L’impact des pollutions environnementales sur les enfants, selon Theo Colborn (1/5)

L’Homme en voie de disparition est un livre d’une importance cruciale qui nous oblige à nous poser de nouvelles questions sur les produits chimiques de synthèse que nous avons répandus à la surface de la Terre. Au nom de nos enfants et petits-enfants, nous devons trouver des réponses de toute urgence. – Al Gore

La vie est vraiment simple, mais nous insistons pour la rendre plus compliquée. – Confucius

 

Chronique du livre « L’homme en voie de disparition ? »

Theo Colborn homme disparition

de Theo Colborn, Dianne Dumanoski et John Peterson Myers ; 316 pages ; publié en 1996 (version anglaise)

 

Theo Colborn était une zoologiste et une épidémiologiste, dont les travaux ont contribué au concept de « perturbateur endocrinien ». Mondialement connue, professeur d’université et fondatrice de l’organisation non gouvernementale TDEX (Endocrine Disruption Exchange), Theo Colborn est souvent considérée, avec Rachel Carson, comme une icône du domaine de la santé environnementale.

Dianne Dumanoski est journaliste, spécialisée dans les questions d’environnement.

John Peterson Myers est biologiste et naturaliste.

 

Ce livre porte, d’une manière générale, sur certains types de substances chimiques, capables d’interférer avec le système hormonal, chez les animaux et chez les êtres humains. Cet article est la première partie de la chronique.

Quelques informations et points de vue intéressants, concernant la thématique « Santé des enfants et environnement »

Voici une liste d’informations et de points de vue issus du livre, en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement », et que je souhaite partager avec vous.

  • L’exposition à de multiples substances chimiques de synthèse est une première dans l’histoire des êtres vivants.
  • Cette exposition débute dès la vie fœtale et, si le fonctionnement de nos sociétés ne change pas, elle durera tout au long de la vie. Or, pour la plupart des substances détectées dans l’environnement, des expérimentations sur animaux ou sur cellules humaines ont montré une grande toxicité et, souvent, des effets cumulatifs. Personne ne sait vraiment les conséquences, aucune expérience antérieure ne peut servir de point de repère.
  • De plus en plus d’études scientifiques montrent un lien entre produits chimiques et anomalies du développement sexuel (testicules non descendus, pénis atrophiés, raccourcissement des conduits urinaires…), certains problèmes reproductifs (diminution de la spermatogenèse, stérilité…) et certains troubles comportementaux (hyperactivité, manque d’attention, plus grande sensibilité au stress…).
  • Les hormones jouent un rôle essentiel dans les processus vitaux du corps humains : développement, comportement, intelligence, défenses immunitaires…
  • Les effets des perturbateurs endocriniens peuvent être décalés dans le temps. Une exposition pendant les premiers mois de vie pourrait générer de graves pathologies à l’âge adulte, sans effet visible pendant l’enfance.
  • Contrairement à ce qui a été cru par la communauté scientifique pendant de nombreuses années, le placenta ne constitue pas une barrière étanche vis-à-vis des produits chimiques. Le fœtus peut donc être exposé à des substances toxiques aux étapes les plus critiques de son développement.
  • Face à la multiplicité des substances chimiques présentes dans l’environnement, relier un effet à une substance est souvent un exercice délicat.
  • Pour les mammifères, les embryons sont extrêmement sensibles aux faibles variations des doses d’hormones auxquelles ils sont exposés. Cette sensibilité est issue de la sélection naturelle : assurer une grande diversité chez les enfants permet de maximiser les chances de survie et, progressivement, de mieux adapter les individus d’une espèce à leur environnement.
  • Les hormones contrôlent la lecture du programme génétique. Au cours du développement prénatal, les hormones déterminent quels gènes seront lus au cours de la vie, ainsi que la fréquence de lecture.
  • Les hormones sont des molécules très actives, qui opèrent à des concentrations très faibles : seules les méthodes les plus fines permettent de les mesurer. Par exemple, l’œstradiol est mesuré en « parties par milliards« . Un tel degré de sensibilité devient très difficile à concevoir ; en résumé, la vulnérabilité des fœtus est extrême.
  • Le développement normal des systèmes corporels repose sur la réception de messages hormonaux appropriés, en quantités appropriées, à l’endroit approprié et au moment approprié. Dans le cas contraire, les conséquences peuvent être graves et persister dans le reste de la vie.
  • Au niveau individuel, les bonnes pratiques proposées par les auteurs comprennent :
    • se méfier de la consommation d’eau de puits, en particulier dans des zones industrielles ou d’agriculture intensive ;
    • demander en mairie si la présence de perturbateurs hormonaux est recherchée dans l’eau du robinet, notamment celles d’herbicides comme l’atrazine. Ce produit est une sorte de sentinelle : si on le décèle, il est probable que d’autres pesticides sont présents.

 

Theo Colborn homme disparition2

 

Quelques extraits en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement »

[Ce livre] utilise un style non conventionnel pour transmettre un message qui transcende les connaissances traditionnelles au sujet des produits chimiques, des problèmes de santé associés et de notre perception des risques.

Ils furent abasourdis par ce qu’ils découvrirent : en moyenne, le nombre de spermatozoïdes dans le sperme humain avait diminué de 50 % entre 1938 et 1990. Dans le même temps, le nombre de cancers du testicule avait augmenté considérablement, non seulement au Danemark, mais aussi dans les autres pays. De plus, les données médicales suggéraient que les anomalies génitales (testicules non descendus ou conduits urinaires trop courts, par exemple) étaient en augmentation chez les jeunes garçons. […] Ces altérations s’étant produites en peu de temps, les scientifiques écartèrent d’éventuels facteurs génétiques. Il fallait plus probablement incriminer un facteur indéterminé de l’environnement.

Les symptômes n’étaient ni aussi évidents ni aussi clairs que ceux qui, un quart de siècle plus tôt, avaient amené Rachel Carson, une scientifique, à écrire Printemps silencieux, livre qui avait contribué à lancer le mouvement écologiste. À l’aide de graphiques, elle avait pu mettre en évidence les ravages causés par l’emploi immodéré des insecticides. Il était en effet difficile d’ignorer les innombrables oiseaux morts qui jonchaient les cours des maisons à la périphérie des villes, à la suite des épandages aériens des années 50 [..] En comparaison, le comportement anormal des parents et le faible taux de survie des jeunes sont des phénomènes moins impressionnants, mais, à long terme, ils ne compromettent pas moins la survie de l’espèce.

Certaines mères d’enfants sans membres n’avaient pris que deux ou trois cachets de somnifères à la thalidomide pendant toute leur grossesse, mais elles les avaient ingérés à un moment critique du développement des bras et des jambes de l’enfant, entre la cinquième et la huitième semaine de grossesse. Le principe selon lequel « le moment est tout » allait être constamment démontré au cours des recherches ultérieures sur les perturbations du développement induites par les produits chimiques. Une petite dose de médicament ou d’hormone, sans effet à un moment donné du développement de l’enfant, peut avoir des effets dévastateurs quelques semaines plus tôt.

Un enfant en gestation n’est pas un adulte miniature. Des médicaments et autres substances chimiques sans effet sur l’adulte peuvent causer des dommages graves et irréversibles à un bébé au cours de son développement prénatal. […] ce qui se passe chez l’adulte ne permet pas de prédire l’effet de ces substances sur le bébé.

En étudiant les récepteurs hormonaux de différentes espèces, les biologistes ont été étonnés par l’absence de changement pendant des millions d’années d’évolution. Que l’on soit une tortue, une souris ou un être humain, le système endocrinien produit le même oestradiol. L’existence de récepteurs œstrogéniques semblables chez des animaux aussi différents que la tortue et l’homme nous amène à penser que la communication hormonale constitue une adaptation ancienne, apparue au début de l’évolution des vertébrés. En effet, les biologistes pensent que les tortues ont peu changé depuis leur apparition il y a environ 200 millions d’années, bien avant que les mammifères modernes n’entrent en scène.

Les ingénieurs chimistes créèrent sans le savoir des molécules qui portent atteinte à la fertilité et aux enfants en gestation. Pire, nous les avons inconsidérément répandues en abondance sur toute la Terre. […] Il nous a fallu longtemps pour réaliser le danger et pour comprendre que le monde entier est maintenant saturé de produits chimiques à effet hormonal.

Combien de substances artificielles brouillent les messages chimiques de notre corps ? Personne ne le sait, et personne n’a systématiquement étudié en ce sens les dizaines de milliers de produits chimiques créés depuis la Seconde Guerre mondiale.

L’organisme n’est pas adapté à ces substances synthétiques, trop récentes.

Certains ont mis en question l’extrapolation aux humains des études sur les rats pour évaluer les risques de cancers causés par les produits chimiques, les animaux et l’homme réagissant parfois différemment à certaines substances. Mais les études animales consacrées aux dérèglements hormonaux ne présentent pas les mêmes incertitudes, car […] on en sait beaucoup plus sur le rôle des hormones que sur les mécanismes biologiques impliqués dans le cancer. De plus, l’expérience montre que les animaux et les hommes répondent généralement de la même manière aux dérèglements hormonaux. On observe une corrélation parfaite entre les effets observés sur les animaux de laboratoire et ceux constatés sur l’homme.

En consultant la littérature scientifique, on s’aperçoit rapidement qu’il y a trop de zones d’ombre et de pièces manquantes pour évaluer, même approximativement, l’ampleur de la contamination et pour en tirer des conclusions définitives. La plupart du temps, les informations n’existent tout simplement pas ou sont impossibles à consulter. Les industriels refusent couramment de communiquer la composition de leurs produits, s’abritant derrière le secret commercial. Hélas, ce dernier est bien plus rigoureusement protégé par la loi que le droit des citoyens à savoir.

 

La suite de cette chronique se trouve ici : L’impact des pollutions environnementales sur les enfants, selon Theo Colborn (2/5)

 

Cette chronique met en avant l’importance de protéger les enfants des substances préoccupantes, car les effets potentiels pourraient être graves et pérennes. Ce blog a pour mission de vous aider et de vous accompagner dans votre démarche ! Pour vos premiers pas, vous pouvez vous appuyer sur le guide gratuit téléchargeable ci-dessous.

Photo par GreenFlames09

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Sensibiliser les enfants avec des livres illustrés ? Ca m'intéresse !
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