L’Homo Sapiens s’est-il transformé en Homo Toxicus ?

Les études épidémiologiques tendant à démontrer l’existence d’une relation de cause à effet entre l’exposition à des polluants environnementaux particuliers et des conséquences négatives pour la santé des enfants se sont multipliées ces dernières années. – Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)

Les pollutions de l’air, des sols, des cours d’eaux et des océans constituent […] un risque pour la santé humaine. – Stratégie nationale pour la biodiversité 

 

Chronique du film-documentaire canadien « Homo Toxicus »

Réalisé par Carole Poliquin et daté de 2008

Ce documentaire porte sur l’exposition des êtres humains à de multiples polluants, issus de leur environnement quotidien, et des effets sanitaires associés.

 

Quelques informations et points de vue intéressants, concernant la thématique « Santé des enfants et environnement »

Voici une liste d’informations et de points de vue issus du documentaire, en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement », et que je souhaite partager avec vous.

  • De nombreuses substances chimiques ont été introduites dans l’environnement, sans que des tests de toxicité suffisants aient été réalisés.
  • Des médecins constatent une augmentation des maladies chroniques dites « de civilisation » : allergies, cancers, asthme Si l’influence des pollutions environnementales ne fait aucun doute, les méthodes de diagnostics ne permet d’identifier, la plupart du temps, ni les polluants les plus contributeurs ni l’ampleur des contributions respectives.
  • Le principe de base de la toxicologie peut se résumer ainsi : « c’est la dose qui fait le poison ». Sur cette base, des limites d’innocuité sont définies pour certaines substances (pas pour toutes). Mais lorsqu’on a plus de 100 substances différentes dans le corps, la science est aujourd’hui incapable d’estimer les effets sanitaires d’un tel mélange.
  • Plus les enfants sont exposés aux dioxines et aux PCB, plus ils contractent d’infections. Ces substances sont susceptibles d’affaiblir le système immunitaire.
  • Des professeurs s’inquiètent de l’augmentation du déficit d’attention et de la hausse d’hyperactivité des enfants. Or les expositions à certaines substances chimiques, comme les PBDE (retardateurs de flamme), sont associées à ces types de troubles chez les rats, avec des niveaux d’exposition similaires à ceux trouvés dans l’environnement du quotidien..
  • Les retardateurs de flamme ont été introduits dans certains vêtements d’enfants, dans les ordinateurs, dans les canapés…afin de prévenir les risques d’incendie. Au cours de l’usage de ces produits, ces substances sont émis dans l’air, puis peuvent se retrouver en partie dans les poussières et, bien sûr dans le corps humain. Par exemple, depuis plusieurs décennies, leur concentration dans le lait maternel double tous les cinq ans.
  • Pour le Bisphénol A, une molécule capable d’interférer avec le système hormonal : plus de 150 études d’université ont montré des effets sanitaires à faibles doses. En parallèle, toutes les études réalisées par des industriels ont conclu à l’absence d’effets à ces mêmes doses.
  • De nombreux substances toxiques se trouvent dans des produits de consommations courantes, qui sont omniprésents dans les maisons : bouteilles en plastiques, ordinateurs, mobiliers rembourré, jouets, produits cosmétiques, produits ménagers, ustensiles de cuisine, encens, bougies
  • Encore aujourd’hui, des sites industriels peuvent générer des pollutions importantes dans leur environnement, causant des effets sanitaires sur les populations riveraines.

 

Homo Toxicus

 

Quelques extraits en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement »

Une expérience planétaire est en cours et nous en sommes les cobayes.

On a analysé des milliers de sangs de cordon ombilical de bébés. On a trouvé des polluants tels que les métaux lourds, des pesticides organochlorés, des BPC [Note de Guillaume : Biphényles polychlorés ; en France on parle plutôt de PCB, pour polychlorobiphényles] … Ça veut dire que la mère a été exposée et qu’elle a transmis ces polluants à son bébé naissant.

Au cours des dernières décennies, la mortalité par maladie infectieuse a beaucoup diminué. Ce qui a pris le dessus, ce sont les maladies chroniques non-infectieuses : maladies cardio-vasculaires, maladies respiratoires, cancers

Chaque jour, des tonnes de substances toxiques sont libérées dans l’environnement sans que nous en connaissions les effets à long terme pour les êtres vivants. Certaines d’entre elles s’infiltrent à notre insu dans nos corps et dans celui de nos enfants. En même temps que notre patrimoine génétique, nous léguons à nos enfants notre patrimoine toxique.

La toxicologie se base sur l’étude de hautes doses d’exposition. Tout le monde s’accorde à dire que ces hautes doses posent problème. mais les toxicologues sont restés aveugles au fait que certains contaminants altèrent l’expression des gènes à des niveaux très faibles.

Je ne vois pas pourquoi on devrait exposer des populations à des hormones pour lesquelles des effets sanitaires ont été montrés sur des animaux en laboratoire.

Productivité oblige, manger est devenu une activité à risque.

Concernant les pesticides organochlorés, 99% des enfants sont exposés, et généralement à des niveaux plus élevés que ce qu’on retrouve dans la littérature scientifique.

[Un agriculteur, dont le taux de spermatozoïdes est très faibles, témoigne :] Certains agriculteurs m’ont dit « j’ai le droit de produire » ; je leur ai répondu « moi j’ai le droit de me reproduire« .

Nous ne sommes pas tous égaux devant les facteurs environnementaux.

Certaines études estiment aujourd’hui la baisse du nombre de spermatozoïdes à 2 % par an, depuis les années 1970. Cette baisse s’accompagne d’un déficit de mobilité et d’une augmentation des anomalies morphologiques. Plus les hommes sont nés récemment, moins bonne est la qualité de leur sperme, ce qui, évidemment, pose tout de suite question par rapport à des facteurs d’environnement.

La preuve absolue sera toujours impossible à établir sans tester directement les substances sur des humains en laboratoire. Mais de plus en plus d’études convergent : sur des animaux, sur des cellules humaines et à l’échelle des populations (études épidémiologiques).

Tout ce que nous mangeons et buvons est absorbé et transformé par nos corps en nourriture pour nos cellules. Nos cellules se renouvellent à partir de ces substances. Notre intestin se renouvelle entièrement tous les six mois environ, notre peau tous les 28 jours, nous sommes un être neuf tous les deux ans. Pensions-nous polluer impunément tout ce dont nous sommes faits ?

 

Mon avis

Les « + » :

  • Sujet grave présenté sans gravité, avec pédagogie et quelques touches d’humour. Cette approche me semble permettre d’éviter que le spectateur sorte désespéré… et donc résigné, l’inaction étant la pire des conséquences pour un documentaire de ce type. Ca m’a fait penser à Lucrèce (toutes proportions gardées ! 🙂 ), qui imprègne de « doux miel poétique » certaines amères vérités philosophiques.
  • L’auteure a fait analyser son sang à l’occasion du documentaire : une journaliste impliquée dans son enquête… et, puisqu’elle considérait qu’elle avait vécu une grande partie de sa vie dans des zones rurales et/ou faiblement polluées, qui ne pensait pas retrouver 110 substances toxiques dans son propre corps.
  • L’intervention de personnes connues en santé environnementales : Eric Dewailly, John Peterson Myers, Tyrone Hayes, Charles Sultan…
  • Une interview de deux représentants de Santé Canada (au Canada, équivalent du ministère en charge de la santé) et d’une association d’industrielle, ce qui permet d’avoir un point de vue différent. ce type de participation est rare et participe à la qualité du documentaire.

Les « – » :

  • Rien de très significatif selon moi ; je pense que c’est le meilleur documentaire que j’ai vu jusqu’ici.
  • Les nanoparticules et les OGM sont évoqués succinctement, ce qui laisse un peu sur sa faim.
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Sensibiliser les enfants avec des livres illustrés ? Ca m'intéresse !
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