Comment les maladies naissent des pollutions … et que faire pour rester en bonne santé (2/4)

Trois signaux d’alerte inquiètent : une épidémie d’épidémies, une multiplication des facteurs de risque, des évolutions environnementales rapides au niveau global. – William Dab

 

Chronique du livre « Comment naissent les maladies : … Et que faire pour rester en bonne santé »

Belpomme maladies chroniques sante environnement

Du Pr Dominique Belpomme, 430 pages, publié en 2016

Dominique Belpomme est médecin et professeur de cancérologie à l’université Paris-Descartes. Il est notamment connu pour être l’initiateur de l’Appel de Paris et pour ses travaux sur le chlordécone aux Antilles.

Ce livre a pour objet de présenter la théorie proposée par le Pr Belpomme : l’origine de la plupart des maladies chroniques (cancer, obésité, diabète, allergies, etc …) est la pollution de l’environnement. Il fournit également des recommandations, aux niveaux individuel et collectif, pour se protéger et corriger la situation.

Ce livre est très riche en informations et en recommandations : il fera l’objet d’une chronique en quatre parties. Cet article est la deuxième partie de la chronique ; il aborde, notamment, l’influence des polluants environnementaux sur l’obésité, le diabète et les maladies cardiovasculaires.

 

Quelques informations et points de vue intéressants, concernant la thématique « Santé des enfants et environnement »

Voici une liste d’informations et de points de vue issus du livre, en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement », et que je souhaite partager avec vous.

  • En l’état actuel des connaissances, l’origine environnementale de la plupart des affections et maladies ne fait plus de doute.
  • Certains polluants, dits « obésogènes », font croître le nombre de cellules des tissus graisseux en formation dans le fœtus. Ils peuvent conditionner le futur bébé à devenir une personne obèse. Cette prédisposition initiale pourra être renforcée par la suite si l’individu est, à son tour, exposé à des polluants obésogènes.
  • De nombreux polluants sont cancérogènes, obésogènes et diabètogènes. Par exemple : pesticides organochlorés, dioxines, PCB, retardateurs de flammes, phtalates, Bisphénol A, … Le diabète de type 2, qu’il soit ou non favorisé par des facteurs de risques liés au mode de vie, est en réalité causé par la pollution chimique. Il est d’origine environnementale.
  • De même, et contrairement à ce que l’on croît, les maladies liées au cœur et aux vaisseaux sont initialement causées par la pollution de notre environnement. Le rôle du cholestérol et de l’alimentation dans leur genèse ne sont en réalité que des épiphénomènes.
  • Un régime sans sucre et sans cholestérol ne protège aucunement du risque cardiovasculaire. Il est plus utile qu’un médecin juge que le cholestérol n’est pas responsable du risque, car dans ce cas il ne prescrira pas de médicament (anticholestérolémiant).
  • Voici quelques bonnes pratiques recommandées par l’auteur, afin de protéger sa famille des pollutions environnementales :
    • privilégier les peintures intérieures à l’eau plutôt que celles à l’huile ;
    • éviter les vernis nocifs, leur préférer les encaustiques naturelles ;
    • limiter au maximum la présence de bois agglomérés ;
    • vérifier que la tuyauterie d’eau n’est pas en plomb ;
    • mettre aux normes et entretenir régulièrement les moyens utilisés pour le chauffage (fioul domestique, gaz ou bois) ;
    • préférer l’utilisation d’une cuisinière à gaz ou en vitrocéramique, plutôt que celle comportant des plaques à induction ;
    • préférer les produits ménagers écolabélisés. On pourra utiliser, pour l’entretien de la maison, le vinaigre blanc, et pour la toilette ou le linge, le savon de Marseille ;
    • n’utiliser les parfums d’intérieur qu’exceptionnellement.

 

Belpomme maladies chroniques sante environnement4

 

Quelques extraits en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement »

Les causes de l’obésité relèveraient donc non pas de la seule prise d’aliments caloriques en trop grande quantité, comme on le pense habituellement, mais bien, comme pour le cancer, de facteurs environnementaux principalement liés à la pollution chimique. En outre, on doit réaliser que le tissu graisseux intervient dans la genèse des cancers, non pas seulement par le biais des hormones naturelles qu’il sécrète, mais, comme nous l’avons montré par sa fonction de réservoir pour de nombreux polluants chimiques.

Si l’organisme peut détoxifier la plupart des substances toxiques naturelles, il est incapable de le faire pour les produits artificiels, à cause de l’absence de systèmes enzymatiques de détoxification spécifiquement adaptés à eux. […] Les systèmes enzymatiques naturels de l’organisme ont été créés par sélection naturelle au cours des 4 à 5 millions d’années nécessaires à l’émergence du phénomène humain. Adaptés aux toxiques naturels, ils sont incapables de détoxifier les produits artificiels.

Fait remarquable : on estime à 3 % les enfants naissant avec une maladie rare !

Dans l’espèce humaine, en altérant les mécanismes épigénétiques [note de Guillaume : l’épigénome est un ensemble de protéines qui gère l’expression des gènes], l’alimentation de la future mère en période de grossesse, et ultérieurement celle des enfants, pourrait donc être la cause de certaines affections et maladies.

Ceux de nos concitoyens qui affirment que tout va bien dans le meilleur des mondes, et que grâce aux progrès médicaux l’espérance de vie ne pourra que continuer à augmenter, se trompent d’époque et de combat : celle-ci stagne, voire recule désormais en France. […] Quoi qu’il en soit, et c’est la preuve que les fléaux progressent, l’espérance de vie en bonne santé a nettement reculé depuis ces dix dernières années dans notre pays.

La pollution de l’environnement [est] la véritable cause de l’émergence et de l’extension de ce premier continent médical que constituent aujourd’hui le cancer, l’obésité et le diabète de type 2, les facteurs de risques et mécanismes endogènes tels que le présuppose la thèse classique n’intervenant que de façon secondaire, en tant que simples éléments associés.

Ainsi apparaît-il de plus en plus évident que la maladie d’Alzheimer n’est pas à proprement parler une maladie de la vieillesse comme on l’affirme encore trop souvent, mais en réalité elle aussi, une maladie de l’environnement où interviendraient, comme dans le modèle cancer, des agents physiques, chimiques et peut-être même microbiens. Et cela d’autant plus que sa reproduction chez le singe tend à démontrer qu’elle débuterait dès le stade fœtal, comme pour la plupart des autres affections ou maladies.

On aurait pu espérer que les fléaux de santé publique d’aujourd’hui se limitent aux sujets âgés et donc, épargnent les enfants. Il n’en est rien. Si globalement dans notre pays, selon les données de l’assurance-maladie, il y a un peu plus de dix ans, la grande majorité des 11 millions de moins de quinze ans étaient en bonne santé, en réalité 180 000, soit 1,7 % de l’ensemble, bénéficiaient d’une ALD [Affection de Longue Durée] au titre d’une pathologie neurologique ou psychiatrique reconnue par le régime général. Aujourd’hui, c’est très certainement un nombre beaucoup plus élevé d’enfants et d’adolescents atteints d’affections sévères qu’il faut considérer.

Cela va bien au-delà de la seule pollution matérielle, à l’origine de l’altération de l’expression des gènes par des produits toxiques, puisque des mécanismes épigénétiques induits par exemple par un manque d’affection maternelle ou d’éducation à l’égard d’un enfant – ce que j’ai qualifié de pollution neurosensorielle – ou même par un conditionnement psychologique délétère – ce que j’ai qualifié de pollution cognitive – pourraient être à l’origine de troubles du comportement chez lui ou même ultérieurement à l’âge adulte. Mais sans toutefois que ces types de pollution puissent expliquer la genèse d’affections ou de maladies aussi lourdes que la SEP [sclérose en plaques], l’autisme ou la schizophrénie.

 

La troisième partie de cette chronique se trouve ici : Comment les maladies naissent des pollutions … et que faire pour rester en bonne santé (3/4)

 

Cette chronique met en avant l’importance de protéger les jeunes enfants des substances chimiques dangereuses, car les effets potentiels pourraient être graves et pérennes. Ce blog a pour mission de vous aider et de vous accompagner dans votre démarche ! Pour vos premiers pas, vous pouvez vous appuyer sur le guide gratuit téléchargeable ci-dessous.

Photo par Marjan Lazarevski

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4 Commentaires

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  2. CécileD

    Si vous avez des canalisations d’eau en plomb, il ne faut pas se mortifier non plus (le plomb est remplacé progressivement partout en France dans les zones publiques – les parties privatives restent cependant à la charge des propriétaires) : le plomb migre dans l’eau stagnante. Pour ne pas boire d’eau « plombée », il faut la laisser couler jusqu’à ce qu’elle soit « fraîche ». Ce n’est pas très « écolo » mais c’est le seul moyen de ne pas ingérer de plomb…

    Répondre
  3. Guillaume (Auteur de l'article)

    Sujet à la fois chaud et « serpent de mer », et c’est un ancien responsable du contrôle qualité des eaux d’un service de distribution d’eau potable qui parle haha

    Les canalisations du domaine public devaient être toutes changées pour pouvoir atteindre un nouveau seuil réglementaire (10 µg/L fin 2013 de mémoire). Reste effectivement les canalisations internes. Le côté stagnation est important, il y a aussi d’autres facteurs : température et dureté de l’eau notamment.

    La concentration de plomb dans le sang définissant le saturnisme a longtemps été de 100 μg/L (aujourd’hui l’enjeu principal étant les anciennes peintures au plomb). L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) estime que plus de 4 000 enfants sont concernés en France. En 2014, sur la base de nouvelles données toxicologiques, le Haut conseil de santé publique (HCSP) a recommandé d’abaisser cette concentration seuil à 50 μg/L.
    D’après l’OMS « Il n’existe pas de concentration de plomb dans le sang qui soit sans danger. » (http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs379/fr/, page mise à jour en Aout 2016)

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