Comment les maladies naissent des pollutions … et que faire pour rester en bonne santé (4/4)

Les connaissances acquises sur la question des perturbateurs endocriniens, depuis maintenant plus de deux décennies, permettent de comprendre que ceux-ci expliquent vraisemblablement une part importante de l’épidémie de maladies chroniques dans le monde. – André Cicolella

 

Chronique du livre « Comment naissent les maladies : … Et que faire pour rester en bonne santé »

Belpomme maladies chroniques sante environnement

Du Pr Dominique Belpomme, 430 pages, publié en 2016

Dominique Belpomme est médecin et professeur de cancérologie à l’université Paris-Descartes. Il est notamment connu pour être l’initiateur de l’Appel de Paris et pour ses travaux sur le chlordécone aux Antilles.

Ce livre a pour objet de présenter la théorie proposée par le Pr Belpomme : l’origine de la plupart des maladies chroniques (cancer, obésité, diabète, allergies, etc …) est la pollution de l’environnement. Il fournit également des recommandations, aux niveaux individuel et collectif, pour se protéger et corriger la situation.

Ce livre est très riche en informations et en recommandations : il fera l’objet d’une chronique en quatre parties. Cet article est la quatrième partie de la chronique ; il aborde, notamment, ce qu’est l’épigénome et l’influence des ondes électromagnétiques.

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Quelques informations et points de vue intéressants, concernant la thématique « Santé des enfants et environnement »

Voici une liste d’informations et de points de vue issus du livre, en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement », et que je souhaite partager avec vous.

  • De nombreux polluants environnementaux résultent d’activités industrielles effectuées sans précaution ou ont été mis sur le marché sans discernement depuis plusieurs décennies.
  • L’épigénétique est une discipline révolutionnaire. L’épigénome est un ensemble de protéines qui gère l’expression des gènes. Or l’épigénome peut être :
    • modifié par des facteurs environnementaux ;
    • transmis aux générations suivantes. On parle d’« hérédité acquise », ou encore d’« hérédité sans gène », qui ne suppose pas l’intermédiaire d’une modification génétique.
  • L’épigénome est beaucoup plus vulnérable que le génome aux effets toxiques de l’environnement. C’est par l’intermédiaire de l’épigénome que les pollutions environnementales peuvent perturber l’expression des gènes.
  • De nombreux polluants peut modifier l’épigénome. Par exemple : certains métaux dont le cadmium, le nickel, le chrome et le méthylmercure ; des HAP comme le benzène ; des solvants comme le trichloréthylène ; des perturbateurs endocriniens comme le Distilbène, le Bisphénol A et les dioxines ; les particules présentes dans l’air, …
  • Une nouvelle hypothèse de travail est à l’étude aujourd’hui : sous l’effet des polluants chimiques, certaines bactéries de la flore intestinale seraient capables de libérer dans le tube digestif des substances toxiques pour l’organisme. L’une d’entre elles, aujourd’hui identifiée, pourrait intervenir dans la genèse du diabète de type 2 et de plusieurs types de cancers.
  • En matière de champs électromagnétiques, les expositions s’additionnent les unes aux autres : Wi-Fi, WiMax, téléphone portable, DECT, console de jeu, ordinateur, tablette, télévision, réveil électronique, plaques à induction, ampoules à basse consommation, …
  • Voici quelques bonnes pratiques recommandées par l’auteur, afin de protéger sa famille des pollutions environnementales :
    • privilégier les aliments issus de l’agriculture biologique. Trois intérêts :
      • l’absence de contaminants,
      • l’absence d’additifs alimentaires,
      • la présence d’un taux d’antioxydants trois à quatre fois plus élevé que pour les aliments non bio ;
    • éviter le contact direct entre la peau et les textiles à base de polymères industriels. Préférer l’usage du coton ;
    • en période de grossesse, n’avoir recours au téléphone portable que de façon exceptionnelle et ne jamais utiliser d’ordinateurs fonctionnant en Wi-Fi ;
    • éloigner un bébé de sources de rayonnements électromagnétiques. En particulier, ne pas utiliser de babyphone ;
    • chez l’enfant, interdire l’usage du téléphone portable avant 12 ans ;
    • préférer la connexion Internet par câble plutôt que par Wi-Fi ;
    • refuser la pose d’amalgames dentaires métalliques, contenant du mercure. Choisir des amalgames constitués de matériaux inertes : céramique ou résine. La compatibilité en bouche devra être testée au préalable ;
    • en période de grossesse et d’allaitement, ne prendre aucun médicament et ne pas se faire vacciner.

 

Belpomme maladies chroniques sante environnement6

 

Quelques extraits en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement »

Le concept de l’origine fœtale des affections et maladies est né essentiellement à partir d’expérimentations réalisées chez l’animal. Ainsi a-t-il pu être prouvé que de très nombreux polluants chimiques administrés avant ou pendant la période gravide à certaines lignées de souris ou de rats sont capables non seulement d’induire à la naissance la survenue de malformations congénitales, mais aussi et surtout de provoquer à l’âge adulte l’apparition d’affections ou de maladies aussi différentes que peuvent l’être un cancer, un diabète de type 2, une obésité, une maladie cardiovasculaire, une baisse de la fécondité, un déficit immunitaire, une allergie (ou tout au moins un état atopique), une affection auto-immune ou des altérations neurocomportementales ; ces dernières pouvant évoquer, selon les cas, une affection psychotique proche de l’autisme , de la maladie d’Alzheimer ou même de la schizophrénie.

Ces pathologies, ou seulement l’acquisition d’une augmentation de susceptibilité à leur genèse, pouvaient éclore non seulement lors de la première génération, mais aussi au cours des générations suivantes . D’où, intimement lié au concept précédent, celui de pathologies transgénérationnelles, particulièrement bien établi pour les perturbateurs endocriniens et pouvant, pour un certain nombre d’entre eux, se manifester jusqu’à la quatrième génération.

La baisse de mortalité par cancer globalement piétine, tout simplement parce que les cancers décelés à un stade avancé résistent à la plupart des traitements, y compris les plus sophistiqués ; et que si grâce aux progrès médicaux, on augmente l’espérance de vie des malades qui en sont atteints, on ne parvient toujours pas à les guérir.

Bien qu’il soit très difficile à mettre en œuvre dans le contexte socio-économique actuel, c’est un retour au naturel sous toutes ses formes qu’il convient de favoriser.

Dans la société il y a trois catégories de personnes auxquelles s’adressent par priorité les limitations d’usage des technologies sans fil et même, pour certaines d’entre elles, l’obligation de les éviter : 1. d’abord et avant tout les femmes enceintes, en raison de l’extrême vulnérabilité du fœtus ; 2. mais aussi les enfants et adolescents et même les adultes jeunes, en raison pour les uns (les enfants et adolescents) de la persistance des phénomènes d’épigenèse neuronale et d’une croissance non terminée ; et pour les autres (les adultes jeunes), d’une maturité organique non finalisée […]

Les substances chimiques peuvent être l’objet d’effets cocktails, et ainsi se trouver être à l’origine de phénomènes de potentialisation biologique, liés à l’action toxique conjuguée de plusieurs d’entre elles. Ce qui signifie en clair que les normes de protection réglementaires, dont on sait qu’elles ont été établies pour chaque substance à partir des résultats de toxicité aiguë obtenus chez l’animal, ne nous protègent nullement contre la multitude des polluants présents dans l’environnement et de l’ensemble des effets délétères qu’ils provoquent.

Le stade fœtal et plus tard la période de croissance chez l’enfant constituent des états de très forte susceptibilité, à tel point que leur protection est un impératif catégorique.

Il y a aujourd’hui trop de médicaments inutiles prescrits ; trop de risques encourus en raison de dérapages prescriptionnels inacceptables, liés à la mise sur le marché de médicaments trop souvent toxiques et, en outre n’ayant pas fait la preuve d’une efficacité suffisante ; trop de pression de l’industrie pharmaceutique, vis-à-vis des instances de régulation ; et sur le terrain, trop de marketing à l’attention des médecins.

 

Belpomme maladies chroniques sante environnement7

 

Mon avis

Les + :

  • Proposition d’un nouveau modèle explicatif, développé de façon restreinte à partir de l’étude des cancers dans un livre précédent (« Ces maladies créées par l’homme »), ici généralisé à l’ensemble des pathologies. Cette nouvelle théorie permet d’apporter des éléments d’explication, cohérents entre eux, à l’évolution de nombreuses pathologies chroniques observée actuellement.
  • L’auteur fait l’exercice de décliner son modèle sur de nombreux plans : historique, médical, politique (analyse du jeu d’acteurs, propositions stratégiques), sociologique, éthique, …
  • Un livre très riche en informations et en références scientifiques récentes. A ce stade, je n’ai pas le temps, les compétences et le recul nécessaire pour me forger un avis sérieux sur une telle synthèse, avec autant de données et de sujets abordés.
  • Néanmoins, je constate que les conclusions du Pr Belpomme sont quasi toutes très tranchées, unidirectionnelles, et très contestées par d’autres scientifiques.

 

Les – :

  • Cet exposé me semble omettre l’importance de deux aspects à mes yeux essentiels :
    • l’impact sanitaire d’une exposition se rapporte à l’état de santé de l’individu exposé. L’auteur n’aborde ce thème que pour l’état biologique de femmes enceintes et de jeunes enfants. Or une femme enceinte ou un jeune enfant, en fonction de la robustesse de l’organisme, réagiront différemment à une même pollution ;
    • la capacité du corps à éliminer les substances indésirables. Je suis d’accord que l’évolution a doté le corps de processus d’élimination avant tout adaptés aux substances naturelles. Ils ne sont pourtant pas inefficaces sur les substances artificielles, comme le montrent de nombreuses de mesures faites dans les selles ou les urines. Il est dommage que l’auteur n’ait pas inclus à ses recommandations des moyens pratiques pour renforcer ces processus d’élimination. De plus, ces processus me semblent encore trop peu compris aujourd’hui. Leur potentielle capacité à aller chercher de l’ADN complémentaire dans l’environnement (par exemple en s’appuyant sur des microbes ou des virus, dont la diversité génétique nous dépasse), pour pouvoir éliminer des composés inconnus, est un sujet que je compte approfondir par la suite.

Photo par Jeff Turner et Louise Woodcock.

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4 Commentaires

  1. Karen

    L’epigenetique, j’y crois beaucoup. Une piste qui donne pas mal d’espoirs à mes patients actuellement

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  2. Guillaume (Auteur de l'article)

    Sur le papier je comprends la logique et elle est très séduisante. J’espère que les applications pratiques seront à la hauteur des espoirs ! A ce stade je suis assez enthousiaste aussi, en complément de la piste « symbiose avec microorganismes » 😉

    Répondre
  3. produits dératisations

    de plus en plus de nuisibles ene france et de produits chimique pour les détruire. Ces même produits qui se déverses dans les égouts ou les rivère… Des études existent elle pour montrer l’ampleur des dégats sur la croissance de nos enfants ?

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  4. Guillaume (Auteur de l'article)

    Ce type d’étude (très spécifique) n’est pas remonté spontanément au travers de mes recherches pour le moment, mais le vaste sujet des pesticides en général est encore très peu abordé sur ce blog.
    Affaire à suivre ! 😉

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