« Et si on arrêtait d’empoisonner nos enfants » avec Erwann Menthéour (4/4)

Cela peut être agaçant de se voir resservir la carte du bio à toutes les sauces, mais prenons du recul deux minutes : le bio est en réalité le mode le plus normal de production ! Ayez le réflexe de penser « normal » ou « non toxique » quand on vous dit « bio ».  – Dr Véronique Vasseur

Ce qui m’inquiète, c’est la pensée que l’homme est capable de s’habituer aux pires conditions de vie. Il pourra trouver parfaitement normal d’ici un siècle, de vivre prostré dans quelque bunker, avec des masques, de l’air artificiel. Il ne saura même plus alors que l’on vivait autrement. – Paul Émile Victor 

 

Chronique du livre « Et si on arrêtait d’empoisonner nos enfants »

Mentheour sante enfants environnement

d’Erwann Menthéour, 208 pages, publié en 2017

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Erwann Menthéour est un ancien coureur cycliste, aujourd’hui coach et auteur spécialisé dans la santé, l’activité physique et le bien-être.

Ce livre décrit les différentes pollutions auxquelles sont exposés les enfants dans le monde occidental moderne. Pour y faire face, l’auteur y recommande des bonnes pratiques de prévention.

Ce livre fait l’objet d’une chronique en quatre parties ; cet article est le quatrième article de la chronique. Il porte notamment sur les additifs alimentaires et les écolabels. Le premier article de la série se trouve ici : « Et si on arrêtait d’empoisonner nos enfants » avec Erwann Menthéour (1/4)

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Quelques informations et points de vue intéressants, concernant la thématique « Santé des enfants et environnement »

Voici une liste d’informations et de points de vue issus du livre, en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement », et que je souhaite partager avec vous.

  • Concernant les aliments, la plupart des additifs ont fait l’objet d’évaluations de risques insuffisantes. C’est notamment le cas des effets potentiels sur les jeunes enfants.
  • Pour maîtriser l’exposition aux additifs, les parents peuvent adopter les règles simples suivantes :
    • éviter les produits dont les étiquettes présentent des codes commençant par la lettre « E » ;
    • privilégier les produits qui ne contiennent pas plus de trois additifs.
  • Une pomme achetée au supermarché peut avoir reçu jusqu’à cinquante-cinq traitements par des pesticides.
  • Aujourd’hui, la plupart des gens considère comme normal le fait de ne pas pouvoir manger la peau des fruits. Pourtant, ce comportement est bien éloigné de ce qui pourrait être considéré comme un rapport « naturel » aux aliments.
  • Les labels écologiques sont des points de repère utiles pour la plupart des produits de consommation courante : peintures, vêtements, linge de maison, matelas, cosmétiques… Malheureusement, ils peuvent parfois s’avérer insuffisants. Par exemple, le label AB (Agriculture Biologique) n’interdit pas toute présence d’OGM. Pour palier ce manque, le label BioCohérence, bien que moins connu, pourra servir de référence.
  • Pour la plupart des produits de consommation courante, il existe des alternatives basées sur des matières brutes et naturelles. Les matières les plus utilisées sont les suivantes :
    • Le vinaigre blanc : nettoyant, dégraissant, détartrant, assouplissant…
    • le bicarbonate de soude : nettoyant, décapant, assouplissant, agent de blanchiment du linge, antiacarien, antimoisissures, désherbant…
    • le citron : désodorisant, nettoyant, antiseptique…
    • le marc de café : antiparasites…
    • les clous de girofle : désodorisant…
    • l’huile d’olive : hydratant, démaquillant…
  • Les produits de soin industriels pour bébé font l’objet de nombreuses préoccupations. Les associations de consommateurs publient régulièrement des listes de produits à éviter et de produits à privilégier, qui peuvent servir de points de repères. Dans tous les cas, la présence d’un label écologique apporte des garanties complémentaires.
  • Notre patrimoine génétique est très proche de celui de notre ancêtre préhistorique. Ce dernier devait parcourir entre 30 et 35 km par jour. Il se nourrissait d’aliments directement prélevés dans la nature, souvent peu transformés.
  • L’évolution a façonné un corps qui est fait pour courir, marcher, sauter, grimper, porter… La sédentarité et le manque de mouvement nous tient à distance de ces besoins fondamentaux, ce qui dérègle le fonctionnement du corps et sa bonne santé.
  • Le corps rejette les substances dont il n’a pas besoin par plusieurs « émonctoires » : reins, intestins, peau, poumons… La pratique régulière d’une activité physique stimule le fonctionnement des émonctoires ; puisque les enfants sont exposés à des pollutions alimentaires et environnementales, l’activité physique est un élément essentiel de leur bonne santé dans le monde moderne.
  • L’adolescence est souvent une période favorisant la transgression de certains interdits. Les parents pourront dès lors tenter, dès le plus jeune âge, de faire apparaître les bonnes pratiques sanitaires comme des évidences plutôt que comme des interdits.
  • Autant que possible, privilégier des versions crues ou peu cuites des fruits et légumes. Cette pratique permet que les enfants profitent au maximum de leurs qualités nutritionnelles.

 

Mentheour sante enfants environnement5

 

Quelques extraits en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement »

Aujourd’hui, c’est face aux OGM que nous tremblons. Et nous avons raison d’avoir peur. Environ 70 % des terres cultivées dans le monde sont réservées à quatre monocultures, blé, soja, maïs et huile de palme, pour nourrir les élevages du monde entier. La plupart se trouvent en dehors de l’Europe et sont des plantes OGM qui détruisent le microbiote des bêtes qui s’en nourrissent pour grandir, et qui, par ricochet, nous transmettent ces molécules qui alors détruisent notre propre microbiote. La France importe d’Amérique du Sud 50 % des protéines végétales consommées par l’élevage animal. Or, en Argentine et au Brésil, d’où proviennent la majorité des importations, les OGM sont la norme.

Le premier problème concerne notre médecine occidentale : en s’obstinant à traiter au lieu de prévenir, elle s’épuise et nous conduit dans une impasse. Dans notre système, l’étiologie, l’étude des causes des maladies, est la grande laissée pour compte, avec de plus en plus de maladies idiopathiques, ce qui signifie sans cause connue. Le second problème est le manque de volonté politique pour mettre en place une vraie recherche pour mesurer l’impact de l’environnement sur notre santé.

Les premiers pesticides datent des années 1960, avec une montée en puissance jusqu’aux années 1980. Les enfants nés avant auront donc vu leur enfance globalement épargnée. Leurs enfants et leurs petits enfants n’ont malheureusement pas eu cette chance, et nous en faisons partie. Notre organisme compte de 300 à 400 polluants chimiques nouveaux qui n’existaient tout simplement pas avant, et donc que n’ont pas connus les générations antérieures. Comment imaginer qu’un tel « cocktail » puisse être anodin ?

D’une manière générale, les pouvoirs publics prennent des mesures quant à la toxicité aiguë, mais pas la toxicité chronique, ces microdoses auxquelles nous sommes exposés constamment au quotidien. Or, on sait aujourd’hui que ces microdoses peuvent agir de façon plus importante. Que la quantité ne fait pas le poison. Que la nocivité est accrue par un effet cocktail. Les pouvoirs publics n’agissent pourtant qu’après avoir identifié un poison en maxi-dose. Un rapport épidémiologique n’émerge qu’à la suite d’un impact grave sur l’homme : il faut des morts. Il faut que l’on puisse trouver la source de la maladie. Cette lenteur a évidemment des conséquences dramatiques.

« Oh, le bio, vous êtes gentil, mais ça coûte la peau des fesses ! À l’âge de Jérémie et de sa sœur, on ne mangeait pas bio, et je ne m’en porte pas plus mal, non ? » Lorsqu’elle était enfant, la maman de Jérémie ne mangeait peut-être pas bio, mais ce que nous mangeons n’a presque plus rien à voir avec ce qu’on consommait à l’époque. Il y a seulement un demi-siècle, l’industrie agroalimentaire commençait seulement à mettre en place les schémas qui, de nos jours, font des ravages.

La majorité des additifs employés aujourd’hui sont des produits de synthèse dont l’impact sur la santé est étudié d’une manière bien plus qu’insuffisante. Il n’existe pas d’études sur leurs possibles interactions et réactions dans le cas de rencontre avec d’autres produits chimiques (médicaments, résidus de pesticides…).

Cultiver l’ensemble des terres arables du monde selon les préceptes de l’agriculture bio permettrait de nourrir l’humanité. – Food and Agriculture Organization (FAO), 2007.

Nous ne sommes pas des êtres conçus pour être sédentaires, nous possédons le même patrimoine génétique que nos ancêtres du paléolithique et sommes constitués pour pratiquer une activité physique quotidienne, et cela dès l’enfance. L’activité physique favorise la détoxification, donc le traitement de nos déchets par l’activité des reins, du cœur, des poumons, de la peau, de l’intestin.

 

Mon avis

Les « + » :

  • Un panorama des principales pollutions environnementales modernes, décliné pour le cas particulier des enfants, qui peut être utile dans le cadre d’une première approche.
  • L’avis d’un psychiatre sur les stratégies pédagogiques qui peuvent accompagner les positions de l’auteur, à chaque fin de chapitre. Cet avis apporte une prise de recul et un partage d’expériences qui me semblent être de vraies valeurs ajoutées.
  • La notoriété de l’auteur devrait aider à la découverte de la santé environnementale, appliquée aux enfants.

 

Les « – » :

  • D’autres livres ont déjà fait ce type de panorama ; je ne vois pas ce que ce livre apporte vraiment en plus.
  • Plusieurs raisonnements et conclusions me paraissent simplifiés et affirmés avec certitude, alors qu’ils peuvent faire débat au sein de la communauté scientifique. Dans ce cas, il me semble important de le préciser et de présenter les arguments des autres points de vue, sans les disqualifier quasi-systématiquement en sous-entendant qu’ils sont biaisés par des conflits d’intérêt.
  • Certains passages me font penser au sketch des Inconnus sur Florent Brunel :
    • Florent Brunel : “Moi, tu vois, il y a un truc qui me révolte total, tu vois, et je vais le dire ! Même si je me fais des ennemis, je n’en ai rien à foutre. Ce qui me révolte, c’est l’injustice dans le monde, tu vois.
    • Journaliste : “Tu n’as pas peur que ça te retombe dessus ?
    • Florent Brunel : “Alors là, je m’en fous, tu vois. Je m’en fous, j’assume.”

Photo par Rodrigo Denúbila

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Sensibiliser les enfants avec des livres illustrés ? Ca m'intéresse !
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