Comment certains produits chimiques mettent en danger la santé de nos enfants, selon Cash Investigation (1/3)

[Concernant l’épluchage de fruits et légumes non bio] Certes, une grande partie des nutriments se trouve dans la peau. Cela dit, les études réalisées sur les fruits et légumes en vue de démontrer leurs bienfaits sur la santé sont réalisées à partir d’aliments épluchés, prouvant ainsi que la pulpe est également riche en nutriments. – Dr Véronique Vasseur 

On a observé que les enfants qui avaient un TDAH avaient davantage de résidus de pesticides dans leur urine. On ne peut pas nécessairement conclure que les pesticides sont l’unique cause de leur hyperactivité, mais ça sonne un signal d’alarme. – Maryse Bouchard

 

Chronique du livre « Toxic : Produits chimiques : nos enfants en danger »

cash investigation enfants chimiques sante

De Martin Boudot et Antoine Dreyfus, 160 pages, publié en 2016

 

Martin Boudot est journaliste-réalisateur pour l’émission Cash Investigation. Antoine Dreyfus est journaliste de presse écrite.

Ce livre porte sur les risques sanitaires liés à certains produits chimiques, fabriqués par des entreprises multinationales, les pesticides en particulier. Il est issu d’une enquête réalisée pour l’émission Cash Investigation, diffusée le 2 février 2016 ; il complète les éléments présentés à l’antenne : certains aspects sont approfondis et des mesures de maîtrise des expositions sont proposées. Ces mesures comprennent des recommandations à l’attention des parents, dans l’objectif de protéger leurs enfants de pollutions préoccupantes.

Ce livre fait l’objet d’une chronique en trois parties. Cet article est la première partie de la chronique.

 

Quelques informations et points de vue intéressants, concernant la thématique « Santé des enfants et environnement »

Voici une liste d’informations et de points de vue issus du livre, en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement », et que je souhaite partager avec vous.

  • Les enfants sont exposés à de nombreux polluants environnementaux, par l’intermédiaire de l’eau qu’ils boivent, des aliments qu’ils mangent, de l’air qu’ils respirent, des produits qu’ils mettent sur leur peau…
  • Face à ces pollutions environnementales, les enfants sont plus vulnérables que les adultes, car leur corps en plein développement. Pendant cette période critique, le cerveau est un des organes les plus sensibles.
  • Les chiffres d’affaires liés à la vente de produits chimiques sont très élevés. Par exemple, rien que pour les pesticides, au niveau mondial, le chiffre d’affaires généré est d’environ 50 milliards d’euros, soit l’équivalent du PIB du Luxembourg.
  • Certains polluants, lorsqu’ils exposent des femmes enceintes ou de jeunes enfants, peuvent avancer l’âge de la puberté des enfants, en particulier celui des petites filles. Au-delà de la gêne sociale occasionnée, très significative, ce type de troubles est associé à de plus grands risques de développer certaines maladies à l’âge adulte, incluant le cancer du sein et le cancer des ovaires.
  • La France est le premier utilisateur de pesticides en Europe, le troisième utilisateur mondial après les États-Unis et le Japon. Le volume de vente se situe entre 60 000 et 70 000 tonnes de substances actives par an. Parmi ces ventes, entre 15 et 20 % sont utilisées pour la viticulture.
  • Contrairement à l’eau de consommation, le vin n’est pas soumis à des limites maximales de résidus (LMR) de pesticides. Des analyses effectuées par l’association Que Choisir ont détecté jusqu’à 14 résidus différentes dans certaines bouteilles. Ces analyses ont également présenté des teneurs en pesticides supérieures aux LMR fixées pour l’eau de consommation.
  • En France, 2 500 nouveaux cas de cancers infantiles sont recensés chaque année.
  • Lors des périodes d’épandage, les riverains de zones agricoles peuvent être soumis à de forts niveaux d’exposition.
  • La viticulture est une des cultures qui utilise le plus de pesticides. Dans le cadre de l’enquête réalisée pour Cash Investigation, des prélèvements de cheveux d’enfants ont été réalisés dans des écoles primaires situées à proximité de vignes. Les analyses effectuées en laboratoire ont montré que, en moyenne, ces prélèvements contenaient 44 pesticides différents. Parmi ces 44 pesticides, 24 sont particulièrement préoccupants : il s’agit de pesticides interdits, mais encore présents dans l’environnement à cause de leur persistance, soit de pesticides encore autorisés mais classés cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR).
  • En 2013, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a publié un rapport portant sur les risques liés aux pesticides. Ce rapport mentionne que :
    • d’après les études épidémiologiques réalisées au cours des 30 dernières années auprès de populations rurales et de travailleurs agricoles, une exposition aux pesticides est associée à une augmentation de risque pour plusieurs pathologies ;
    • au cours de la période fœtale et des premières années de vie, même une exposition de faible intensité augmente le risque de développer des malformations congénitales, des troubles de l’apprentissage, des troubles du comportement, certains cancers à l’âge adulte…

 

cash investigation enfants chimiques sante 1

 

Quelques extraits en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement »

En tant que mère de famille, je sais que nous aimerions tous faire le maximum pour protéger nos enfants des dangers qui les guettent. Mais il y a une menace chimique que nous, parents, avons beaucoup de mal à combattre. Des polluants que nous ne voyons pas, que nous ne sentons pas, mais auxquels nos enfants sont bien exposés. Des particules dangereuses, cachées dans notre alimentation ou dans l’eau que nous buvons. Des polluants tapis dans nos meubles ou dans la poussière de nos maisons. Nos enfants sont exposés à de nombreux résidus chimiques, parfois jusqu’à cent vingt-huit chaque jour. Certains de ces produits sont cancérigènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction ou neurotoxiques.

En France et partout dans le monde, médecins et chercheurs lancent l’alerte. Augmentation des cancers infantiles, multiplication des anomalies de naissance ou des troubles hormonaux, explosion de l’autisme. Ces pathologies, très différentes, auraient bien souvent une même cause : les produits chimiques.

Après cet ouvrage, les industriels des pesticides et le monde agricole ne pourront plus dire qu’ils ne savaient pas.

Oh, un petit rien, mais qui laisse une impression de léger malaise. Solenn fait beaucoup plus que son âge. Avec sa poitrine et ses hanches formées, on lui donne facilement 15 ans, alors qu’elle n’en a que 10 et suit les cours de CM2. On dirait presque une femme. C’est encore une enfant. On comprend qu’elle soit perturbée et que sa mère s’inquiète. À 7 ans seulement, elle a commencé à avoir de la poitrine.

Du point de vue des normes et des réglementations, rien à signaler : il existe une liste des écoles sensibles et des restrictions d’épandage (interdiction pendant les activités scolaires et périscolaires en extérieur de 8 h à 17 h ; zone d’exclusion de 50 mètres). Devant un autre établissement du Médoc, dont la cour de récréation jouxte les vignes, l’enseignante vient à la rencontre de Martin Boudot et Pedro Brito Da Fonseca, mais ne peut pas parler sans l’aval du rectorat. On la sent gênée, nerveuse. Elle gigote. Elle dit que les épandages se déroulent « en pleine journée », même « pendant les récréations », qu’ils s’en prennent « plein la tronche », qu’ils sentent « l’odeur », mais que « les enfants sont habitués ». Les relations avec les viticulteurs sont quasi inexistantes. Les institutrices n’osent pas les interpeller, car « tout le monde travaille dans le vin ».

Avec une croissance de 11 % et un chiffre d’affaires de 9,5 milliards d’euros, la branche pesticides et semences de Bayer est de loin la grande gagnante de l’année. […] Chez Bayer, on ne vend pas des pesticides, mais des « produits de protection de la plante ». Nuance.

En France, Bayer commercialise précisément 50 produits cancérigènes probables, dangereux pour le foetus ou perturbateurs hormonaux. […] Depuis 2008, [Bayer] en a vendu plus de 33 millions de kilos en France.

Au grand classement des produits interdits, Bayer l’emporte largement, loin devant ses concurrents. En France, depuis 1987, 680 pesticides de Bayer ont été interdits, suivis par Dow (387), Syngenta (270), BASF (230), DuPont (198), Monsanto (108), puis tous les autres fabricants de pesticides. Au total, entre 1987 et 2015, selon l’enquête d’Antoine Guerre, 13 249 produits (noms commerciaux) ont été retirés du marché français.

 

La seconde partie de cette chronique se trouve ici : Comment certains produits chimiques mettent en danger la santé de nos enfants, selon Cash Investigation (2/3)

 

Cette chronique met en avant l’importance de protéger les enfants des substances préoccupantes, car les effets potentiels pourraient être graves et pérennes. Ce blog a pour mission de vous aider et de vous accompagner dans votre démarche ! Pour vos premiers pas, vous pouvez vous appuyer sur le guide gratuit téléchargeable ci-dessous.

Photo par ah zut

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