Ce que les médecins doivent savoir en santé-environnementale, avec William Dab (3/4)

La médecine scientifique a permis d’augmenter l’espérance de vie en occident de 44 ans au début du siècle à celui de 76 ans. Mais aujourd’hui, elle se heurte aux limites que lui imposent des maladies dégénératives chroniques. – Dr Jean-Pierre Willem

Face aux enjeux de santé environnementale aujourd’hui, les médecins, et plus largement les professionnels de santé, sont des acteurs de premier plan. Le problème est qu’ils ne sont pas armés pour jouer ce rôle. – André Cicolella

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Chronique du livre « Le praticien et l’environnement »

Praticien environnement William Dab

sous la direction de William Dab, 80 pages, publié en 2010

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Ancien directeur général de la Santé, William Dab est médecin et professeur au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM).

Ce livre est un ouvrage collectif, regroupant des fiches synthétiques à l’attention des praticiens, pour de nombreux thèmes de santé environnementale : pollutions de l’air extérieur et intérieur, pesticides, bruit, médicaments, radiofréquences, peintures au plomb, etc. L’objectif est de fournir un premier niveau de connaissances génériques, notamment afin d’appuyer les diagnostics cliniques.

La chronique de ce livre fait l’objet d’une série de quatre articles. Cet article est le troisième de la série. Le premier se trouve ici : Ce que les médecins doivent savoir en santé-environnementale, avec William Dab (1/4)

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Quelques informations et points de vue intéressants, concernant la thématique « Santé des enfants et environnement »

Voici une liste d’informations et de points de vue issus du livre, en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement », et que je souhaite partager avec vous.

  • Les nanoparticules sont des particules dont au moins une dimension est comprise entre 1 et 100 nanomètres. Leurs compositions sont très variées et leurs usages sont déjà multiples : équipements électroniques, produits cosmétiques, traitement de l’eau, imagerie médicale, etc.
  • D’après des études sur des animaux, les nanoparticules (produites intentionnellement) et les particules ultrafines (sous-produits non désirés, par exemple des sous-produits de combustion) sont des particules si petites qu’elles peuvent traverser les barrières de protection de l’organisme, au travers des alvéoles pulmonaires par exemple. Leur devenir dans l’organisme et leur toxicité potentielle sont très imparfaitement connus.
  • Les phtalates sont une famille de substances chimiques, dont un des principaux usages est leur fonction de plastifiants : ajoutés à une matière plastique, ils lui ajoutent diverses propriétés : souplesse, couleur, etc. Malheureusement, les phtalates sont faiblement liés aux plastiques et sont donc, à l’usage, progressivement libérés dans l’environnement du quotidien, alors qu’ils peuvent perturber le système hormonal et altérer la fertilité masculine.
  • Concernant la population générale, pour de nombreux polluants, l’alimentation est la principale source d’exposition.
  • En France, environ 32 000 décès par an sont attribuables à la pollution atmosphérique, soit environ 6 % de la mortalité totale. Plus de la moitié de ces décès est due aux émissions du trafic routier.
  • Dans le monde moderne occidental, le plus souvent, la population générale est le plus en contact avec les environnements intérieurs : habitation, locaux professionnels, bâtiments publics, etc.
  • Dans une logique d’économie d’énergie, les environnements intérieurs deviennent de plus en plus hermétiques à l’air extérieur, ce qui diminue le renouvellement de l’air dans les bâtiments. En parallèle, le nombre de sources de substances chimiques a augmenté dans les environnements intérieurs : produits ménagers parfumés, désodorisants d’intérieur, meubles en bois agglomérés…

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Praticien environnement William Dab3

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Quelques extraits en lien avec la thématique « Santé des enfants et environnement »

Bien que les résultats de l’expérimentation animale doivent être interprétés avec précaution, plusieurs études chez l’animal ont montré qu’une exposition chronique aux téléphones portables, aux micro-ondes et aux champs radiofréquences n’induisait pas de tumeurs. Leurs résultats sont consistants et indiquent que les effets carcinogènes sur le rongeur n’apparaissent pas à des niveaux de DAS inférieurs à 4 W/kg. Finalement, même si nous avons peu de recul quant aux expositions à très long terme, il est important de noter que, suite à des expositions répétées, il n’a pas été observé d’effet cumulatif qui suggère un risque sanitaire.

La téléphonie mobile actuelle est de moindre puissance par rapport aux systèmes de première génération. L’évolution des nouvelles technologies s’oriente également vers la limitation des émissions. Ces éléments permettent d’anticiper une modération d’un risque éventuel.

Un autre type d’exposition provient des antennes relais de téléphonie mobile, des antennes de radiodiffusion et de télévision. […] L’émission de ces sources est le plus souvent ininterrompue et indépendante du choix de vie des personnes. Principalement pour ces raisons, mais aussi un peu parce que la puissance d’émission d’une station de base dépasse celle d’un mobile, ce type d’exposition suscite le plus d’inquiétudes. Cependant, il est important de considérer que, compte tenu de la distance entre l’utilisateur et ces équipements, la puissance absorbée par l’organisme est de l’ordre de 1 000 à 10 000 fois moindre que lors d’une conversation avec un téléphone portable.

[Concernant les effets sanitaires de la pollution atmosphérique, on] distingue les effets irritants (gorge sèche ou toux) ressentis après une brève exposition de quelques jours ou quelques semaines, et les effets d’une exposition prolongée pouvant n’apparaître qu’au bout de plusieurs années. Cette dernière accroît le risque de sensibilisation allergique, de maladies respiratoires chroniques (asthme, bronchopneumopathie chronique obstructive – BPCO – ou cancer) et d’atteinte fonctionnelle pulmonaire, ainsi que le risque de décès dû à ces maladies. Pour toutes ces pathologies, le risque est significativement élevé chez les personnes les plus exposées.

Les principales sources de polluants intérieurs sont les cheminées à foyer ouvert, les chauffages, les matériaux de construction, les produits de nettoyage, les systèmes de climatisation, le sol sur lequel les bâtiments sont construits, la literie et l’ameublement, les lésions causées par l’humidité et les moisissures, les animaux, ainsi que la pollution provenant de l’extérieur. Par ailleurs, pour réduire la consommation d’énergie, les bâtiments sont devenus plus étanches, réduisant ainsi la ventilation des locaux et l’élimination des polluants intérieurs.

L’épandage d’insecticides dans son ensemble est classé comme un facteur cancérogène probable par l’OMS.

Les particules Diesel stimulent une réponse allergique […]. Ces altérations seraient d’autant plus aptes à conduire au développement d’un asthme que l’exposition se produirait précocement, durant les premières années de vie.

Pour la plupart des médecins, le rôle de l’environnement sur la santé n’a rien d’évident. Ils entendent un discours ambiant souvent teinté de catastrophisme. Leurs patients leur posent des questions pour lesquelles ils sont souvent démunis : la catastrophe de Tchernobyl, les incinérateurs d’ordures ménagères, les antennes-relais pour la téléphonie mobile, les pesticides, constituent-ils une menace pour la santé ?

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La suite de cette chronique se trouve ici : Ce que les médecins doivent savoir en santé-environnementale, avec William Dab (4/4)

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Cette chronique met en avant l’importance de protéger les enfants des substances préoccupantes, car les effets potentiels pourraient être graves et pérennes. Ce blog a pour mission de vous aider et de vous accompagner dans votre démarche ! Pour vos premiers pas, vous pouvez vous appuyer sur le guide gratuit téléchargeable ci-dessous.

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Photo par Danny Molyneux

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Sensibiliser les enfants avec des livres illustrés ? Ca m'intéresse !
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