Nos enfants pourraient connaitre un printemps silencieux, selon Rachel Carson (3/5)

Printemps silencieux est arrivé comme un cri dans le désert, un plaidoyer absolument sincère, solidement étayé et brillamment écrit, qui a changé le cours de l ‘histoire. – Al Gore

Le sujet des LMR [Limite maximale de résidus pour les produits pesticides, biocides, médicamenteux…] est complexe, mais disons sans insister davantage que celles-ci sont incapables de protéger quelque consommateur que ce soit. […] Les LMR ne prennent même pas en compte les effets combinés, dits de synergie, des molécules de synthèse ingérées. La chimie de base repose pourtant sur l’interaction des molécules, lesquelles fabriquent inévitablement d’autres composés et sous-produits. Les LMR n’en disent rien. – Fabrice Nicolino

 

Chronique du livre « Printemps silencieux »

Rachel Carson printemps silencieux

de Rachel Carson, 287 pages, publié en 1962

 

Rachel Carson était biologiste et auteure. Elle est souvent considérée comme une pionnière du mouvement écologiste dans le monde.

Ce livre porte, d’une manière générale, sur les effets des pesticides sur les équilibres du monde naturel, et plus particulièrement, sur les oiseaux et sur la santé humaine. Cet article est la troisième partie de la chronique. la première se trouve ici : Nos enfants pourraient connaitre un printemps silencieux, selon Rachel Carson (1/5)

 

Quelques informations et points de vue intéressants, concernant la thématique « Santé des enfants et environnement »

Voici une liste d’informations et de points de vue issus du livre, en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement », et que je souhaite partager avec vous.

  • La contamination de l’environnement par les produits chimiques s’est produit sur une période de quelques dizaines d’années, ce qui est très court à l’échelle des variations du vivant. La faune et la flore ont besoin de nombreux siècles pour pleinement s’adapter à de nouvelles contraintes dans leur environnement.
  • Concrètement, ce raisonnement n’est d’ailleurs pas très utile, puisque plusieurs centaines de nouveaux produits chimiques sont produits chaque année aux États-Unis.
  • Tout au long de l’agriculture pré-moderne, les insectes ne posaient quasiment pas de problèmes aux paysans. Lorsque l’agriculture s’est intensifiée et lorsque d’immenses superficies ont été consacrées à une seule récolte, l’absence de diversité a favorisé la multiplication explosive de certaines espèces d’insectes ; les équilibres naturels entre espèces ont disparu.
  • La technique évolue ; les métiers et les domaines de recherche deviennent de plus en plus spécialisés. Une vision globale, systémique, tenant compte des interactions et de l’interdépendance entre les différents éléments de l’environnement, devient de plus en plus rare. Ainsi, le monde naturel est mal protégé, alors que toute vie en dépend.
  • Les insecticides modernes ne se contentent pas d’être simplement toxiques : ils pénètrent jusque dans les cellules et visent à perturber le fonctionnement même des êtres vivants. Par exemple, ils détruisent des enzymes, ils bloquent le processus de création d’énergie, ils interrompent le fonctionnement de certains organes.
  • Certains pesticides, comme le DDT, peuvent s’accumuler dans les organismes vivants. Le facteur de concentration peut atteindre 150. Pourtant, des quantités infimes suffisent à produire des perturbations significatives.
  • Les dommages peuvent être progressifs ; des perturbations visibles peuvent n’apparaître que plusieurs années après l’exposition. Et comme ces perturbations sont souvent non-spécifiques, il est alors quasiment impossible d’identifier leur cause.

 

Rachel Carson printemps silencieux 5

 

Quelques extraits en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement »

Qui a placé dans un des plateaux de la balance les feuillages que le scarabée aurait volés pour se nourrir, et, dans l’autre, les pitoyables amoncellements de plumes multicolores, les dépouilles des oiseaux victimes de l’aveugle furie des poisons insecticides ? Qui a décrété – qui a le droit de décréter au nom de légions de personnes que l’on n’a point consultées – que le bien suprême est un monde sans insectes, même s’il doit être aussi un monde stérile, privé de l’aile gracieuse d’un oiseau en vol ? Un tel choix a été fait par quelque esprit autoritaire, détenteur temporaire du pouvoir, profitant d’un moment d’inattention de millions d’humains pour qui la beauté et le monde ordonné de la nature ont encore une signification impérative et profonde.

Le service de la Protection de la nature de l’Oklahoma a déclaré en 1961 qu’il recevait des avis d’empoisonnement d’étangs ou de petits lacs à raison d’un par semaine, et que cette fréquence augmentait. La cause en était toujours la même : application d’insecticides sur des cultures, puis forte pluie entraînant le toxique dans l’étang ou le lac.

Si nous consacrions à des recherches constructives une fraction, même faible, des sommes dépensées chaque année pour la création de poisons toujours plus puissants, nous pourrions certainement découvrir des méthodes de défense qui seraient moins dangereuses, et tiendraient les toxiques à l’écart de nos voies d’eau.

Pour chacun de nous, comme pour le rouge-gorge du Michigan ou le saumon du Miramichi, il y a là un problème d’écologie, de relations mutuelles, d’interdépendance. Nous détruisons les phryganes de la rivière, et les saumons se raréfient et disparaissent. Nous empoisonnons les cousins du lac, le toxique remonte le long du circuit alimentaire, et tue les oiseaux du voisinage. Nous traitons nos ormes, et les rouges-gorges cessent d’enchanter le printemps, parce que le poison franchit une à une les étapes du sinistre voyage : feuilles, ver de terre et oiseau.

Il existe aussi une écologie du monde à l’intérieur de nos corps. Dans cet univers caché, d’insignifiantes causes peuvent produire de puissants effets ; et, qui plus est, des effets souvent sans relations apparentes avec leur cause. « Une altération en un point, dans une simple molécule même, peut avoir des répercussions à travers le système tout entier, et produire des effets dans des organes et des tissus sans rapport apparent avec le point initial », lit-on dans un récent exposé sur l’état actuel de la recherche médicale. Dans le corps humain, au mystérieux et admirable fonctionnement, les relations de cause à effet sont rarement simples et évidentes ; l’origine et la conséquence peuvent être fort éloignées l’une de l’autre, dans le temps et dans l’espace. La découverte des agents de maladie et de mort résulte du patient assemblage de nombreux faits disparates et sans rapports apparents, que seules de longues recherches dans les domaines les plus divers permettent de rassembler.

Si l’on pendait un énorme crâne et deux tibias entrecroisés au-dessus du rayon des insecticides, l’acheteur s’en approcherait avec le respect en général accordé aux produits mortels. Mais, tout au contraire, l’étalage cherche à se faire aimable et réjouissant ; les boîtes d’insecticides élèvent leurs pyramides entre les bocaux d’olives et de condiments d’un comptoir et les savons et les lessives d’un autre. Certains produits, vendus dans des emballages de verre, sont à portée des doigts curieux des enfants et des adultes maladroits : s’ils tombent, dix personnes peuvent être éclaboussées de substances qui ont fait mourir des ouvriers agricoles en convulsions. Et ces dangers, naturellement, poursuivent l’acheteur jusque chez lui.

On ne signale guère les dangers qu’entraîne l’emploi de ces produits pour les femmes dans leur maison ou les amateurs de jardins. Les « avertissements » sont imprimés si discrètement sur les paquets, en caractères si petits, que peu de gens prennent la peine de les lire ou d’en tenir compte : 15 %, d’après un sondage récent.

Les hydrocarbures chlorurés étant solubles dans les graisses, c’est dans les plats de viande ou les dérivés de graisses animales que se rencontrent les plus importants résidus de DDT des menus familiaux. Les fruits et les légumes sont plus sains. Pour éviter d’absorber leurs résidus, il faut les débarrasser de leur peau ou de leurs feuilles externes selon le cas ; le lavage n’y fait pas grand-chose, et la cuisson rien.

 

La quatrième partie de cette chronique se trouve ici : Nos enfants pourraient connaitre un printemps silencieux, selon Rachel Carson (4/5)

 

Cette chronique met en avant l’importance de protéger les enfants des substances préoccupantes, car les effets potentiels pourraient être graves et pérennes. Ce blog a pour mission de vous aider et de vous accompagner dans votre démarche ! Pour vos premiers pas, vous pouvez vous appuyer sur le guide gratuit téléchargeable ci-dessous.

Photo par thierry manac’h

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Sensibiliser les enfants avec des livres illustrés ? Ca m'intéresse !
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