La peau de bébé

La peau de bébé

 

Bonjour à tous !

L’article d’aujourd’hui porte sur la peau des bébés. Ce thème me parait très important : d’un côté, leur peau est fine et fragile, et de l’autre, de nombreux cosmétiques peuvent y être appliqués, avec leur lot de substances préoccupantes. Je suis donc ravi que Claire Mafayon, du blog une Maison Saine pour une Bonne Santé, vienne nous présenter sa vision des enjeux et ses conseils pratiques. Claire, à toi la plume !  

 

A sa naissance, le petit humain passe du milieu aquatique au milieu terrestre.

La première fois qu’on a posé ma fille dans mes bras, j’avais l’impression de serrer un petit poulpe tellement sa peau était gorgée d’eau. La ressemblance a atteint son paroxysme quand elle a lâché son encre, soit double dose de méconium.

Ah, le méconium ! Cette substance collante et noire constitue les premières selles du bébé après sa naissance. Les premiers changes en sont laborieux à notre grand désarroi de nouveaux parents.

Sans mode d’emploi pour notre tout-petit, nous nous retrouvons à nous former par nous-même pour mieux le comprendre. Sa peau si douce est aussi si fragile, il convient d’y apporter des soins appropriés.

Voyons un peu ce qu’il faut savoir sur la peau de bébé pour mieux la protéger.

Ce qu’il est préférable de savoir

Spécificité de la peau de bébé

La peau de bébé par rapport à celle de l’adulte est moins acide, plus perméable et plus sensible. Mais il faut savoir aussi que :

  • la surface corporelle par rapport à son poids est 3 fois plus importante
  • le film protecteur hydrolipidique plus fragile,
  • et la production de mélanine trop faible pour le protéger du soleil.

La surface corporelle et la perméabilité spécifiques de la peau de bébé l’exposent d’autant plus aux effets de certains produits. Si la peau est irritée, en plus d’être inconfortable, elle devient plus perméable encore.

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Substances à éviter

Il est donc préférable de protéger les bébés de nombreux composés qui peuvent être : perturbateurs endocriniens, allergisants, irritants, cancérogènes et toxiques. Parmi les substances à éviter, en voici 4 dont il serait bon de retenir les noms :

  • phénoxyéthanol jugé toxique pour le sang et le foie par l’ANSM (1),
  • BHA/ BHT classés cancérigènes possibles par la CIRC (2),
  • butylparaben et propylparaben, perturbateurs endocriniens,
  • et  le sodium laureth sulfate ou sodium lauryl sulfate jugé irritant et toxique pour le foie par la CIRC.

Et concrètement, comment prendre en compte tout ça ?

Comment prendre soin de la peau de bébé ?

Reprenons les recommandations du corps médical : pédiatres et sages femmes.

Le bain

Le bain ne doit durer que 15 minutes maximum. Il n’est pas forcément quotidien, une toilette de chat avec une lingette mouillée suffit le plus souvent et le savon n’est pas systématique. Évitez l’eau chaude et si les bains sont quotidiens, l’eau devrait être légèrement en dessous de 37°C. Pour un nourrisson, un bain par semaine est largement suffisant, surtout si ça le stresse.

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Les soins de bébé

Le savon de bébé n’est pas un savon d’adulte mais un savon doux adapté, non parfumé, de fabrication à froid, sans huiles essentielles. Le savon d’Alep est l’un des rares savons qui convient pour toute la famille. Personnellement, j’apprécie les savons solides spécial bébé.  Le film hydrolipidique étant fragile, on pourra protéger la peau de bébé après la toilette. L’idéal est un produit à base d’huile d’olive comme du liniment ou de l’huile de calendula, Simple et efficace, on évite ainsi les produits complexes dont on ne comprend pas toujours la liste des ingrédients.

Protéger les bébés du soleil

Pour bébé ou enfant, les protections solaires sont indispensables. Tout d’abord, on évite les périodes les plus chaudes de la journée et on utilise tous les accessoires disponibles : tentes, ombrelles, vêtements couvrants, chapeaux, lunettes de soleil et crèmes solaires. Autant faire en sorte d’avoir le moins besoin d’utiliser de crème. Mais sur les parties exposées, on n’hésite pas à utiliser de la crème solaire.

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Lingettes et couches lavables

Pour protéger la santé de bébé, il est préférable d’utiliser des lingettes et couches lavables (3). Il ne faudrait pas se priver d’utiliser des lingettes lavables qui constituent une solution saine, écologique, économique et simple.

Par contre, l’utilisation de couches lavables n’est pas une solution facile à mettre en place.

Quel type de couche ? Combien ? Quelle taille ? Voici mon conseil.

Avec mon compagnon, nous avons commencé l’aventure des couches lavables une semaine après le retour de la maternité avec un service de location et de nettoyage. C’était franchement idéal pour démarrer en douceur. Et le coût mensuel correspond à celui de couches jetables classiques. De quoi se familiariser et tester différents modèles sans avoir à gérer tout de suite le lavage . On peut passer à tout moment sur une simple location. Une fois qu’on est rodé et que bébé a atteint l’âge idéal pour les couches évolutives, on peut se lancer dans l’achat d’un lot de couches lavables. C’est un investissement certes mais il permet une économie pouvant aller jusqu’à 1500€  dès le premier enfant.

Recommandations personnelles pour l’allaitement

Allaitant ma fille depuis plus d’un an, j’ai pu remarquer quelques sensibilités en fonction du contenu de mes repas. Les jus de fruit que je bois ont souvent pour conséquence de lui brûler les fesses. Pourtant, c’est bien agréable un petit jus de pomme :/. Et aussi, si je veille à un bon équilibre oméga 3 et oméga 6, nos peaux à toutes les deux s’en portent ainsi beaucoup mieux.

J’espère que ces quelques conseils vous aideront avec vos bébés. Certains tiennent du bon sens et vous êtes déjà au point. Sur d’autres, nous avons tous des progrès à faire. Difficile de réduire la durée d’un bain quand bébé s’éclate. Les couches jetables sont tout de même bien pratiques.Tout est une question de dosage et d’équilibre. Et vous comment  prenez-vous soin de la peau de bébé ?

 


(1) ANSM Agence National de Sécurité du Médicament et des produits de santé

(2) CIRC Centre International de Recherche sur le Cancer

(3) 60 millions de consommateurs, Couches, attention toxiques!, n°523, février 2017

Pour en savoir plus : www.les-couches-lavables.fr


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8 Commentaires

  1. Flore

    Merci pour ce chouette article. Tu fais ton liniment toi-même ? Si oui, tous les combien ?

    Répondre
    1. Claire

      Bonjour Flore,

      Merci pour ton commentaire. Non, je n’ai pas eu le courage de me lancer dans le liniment fait maison. Même si une de mes amies me dit que ça prend 5 min à faire et que ça dure 3 mois. 🙂

      Personnellement, j’utilise un savon spécial bébé et de l’huile de calendula. Ça me convient très bien surtout que je n’en utilise pas systématiquement. J’en parle dans un de mes articles si ça t’intéresse :

      http://maison-saine-bonne-sante.fr/soin-pour-bebe-une-solution-simple-et-saine/

      D’ailleurs je garde chaque flacon vide d’huile de calendula et ils me rendent de nombreux services.

      A bientôt
      Claire Article récent : 8 utilisations originales de l’huile d’oliveMy Profile

      Répondre
  2. Aurélie

    Infos utiles, merci !
    As-tu un avis sur les bains aux flocons d’avoine pour les bébés ?

    Répondre
  3. Claire

    Bonsoir Aurélie,

    Merci à toi pour ton retour.

    Non, je n’ai aucun retour d’expérience à te donner sur les bains de flocons d’avoine.

    En cas d’irritation, j’ai tendance à espacer davantage les bains et veiller à une alimentation moins acidifiante. Étant donné qu’elle souffre d’intolérance alimentaire, on n’est jamais à l’abri de traces dans un produit ou un autre et sa peau réagit facilement.

    Si jamais tu essayes, je veux bien un retour d’expérience, ça m’intéresse.

    Répondre
    1. Guillaume (Auteur de l'article)

      Ya un groupe Facebook qu iaborde ces thèmes notamment, « Objectif bébé bio » de mémoire, et j’avais lu pas mal de retour très positif sur les bains de flocons (surprenant la première fois qu’on lit ça !). Je n’ai jamais eu l’occasion d’essayer : depuis que je connais l’existence de cette pratique, mes filles n’ont pas encore eu la peau irritée 🙂

      Répondre
    2. Margot

      Ma fille a parfois des plaques qui apparaissent sur sa peau. Je soupçonne aussi des intolérances : comment as-tu découvert (diagnostiqué?) celle de ta fille ?

      Répondre
  4. Claire

    Bonsoir Margot,

    Les symptômes varient d’une personne à l’autre mais je peux te raconter un peu comment ça s’est passé pour nous.

    Elle avait à peine deux mois qu’elle a commencé à avoir du sang dans les selles. Parfois beaucoup, parfois très peu et le plus souvent rien. En attendant le rdv chez le pédiatre, j’ai cherché sur internet et j’ai rapidement trouvé que cela pouvait être du à une intolérance alimentaire.

    Je me suis dit que la quantité de sang devait être en lien avec l’intensité de l’exposition. En partant des allergènes les plus connus et en prenant notes des repas, j’ai rapidement identifié le sésame. Une fois éliminée de notre alimentation même sous forme de traces, elle n’a plus eu de symptômes. J’ai un pédiatre assez chouette qui a porté du crédit à ce que je disais. Il ne voyait pas l’intérêt de faire des analyses étant donné qu’elle a rapidement plus eu aucun symptôme.

    Par la suite, il lui arrivait de faire de petites diarrhées, parfois du sang dans les selles (très peu) et d’avoir les fesses rouges. Après contrôle des étiquettes, on retrouvait facilement le produit incriminé. Y a vraiment des traces partout!

    J’avais des doutes pour la cacahuète, nous sommes donc allés voir un allergologue mais ce n’était clairement pas le bon interlocuteur. Une intolérance n’a rien à voir avec une allergie.

    Maintenant qu’elle a un an et demi, elle est moins sensible mais elle a quand même les fesses rouges et un peu d’urticaire si elle est en contact. Je sais qu’elle réagit au sésame et à la cacahuète.

    J’attends qu’elle soit un peu plus vieille pour lui faire une prise de sang et les analyses. Parfois, je me dis que j’ai tout rêvé, que je ne suis pas médecin et j’autorise un écart. La nuit horrible qui s’en suit me rappelle que je suis celle qui la connait le mieux et que je devrais me faire davantage confiance. ^^ Ah oui parce qu’en plus de ces symptômes physiques, elle dort aussi moins bien et s’agrippent comme un Koala.

    Les témoignages sont nombreux de mamans que le corps médical n’a pas su entendre sur des cas d’intolérances alimentaires. On risque rien à faire quelques tests avec des jours sans un certain type d’aliment: on remplace le lait de vache par du lait de chèvre et on voit ce que ça donne par exemple.

    En espérant que ça t’aide
    Claire Article récent : 8 utilisations originales de l’huile d’oliveMy Profile

    Répondre
    1. Guillaume (Auteur de l'article)

      Merci beaucoup Claire pour ce super retour d’expérience qui, je crois, sera très utile à de nombreux parents

      Répondre

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