Comment détoxifier le corps et l’environnement du quotidien, avec Debra Lynn Dadd (4/5)

On pensait le fœtus plus ou moins protégé par la « barrière placentaire », mais ces polluants ne rencontrent aucun obstacle. – Stéphane Horel

Dans les pays développés, on est passé d’une pollution bactériologique à une pollution industrielle, et aujourd’hui, à une pollution chimique. Cette dernière pose de nouveaux défis aux professions sanitaires, car elle est difficile à évaluer et à prévoir. – Pr Jean-François Narbonne

 

Chronique du livre « Alerte aux produits toxiques »

polluants environnement Debra Dadd

de Debra Lynn Dadd, 304 pages, publié en 2012

 

Debra Lynn Dadd a été diagnostiquée d’une hypersensibilité chimique multiple. En collaboration avec des toxicologues et des médecins, elle a écrit Alerte aux produits toxiques, succès de librairie aux Etats-Unis, pour sensibiliser la population générale à la présence de substances dangereuses dans l’environnement du quotidien.

Ce livre porte sur comment réduire son exposition et comment éliminer les substances qui sont déjà présentes dans le corps.

 

Quelques informations et points de vue intéressants, concernant la thématique « Santé des enfants et environnement »

Voici une liste d’informations et de points de vue issus du livre, en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement », et que je souhaite partager avec vous.

  • L’organisme peut minimiser les dommages potentiels des substances toxiques, en les excrétant dès que possible avec les matières produites par les émonctoires :
    • l’urine, fabriquée au niveau des reins. Cette voie est principalement utilisée pour les substances hydrosolubles (solubles dans l’eau),
    • la bile produite au niveau du foie, rejetée dans les intestins, puis éliminée avec les selles. Cette voie est notamment utilisée pour les substances liposolubles (solubles dans les graisses),
    • la transpiration, via la peau,
    • l’air expiré, via les poumons ;
  • Le système lymphatique a pour rôle de collecter les toxines, notamment les polluants environnementaux et les déchets issus du métabolisme cellulaire, et de les amener vers les émonctoires. Contrairement au système sanguin, dont le transport est assuré par le rôle de « pompe » assuré par le cœur, le système lymphatique ne possède pas d’organe favorisant son écoulement : la circulation de la lymphe est assuré par le mouvement du corps. C’est dire l’importance du mouvement pour la détoxification, et donc pour la santé de l’organisme.
  • Après avoir filtré différentes toxines, le foie les rejette par la bile dans les intestins, avec pour objectif d’une excrétion par les selles. Néanmoins, si le transit intestinal est ralenti, par exemple à cause d’un régime alimentaire pauvre en fibres, ces toxines peuvent être réabsorbées par l’intestin et repénétrer dans l’organisme… pour être à nouveau, par la suite, filtrées par le foie. Ce phénomène est appelé « cycle entéro-hépatique ».
  • Les mécanismes de détoxication du foie s’appuient sur de nombreuses molécules. Parmi ces molécules, le glutathion joue un rôle central dans l’élimination de certains polluants, notamment en transformant des substances liposolubles en substances hydrosolubles, plus faciles à excréter par les émonctoires.
  • Ces molécules sont principalement constituées d’acides aminés : consommer une alimentation contenant l’ensemble des acides aminés essentiels est donc une bonne pratique de base pour obtenir un corps qui détoxique efficacement.
  • Parmi les aliments riches en protéines animales, les poissons gras sont particulièrement intéressants, car ils apportent aussi des acides gras oméga-3 à longue chaîne, qui réduisent l’impact de certains polluants (stress oxydant, inflammation). Cependant, il est important d’éviter les poissons de fin de chaîne alimentaire comme le thon, l’espadon, la raie… qui sont contaminés par le mercure.
  • Une alimentation pauvre en micronutriments réduit l’efficacité du système de détoxication. En effet, son fonctionnement s’appuie sur l’utilisation de vitamines, de minéraux, d’acides aminés et acides gras. Par exemple, sans les micronutriments adaptés, beaucoup d’enzymes deviennent inactives ; leur travail de détoxication ne peut pas se faire.
  • Les fruits et légumes frais sont la base d’une alimentation saine. Ils seront préférentiellement consommés crus ou légèrement cuits à la vapeur, afin de conserver un maximum de micronutriments et d’enzymes.
  • Malheureusement, la plupart des aliments sont aujourd’hui cultivés sur des sols qui ne fournissent pas suffisamment de minéraux : à leur tour, ces aliments n’en apportent donc pas en quantité suffisante pour nous maintenir en bonne santé.
  • Les bonnes pratiques recommandées par l’auteur comprennent :
    • laver les vêtements neufs avant de les porter ;
    • pour couvrir un sol, privilégier le linoléum naturel, fixé par des adhésifs sans produits toxiques. Les scotch double face sont souvent l’option la moins émettrice ;
    • préférer acheter des meubles fabriqués avec des matériaux naturels, tel que le bois massif. Le prix des meubles d’occasion peut être plus abordable ;
    • lors d’un épisode de pollution de l’air extérieur :
      • éviter l’exercice physique dans les zones concernées,
      • emprunter des rues secondaires, où le trafic routier est moins dense ;
    • si la mauvaise qualité de l’air est récurrente, considérer la possibilité d’installer un filtre à air.

 

polluants environnement Debra Dadd5

 

Quelques extraits en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement »

Parmi les nombreuses raisons de manger bio, la première est de réduire la charge toxique du corps et de l’environnement. Les aliments biologiques apportent aussi plus de nutriments que les aliments cultivés avec des produits chimiques, et ils ont meilleur goût.

La quantité de matières grasses qu’on consomme conditionne notre résistance aux toxiques. 60 à 80 % du système nerveux central, par exemple, est constitué d’acides gras. Une carence en matières grasses rend le système nerveux vulnérable aux métaux liposolubles, comme le cadmium, l’aluminium, le chrome, le plomb, l’argent, le mercure et le titane.

L’activité physique est surtout essentielle au processus de détoxication du corps. Chaque cellule baigne dans la lymphe interstitielle qui évacue les déchets cellulaires et les toxiques, mais la lymphe ne se déplace pas si le corps ne bouge pas. Le cœur fait circuler le sang dans tout le corps, mais la lymphe ne peut circuler que si le corps est en mouvement. Plus on bouge, et plus le système lymphatique peut véhiculer les éléments toxiques depuis les cellules jusqu’à l’extérieur de l’organisme.

La zéolithe a aussi la capacité de mobiliser et d’éliminer les toxiques stockés dans les cellules adipeuses et les os. Ainsi, progressivement, la charge corporelle toxique se réduit. La zéolithe liquide activée ne se lie pas directement à des produits toxiques tels que les pesticides, les herbicides, les perturbateurs endocriniens et les dioxines, mais en réduisant la charge toxique du foie, celui-ci est beaucoup plus efficace pour éliminer les autres substances chimiques en utilisant le processus naturel de détoxication. […] De tous les produits de détoxication que j’ai essayés, la zéolithe liquide activée a été non seulement la plus efficace mais aussi la plus facile à prendre. Les gouttes peuvent être bues avec de l’eau ou tout autre aliment ou boisson.

Un environnement toxique modifie l’expression des gènes, entraînant au long terme des maladies chroniques. Des chercheurs ont mis en évidence, au cours de ces dernières années, que des substances toxiques pouvaient imprimer leur empreinte dès le début du développement fœtal, avec des conséquences pathologiques à différents âges de la vie. Dans ce cas, ce n’est pas la structure des gènes qui est modifiée (mutation) par une exposition aux toxiques, mais leur expression : ces gènes seront alors activés ou désactivés. Le plus étonnant – et préoccupant – est que ces modifications, ou “marques épigénétiques”, pourront être transmises à la descendance, sur plusieurs générations. Ces phénomènes épigénétiques, qui peuvent avoir lieu à un stade précoce mais ensuite tout au long de la vie, pourraient en partie expliquer l’épidémie de maladies non transmissibles (cancers, maladies cardiovasculaires, neurodégénératives…) qui affectent les populations des pays développés.

Il y a plusieurs années, à l’époque où je travaillais dans le cabinet d’un immunologiste qui exerçait la médecine environnementale, nous avons observé que des allergies alimentaires disparaissaient chez les patients quand nous supprimions les produits toxiques de leurs maisons. Apparemment, les allergies alimentaires sont favorisées par une surcharge toxique du système immunitaire. Il est probable que d’autres allergies résultent de causes similaires.

 

La suite de cette chronique se trouve ici : Comment détoxifier le corps et l’environnement du quotidien, avec Debra Lynn Dadd (5/5)

 

Cette chronique met en avant l’importance de protéger les enfants des substances préoccupantes, car les effets potentiels pourraient être graves et pérennes. Ce blog a pour mission de vous aider et de vous accompagner dans votre démarche ! Pour vos premiers pas, vous pouvez vous appuyer sur le guide gratuit téléchargeable ci-dessous.

Photo par Meg Wy

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3 Commentaires

  1. Anne

    Une activité physique régulière et une alimentation riche en fibres sont deux habitudes reconnues pour leurs bénéfices sur la santé, depuis un moment. Mais c’est peut être seulement depuis peu que l’on comprend l’ampleur de leurs bienfaits et les mécanismes associés. Par exemple, le mouvement permet de faire circuler la lymphe, qui transporte les toxines vers l’extérieur du corps, et les fibres permettent d’accélérer l’élimination par faite par les selles. Au final, l’élimination des toxines pourrait être un des (voire le ?) mécanisme principal qui permettrait d’expliquer l’association observée avec des bien faits sur la santé ???

    Répondre
    1. Guillaume (Auteur de l'article)

      La part attribuable serait un paramètre que je serais aussi curieux de connaitre 🙂 Finalement, en pratique, peu importe, « l’essentiel c’est que ça marche » il me semble. Et si en plus on découvre que ça marche encore mieux que ce qu’on pensait initialement, c’est une très bonne nouvelle !
      Perso, je trouve que cela fait écho à une sorte de règle générale du type « les éléments doivent nous traverser après avoir produit leurs effets, sans rester coincées/bloquées/retenues » (formule à améliorer haha), qui pourrait s’appliquer au-delà du domaine physiologique, par exemple aux émotions. Bon évidemment, pour les substances toxiques de synthèse, on préférait qu’elle ne produise pas d’effet avant de sortir… voire, mieux, qu’elles ne pénètrent simplement pas en nous !

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  2. Pingback: Conseils et astuces de lecteurs n°11 : détoxification, pesticides, polluants des vêtements, aluminium

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