Des maladies créées par la dégradation de l’environnement (1/2)

Les études épidémiologiques tendant à démontrer l’existence d’une relation de cause à effet entre l’exposition à des polluants environnementaux particuliers et des conséquences négatives pour la santé des enfants se sont multipliées ces dernières années. – Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) 

 

Chronique du livre « Ces maladies créées par l’homme : Comment la dégradation de l’environnement met en péril notre santé »

Ces maladies creees par l'homme

de Dominique Belpomme, en collaboration avec Bernard Pascuito, 384 pages, publié en 2004

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Dominique Belpomme est médecin et professeur de cancérologie à l’université Paris-Descartes. Il est notamment connu pour être l’initiateur de l’Appel de Paris et pour ses travaux sur le chlordécone aux Antilles.

Ce livre traite de l’influence d’un environnement pollué sur l’apparition de maladies chez l’Homme. Sa publication a donné lieu à une forte polémique. Un livre à lire pour quelqu’un (comme moi !) qui veut augmenter sa culture générale en santé-environnement.

Cette chronique comprend deux parties. Cet article constitue la première partie. La deuxième partie ce trouve ici.

Quelques informations et points de vue intéressants, concernant la thématique « Santé des enfants et environnement »

Voici une liste d’informations et de points de vue issus du livre, en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement », et que je souhaite partager avec vous.

  • Aujourd’hui, l’approche de la médecine consiste à considérer la maladie et non ses causes. La priorité est donnée aux soins, une fois que la maladie est déclarée.
  • Cette approche influence également les travaux de recherche : les efforts portent avant tout sur la maladie en tant que telle, et insuffisamment sur les facteurs qui en sont à l’origine.
  • Santé et environnement sont étroitement liés. Pour agir sur les causes des maladies, il faut éviter de polluer l’environnement et se protéger des pollutions existantes.
  • L’apparition des cancers est un phénomène complexe. Par exemple : certaines substances sont cancérigènes ; d’autres sont cocarcinogènes (elles potentialisent les effets cancérigènes) ; d’autres sont à la fois cancérigènes et cocarcinogènes.
  • Les seuils réglementaires ne protègent pas suffisamment les populations, car elles sont le résultat d’un compromis entre des critères sanitaires (ex : données épidémiologiques et toxicologiques disponibles) et d’autres types de critères (ex : impératifs sociétaux, enjeux technico-économiques). Elles peuvent correspondre à ce qu’il est possible de faire au mieux, et pas nécessairement à ce qu’il faudrait faire du point de vue sanitaire.
  • Les enfants sont plus vulnérables car :
    • leur corps en construction est plus fragile ;
    • comparés aux adultes,
      • leurs comportements spécifiques les exposent plus à la pollution : présence au sol, port d’objet à la bouche, etc.
      • la quantité d’air qu’ils respirent et la quantité d’eau qu’ils boivent sont proportionnellement plus importantes ;
    • les polluants chimiques semblent induire chez eux des déficits immunitaires, favorisant l’apparition d’un plus grand nombre de maladies virales et bactériennes.

 

Ces maladies creees par l'homme 2

 

Quelques extraits en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement »

Les maladies d’aujourd’hui ne sont plus les maladies naturelles d’hier. Elles sont toutes, ou presque, artificielles. C’est nous, c’est-à-dire notre société, notre civilisation, qui les induisons. Et c’est sans doute là le drame, car rien n’indique que notre médecine contemporaine ou celle de demain, malgré les progrès de la science, pourra les vaincre, comme elle l’a fait au siècle dernier pour les maladies infectieuses.

Dans notre pays, alors qu’environ 70 000 personnes mouraient chaque année de cancer juste après la Seconde Guerre mondiale, on compte désormais 150 000 morts par an. En un demi-siècle, le nombre de morts a donc plus que doublé  ! C’est pourquoi le président de la République a souligné le fait que le cancer a provoqué, lors de ces dix dernières années, autant de morts en France que la Première Guerre mondiale ! Le plus inquiétant est la croissance régulière, en valeur absolue, de cette mortalité, notamment dans tous les pays industrialisés. On a donc l’impression que le phénomène n’est absolument pas contrôlé. Malgré les investissements consentis pour la recherche et les progrès réalisés dans les thérapeutiques, celui-ci persiste et prend même de l’ampleur, inéluctablement.

Aujourd’hui, dans les pays fortement industrialisés, le cancer est rarement une maladie naturelle. En réalité, c’est nous qui le fabriquons.

Ce ne sont donc pas seulement 10 % ou même 40 % des cancers qui sont induits par la pollution, mais très probablement 60 à 70 % d’entre eux, au minimum.

Contrairement à ce qui est souvent dit, l’augmentation du nombre des cancers ne concerne pas seulement les sujets âgés, mais aussi les sujets jeunes et en particulier les enfants. Et les chiffres sont ici dramatiques : chez ces derniers, le nombre de leucémies, de lymphomes ou encore de tumeurs cérébrales aurait augmenté d’environ 30 à 50 % en vingt ans dans certains pays industrialisés, en particulier aux États-Unis. Pourquoi ? La première hypothèse est la très grande augmentation de la pollution chimique, depuis ces vingt dernières années. Ainsi, chez les enfants, une [dose d’exposition] élevée serait obtenue, malgré une durée d’exposition courte, en raison d’une plus grande pollution de la mère, et donc de la transmission de cette pollution au fœtus lors de la grossesse, et à l’enfant lors de l’allaitement.

Après plus de vingt-cinq ans d’efforts scientifiques et de recherche approfondie, je pense, en mon âme et conscience, et je ne suis probablement pas le seul, que nous sommes encore en situation d’échec […] C’est là le message essentiel qu’il faut retenir. Malgré les progrès de la science et de la médecine, on meurt toujours de cancer plus d’une fois sur deux.

En deux générations, nous avons déversé plusieurs millions de produits toxiques dans l’environnement, le plus souvent en l’absence de contrôle et de réglementation suffisante. Comme le souligne le toxicologue André Picot, 18 millions de molécules sont aujourd’hui répertoriées dans les Chemical abstracts, dont 150 000 sont d’usage industriel. Or parmi ces molécules, seules plusieurs milliers d’entre elles ont été testées pour leurs effets toxiques.

Ce n’est pas tant la quantité totale de dose reçue que sa répétition, éventuellement à faibles doses, qui est à l’origine des cancers.

La réglementation peut être en retard par rapport aux faits scientifiques et, même lorsqu’elle existe, peut ne pas être appliquée.

Médecins et scientifiques se sont en fait trop souvent désintéressés des problèmes d’écologie, les laissant aux mains de personnalités non scientifiques qui pressentent l’existence de dangers réels liés à la pollution de notre environnement mais qui, faute d’être scientifiques, ne sont pas pris suffisamment en considération.

Si on dépasse les champs individuels de la recherche et si on synthétise l’ensemble des résultats scientifiques disponibles, ma conclusion est malheureusement sans ambiguïté : c’est la dégradation de l’environnement qui est à l’origine de la plupart des maladies actuelles.

On vit de plus en plus vieux. Cela ne signifie pas qu’on vieillisse mieux.

En médecine, rien n’est définitivement acquis. Les épidémies d’hier, la peste, la variole, la diphtérie, la syphilis, la tuberculose, le rhumatisme articulaire aigu ont certes disparu, ou presque, mais elles peuvent resurgir d’une façon ou d’une autre, si nous levons le pied. […] À cette fin, les vaccinations sont essentielles. Si on arrêtait de vacciner les enfants par le BCG, sans doute constaterait-on une importante recrudescence de la tuberculose dans notre pays et retournerait-on à la situation sanitaire que j’ai connue vers les années 1960.

 

La deuxième partie de cette chronique se trouve ici.

Dans ce livre, le cancer est décrit comme destructeur, répandu et difficile à traiter. Ce constat est mis en regard d’une réglementaire insuffisamment protectrice. Concernant les enfants, ce contraste invite à placer la prévention au cœur de la démarche éducative, afin de tout faire pour que la maladie ne se déclare pas. Cela passe notamment par réduire les expositions préoccupantes et construire un corps en bonne santé, permettant de gérer efficacement les expositions résiduelles. Ce blog a pour mission de vous aider et de vous accompagner dans votre démarche ! Pour vos premiers pas, vous pouvez vous appuyer sur le guide gratuit téléchargeable ci-dessous.

 

Photo par Office de tourisme – Centre Voile et Nature de Trémelin

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4 Commentaires

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