur le sujet ont au moins 4 – 5 ans de plus en général ;
  • des éléments de réponse à une question clé : des parents peuvent-ils encore maîtriser le contenu de l’assiette qu’il donne à leurs enfants ?

Les « – » :

  • des affirmations simplificatrices, des extrapolations à partir de cas particuliers… Le niveau de preuve est très variable selon les conclusions proposées ;
  • la mention ou l’insinuation systématique que les scientifiques favorables aux OGM sont financés par l’industrie.

Photo pour John Serrao

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Sensibiliser les enfants avec des livres illustrés ? Ca m'intéresse !
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