Parentalité et environnement des enfants : moins c’est plus (2/3)

La vie est vraiment simple, mais nous insistons pour la rendre plus compliquée. – Confucius

Chaque objet que nous avons acquis et inutilement stocké, encombre notre espace mental. – Dominique Loreau

 

Cet article est une contribution au laboratoire d’idées « Vers un monde meilleur ». Ses membres publient une fois par mois un article sur un thème commun. Ce mois-ci, le thème est « Grandir en confiance », proposé par Magali du blog Parents du 21ème siècle, avec son article Réussite : donnez des ailes à votre enfant !

 

Chronique du livre « Simplicity Parenting: Using the Extraordinary Power of Less to Raise Calmer, Happier, and More Secure Kids », dont une traduction pourrait être « Parentalité basée sur la simplicité : utiliser le pouvoir extraordinaire du moins pour élever des enfants plus calmes, plus heureux et plus confiants »

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De Kim John Payne, 250 pages, publié en 2010

Consultant scolaire et familial, Kim John Payne donne des cours et des conférences dans le monde entier. Simplicity Parenting est souvent considéré comme son ouvrage principal, car il est traduit dans une dizaine de langues et a donné naissance à un mouvement international.

Ce livre explique pourquoi le mode de vie moderne classique perturbe le développement et l’épanouissement des enfants. Dans ce contexte, il propose de placer la simplicité au cœur de l’éducation. Selon l’auteur, cette approche permet, notamment, d’élever des enfants plus confiants.

Ce livre fait l’objet d’une chronique en trois parties. Cet article est le deuxième article de la chronique. Le premier article se trouve ici : Parentalité et environnement des enfants : moins c’est plus (1/3)

 

Quelques informations et points de vue intéressants, concernant la thématique « Santé des enfants et environnement »

Voici une liste d’informations et de points de vue issus du livre, en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement », et que je souhaite partager avec vous.

  • Pour beaucoup d’enfants, le lieu où ils se sentent le plus en paix est leur maison. Pour d’autres, il s’agit de la nature.
  • La nature procure « un bain de sensations rassurantes« , qui peut contrebalancer la sensation de dépassement due au « trop de choses, trop d’activités, trop d’informations ». La nature permet de se ressourcer en profondeur, physiquement et émotionnellement.
  • Les enfants ont besoin de temps de jeu libre et improvisé, non structuré et non dirigé par des adultes.
  • Selon la sociologiste Juliet Schor, l’enfant américain moyen reçoit soixante-dix jouets par an. N’étant plus réservés à des occasions spéciales, les jouets sont devenus des bases de la vie de famille, des achats potentiels chaque jour de l’année.
  • Aujourd’hui, on trouve des jouets un peu partout : aux stations essences, dans les supérettes, dans les gares, chez les marchands de journaux, dans certains bureaux de poste… Ils sont souvent placés à hauteur des enfants et près de la caisse, là où vous êtes dans une phase d’achat.
  • Les fabricants de jouets vont de plus en plus loin : presque tout ce dont un enfant pourrait avoir besoin est marketé en tant que jouet : des lacets fluos, des savons qui se transforment, des fournitures scolaires ou des vitamines présentant des héros de dessins animés, des livres avec des puces électroniques produisant de la musique, des vêtements dont certaines parties deviennent odorantes si on les gratte, …
  • Afin de diminuer le nombre de jouets visibles par un enfant, le nombre total de jouets peut être diminué, puis une partie des jouets restant peut être rangée dans un ou deux paniers au sol.
  • Pour les publicitaires, les enfants sont une cible très intéressante, car ils sont capables de faire acheter aux adultes des objets qu’ils n’auraient pas achetés par eux-mêmes… voire dont ils n’auraient même pas eu connaissance.
  • Clairement, personne ne peut être complètement préservé des forces que le marketing dirige contre nous. Néanmoins, le moins un enfant est exposé aux médias, en particulier à la télévision, le moins il sera vulnérable aux messages directs et indirects de la publicité.
  • Le rythme classique de la vie moderne se décale de plus en plus du rythme propre à l’enfance. Une enfance protégée permet le lent développement de l’identité, du bien-être et de la résilience.
  • Posséder trop de choses conduit à devoir faire trop de choix au quotidien. Le nombre de jouets qu’un enfant voit, et auxquels il a accès, devrait être drastiquement réduit.
  • Le type de jeu qui apporte le plus aux enfants, c’est celui que nous laissons avoir lieu, plutôt que celui que nous créons.
  • Nos enfants sont généralement soumis à un grand nombre de stimulations (sons, odeurs, lumières, …), ce qui peut générer une sur-sollicitation de leurs sens. L’utilisation de jouets très sonores pourra être limitée. Les enfants n’ont pas besoin d’être parfumés ou que l’air de leur chambre contiennent des substances odorantes. De même, l’intensité et le nombre de lumières différentes pourra être limité ; plus particulièrement, l’éclairage nocturne devrait être supprimé ou minimisé autant que possible.
  • Au cours d’une journée, il est important de réserver certains moments de calme pour les enfants, des moments où aucune activité particulière n’est planifiée, des moments où les enfants peuvent se ressourcer après avoir été bien sollicités. Cette articulation et cet équilibre peuvent aussi être reproduits à l’échelle de la semaine, consciemment, en alternant des journées très actives avec des journées plus calmes. Les interactions relationnelles de qualité se construisent souvent dans ces intervalles, quand peu de choses ont lieu.
  • Les parents reçoivent le message récurrent que les jouets permettent de développer l’imagination de leurs enfants. Cette croyance les incite à acheter toujours plus de jouets, et des jouets toujours plus complexes, afin de stimuler les capacités de leurs enfants. Et petit à petit, les jouets apparaissent de plus en plus comme nécessaires.
  • Les messages des publicités tendent à faire penser que les enfants n’ont pas de vie intérieure… exceptée celle que les jouets peut fournir. L’imagination de nos enfants serait comme une ardoise vierge, attendant qu’une combinaison adéquate de jouets y imprime sa magie. L’origine de la créativité n’est plus attribuée au cerveau des enfants, qui pourtant la produise très naturellement, mais aux efforts d’ingénieurs dans des réunions de travail, au sein de compagnies fabriquant des jouets.

 

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Quelques extraits en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement »

Qu’est-ce qui si mauvais avec le choix ? En tant qu’adultes, qu’Américains, que consommateurs, et en tant que Société qui met en avant l’individualité, nous adorons la notion de choix. Et nous adorons donner des choix à nos enfants – comme des cadeaux – à propos de tout ce qu’ils voient, veulent ou font ; à propos de chaque aspect de leur vie. Nous pensons que ces choix les aident sur le chemin qui les fera devenir qui ils seront. Nous pensons que les choix clarifient la personnalité d’un enfant, leur sens émergent d’eux-mêmes. Je crois fortement que l’opposé est vrai. Tous ces choix sont des distractions éloignant de la croissance naturelle – et exponentielle – de la première enfance. Laissez-moi le reformuler comme un euphémisme : les jeunes enfants sont très occupés. Leur évolution au cours des dix premières années de vie – neurologique, sociale et physique – couvrent les premières étapes permettant de construire une base de stabilité. Les enfants ont besoin de temps pour devenir eux-mêmes – à travers le jeu et l’interaction sociale. Si vous surchargez un enfant avec des choses – avec des choix et des pseudo-choix – avant qu’il ne soit prêt, il ne connaîtra qu’un unique geste émotionnel : « plus ».

Lors de mes ateliers avec des parents, je les invite a créer une image mentale de la chambre de leurs enfants. Rejoignez-les dans cet exercice mental, et identifiez la forme la plus évidente de désordre. La réponse est, généralement, « les jouets ».

L’ennui est le grand instigateur et grand motivateur de créativité. La frustration de « n’avoir rien à faire » est généralement le début de quelque chose de merveilleux. Nous volons à nos enfants des opportunités de tester leur propre élan créatif quand nous remplissons toutes les brèches et quand nous répondons à chaque soupir par un nouveau jouet ou une nouvelle proposition de loisir. Donc, voici le changement de paradigme que je propose pour les jouets : moins c’est plus. Aucun jouet spécial, ni aucune quantité de jouets, n’est nécessaire au développement de l’imagination d’un enfant. Les enfants utilisent et développent leur imagination très naturellement. Ils ont juste besoin de temps pour pouvoir le faire.

Les jouets qui durent, en réalité et dans notre imagination, sont souvent les plus simples. Le moins ils en font, le plus ils peuvent devenir, par le jeu.

En simplifiant le nombre et la complexité des jouets de nos enfants, nous leur donnons la liberté de construire leurs propres mondes imaginaires. Quand on ne dit pas aux enfants ce qu’ils doivent vouloir, et ce qu’ils doivent imaginer, ils peuvent apprendre à suivre leurs propres intérêts, à faire confiance à leurs propres voix émergentes. Ils peuvent découvrir ce qui leur parle authentiquement. […] Quand nous n’essayons pas de remplir les commodes et les esprits de nos enfants avec des exemples préfabriqués d’ « imagination », ils ont plus de liberté pour forger la leur, d’apporter leurs propres idées dans le jeu.

Les enfants n’ont pas besoin de beaucoup de jouets pour pouvoir jouer, ou bien d’un jouet en particulier. Ce dont ils ont besoin avant tout c’est de temps libre et non-structuré. […] Par la même, vous simplifiez aussi vos « devoirs » parentaux. Vous n’avez pas besoin de stimuler ou d’enrichir le jeu de vos enfants, vous n’avez pas besoin de le contrôler. Parfois, nous les parents, nous aidons plus en laissant le champ libre, tout en restant disponibles. Nous pouvons fournir du temps, des opportunités et des ressources.

La nature est le parfait antidote aux pressions parfois empoisonnées de la vie moderne.

Le temps dans la nature permet de se restaurer, de récupérer des stress de la vie quotidienne et d’améliorer notre capacité d’attention. Dans sa complexité et sa sensualité, la nature nous invite à l’exploration, au contact direct, à l’expérience. Mais elle nous inspire également un sentiment d’émerveillement, un aperçu de ce qui est encore « non-Googlisable », l’amplitude et le mystère de la vie.

Pour les enfants de moins de huit ou neuf ans, vous pourriez avoir un ou deux livres accessibles à tout moment. Une douzaine (ou moins) de livres très aimés pourrait avoir une place permanente dans la chambre, peut-être sur une étagère dédiée. Ce sont les livres vers lesquels votre enfant retournera encore et encore, et vous pourrez choisir de modifier la rotation dans ce groupe de favoris à mesure que votre enfant grandit. 

Comme pour le jeu, les enfants n’ont pas besoin d’un livre magique particulier, du dernier bestseller ou d’un flot sans fin de nouveaux livres, pour développer un amour de la lecture. Ils ont besoin de temps et de confort mental. […] Ils ont également besoin d’histoires qui laissent de la place pour leur propre imagination.

 

La suite de cette chronique se trouve ici : Parentalité et environnement des enfants : moins c’est plus (3/3)

Si la thématique de la simplicité volontaire vous intéresse, je développe comment elle peut être utile pour diminuer l’exposition des enfants aux polluants du quotidien dans cet article : Comment un environnement minimaliste peut favoriser la santé des enfants

Photo par « g »

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6 Commentaires

  1. Pingback: Parentalité et environnement des enfants : moins c’est plus (1/3)

  2. Eva

    J’adore l’idée de lier ennui et créativité.
    L’ennui n’a pas fini de nous surprendre et de nous passionner ! X)

    Répondre
  3. Guillaume (Auteur de l'article)

    ton commentaire me fait penser à un article du Monde de 2013 : « L’ennui, facteur de créativité » – http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/01/14/ennui-salutaire_1816711_3234.html (déjà évoqué dans un autre discussion je crois, haaa ennui, quand on te regarde différemment… :D)

    Répondre
  4. Blanche

    Hello Guillaume,
    Je suis très sensible à ce thème : je constate avec mes petits enfants que les kaplas (simples plaquettes en bois) ou les légos (nous en avons une grosse caisse)leur laissent de grands moments de créativité dans le calme.
    Noël arrive, et il sera difficile de limiter le nombre de cadeaux aux enfants, jeunes surtout, tant c’est ancré dans nos habitudes ! l’idéal est de se grouper.
    Blanche

    Répondre
    1. Guillaume

      Hello Blanche. Pas simple le sujet des jouets, d’accord avec toi. Je me dis qu’on ne perd rien à proposer !
      Comme tu le suggères, je vais indiquer que je préférerais un groupage pour mes enfants… on verra bien !
      Guillaume Article récent : Parentalité et environnement des enfants : moins c’est plus (2/3)My Profile

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