Encens et bougies parfumées : à consumer avec modération

Soyez particulièrement vigilante concernant les bougies parfumées et les encens, dont 95% sont de synthèse. Ils dégradent fortement l’air intérieur. Les bougies émettent des microparticules et du formaldéhyde, et certaines mèches diffusent même du plomb. Les encens sont des sources d’exposition aux hydrocarbures comme le benzène et l’éthylbenzène. – Dr Laurent Chevallier

Privilégier un usage modéré, en particulier en présence de personnes dont le système respiratoire est plus sensible : enfants, femmes enceintes, personnes asthmatiques, personnes âgées, etc. – Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME)

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Chronique du documentaire « À consumer avec modération »

bougies encens sante enfants2  

de Laurent Dy et Robin Braquet, diffusé sur France 5 en 2018

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Ce documentaire porte sur les préoccupations sanitaires associées à l’utilisation d’encens et de bougies parfumées.

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Quelques informations et points de vue intéressants, concernant la thématique « Santé des enfants et environnement »

Voici une liste d’informations et de points de vue issus du documentaire, en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement », et que je souhaite partager avec vous.

  • Brûler des matières odorantes pour « désinfecter » ou « purifier » l’air est une pratique très ancienne. Pourtant, en réalité, cette pratique dégrade la qualité de l’air intérieur.
  • Selon les fabricants de bougies et de papier d’Arménie interviewés, utiliser ces produits ne présente pas de risque pour la santé. Dans le documentaire, cette conclusion s’appuie sur :
    • des raisonnements approximatifs. Par exemple : « de toute façon, des particules, il y en a partout » ;
    • les résultats conformes à des « tests de suie » réglementaires. Ces tests mesurent la quantité de suie accumulée sur une plaque, placée au-dessus de la bougie pendant une période donnée. Pourtant, ces tests, s’ils caractérisent bien un niveau d’émission de particules issues du procédé de combustion, ne démontrent aucunement une absence de risque pour l’utilisateur, en particulier pour les substances gazeuses invisibles et les particules les plus fines.
  • Le fabricant (unique) de papier d’Arménie en France recommande d’aérer la pièce après l’utilisation, ce qui pourra apparaître déroutant pour certains utilisateurs, voire contradictoire avec l’objectif recherché.
  • Les bougies peuvent émettre des particules très fines, de taille inférieure à 1 µm. Ces particules sont invisibles à l’œil nu.
  • Les substances préoccupantes émises par les bougies et les encens incluent le formaldéhyde et le benzène.
  • D’après un rapport de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), daté de 2017 [1] :
    • les émissions sont très variables d’un produit à l’autre ;
    • limiter les expositions est recommandé ;
    • le formaldéhyde est une substance cancérigène, mais pour des expositions plus fortes que celles générées par les bougies et les encens ;
    • le benzène est une substance cancérigène, dont les concentrations générées par les encens dépassent les seuils autorisés.
  • La réglementation prévoit un étiquetage des bougies et des encens, où apparaissent des informations de sécurité :
    • ne pas respirer directement les fumées ;
    • aérer après l’utilisation.
  • Cet étiquetage d’information est insuffisant : il ne permet pas à l’utilisateur de choisir les produits les moins émissifs, qui permettraient réduire son exposition.
  • En 2013, le gouvernement a annoncé l’interdiction des encens les plus polluants. Cette interdiction n’est pas mise en œuvre à ce stade.
  • L’encens brut n’a pas d’odeur très prononcée. Les parfums sont rajoutés à l’aide de produits chimiques. En complément, d’autres produits chimiques sont appliqués pendant la fabrication d’encens : fixateurs, stabilisateurs, etc.

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bougies encens sante enfants

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Quelques extraits en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement »

Un Français sur deux utilise des désodorisants à combustion : encens, bougies parfumées, papier d’Arménie.

Nous sommes nombreux à penser que cela améliore la qualité de l’air de nos maisons. Mais récemment des études scientifiques sont venues briser cette belle image : [ces produits] émettent aussi des polluants.

Le papier d’Arménie est vendu en pharmacie, un gage de sérieux.

Dès le cinquième siècle avant Jésus Christ, Hippocrate, déjà, utilisait des feux qu’il allumait aux extrémités de la ville d’Athènes, pour la protéger contre la peste, et il jetait des aromates dans ces feux.

Clairement, le papier d’Arménie a libéré dans la pièce de très petites particules : 0,5 µm, 0,3 µm… Le problème, c’est que les plus petites sont les plus dangereuses, car elles rentrent plus profondément dans les poumons. Elles passent dans le sang et peuvent aller dans tous les organes : le cerveau, le foie, les artères, le cœur… – Olivier Blond de l’Association Nationale pour la Préservation et l’Amélioration de la Qualité de l’Air (RESPIRE) ;

Dans l’appartement, l’appareil a détecté un taux de 130 µg/m3. En comparaison, c’est cinq fois plus que le pic mesuré ce jour-là sur le périphérique parisien, un des endroits les plus pollué de la capitale.

Aérer après l’utilisation… Si on pousse le bouchon, ce serait un peu comme si un fabricant d’eau de toilette conseillait à ses clients de prendre une douche après s’être aspergé de son produit.

 La bonne idée du naturel n’en est pas une. Impossible d’éviter le dégagement de gaz toxiques.

[Un fabricant indien d’encens :] En général, on fait des mélanges. On peut mettre une vingtaine ou une trentaine de produits chimiques pour chaque senteur. On mélange le tout dans cette machine pour obtenir le parfum final.

Brûler un encens par jour, sans aération, suffirait à mettre en danger la santé des utilisateurs. Alors, que font les autorités sanitaires ?

[Gérard Lasfargues, directeur à l’Anses) Il faudrait aller bien sûr plus loin, en étiquetant très clairement les polluants qui sont émis. Il est important que le consommateur le sache et qu’il ait des informations là-dessus.

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Mon avis

Les « + » :

  • une présentation claire de la problématique et de la perception erronée du grand public ;
  • un regard critique sur le discours de chaque type d’acteurs : fabricants, associations, pouvoirs publics ;
  • le documentaire est clairement « à charge », mais sans être caricatural.

Les « – » :

  • des concentrations mesurées à l’émission sont comparées avec des « valeurs sanitaires » qui portent sur des types d’expositions différents ;
  • les enjeux sanitaires identifiés dans la littérature scientifique me semblent sous-estimés.

Référence citée dans le documentaire :

  1. NICOLAS M., QUIVET E., KARR G., REAL E., BUIRON D., MAUPETIT F. 2017. Exposition aux polluants émis par les bougies et les encens dans les environnements intérieurs : Émissions et risques sanitaires associés. Rapport. 98 pages. https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/exposition-pollluants-bougies-encens-environnements-interieurs_2017_rapport_v2.pdf
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Sensibiliser les enfants avec des livres illustrés ? Ca m'intéresse !
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