Evolution et santé-environnement : augmenter l’espérance de vie de nos enfants

Musique par Ronan Vernon

 

[L’obésité infantile] est le problème de santé publique numéro un […], faisant courir le risque à la plus jeune génération d’être la première de l’histoire à avoir une plus faible espérance de vie que ses parents. – Bill Clinton

Enfant santé environnement évolution

 

Bonjour à tous

Lors d’un précédent article, j’ai présenté la logique évolutionniste et sa déclinaison en santé-environnement, ou comment augmenter le niveau de santé de nos enfants en mimant, dans notre monde moderne, les principales composantes du mode de vie de nos ancêtres. Les analyses de ce blog s’inscrivent dans cette logique, à l’intersection entre les preuves scientifiques et les indices laissés par nos ancêtres.

Dans des articles à venir, je proposerai des réponses à des questions classiques, portant sur la logique évolutionniste ou la médecine évolutionniste. Aujourd’hui je commence par une question qui m’a beaucoup intéressé, et que j’ai reçue parmi les commentaires.

 

L’espérance de vie au Paléolithique n’était-elle pas moins grande que celle d’aujourd’hui ?

L’espérance de vie au Paléolithique est estimée entre 30 et 40 ans. L’espérance de vie des populations de chasseurs-cueilleurs actuelles est d’environ 40 ans [1].

Cela peut paraitre faible au regard de l’espérance de vie des pays développés, supérieure à 75 ans pour la plupart. Par exemple : en France, en 2012, l’espérance de vie à la naissance était de 79 ans pour les hommes et de 85 ans pour les femmes, soit 82 ans en moyenne [2].

Cela parait peut être moins faible au regard d’autres époques. Par exemple :

  • Au XVIIe siècle, l’espérance de vie à Londres est d’environ 18 ans ;
  • Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, l’espérance de vie ne dépasse pas 25 ans dans les pays civilisés.

Finalement, une espérance de vie de 30 à 40 ans en milieu sauvage, ce n’est peut être pas si mal 😉

 

Mais attention : ces espérances de vie sont des moyennes. Et comme toutes les moyennes, elles sont influencées par les valeurs extrêmes. En l’occurrence, la mortalité infantile était très élevée chez nos ancêtres. Elle l’est également chez les populations actuelles de chasseurs cueilleurs, les maladies infectieuses étant le principal facteur de décès. Quand une proportion significative d’une population meurt au bout de seulement quelques années de vie, l’espérance de vie (moyenne) diminue significativement.

De plus :

  • la vie sauvage comprend des dangers bien plus nombreux qu’une ville ou une campagne moderne : grands prédateurs, relief accidenté, tribus ennemies, animaux venimeux, etc. ;
  • les tâches les plus périlleuses sont souvent confiées à de jeunes adultes : chasse de gros animaux, pêche derrière la barrière de corail, port de charges lourdes, etc. Ici aussi, un plus grand taux de décès dans cette tranche d’âge jeune diminue significativement l’espérance de vie ;
  • en cas de blessure, nos ancêtres ne pouvaient pas compter sur une médecine réparatrice performante. Chez les chasseurs cueilleurs actuels, la plupart des décès à l’âge adulte sont consécutifs à des accidents ou à des affrontements avec des animaux, plus fréquents dans un environnement sauvage.

 

Ces facteurs permettent d’expliquer pourquoi une population peut présenter un bon niveau de santé général, tout en ayant une faible espérance de vie. A titre d’illustration, concernant les papous de l’île de Kitava, en Papouasie Nouvelle Guinée :

  • l’espérance de vie (à la naissance) est estimée à 44 ans ;
  • l’espérance de vie à 45 ans est de plus de 80 ans [3, 4]. Compte tenu de leurs conditions de vie, bien moins confortables que les nôtres, ce chiffre suggère un très bon niveau de santé générale.

En conclusion, de mon point de vue, nous avons tout intérêt à profiter du meilleur de leur monde (leur style de vie) et du meilleur du nôtre (médecine réparatrice, confort, etc.).

 

Peut être avez-vous d’autres questions, concernant la logique évolutionniste et son application en santé-environnement : partagez-les dans les commentaires !

 

Références :

1. Eaton SB, Cordain L, Lindeberg S. Evolutionary Health Promotion: A Consideration of Common Counterarguments. Preventive Medicine 2002. 34 : 119–123. doi:10.1006.

2. site Internet de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) : Global Health Observatory Data Repository – Mortality and global health estimates – Life expectancy : http://apps.who.int/gho/data/node.main.688?lang=en

3. Lindeberg S, Lundh B. Apparent absence of stroke and ischaemic heart disease in a traditional Melanesian island: a clinical study in Kitava. Journal of Internal Medicine 1993. 233 (3) : 269–75. doi:10.1111.

4. Site Internet de Staffan Lindeberg – The Kitava Study (consulté le 24 mai 2015 – Staffan Lindeberg est mort en 2016, son site Internet n’est plus disponible aujourd’hui).

Credit photo :  Anja Pietsch

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11 Commentaires

  1. CécileD

    Bonjour Guillaume, j’aime bien ton blog car c’est un peu le cheminement que nous sommes en train de faire avec mon mari et mes enfants. D’ailleurs, je suis passée au « paléo » et je l’ai découvert (le blog) via le forum de Sylvain. Nous étions en proche banlieue parisienne voilà encore 3 ans et nous avons « migré » en Sud Seine et Marne pour être à la campagne, dans une maison avec jardin et profiter de la nature environnante. Le Bois de Vincennes, on en a soupé !!! Et encore, on avait la chance d’habiter à coté… Bref, on fait plus attention à ce qu’on mange en qualité, on commence à regarder tout ce qui est produits d’hygiène, corporelle ou maison etc etc. Le « problème », c’est que c’est un vrai engrenage !!! A plus pour un prochain article !

    Répondre
    1. Guillaume (Auteur de l'article)

      Merci CécileD 🙂

      Je comprends de ton message qu’on est effectivement sur le même chemin, et que tu y as quelques longueurs d’avance, cool ! J’espère que le blog continuera à te plaire, et qu’il sera l’occasion pour toi de partager tes retours d’expériences. Mon intuition me dit qu’ils vont être très intéressants, je suis bien preneur !

      Au plaisir de te découvir avec de futurs échanges

      Répondre
  2. Fx

    Merci Guillaume pour cette démonstration très claire qui peut permettre de lever la principale objection des Paléo sceptiques!
    Encouragements pour la suite: une étude sur les ondes, wifi et autres teo portables? Ton approche scientifique serait un vrai éclairage pour moi.

    Répondre
    1. Guillaume (Auteur de l'article)

      Merci Fx 🙂
      Oui ce sujet est intéressant. J’ai à peu près zéro connaissance sur ce thème aujourd’hui 😉 et il a l’air complexe. Partir de zéro et atteindre un niveau permettant d’écrire des articles intéressants me demandera du temps.

      Répondre
      1. Guillaume (Auteur de l'article)

        Fx, un premier élément de réponse issu de mes lectures. Le Dr Halimi (Association Santé Environnement France, composée de médecins) dans son livre « La Grande Detox » recommande :

        – pas de travail avec un ordi portable sur les genoux s’il est connecté au wifi ;
        – préférer un réseau cablé au wifi, au minimum éteindre le wifi la nuit
        – en dessous de 12 ans pas de téléphone portable
        – utiliser le kit main libre ou le mode haut parleur lors des communications
        – éviter d’utiliser le téléphone mobile dans les transports
        – mettre le téléphone portable dans un sac ou plutôt que directement dans la poche
        – réserver le téléphone portable aux conversations courtes

        Je sais qu’il y a aussi d’autres discours, plus rassurants. Je n’ai pas vraiment d’avis pour le moment. En première approche, personnellement, je classe les recommandations de l’ASEF comme a priori soit « raisonnablement prudentes » soit « très prudentes ».

        Répondre
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  4. Pingback: Les pollutions environnementales impactent la santé de nos enfants

  5. Pingback: Pollutions environnementales et santé : ce qui rend les enfants plus vulnérables

  6. Un colibri

    Article clair et synthétique. Merci ! 🙂

    Répondre
  7. Guillaume (Auteur de l'article)

    ah ok super, merci 🙂

    Répondre
  8. Pingback: Evolution et santé-environnement : mimer le mode de vie de nos ancêtres

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