Nos enfants pourraient connaitre un printemps silencieux, selon Rachel Carson (1/5)

On peut considérer à bon droit la publication de Printemps silencieux comme la naissance du mouvement écologiste. – Al Gore

Il est clair que si des arguments suffisants sont disponibles expérimentalement et chez l’homme, l’incertitude est faible et il s’agit plutôt de prendre des mesures de prévention à temps. C’est par exemple le cas de l’amiante ou de certains pesticides. – Pr. Robert Barouki

 

Chronique du livre « Printemps silencieux »

Rachel Carson printemps silencieux

de Rachel Carson, 287 pages, publié en 1962

 

Rachel Carson était biologiste et auteure. Elle est souvent considérée comme une pionnière du mouvement écologiste dans le monde.

Ce livre porte, d’une manière générale, sur les effets des pesticides sur les équilibres du monde naturel, et plus particulièrement, sur les oiseaux et sur la santé humaine. Cet article est la première partie de la chronique.

 

Quelques informations et points de vue intéressants, concernant la thématique « Santé des enfants et environnement »

Voici une liste d’informations et de points de vue issus du livre, en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement », et que je souhaite partager avec vous.

De la (célèbre) préface d’Al Gore :

  • Printemps silencieux et Rachel Carson ont été violemment critiqués par ceux qui produisaient les pollutions les plus importantes. L’ampleur de ces critiques peut être rapprochée de celles subies par Charles Darwin, à l’occasion de la publication de L’Origine des espèces. Et comme Rachel Carson était une femme au milieu du XXe siècle, l’essentiel de ces critiques inclut des stéréotypes liés à son sexe.
  • Face aux critiques, Rachel Carson avait un atout de poids : sa grande rigueur dans ses affirmations. Et le futur, de fait, a montré que ses alertes constituaient le minimum à prendre en compte.
  • Selon l’un de ses plus critiques les plus célèbres, Robert White-Stevens, « le point crucial, le pivot sur lequel repose au final la discussion, est que mademoiselle Carson soutient que l’équilibre de la nature est une force déterminante dans la survie de l’homme, tandis que le chimiste, le biologiste et le scientifique modernes considèrent que l’homme contrôle fermement la nature. ». À la lumière des connaissances modernes, cette affirmation semble pour le moins arrogante, voire prête à sourire par son anachronisme. Indirectement, ce type de commentaire donne une indication de la dimension révolutionnaire du livre.
  • Rachel Carson résista aux pressions grâce à deux avantages : le succès populaire du livre et son indépendance financière, acquise grâce à deux livres précédents.

 

Rachel Carson printemps silencieux 3

 

Quelques extraits en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement »

(Extrait de la préface d’Al Gore) Les avocats de ces produits chimiques fourniront sans aucun doute les réponses habituelles : que les études faites sur des êtres humains ne démontrent pas un lien direct entre les produits chimiques et la maladie ; que coïncidence ne vaut pas causalité (bien que certaines coïncidences invitent fortement à prendre une décision prudente plutôt que téméraire) ; et la vieille rengaine selon laquelle les tests faits sur les animaux ne se traduisent pas toujours, pas absolument, pas immanquablement, par les mêmes résultats pour l’espèce humaine.

(Extrait de la préface d’Al Gore) Il faut faire des tests, non pas pour diminuer la peur, mais pour diminuer ce dont il faut avoir peur. Si un pesticide n’est pas indispensable ou ne fonctionne pas dans tel ou tel cas, alors la présomption doit être contre son utilisation, et non pas pour. Le bénéfice doit être réel, et non pas possible, provisoire ou spéculatif. Et surtout, il faut se concentrer sur les agents biologiques, auxquels l’industrie et ses représentants politiques vouent une telle hostilité.

(Extrait de la préface d’Al Gore) Il nous faut commencer à combler enfin le fossé culturel qui sépare les producteurs de pesticides et le monde agricole d’un côté, et le monde de la santé publique de l’autre. Les individus de ces deux communautés proviennent de milieux différents, n’ont pas fréquenté les mêmes universités et ont des visions du monde hétérogènes. Aussi longtemps qu’ils seront dans cette logique de face-à-face, de part et d’autre d’un gouffre de suspicion et d’animosité, il nous sera difficile de changer un système dans lequel la production et le profit créent de la pollution.

(Extrait de la préface d’Al Gore) L’influence de Rachel Carson dépasse les frontières de ses préoccupations spécifiques dans Printemps silencieux. Elle nous a ramenés à une idée fondamentale, que la civilisation moderne avait perdue à un degré stupéfiant : celle de l’interconnexion des êtres humains et de l’environnement naturel. Ce livre a été le premier rayon de lumière projeté sur ce qui est vraisemblablement l’enjeu le plus important de notre temps.

Un flot continuel de produits chimiques nouveaux sort des laboratoires : près de 500 par an aux États-Unis. Ce chiffre est effrayant, et ses implications difficiles à saisir : 500 nouveaux produits totalement étrangers à l’expérience biologique, auxquels l’homme et l’animal doivent s’adapter tant bien que mal chaque année !

Sprays, poudres, aérosols sont utilisés presque universellement dans les fermes, les jardins, les forêts, les maisons d’habitation ; ce sont des produits non sélectifs, qui tuent aussi bien les « bons » insectes que les « mauvais », qui éteignent le chant des oiseaux, coupent l’élan des poissons dans les rivières, enduisent les feuilles d’une pellicule mortelle, et demeurent à l’affût dans le sol ; tout cela pour détruire une poignée d’herbes folles ou une malheureuse fourmilière.

On a pris tous ces risques – à quelle fin ? Les futurs historiens seront peut-être confondus par notre folie ; comment, diront-ils, des gens intelligents ont-ils osé employer, pour détruire une poignée d’espèces indésirables, une méthode qui contaminait leur monde, et mettait leur existence même en danger ?

Il ne s’agit pas de dire que les insectes ne posent aucun problème et qu’il est inutile de lutter contre eux. Je pense simplement que, d’une part, la lutte doit être menée en fonction des réalités et non d’estimations fantaisistes, et que, d’autre part, les méthodes employées ne doivent pas nous détruire en même temps que les insectes.

Nous laissons une pluie mortelle de produits chimiques se répandre partout, comme s’il n’y avait pas d’autres méthodes ; il en existe pourtant, et notre ingéniosité en trouverait bien plus encore si l’occasion lui en était donnée.

Je ne prétends pas que les insecticides chimiques ne doivent jamais être utilisés. Ce que je soutiens, c’est que nous avons aveuglément placé des produits chimiques toxiques et dotés d’une puissante action biologique entre les mains de personnes largement ignorantes de leur puissance nocive. […] Je prétends encore que nous avons laissé employer ces produits chimiques sans s’interroger outre mesure sur leurs effets sur le sol, sur l’eau, les animaux et plantes sauvages, sur l’homme lui-même.

Les risques sont calculés par les organisateurs des opérations pesticides, mais c’est le public qui les prend ; c’est donc au public de dire s’il désire poursuivre la route actuelle, et pour qu’il puisse parler en connaissance de cause, il doit être informé. Comme le dit Jean Rostand, « l’obligation de subir nous donne le droit de savoir ».

Au cours de leurs vingt ans d’existence, les pesticides synthétiques ont été si généreusement répandus dans le monde organique et inorganique qu’on en trouve quasiment partout. On en a décelé dans la plupart des grands ensembles fluviaux, et même dans d’invisibles rivières souterraines. On en trouve dans les sols où ils se sont déposés dix ou douze ans plus tôt. Ils sont entrés dans le corps des poissons, des oiseaux, des reptiles, des animaux domestiques et sauvages, à tel point que les laboratoires n’arrivent plus à trouver pour leurs études des bêtes exemptes de toxiques. On a trouvé ces poisons dans les poissons de lacs perdus parmi les montagnes, dans des vers de terre enfouis profondément, dans des œufs d’oiseaux, et dans l’homme lui-même. Ces produits chimiques existent maintenant dans le corps de la grande majorité des gens, quel que soit leur âge. Il y en a dans le lait maternel, et probablement dans les tissus des enfants à naître.

 

La seconde partie de cette chronique se trouve ici : Nos enfants pourraient connaitre un printemps silencieux, selon Rachel Carson (2/5)

 

Cette chronique met en avant l’importance de protéger les enfants des substances préoccupantes, car les effets potentiels pourraient être graves et pérennes. Ce blog a pour mission de vous aider et de vous accompagner dans votre démarche ! Pour vos premiers pas, vous pouvez vous appuyer sur le guide gratuit téléchargeable ci-dessous.

Photo par U.S. Fish and Wildlife Service Headquarters

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6 Commentaires

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  5. Mi-Ko

    Merci Guillaume pour cette chronique, j’avoue que je ne connais pas Rachel Carson, elle semble en effet avoir été un précurseur incroyable !

    Répondre
    1. Guillaume (Auteur de l'article)

      A ce stade, j’ai identifié deux « icônes » en santé environnementale : Rachel Carson et Theo Colborn (qui a introduit/popularisé la notion de perturbateur endocrinien). J’aimerais lire aussi le livre qui a fait connaitre Theo Colborn : Our stolen future

      Répondre

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Sensibiliser les enfants avec des livres illustrés ? Ca m'intéresse !
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