Comment donner de la vitamine N aux enfants, avec Richard Louv (3/5)

La nature est ce que nous savons sans avoir l’art de l’exprimer. – Emily Dickinson 

La grâce est toujours unie à la magnificence dans les scènes de la nature. – François René de Chateaubriand 

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Chronique du livre « Vitamine N »

Vitamine N Richard Louv

de Richard Louv, 304 pages, publié en 2016

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Richard Louv est auteur et journaliste scientifique. Il a fondé et préside l’ONG Réseau Enfants & Nature.

Ce livre est un manuel pratique pour les parents souhaitant prévenir le « syndrome de manque de nature » . Il propose des actions concrètes, à l’échelle d’une famille ou d’une communauté, visant à faciliter et à accompagner une démarche de connexion des enfants à la nature.

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Quelques informations et points de vue intéressants, concernant la thématique « Santé des enfants et environnement »

Voici une liste d’informations et de points de vue issus du livre, en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement », et que je souhaite partager avec vous.

  • Avec de l’eau et quelques sacs plastiques, il est possible de transformer une pente de terre en toboggan de boue. Succès garanti.
  • Dans les jardins privés, certaines zones de pelouse pourraient laisser place à des plantes, des arbres et des buissons attirant les oiseaux et, si possible, avec des espèces issues de l’environnement local. Ces espèces permettent d’élaborer des beaux jardins, plus faciles à entretenir, plus résistants aux variations climatiques et favorisant le maintien de la biodiversité locale.
  • Les jardins n’ont pas à être dépourvus d’insectes. Les insectes sont des maillons essentiels de l’écosystème : un jardin en a besoin pour maintenir ses équilibres de fonctionnement. Et en plus, le monde des insectes est souvent fascinant à observer pour les enfants.
  • Impliquer les enfants dans les activités de jardinage est une pratique efficace pour connecter les enfants à la nature. Dans cette démarche, il est important de garder en tête de :
    • ne pas être trop ambitieux, surtout avec les plus jeunes enfants ;
    • s’adapter au stade de développement de l’enfant. Par exemple, pour les plus jeunes d’entre eux, planter se fera avec des graines de grosse taille ;
    • si possible, confier une tâche complète à un enfant, débouchant sur des résultats concrètement observables… voire directement comestibles, comme dans le cas des fraises et des pommes par exemple. C’est peut-être ça, finalement, le véritable « fast food » !
  • Les jardins communautaires représentent une initiative intéressante (et de plus en plus populaire) pour introduire des coins de nature dans les zones les plus urbanisées. Par exemple, en 2011, San Francisco a modifié les règles de son plan d’urbanisme (le PLU local) pour permettre l’établissement d’une agriculture urbaine dans chaque quartier.
  • Pour les familles ne possédant pas de jardin, des sessions de cueillette sont possibles dans certaines fermes et certains vergers ouverts au public. De plus, certaines coopératives, pour leurs propres besoins, sollicitent l’aide de volontaires.
  • Pour sensibiliser les enfants aux enjeux liés à la préservation de la biodiversité, d’une façon pro-active, une famille peut contribuer à construire des « corridors biologiques », reliant entre eux des écosystèmes isolés ou fragmentés : on parle de « continuité écologique ». En France, l’ensemble de ces corridors est appelé « la trame verte et bleue ».
  • Contribuer à la trame verte et bleue, localement et au niveau individuel, peut se résumer à un principe simple : gérer sa propriété comme une entité vivante, plutôt que comme un simple ornement. Concrètement, les contributions particulières peuvent être simples et réalisables en impliquant des enfants : mettre des plantes à ses fenêtres,  limiter l’utilisation de produits phytosanitaires, mettre en place des abris pour insectes, planter des espèces locales dans le jardin familial…

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Vitamine N Richard Louv3

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Quelques extraits en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement »

Ma femme et moi avons refait notre jardin en plantant le plus de plantes locales possible. Des espèces animales que nous n’avions jamais vues auparavant sont apparues, notamment les papillons et les abeilles de Californie. Le jardin est beau. Il ne demande plus autant d’eau. Et il n’a besoin que de peu d’entretien – je ne tondrai plus jamais.

La plupart des os cassés en grimpant aux arbres ont lieu parce que l’enfant n’a pas la force de se tenir à une branche, selon Joe Frost, professeur émérite à l’Université du Texas et expert principal concernant le jeu et les aires de jeu. Il recommande que les parents travaillent avec leurs enfants à développer la force du haut du corps. « Faire ça diminuera significativement le risque de blessure sérieuse ».

Plutôt que de bannir tout risque, assurez-vous que votre enfant gère le risque. […] La surveillance peut être graduellement relâchée, à mesure que les enfants développent force, agilité et capacité à raisonner. C’est aussi important d’offrir aux enfants des risques appropriés qu’ils peuvent gérés […] et de fournir les expériences de nature correspondantes.

Les enfants qui jouent régulièrement, impliqués, développent des capacités intuitives, qui s’enclenchent très rapidement et inconsciemment face à un risque de blessure.

Associer la nature avec de l’émerveillement et du respect, pas avec la peur. Si la première relation avec la nature est basée sur la peur – peur des insectes, des serpents, de tigres imaginaires, de catastrophes naturelles, peur du futur écologique – alors cet enfant grandira probablement en associant la nature avec la peur et la destruction, […] une sorte d’ « écophobie ».

Pensez en termes de risques comparés. Oui, il y a des risques à l’extérieur (bien que ne s’approchant pas de ce que les médias voudraient nous faire croire), mais il y a des énormes risques psychologiques, physiques et spirituels à élever les futures générations en leur imposant la protection de la maison. L’obésité infantile est juste l’un d’entre eux. Donc, plutôt que de souscrire à ces peurs, nous avons besoin de donner à nos enfants la liberté appropriée qu’ils méritent.

A chaque fois que vous observez une scène dans la nature, regarder-la comme quelque chose de nouveau.

Apprenez aux enfants à se méfier de certaines attitudes [suspectes] plutôt que simplement des « étrangers ». […] Dire aux enfants de ne pas s’approcher des étrangers est relativement inefficace. « Etranger » n’est pas un concept que les jeunes enfants comprennent facilement.

Depuis 2008, pour la première fois de l’histoire de l’humanité, plus de personnes vivent dans des villes qu’à la campagne. Cela signifie deux choses : la décroissance progressive de la relation entre les humains et le reste du monde naturel, déjà fragile, ou bien l’avènement d’une ville riche de nature.

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La suite de cette chronique se trouve ici : Comment donner de la vitamine N aux enfants, avec Richard Louv (4/5)

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Photo par Jeanne Menjoulet

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Sensibiliser les enfants avec des livres illustrés ? Ca m'intéresse !
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