Comment détoxifier le corps et l’environnement du quotidien, avec Debra Lynn Dadd (3/5)

Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, tout être humain est désormais soumis au contact de produits chimiques dangereux, de la conception jusqu’à la mort. – Rachel Carson

Notre organisme compte de 300 à 400 polluants chimiques nouveaux qui n’existaient tout simplement pas avant, et donc que n’ont pas connus les générations antérieures. Comment imaginer qu’un tel « cocktail » puisse être anodin ? – Erwann Menthéour

 

Chronique du livre « Alerte aux produits toxiques »

polluants environnement Debra Dadd

de Debra Lynn Dadd, 304 pages, publié en 2012

 

Debra Lynn Dadd a été diagnostiquée d’une hypersensibilité chimique multiple. En collaboration avec des toxicologues et des médecins, elle a écrit Alerte aux produits toxiques, succès de librairie aux Etats-Unis, pour sensibiliser la population générale à la présence de substances dangereuses dans l’environnement du quotidien.

Ce livre porte sur comment réduire son exposition et comment éliminer les substances qui sont déjà présentes dans le corps.

 

Quelques informations et points de vue intéressants, concernant la thématique « Santé des enfants et environnement »

Voici une liste d’informations et de points de vue issus du livre, en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement », et que je souhaite partager avec vous.

  • Concernant les ustensiles de cuisine en aluminium, la chaleur et l’acidité des aliments (tomates, épinards, oseille, fruits, vin blanc…) favorise la migration de ce métal toxique. Ce principe s’applique aussi aux cuissons « en papillotes », utilisant du papier aluminium.
  • Il n’y a pas de seuil en deçà duquel l’exposition au plomb est sans danger. De plus, sa toxicité touche particulièrement les enfants et les femmes enceintes.
  • Les vêtements sont confectionnés à partir de nombreux tissus différents. Ces tissus peuvent contenir des produits chimiques présentant des toxicités variables. Cette situation préoccupante concerne également les vêtements destinés aux enfants ou aux femmes enceintes.
  • Par exemple, les fibres synthétiques, fabriquées avec des plastiques issus de produits pétrochimiques, sont aujourd’hui couramment utilisées : nylon, polyester, acrylique, etc. Très peu de recherches ont été menées sur les effets sanitaires associés. De plus, pour réduire leur temps de dégradation, ces tissus sont complétés par des additifs de synthèse, dont certains sont eux-mêmes toxiques.
  • En règle générale, les chaussures d’importation, en particulier celles qui sont fabriquées en Asie, contiennent plus de substances chimiques préoccupantes, car elles sont fabriquées dans un contexte réglementaire moins exigeant. Celles qui sont utilisés dans le tannage du cuir, par exemple, sont souvent toxiques pour l’homme et l’environnement : chrome hexavalent, métaux lourds (mercure, plomb…), oxyde d’éthylène, nonylphénol, cyanure, chlorures, aluminium, nickel, etc.
  • La plupart des meubles fabriqués industriellement comportent des matériaux qui dégagent des vapeurs toxiques : panneaux de particules agglomérées et de contreplaqué qui libèrent du formaldéhyde, fibres synthétiques qui servent à rembourrer les canapés ou les matelas et qui libèrent des retardateurs de flamme, tissus d’ameublement recouverts d’une résine de formaldéhyde pour résister aux taches, etc. Dans l’air intérieur, environ deux tiers du formaldéhyde serait attribuable aux meubles.
  • Le corps présente cinq organes de détoxication, parfois appelés « émonctoires » primaires :
    • le foie et les intestins, qui fonctionnent ensemble ;
    • les reins ;
    • les poumons ;
    • la peau.
  • Dans un corps en bonne santé, dont toutes les fonctions sont opérationnelles, les substances indésirables sont transportées vers ces organes de détoxification, par le sang et la lymphe, dans un objectif d’élimination. Lorsque les émonctoires primaires ne parviennent pas à éliminer toutes les substances indésirables, le corps utilise des émonctoires secondaires : l’ensemble des muqueuses. De nombreux symptômes – toux, éternuements, vomissements, diarrhées, mictions excessives, etc. – traduisent les efforts de l’organisme pour éliminer un surplus de substances indésirables.
  • Ces symptômes peuvent donc indiquer que la capacité du système de détoxication est dépassée. Plutôt que de tenter de les faire disparaître avec des médicaments ou des remèdes naturels, il serait préférable de les laisser produire leurs actions bénéfiques pour l’organisme, tant que leur ampleur reste dans des proportions raisonnables. Dans le cas contraire, un avis médical est indispensable.
  • Les bonnes pratiques recommandées par l’auteur comprennent :
    • privilégier les vêtements fabriqués à partir de fibres naturelles : lin, soie, coton, ramie, tous types de laine, etc.
    • utiliser des édulcorants naturels, fabriqués à partir d’aliments entiers : miel brut bio, jus de canne à sucre bio déshydraté, sirop d’érable bio, sucre de dattes bio, sucre de noix de coco bio ;
    • éviter les casseroles et les poêles “antiadhésives” avec un revêtement en Téflon ;
    • bannir les ustensiles de cuisine en aluminium, surtout ceux qui sont chauffés au contact des aliments ;
    • pour la cuisson, préférer les ustensiles fabriqués à partir des matériaux suivants : verre, fonte naturelle, porcelaine, acier inoxydable, céramique (produit high-tech, sans plomb), etc.

 

polluants environnement Debra Dadd4

 

Quelques extraits en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement »

L’impact des expositions aux toxiques varie d’une personne à l’autre : il dépend d’une part de la toxicité du poison mais, d’autre part, de la capacité de notre corps à l’excréter. Cela vaut également pour la planète. À l’heure actuelle, la quantité de poisons que nous rejetons dans l’environnement est supérieure à celle que la Terre peut supporter.

La vie sur notre planète est le fruit d’un recyclage permanent des formes de vie et des molécules, comme un arbre dont les feuilles renaissantes finissent par tomber et retournent à la terre, où elles se décomposent en éléments nutritifs que l’arbre réutilise pour faire de nouvelles feuilles. Or, les produits chimiques synthétiques ayant des structures moléculaires qui ne se décomposent pas dans l’environnement contredisent et violent cette loi de la nature.

Pour éviter les toxiques, il est généralement plus judicieux d’acheter moins mais de très bonne qualité certifiée.

Le foie transforme les substances toxiques liposolubles sous forme hydrosoluble pour permettre leur excrétion. Pourquoi cette transformation ? Si les substances toxiques restaient liposolubles, elles diffuseraient facilement dans les cellules graisseuses du tissu adipeux pour y être stockées pendant une longue période. L’organisme prévient ainsi le stockage à long terme des produits chimiques liposolubles en les transformant en substances hydrosolubles dans le foie. Les substances hydrosolubles pourront ensuite être éliminées dans l’urine ou la bile.

Le foie peut gérer une exposition occasionnelle à des toxiques, mais des expositions fréquentes le fatiguent et le rendent moins efficace. Or on subit tous de fréquentes expositions à des substances toxiques, à un degré plus ou moins important. Par ailleurs, si le foie est constamment occupé à transformer des toxiques, il est beaucoup moins disponible pour effectuer ses nombreuses (plus de cinq cents) fonctions indispensables au maintien en bonne santé.

La transpiration est un mécanisme naturel permettant de nettoyer le corps. En plus de réguler la température corporelle à 37 °C, elle débarrasse l’organisme des xénobiotiques et des déchets du métabolisme tout en contribuant à garder la peau propre, souple et saine. C’est pourquoi la peau est parfois surnommée le “troisième rein”. […] En soi, la sueur n’est pas une voie majeure d’excrétion des produits chimiques. Cependant, accélérée par l’utilisation méthodique d’un sauna, elle devient un moyen efficace pour éliminer les toxiques de l’organisme.

La détoxication est une fonction naturelle de l’organisme. À chaque instant, le corps collecte et élimine les xénobiotiques et les déchets produits. Plutôt que de suivre une cure, il est important d’aider le système de détoxication du corps dans la durée.

Si on lui procure une bonne nutrition, le corps humain a une étonnante capacité à l’autoguérison. S’il est correctement alimenté et reçoit les bons nutriments, il est conçu pour réparer et restaurer lui-même ses fonctions.

 

La suite de cette chronique se trouve ici : Comment détoxifier le corps et l’environnement du quotidien, avec Debra Lynn Dadd (4/5)

 

Cette chronique met en avant l’importance de protéger les enfants des substances préoccupantes, car les effets potentiels pourraient être graves et pérennes. Ce blog a pour mission de vous aider et de vous accompagner dans votre démarche ! Pour vos premiers pas, vous pouvez vous appuyer sur le guide gratuit téléchargeable ci-dessous.

Photo par Best Kitchen Accessories

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4 Commentaires

  1. Yum

    Bonjour Guillaume,
    Même s’il y a des éléments que je connaissais déjà, ta chronique m’est très instructive, en ce qui me concerne, notamment sur la détoxication !

    Mon retour concernant les vêtements : j’essaie de choisir au maximum des vêtements en coton, notamment pour mes enfants, parfois en coton bio. Je constate que le lin n’est pas très souvent utilisé dans les vêtements, la soie, c’est cher et difficile à entretenir, quant à la laine, mes enfants trouvent que ça gratte… donc c’est surtout du coton pour nous. C’est possible de trouver du 100% coton pour la plupart des vêtements, mais il faut bien regarder les étiquettes, il y a souvent des vêtements majoritairement en coton, mais mélangé à des matières synthétiques. Et même si le vêtement est en coton, il n’est pas rare qu’il y ait des motifs floqués dessus, je les évite. Au niveau des couleurs et des motifs imprimés, je me demande ce que contiennent les colorants… Quand j’achète des vêtements neufs, je les lave toujours avant de les (faire) porter. J’achète souvent des vêtements en occasion, on peut espérer qu’avec de nombreux lavages, les éventuelles substances préoccupantes qui peuvent être transmises à la peau « facilement » ont été éliminées… Cela m’intéresserait bien que des expériences scientifiques soient réalisées pour mesurer la quantité de substances préoccupantes initialement présentes dans des vêtements, et son évolution en fonction du nombre de lavages… Et je demanderais bien la même chose pour mesurer la quantité de pesticides présents à la surface d’un fruit ou d’un légume, en fonction du lavage / temps de trempage à l’eau, au vinaigre ou au bicarbonate de soude 😉

    Pour les chaussures, ce n’est pas simple, les chaussures fabriquées en France ou en Europe peuvent être très chères, et j’ai cru comprendre que la réglementation restait floue et que même si c’est écrit « fabriqué en France », cela peut être un produit fabriqué à 99% en Asie, et sur lequel à la fin on a attaché un bouton en France… mais je vais tâcher d’en savoir plus et de faire plus attention !

    Répondre
    1. Guillaume

      Merci pour ce super retour, Yum. C’est presque un article à lui tout seul, super.

      La question du rinçage de fruits et légumes m’intéresse aussi. En termes de publication, à ce stade de mes recherches, je n’en ai trouvée qu’une, indiquant un meilleur abattement quand on ajout du bicarbonate à l’eau de lavage. Cette étude portait sur un périmètre réduit : 2 pesticides, pommes gala. Affaire à suivre !

      Yang T et al. Effectiveness of Commercial and Homemade Washing Agents in Removing Pesticide Residues on and in Apples. Journal of Agricultural and Food Chemistry, 2017. 65(44): p. 9744-9752.

      Répondre
  2. Yum

    Merci pour ce lien, je n’ai pas réussi à l’article intégral, mais même le résumé seul est intéressant !
    Par contre, je ne m’y connais pas assez pour me rendre compte si l’exposition aux pesticides des pommes retenue dans l’expérience est représentative de ce qui est pratiqué couramment en France en termes de quantités ou de types de pesticides, et si les résultats peuvent facilement être extrapolées à des cas réels… Même si les résultats sont encourageants pour le nettoyage des pesticides en surface avec du bicarbonate de soude, pour l’instant je crois que si je devais manger des pommes de l’agriculture conventionnelle, je serais tentée des les éplucher…

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    1. Guillaume (Auteur de l'article)

      Effectivement, le champ (réduit) de l’étude et son aspect « isolé » ne permet pas d’apporter des conclusions transposables et robustes.
      L’épluchage permettra de diminuer ton exposition aux résidus de pesticides mais diminuera aussi ton apport en micronutriments.
      A ma connaissance, il n’existe pas d’études quantifiant une diminution de risques liée à cette pratique. Idem pour les quantifications de type bénéfices/risques associées à cette pratique.

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