Comment protéger les enfants des pesticides présents dans l’environnement du quotidien (6/6) – suite et fin

Aujourd’hui, plusieurs études récentes montrent, sans doute possible, les dégâts que leur large utilisation a occasionnés. Les plus visibles sont d’une ampleur alarmante. – Mission d’information commune sur l’utilisation des produits phytopharmaceutiques, 2018

La transition vers le bio est irréversible et nous devons y aller. – Didier Guillaume (2018), alors ministre en charge de l’agriculture

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Bonjour à tous !

Cet article fait partie d’une série portant sur les risques liés à la présence de pesticides dans l’environnement du quotidien, considérés du point de vue de parents souhaitant protéger la santé de leurs enfants. Le premier article de la série a fait une présentation générale des pesticides. Les articles suivants ont successivement porté sur leurs effets potentiels (« dangers »), sur les différents types d’expositions existantes pour la population générale, les enfants en particulier, sur les évaluations de risques existantes, ainsi que sur la gestion des risques par les pouvoirs publics.

Cet article poursuit la présentation de bonnes pratiques, visant à diminuer l’exposition des enfants et pouvant être menées au niveau individuel, commencée ici : Comment protéger les enfants des pesticides présents dans l’environnement du quotidien (6/6) Les bonnes pratiques présentées ci-dessous portent sur comment réduire la quantité de pesticides ingérée via l’alimentation.

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Privilégier les aliments issus de l’agriculture biologique

Les aliments « bio », c’est-à-dire issus de l’agriculture biologique, contiennent moins de résidus de pesticides que les produits « non bio », c’est-à-dire issus de l’agriculture conventionnelle. Par conséquent, privilégier les aliments bio permet de diminuer son exposition, et donc les niveaux de risques associés [1-22].

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Dans cette logique, le Haut conseil de la santé publique (HCSP) recommande, par précaution [23], de privilégier des fruits et légumes cultivés selon des modes de production diminuant l’exposition aux pesticides, l’agriculture biologique étant citée comme exemple [24].

En l’absence d’expositions liées à des sources locales, une alimentation bio permet de diminuer significativement la présence de pesticides dans le corps [8, 10, 12-14, 17, 18, 25-31]. Par exemple, une étude a mesuré dix fois moins de malathion dans les urines d’enfants ayant mangé bio pendant cinq jours [17].

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En complément des produits issus de l’agriculture biologique, certains aliments peuvent être produits par soi-même, sans pesticide [12] : potager domestique, poulailler domestique, jardin communautaire, cojardinage etc.

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Privilégier les acteurs utilisant des alternatives aux pesticides

En dehors de la stricte agriculture biologique, certaines exploitations ont recours à des techniques alternatives aux pesticides, dont le biocontrôle. Les produits correspondant doivent présenter des teneurs plus faibles en pesticides [4, 32, 33].

A ce jour, il n’existe pas de label permettant au consommateur de repérer les agriculteurs mettant en œuvre des alternatives aux pesticides, en dehors de l’agriculture biologique. A défaut, les agriculteurs peuvent être identifiés, par exemple, par recommandation ou sur des marchés locaux.

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Pour les fruits et les légumes non bio, privilégier ceux qui sont le moins contaminés

Cette recommandation a fait l’objet d’un article dédié : Comment réduire l’exposition des enfants aux résidus de pesticides présents dans les fruits et légumes

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Privilégier les aliments locaux et de saison

Privilégier les aliments locaux et de saison permet d’éviter ou de réduire la présence de certains pesticides : ceux utilisés pour le stockage et la conservation de longue durée, puis pour le transport, parfois depuis des zones très éloignées [6, 12, 34-41].

Si ces zones correspondent à des réglementations peu ou moins exigeantes, cette bonne pratique permet également de diminuer son exposition à des pesticides aujourd’hui interdits en Europe [12].

Le réseau des Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) constitue un moyen simple de s’approvisionner en produits locaux et de saison [7, 9, 12, 57].

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Rincez et frottez avec une brosse les fruits et les légumes avant consommation

Cette bonne pratique permet d’éliminer une partie des pesticides présents à la surface des fruits et légumes, et donc de réduire son exposition [12, 21, 28, 30, 42-54].

L’ampleur de cette élimination varie, notamment, selon les aliments, selon les pesticides considérés et selon le délai depuis le traitement. Par exemple, dans le cas de lavage d’olives, une étude a mesuré une élimination pouvant atteindre 45 % [55].

Certaines études indiquent que les détergents ne semblent pas améliorer l’élimination des pesticides au-delà du simple brossage sous l’eau du robinet [43, 44] ; d’autres, plus récentes, concluent à l’inverse [50, 51]. L’ensemble de ces études ne portant pas sur les mêmes pesticides, l’efficacité des détergents pourrait dépendre des caractéristiques physico-chimiques des pesticides et des détergents considérés.

Certaines études, portant sur un nombre réduit de pesticides, ont mesuré une plus grande élimination si l’eau de lavage comprend du bicarbonate de soude [12, 56]. Les concentrations évoquées varient selon les auteurs : une cuillère à soupe par litre, une cuillère à café dans un verre d’eau, « 1 % », etc. Cette élimination supplémentaire pourrait provenir d’une meilleure élimination de la cire présent sur certains aliments, comme les pommes [12, 34].

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Éplucher les fruits et légumes non bio

Des résidus de pesticides peuvent se concentrer au niveau de la peau des fruits et des légumes traités. L’épluchage avant consommation permet donc de réduire significativement l’exposition à ces résidus [6, 12, 21, 42, 47, 48, 51, 52, 54].

Néanmoins, de nombreux micronutriments bénéfiques se concentrent aussi au niveau de la peau des fruits et légumes. L’épluchage avant consommation correspond donc également à une perte de bienfaits nutritionnels. En termes de rapport bénéfices / risques, d’après les articles de la littérature scientifique que j’ai pu trouver :

  • consommer des fruits et légumes non bio, avec la peau, correspond à des bénéfices évalués bien supérieurs aux risques évalués (cf. article précédent de la série : Croyez-vous à ces idées reçues sur les pesticides ?) ;
  • aucune étude ne compare les bénéfices et les risques entre « consommer des fruits et légumes non bio avec épluchage » et « consommer des fruits et légumes non bio sans épluchage ».

Néanmoins :

  • les études démontrant les bienfaits sanitaires des fruits et des légumes sont réalisées à partir d’aliments épluchés [12] ;
  • les limites maximales de résidus (LMR) réglementaires, dont l’objectif est d’assurer l’absence de risque préoccupant, sont fixées pour des fruits et légumes ni lavés ni épluchés [54].

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Privilégier une alimentation variée pour réduire les expositions cumulées aux pesticides les plus préoccupantes

Varier les aliments, ainsi que les sources d’approvisionnement [54], permet de diminuer le risque d’accumulation de pesticides classiquement associées à certains fruits et légumes.

D’après l’Anses [54], « pour les consommateurs, il faut noter que le principal risque de dépassement est souvent associé à des comportements particuliers, telle une forte consommation d’un aliment donné ou d’un groupe d’aliments ».

Voilà donc la fin de cette série d’articles sur les pesticides. Sujet complexe, sensible, d’actualité, où beaucoup de littérature a été produite… Je suis content d’en avoir fini avec ce premier niveau d’approche. Par la suite, j’approfondirai de manière plus ciblée, en fonction des enjeux pratiques que des parents peuvent rencontrer au quotidien.

Si, après cette série d’articles, il reste encore certaines questions que vous vous posez sur les pesticides, je vous invite à les partager en commentaires : cela pourrait être l’occasion d’un prochain article dédié !

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Références

  1. Kesse-Guyot E. Alimentation bio et diminution du risque de cancers : « des résultats importants, mais à considérer avec prudence » – Interview d’Emmanuelle Kesse-Guyot, directrice de recherche à l’INRA. 2018. https://grainesdemane.fr/bio-cancers/ [Consulté le : 20/12/2018]
  2. European Food Safety Authority (EFSA). The 2016 European Union report on pesticide residues in food. EFSA Journal, 2018. 16(7): p. e05348.
  3. Baranski M et al. Higher antioxidant and lower cadmium concentrations and lower incidence of pesticide residues in organically grown crops: a systematic literature review and meta-analyses. Br J Nutr, 2014. 112(5): p. 794-811.
  4. Bonnefoy N. Rapport d’information fait au nom de la mission commune d’information sur les pesticides et leur impact sur la santé et l’environnement – Tome 1 : Rapport. 2012. https://www.senat.fr/notice-rapport/2012/r12-042-1-notice.html
  5. Belpomme D. Comment naissent les maladies. Les Liens qui Libèrent 2016.
  6. Berthelot L, Warnet J. Les secrets de l’intestin, filtre de notre corps. Albin Michel 2011.
  7. Chevallier L. Le Livre antitoxique. Fayard 2013.
  8. Chevallier L, Aubert C. Le Guide antitoxique de la grossesse. Hachette Livre (Marabout) 2016.
  9. Dadd DL. Alerte aux produits toxiques. Actes sud 2012.
  10. Demeneix B. Cocktail toxique. Odile Jacob 2017.
  11. Gavigan C, Healthy Child Healthy World. Healthy Child Healthy World: Creating a Cleaner, Greener, Safer Home. Plume 2008.
  12. Vasseur V. Désintoxiquez-vous. Flammarion 2016.
  13. Zimmer A-C. Polluants chimiques – Enfants en danger. Les Éditions de l’Atelier 2009.
  14. National Research Council (NRC). Pesticides in the Diets of Infants and Children. 1993. https://www.nap.edu/catalog/2126/pesticides-in-the-diets-of-infants-and-children
  15. Barouki R. Utilisation des produits phytopharmaceutiques : audition du Professeur Robert Barouki, praticien hospitalier, dir. de l’unité de recherche de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM). 2017. Propos recueillis par Mission d’information commune sur l’utilisation des produits phytopharmaceutiques. http://videos.assemblee-nationale.fr/video.5332160_5a311d6c2c6b0.utilisation-des-produits-phytopharmaceutiques–mrobert-barouki-professeur-des-universites-13-decembre-2017.
  16. Badot P-M. Imprévisibles interactions entre contaminants. Les modèles d’additivité sont loin d’être toujours valides. Anses – Bulletin de veille scientifique n°17, 2012.
  17. Science et Avenir. Manger Bio. Science et Avenir n°832, 2016.
  18. Lu C et al. Organic Diets Significantly Lower Children’s Dietary Exposure to Organophosphorus Pesticides. Environmental Health Perspectives, 2006. 114(2): p. 260-263.
  19. Forman J, Silverstein J. Organic Foods: Health and Environmental Advantages and Disadvantages. Pediatrics, 2012. 130(5): p. e1406-e1415.
  20. Curl CL et al. Organophosphorus pesticide exposure of urban and suburban preschool children with organic and conventional diets. Environmental Health Perspectives, 2003. 111(3): p. 377-382.
  21. Le Houézec D, Nicolle M. Les enfants n’aiment pas les pesticides. Médecine & enfance, 2015.
  22. Ronga-Pezeret S. Aliment bio/Aliment sain. Environnement, Risques & Santé, 2018. 17(5): p. 524-526.
  23. Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA – en anglais European Food Safety Authority, EFSA). Résidus de pesticides : conseils sur l’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants. 2018. https://www.efsa.europa.eu/fr/press/news/180628 [Consulté le : 16/10/2018]
  24. Haut Conseil de la santé publique (HSCP). Avis relatif à la révision des repères alimentaires pour les adultes du futur Programme national nutrition santé 2017-2021. 2017.
  25. Servan-Schreiber D. Anticancer. Versilio 2014.
  26. Curl CL et al. Organophosphorus pesticide exposure of urban and suburban preschool children with organic and conventional diets. Environ Health Perspect, 2003. 111(3): p. 377-82.
  27. Curl CL et al. Estimating pesticide exposure from dietary intake and organic food choices: the Multi-Ethnic Study of Atherosclerosis (MESA). Environ Health Perspect, 2015. 123(5): p. 475-83.
  28. Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST). Pesticides et santé – Résumé du rapport réalisé au nom de l’OPECST. 2010.
  29. Bradman A et al. Effect of Organic Diet Intervention on Pesticide Exposures in Young Children Living in Low-Income Urban and Agricultural Communities. Environmental health perspectives, 2015. 123(10): p. 1086-1093.
  30. Ministères en charge de l’environnement et de la santé. Troisième Plan National Santé Environnement (PNSE3). 2015. https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/pnse3_v_finale.pdf.
  31. Lu C et al. Organic diets significantly lower children’s dietary exposure to organophosphorus pesticides. Environ Health Perspect, 2006. 114(2): p. 260-3.
  32. Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Rapport d’activité 2017. 2018.
  33. Martin D, Menuel G. Rapport d’information déposé par la mission d’information commune sur l’utilisation des produits phytopharmaceutiques. Assemblée Nationale, 2018. http://www.assemblee-nationale.fr/15/rap-info/i0852.asp
  34. Narbonne J-F. Sang pour sang toxique. Thierry Souccar Éditions 2010.
  35. Menthéou E. Et si on arrêtait d’empoisonner nos enfants. Éditions Solar 2017.
  36. Séralini G-É. Nous pouvons nous depolluer. Editions Josette Lyon 2010.
  37. Dreyfus A. Toxic Kids: Produits chimiques : nos enfants en danger. Les Arènes 2015.
  38. Halimi P. La Grande détox. Calmann-Lévy 2015.
  39. Meret A-C, Narboni A-M. La Naturopathie pour les Nuls. Éditions First 2016.
  40. Saldmann F. Votre santé sans risque. Albin Michel 2017.
  41. Scimeca D et al. Le Grand livre de la santé au naturel pour les Nuls. Éditions First 2015.
  42. Bonnard R et al. Jeux d’équations pour la modélisation des expositions liées à la contamination d’un sol ou aux émissions d’une installation industrielle – Ref INERIS-DRC-08-94882-16675C. 2010. https://www.ineris.fr/sites/ineris.fr/files/contribution/Documents/drc-08-94882-16675c-vf2-1411028462_0.pdf
  43. Krol W. Removal of Trace Pesticide Residues from Produce – Ref AC003 (10/00). 2000. https://www.ct.gov/caes/cwp/view.asp?a=2815&q=376676 [Consulté le : 23/10/2018]
  44. Krol WJ et al. Reduction of pesticide residues on produce by rinsing. J Agric Food Chem, 2000. 48(10): p. 4666-70.
  45. American College of Obstetricians and Gynecologists. Toxic Environmental Agents Infographic. 2013. https://www.acog.org/About-ACOG/ACOG-Departments/Public-Health-and-Social-Issues/Toxic-Environmental-Agents-Infographic [Consulté le : 18/11/2018]
  46. Horel S. La grande invasion. Editions du Moment 2008.
  47. Keikotlhaile BM et al. Effects of food processing on pesticide residues in fruits and vegetables: a meta-analysis approach. Food Chem Toxicol, 2010. 48(1): p. 1-6.
  48. Boon PE et al. Cumulative risk assessment of the exposure to organophosphorus and carbamate insecticides in the Dutch diet. Food and Chemical Toxicology, 2008. 46(9): p. 3090-3098.
  49. Liang Y et al. Meta-analysis of food processing on pesticide residues in fruits. Food Addit Contam Part A Chem Anal Control Expo Risk Assess, 2014. 31(9): p. 1568-73.
  50. Chauhan R et al. Effect of fruit and vegetable processing on reduction of synthetic pyrethroid residues. Rev Environ Contam Toxicol, 2014. 229: p. 89-110.
  51. Chung SW. How effective are common household preparations on removing pesticide residues from fruit and vegetables? A review. J Sci Food Agric, 2018. 98(8): p. 2857-2870.
  52. Andrade G et al. Effects of Types of Washing and Peeling in Relation to Pesticide Residues in Tomatoes. Journal of the Brazilian Chemical Society, 2015. 26(10): p. 1994-2002.
  53. Comité de la prévention et de la précaution (CPP). Risques sanitaires liés à l’utilisation des produits phytosanitaires. 2002. https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/CPP%20avis%20200202_0.pdf
  54. Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Présence de traces de contaminants chimiques dans les aliments : trois questions à Roger Genet. 2018. https://www.anses.fr/fr/content/pr%C3%A9sence-de-traces-de-contaminants-chimiques-dans-les-aliments-trois-questions-%C3%A0-roger-genet [Consulté le : 16/10/2018]
  55. Cabras P et al. Persistence of Insecticide Residues in Olives and Olive Oil. Journal of Agricultural and Food Chemistry, 1997. 45(6): p. 2244-2247.
  56. Yang T et al. Effectiveness of Commercial and Homemade Washing Agents in Removing Pesticide Residues on and in Apples. Journal of Agricultural and Food Chemistry, 2017. 65(44): p. 9744-9752.
  57. Ministère en charge de l’environnement (ministère de la Transition écologique et solidaire). Le bio en circuit court : les AMAP. 2017. https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/bio-en-circuit-court-amap [Consulté le : 24/01/2019]

Photo par Beth Wilson et Iker Merodio

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3 Commentaires

  1. isabelle

    la réduction des intrants phytosanitaires est une mesure de prévention nécessaire avec adoption d’alternatives possibles à certains traitements (Protection Biologique Intégrée, auxiliaires vivants de culture et phéromones spécifiques de confusion sexuelle …).  » La prévention des risques des pesticides  » : http://www.officiel-prevention.com/protections-collectives-organisation-ergonomie/risque-chimique/detail_dossier_CHSCT.php?rub=38&ssrub=69&dossid=506

    Répondre
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