Comment protéger les enfants des polluants issus des produits alimentaires industriels (2/4)

Le budget consacré à l’achat de produits frais a considérablement diminué au profit des plats préparés. – Programme national pour l’alimentation (PNA)

Eviter les produits alimentaires contenant des ingrédients qui soient A) non familiés B) inprononcables C) plus nombreux que cinq. – Michael Pollan

 

Chronique du livre « Vous êtes fous d’avaler ça ! »

Polluants produits industriels enfants

de Christophe Brusset, 250 pages, publié en 2015

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Christophe Brusset est un cadre supérieur ayant travaillé plus de 20 ans dans des entreprises du secteur agro-alimentaire. Ce livre dénonce les multiples dérives dont il a été témoin et complice. Ces dérives portent notamment sur des pratiques pouvant générer des risques sanitaires pour les consommateurs.

Ce livre fait l’objet d’une chronique en quatre parties ; cet article est le deuxième article de la chronique. Il porte notamment sur certaines dérives observées et l’importance de privilégier les aliments entiers pour s’en protéger. Le premier article de la chronique se trouve ici : Comment protéger les enfants des polluants issus des produits alimentaires industriels (1/4)

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Quelques informations et points de vue intéressants, concernant la thématique « Santé des enfants et environnement »

Voici une liste d’informations et de points de vue issus du livre, en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement », et que je souhaite partager avec vous.

  • De plus en plus de produits proviennent aujourd’hui de pays à bas coûts de production, même quand leur nom suggère qu’ils proviennent de France. Par exemple, la plupart des « escargots de Bourgogne » proviennent de Russie, de Lituanie, de Pologne, de Turquie, voire d’Indonésie ou de pays de l’Asie du Sud-Est… et ceux-ci sont fabriqués selon les méthodes locales. De plus, pour que l’emballage puisse être étiqueté « Escargots de Bourgogne travaillés en France », il suffit que la toute dernière étape soit faite en France, c’est-à-dire ajouter un peu de beurre persillé dans la coquille.
  • Compte tenu du niveau de concurrence sur le marché de l’agroalimentaire, un producteur ne peut plus augmenter ses prix. Il se concentre donc sur produire encore moins cher. Dans ce cadre, dégrader la qualité des produits est une des pratiques les plus couramment utilisées, mais elle a ses limites. Une autre pratique consiste à diminuer le poids des produits vendus sans changer l’emballage. Par exemple, en quelques années, le poids du paquet de biscuits Prince est passé de 330 à 300 grammes, pour le même prix. Cette pratique est aussi mise en œuvre pour d’autres produits de consommation : lessives, cosmétiques
  • Les bonnes pratiques recommandées par ce livre comprennent :
    • dans la mesure du possible, privilégier les produits alimentaires de grandes marques. Les prix plus bas sont obtenus grâce à l’utilisation d’ingrédients au faible contenu nutritionnel, fabriqués avec des procédés moins maîtrisés et par l’ajout de plus nombreux additifs.
    • éviter poudres et purées ; privilégier les produits entiers. Les imperfections et les non-conformités peuvent être facilement dissimulées en transformant les produits. Les industriels le savent et en jouent.
    • contrôler les listes d’ingrédients :
      • éviter absolument les produits reconnus comme nocifs pour votre santé : les huiles hydrogénées, les colorants chimiques (famille d’additifs E100), les conservateurs chimiques (essentiellement la famille E200) et l’aluminium sous toutes ses formes (comme colorant (E173) ou comme épaississant sous forme de sulfates d’aluminium (de E520 à 523),
      • privilégier les produits avec un maximum d’ingrédients naturels, une composition simple et un minimum d’additifs.

 

Polluants produits industriels enfants2

 

Quelques extraits en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement »

Il est déjà très compliqué pour les professionnels de se repérer dans ces histoires d’appellations, de faire clairement la différence entre des « fondants », des « spécialités fromagères », « crèmes de fromage » ou autres « fromages fondus », j’imagine alors aisément combien les clients doivent être perdus. Inutile d’en faire tout un fromage, diront certains. Pourtant il faut bien avoir à l’esprit que les fromages fondus servent essentiellement à valoriser des fromages industriels insipides de mauvaise qualité, des invendus, et des lots défectueux. C’est une bouillie à la composition incertaine et bourrée d’additifs comme les sels de fonte, dont les industriels vous jureront que c’est tout à fait inoffensif en omettant de signaler que la législation limite leur utilisation. Et autorisés ou non, vous pensez qu’avaler des polyphosphates, orthophosphates et autres citrates est une chose naturelle, saine ?

La R&D ne travaille pas que sur la partie process, elle s’intéresse aussi au cœur du produit, à la recette. Et, là encore, des miracles sont possibles au quotidien. Ces prouesses sont permises grâce à l’utilisation massive d’additifs, les poudres de perlimpinpin modernes. Il y en a plus de 300 autorisés en France aujourd’hui ; pour la couleur ou le goût, la bonne conservation, épaissir, baisser les calories, éviter que ça mousse, que ça colle, pour que ça brille, croustille, ou gonfle, et bien d’autres fonctionnalités encore. Il n’existe pratiquement aucun produit alimentaire dans votre supermarché qui n’en contienne au moins un, voire un savant cocktail d’additifs en tout genre. Et quand vous ne trouvez pas d’additifs, les fameux E-quelque chose, dans la liste d’ingrédients, n’allez pas croire que l’on n’a rien à ajouter : on peut toujours en balancer quelques-uns discrètement, sans rien dire aux consommateurs, et tout à fait légalement en plus. Ce sont les fameux « auxiliaires technologiques », une catégorie d’additifs qui n’a pas à figurer sur la liste d’ingrédients !

Prenons le cas emblématique des colorants « azoïques » (molécule à double liaison azote), un parfait exemple d’additifs chimiques. Ils présentent de nombreux avantages : stabilité chimique (pH et température), intensité de teinte et longue conservation. En comparaison avec un colorant naturel, les colorants azoïques sont cinq fois plus vifs et beaucoup, beaucoup moins chers (oui, encore une question d’argent). Eh bien, avant le 10 juillet 2010 ces molécules « ne présentaient pas de risques pour la santé », alors qu’après cette date les fabricants qui les utilisent doivent indiquer sur l’emballage : « peut avoir des effets indésirables sur l’activité et l’attention chez les enfants ». Voilà une substance très largement utilisée en confiserie, dans l’industrie des boissons et un tas d’autres produits alimentaires qui « devient » dangereuse du jour au lendemain.

Certains additifs sont comme du maquillage. Ils ont une action superficielle sur le produit en jouant sur l’esthétique au sens le plus large, sans modifier sa structure. C’est typiquement le cas des colorants que l’on ajoute à du concentré de tomates marron pour lui redonner une rougeur appétissante, ou à de l’eau pour la faire ressembler à du jus d’orange. […] Ce qu’il faut noter avec les colorants, c’est qu’ils n’apportent rien de positif au consommateur, au contraire. Leur rôle est de masquer les défauts ou de rendre joli un produit de piètre qualité. […] une bonne partie d’entre eux est connue pour avoir des effets allergisants, irritants voire, pour les plus chimiques, potentiellement cancérigènes et mutagènes.

En 2013, 3 % des lots contrôlés par l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) dépassaient les limites permises par la législation. Or, ces limites sont définies molécule par molécule, d’après des tests faits sur des souris, sans tenir compte des effets de synergie et cumulatifs induits par les cocktails ingurgités sur les humains. Et puis je m’interroge beaucoup sur les méthodes d’analyse de l’EFSA, parce que nous, nous trouvons beaucoup plus de 3 % de lots à problèmes.

Le yaourt est trop cher ? Pas de problème, on ajoute de la flotte avec de la gélatine et des amidons modifiés. On ne dit plus « yaourt » mais « préparation laitière ». De toute façon le consommateur n’y comprend rien, et puis il suffit de lui donner un joli nom terroir que l’on écrira en gros sur l’emballage.

 

La suite de cette chronique se trouve ici : Comment protéger les enfants des polluants issus des produits alimentaires industriels (3/4)

 

Cette chronique met en avant une voie d’exposition des enfants à certaines substances préoccupantes. D’une manière générale, ce blog a pour mission de vous aider à diminuer l’ensemble des expositions de vos enfants. Pour vos premiers pas, vous pouvez vous appuyer sur le guide gratuit téléchargeable ci-dessous.

Photo par Anthony Starks

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