« Et la santé de nos enfants, alors ? » – l’avis de Générations Cobayes (2/4)

En 2013, 3 % des lots contrôlés par l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) dépassaient les limites permises par la législation. Or, ces limites sont définies molécule par molécule, d’après des tests faits sur des souris, sans tenir compte des effets de synergie et cumulatifs induits par les cocktails ingurgités sur les humains. Et puis je m’interroge beaucoup sur les méthodes d’analyse de l’EFSA, parce que nous, nous trouvons beaucoup plus de 3 % de lots à problèmes. – Christophe Brusset

Privilégier des fruits et légumes cultivés selon des modes de production diminuant l’exposition aux pesticides. –  Haut conseil de la santé publique (2017)

 

Chronique du livre « Et notre santé, alors ? »

Sante enfants generation cobayes

du collectif du mouvement Générations Cobayes, 160 pages, publié en 2016

 

Générations Cobayes est une association dont l’objectif est de sensibiliser et mobiliser les 18-35 ans, sur les liens entre santé et pollutions environnementales. Le terme « cobayes » renvoie à la notion d’exposition subie, due à l’insuffisance des évaluations de risques associés à certaines nouvelles technologies.

Ce livre est un recueil d’interviews, réalisées auprès de certaines personnalités parmi les plus connues en santé-environnement : Gilles-Eric Séralini, François Veillerette, Corinne Lepage, Michèle Rivasi, etc.

Ce livre fait l’objet d’une chronique en quatre parties ; cet article est le deuxième article de la chronique. Il porte notamment sur les ondes des téléphones portables et sur les vaccins. Le premier article de la série se trouve ici : « Et la santé de nos enfants, alors ? » – l’avis de Générations Cobayes (1/4)

 

Quelques informations et points de vue intéressants, concernant la thématique « Santé des enfants et environnement »

Voici une liste d’informations et de points de vue issus du livre, en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement », et que je souhaite partager avec vous.

  • Pour empêcher l’adoption de réglementations contraignantes, l’industrie emploie souvent une stratégie utilisée par l’industrie du tabac dans les années 1930 : elle finance plusieurs travaux scientifiques, dont les conclusions lui seront favorables, afin de créer du doute auprès des décideurs publics. Face à un ensemble d’études dont les conclusions sont divergentes, ces derniers décident souvent de reporter l’adoption de nouvelles réglementations et demandent de nouvelles études. Cette situation peut être entretenue pendant des années, permettant à l’industrie de continuer à vendre ses produits et à générer des bénéfices. Aujourd’hui, typiquement, cette stratégie est utilisée par l’industrie de la téléphonie et de l’Internet mobile.
  • Pour diminuer son exposition aux ondes potentiellement nocives, les bonnes pratiques suivantes peuvent être mises en œuvre :
    • ne pas laisser un téléphone portable allumé la nuit en tête du lit ;
    • utiliser un kit mains libres pour les appels ;
    • désactiver la 3G ou la 4G quand Internet n’est pas utilisé ;
    • à la maison, utiliser une connexion internet filaire, plutôt que le Wifi, et revenir au téléphone fixe filaire ;
    • pour les enfants de plus de 6 ans, si l’achat d’un téléphone portable s’avère nécessaire, en choisir un dont l’indice de Débit d’Absorption Spécifique (DAS – mentionné dans les caractéristiques du téléphone) est inférieur à 0,5 w/kg ;
    • éviter de placer un babyphone à côté de la tête d’un bébé ;
    • [Note de Guillaume : en allant sur le site Internet de la FNAC, j’ai trouvé des recommandations de ce type, qui incluait aussi la bonne pratique suivante : « On évitera aussi de laisser jouer un jeune enfant avec un téléphone et encore de l’approcher du ventre d’une femme enceinte. »]
  • Au cours des dernières décennies, dans l’industrie pharmaceutique, les enjeux financiers sont devenus très importants. Cela a pour conséquence, notamment, que de nombreuses décisions de santé publique sont suspectées d’être influencées par un fort lobbying industriel. Actuellement, de fortes préoccupations concernent les campagnes massives de vaccination. Les campagnes contre l’hépatite B, dans les années 1990, et contre la grippe H1N1, en 2009, sont celles qui ont fait l’objet des plus fortes critiques. Aujourd’hui, le vaccin Gardasil et la présence d’aluminium dans plusieurs vaccins constituent deux sujets de préoccupation très discutés.

 

Sante enfants generation cobayes3

 

Quelques extraits en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement »

Un plan national issu du Grenelle de l’environnement, appelé Ecophyto 2018, prévoyait de diminuer de moitié l’usage des pesticides en France entre 2008 et 2018. Malheureusement, faute d’une réelle adhésion du principal syndicat agricole, la FNSEA (le principal syndicat agricole, très lié aux lobbys de l’agriculture intensive), et à cause du lobbying continu des fabricants de pesticides, ce plan n’a toujours pas permis de commencer à réduire l’utilisation des pesticides dans l’agriculture française. Au contraire, c’est même le mouvement inverse qui est observé puisque ce sont ainsi jusqu’à neuf traitements différents qui sont utilisés sur la culture du blé, alors que les pommes reçoivent, elles, en moyenne 36 traitements par an !

Des résidus multiples sont retrouvés dans plus de 27 % des échantillons [d’aliments] (de 2 à plus de 10 résidus différents par échantillon). Cela veut dire que, à la fin de la journée, le nombre de résidus ingérés sera important, car si même une moitié environ des aliments est contaminée par des pesticides, ceux qui sont contaminés peuvent l’être par 2, 4, 7, 10 pesticides différents ! Cela explique le chiffre mis en évidence dans notre enquête « menus toxiques » de 36 résidus de pesticides différents ingérés par jour.

Les enfants sont contaminés par leur alimentation ou les pesticides employés autour d’eux. Les femmes enceintes ont également quasiment toutes des résidus mesurables dans leur organisme. Ainsi l’étude Pélagie, réalisée sur plus de 3 000 femmes enceintes montre que 97 % des femmes testées ont des résidus de pesticides mesurables dans leurs urines ! Plus de cinq composés ont même été quantifiés dans les urines pour la moitié des femmes enceintes de cette étude !

L’association Générations futures s’est intéressée aux pesticides susceptibles de perturber le système hormonal (qu’on appelle perturbateurs endocriniens) pouvant être retrouvés dans les cheveux d’enfants vivant en milieu rural. L’analyse d’une mèche de cheveux de 3 cm est, en effet, très intéressante, car elle permet de trouver dans cette mèche tous les produits chimiques que le sang aura déposés dans le cheveu au cours des trois derniers mois. Les résultats de cette enquête appelée Exppert sont sans appel, puisque ce sont plus de 21 de ces pesticides perturbateurs endocriniens qui ont été retrouvés en moyenne dans les cheveux de ces 30 enfants. Cette exposition ubiquitaire aux pesticides n’est bien sûr pas sans conséquences pour la population.

Des études existent qui montrent que l’emploi d’herbicide par la future maman pendant la grossesse augmente considérablement le risque de leucémie pour l’enfant à naître. De même, le simple fait de résider à proximité des zones agricoles où on emploie intensivement les pesticides augmente le risque de fausse couche chez la femme enceinte ou encore d’autisme chez l’enfant à naître, quand l’exposition a lieu en début de grossesse selon d’autres publications scientifiques. La consommation par la femme enceinte d’eau du robinet contenant des doses infimes d’atrazine (un désherbant maintenant interdit) a été reliée à des perturbations de la croissance du fœtus. Ces études qui montrent toutes un effet délétère des expositions environnementales à des pesticides mettent souvent en évidence une réalité inquiétante : c’est le fœtus dans le ventre de sa mère ou le très jeune enfant qui semblent le plus à risque de développer des pathologies graves liées aux pesticides.

Aujourd’hui, des scientifiques aussi éminents que le professeur Robert Barouki, de l’INSERM démontrent que l’exposition à des agents toxiques, dont beaucoup de perturbateurs endocriniens, pendant la vie fœtale peut programmer l’apparition de pathologies qui apparaîtront des mois, voire des années, plus tard dans la vie de l’enfant à naître : infertilité, obésité, diabète, malformations génitales, asthme, perturbation de la puberté, cancer du sein, cancer de la prostate…. Cette approche révolutionne la conception de la santé publique puisqu’elle montre que c’est la période d’exposition fœtale à des perturbateurs endocriniens (beaucoup de pesticides le sont) qui conditionne la santé future de l’enfant. Des doses environnementales faibles peuvent engendrer ces effets.

 

La troisième partie de cette chronique se trouve ici : « Et la santé de nos enfants, alors ? » – l’avis de Générations Cobayes (3/4)

 

Cette chronique met en avant l’importance de protéger les enfants des substances préoccupantes, car les effets potentiels pourraient être graves et pérennes. Ce blog a pour mission de vous aider et de vous accompagner dans votre démarche ! Pour vos premiers pas, vous pouvez vous appuyer sur le guide gratuit téléchargeable ci-dessous.

Photo par NIAID

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Sensibiliser les enfants avec des livres illustrés ? Ca m'intéresse !
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