Le Principe de nature pour nos enfants (2/3)

Le médecin doit prendre ses leçons dans la nature. – Hippocrate

En vérité, on dirait qu’ils conçoivent l’homme dans la Nature comme un empire dans un empire. – Baruch Spinoza

 

Chronique du livre « The Nature Principle: Reconnecting with Life in a Virtual Age »  (Le principe de nature : se reconnecter avec la vie à un âge virtuel)

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de Richard Louv, 352 pages, publié en 2012.

 

Richard Louv est auteur et journaliste scientifique. Il a fondé et préside l’ONG Réseau Enfants & Nature.

Ce livre décrit comment satisfaire notre besoin de nature, et plus particulièrement celui des enfants, dans le quotidien du monde moderne. L’auteur propose de mettre en synergie les apports de la nature et ceux de la technologie, plutôt que de les opposer par principe. Cette synergie pourrait être placée au centre d’une démarche éducative.

Ce livre fait l’objet d’une chronique en trois parties. Cet article est le deuxième article de la chronique. Le premier article se trouve ici : Le Principe de nature pour nos enfants (1/3)

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Quelques informations et points de vue intéressants, concernant la thématique « Santé des enfants et environnement »

Voici une liste d’informations et de points de vue issus du livre, en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement », et que je souhaite partager avec vous.

  • Certaines recherches suggèrent que la bactérie Mycobacterium vaccae peut favoriser la capacité d’apprentissage chez les mammifères. Cette bactérie se trouve dans le sol des environnements naturels ; elle est communément ingérée lorsqu’on passe du temps dans la nature.
  • Il est raisonnable de spéculer que le temps passé dans le monde naturel, à la fois en restaurant et stimulant le cerveau, peut mener à la création de nouveaux neurones. Ces derniers pourraient donc être appelés des « neurones nature ».
  • Le génie créatif n’est pas une accumulation de savoirs. Il s’agit de la capacité à voir des motifs dans le monde autour de soi, à identifier des liens entre ce qui est et ce qui pourrait être, à faire des connexions entre les choses existantes.
  • Des études ont montré que la présence d’eaux de surface augmente certains effets bénéfiques associés à l’expérience d’un paysage naturel.
  • Nous sommes faits pour être principalement en mouvement : marcher, courir, grimper, etc. Inclure des activités physiques dans notre quotidien est un facteur essentiel de santé. Les bienfaits sont augmentés si ces activités sont pratiquées dans la nature, en particulier dans des environnements non structurés par l’Homme.
  • L’exposition à la saleté des environnements naturels pourrait rehausser l’humeur, favoriser la production de sérotonine (une hormone favorisant la gestion des émotions, surnommée l’« hormone du bien-être ») et dynamiser le système immunitaire.
  • Des chercheurs ont montré que la présence de nature est associée à plus de ressentis sociaux, plus de valeur attribuée à la communauté et aux relations proches. Les gens prennent plus soin des autres quand ils sont entourés de nature. Une des explications proposées est que la présence de nature rapproche les personnes de leur état d’origine : des chasseurs-cueilleurs qui dépendaient d’un groupe pour leur survie. Les chercheurs ont suggéré que ces résultats soient intégrés dans les réflexions portant sur les projets d’architecture et de planifications urbaines.

 

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Quelques extraits en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement »

S’il est vrai que trop d’exposition à la lumière du soleil peut mener à des mélanomes, trop peu de temps en extérieur peut aussi avoir un effet négatif sur la santé. Selon une étude, jusqu’à trois quarts des adolescents et des adultes américains présentent une carence en vitamine D [Note de Guillaume : 80% des français sont carencés d’après l’Institut de veille sanitaire (InVS)], qui est obtenu naturellement à partir de lumière solaire et de certains aliments, ou bien avec de suppléments. […] Les niveaux de vitamine D sanguins sont en train de baisser et une carence est associée à un grand nombre de problèmes de santé, comprenant des cancers, des diabètes de type 2, des niveaux d’humeur plus bas en hiver, une force physique plus faible chez les plus jeunes, et une fonction pulmonaire diminué chez les enfants souffrant d’asthme. Des bénéfices à la vitamine D ont également été trouvés pour la réduction du risque de certaines maladies infectieuses, de maladies autoimmunes, de fractures et de maladies parodontales [Note de Guillaume : déchaussement des dents].

[Une chercheuse travaillant sur l’influence de bactéries naturelles sur la capacité d’apprentissage] spécule que créer des environnements d‘apprentissage extérieurs, où [la bactérie] Mycobacterium vaccae est présente, pourrait « améliorer la capacité à apprendre de nouvelles tâches ».

Ralph Waldo Emerson, dans un discours à la cérémonie d’enterrement de Henry David Thoreau, a décrit les nombreux talents de son ami : « Il était un bon nageur, coureur, patineur, marin, et aurait probablement dépassé la capacité de marche sur une journée de la plupart des personnes rurales… La longueur de sa marche faisait uniformément la longueur de son écriture. Quand il était enfermé dans la maison, il n’écrivait pas du tout. »

En 1977, vers la fin de ces travaux, Edith Cobb, une partisane connue de l’éducation basée sur la nature, soutenait que les génies ont un trait commun : ils ont eu une expérience transcendante dans la nature pendant leurs plus jeunes années.  […] Ces moments d’extase sont comme des « bijoux radioactifs enterrés en nous, émettant de l’énergie au travers des années de nos vies ».

Voici ma définition de la nature : les êtres humains se trouvent dans la nature partout où ils expérimentent une parenté signifiante avec d’autres espèces. Avec cette définition, un environnement naturel peut être trouvé dans la nature sauvage ou dans une ville. […] On reconnait cette nature quand on la voit.

[Selon] Edward O. Wilson, la biophilie est notre « mouvement émotionnel inné pour nous affilier avec d’autres organismes vivants ». Ses interprètes ont étendu cette définition pour inclure les paysages naturels. Plusieurs décennies de recherche inspirée par la théorie de Wilson suggèrent qu’à un niveau que nous ne comprenons pas complètement, l’organisme humain a besoin d’une expérience directe avec la nature.

Orians et Judith Heerwagen, des psychologistes environnementaux basés à Seattle, ont passé des années à enquêter autour du monde, testant la préférence des personnes parmi différentes images. Les chercheurs ont trouvé que, quelle que soit la culture, les gens sont attirés par des images de nature, et plus particulièrement de savane, avec des bosquets, des canopées horizontales, des vues sur de longues distances, des fleurs, de l’eau et des changements d’élévations. […] Génétiquement, nous sommes essentiellement les mêmes créatures que celles que ce que nous étions au commencement.

« Tous ces détails qui me tracassaient, faisait monter ma pression sanguine, étouffant la vie en moi, n’avaient rien à voir avec la vie. Etre dehors m’a rendu cela complètement limpide. Juste vivre. Quand on est mort et parti, la plupart de ces choses ne compte pas. C’est nous qui créons ça. La nature me rappelle à quelle point la vie est simple et réalisable. » 

 

La suite de cette chronique se trouve ici : Le Principe de nature pour nos enfants (3/3)

Vous le savez, ma famille et moi habitons en ville, à Paris. Je suis en train de recenser tous les moyens que je peux utiliser, dans un contexte urbain, pour pouvoir connecter mes enfants à de la nature de proximité. Je suis preneur de tous vos conseils : partagez-les dans les commentaires !

Photo par barnyz

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