7 astuces pour réduire l’exposition des femmes enceintes à la pollution de l’air

La vigilance s’impose, surtout lorsqu’on attend un enfant. Car bien des études démontrent que des polluants, divers et variés, affectent l’organisme de la future maman, troublent le bon déroulement de la grossesse ou entravent la croissance du fœtus. – Pr René Frydman

L’air frais des champs ; voilà notre vraie place. – Goethe

 

Bonjour à tous

Pour une même exposition, les effets sanitaires seront plus grands dans certaines périodes d’âges de l’enfant, appelées « fenêtres de vulnérabilité ». La vie intra-utérine est une des fenêtres de vulnérabilité les plus sensibles : comment protéger les femmes enceintes des pollutions ?

 

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Les fenêtres de vulnérabilité vues par iamo’i’s

 

Cet article présente sept moyens simples pour réduire leur exposition aux pollutions de l’air. Ces sept moyens sont issus des recommandations officielles de l’Agence de protection de l’environnement des Etats-Unis [1, 2] :

 

  1. Faites de votre maison et de votre voiture des lieux non-fumeurs. L’exposition à la fumée de cigarette pourrait, notamment, perturber le développement des poumons du bébé et altérer ses futures capacités intellectuelles. [6]
  2. Consultez les prévisions de qualité de l’air, puis programmez vos activités physiques les jours où les niveaux d’ozone et de particules sont au plus bas. Ces deux niveaux, ainsi que l’indice ATMO (caractérisant la qualité globale de l’air) sont disponibles sur le site Internet de PREV’AIR [3] ou de votre AASQA régionale [4].
  3. Ne pratiquez pas d’activité physique à proximité de routes à fort trafic, où les niveaux de particules dans l’air sont souvent très élevés. [6]
  4. Si vous prévoyez de repeindre la future chambre du bébé, limitez au maximum votre exposition aux Composés Organiques Volatils (COV) émis par les peintures. Par exemple : trouvez quelqu’un pour peindre à votre place, choisissez des peintures à l’eau plutôt que des peintures à l’huile (contenant généralement des solvants), choisissez des peintures émettant peu de COV (étiquetées A+), aérez fréquemment une pièce qui est en train d’être peinte ou qui vient de l’être, etc. [6]
  5. Utilisez des produits ménagers naturels. Par exemple : le bicarbonate de soude peut être utilisé pour nettoyer la graisse des plats ou des fours ; un mélange d’eau et de vinaigre permet de nettoyer et de désinfecter les surfaces comme les plans de travail, etc. [6]
  6. Ne brûlez pas d’encens dans votre maison. Les émissions liées aux encens « peuvent être une source majeure de pollution de l’air intérieur » [2, 6], notamment concernant les particules fines.
  7. Si vous êtes équipée d’un chauffage au bois, respectez les bonnes pratiques permettant de réduire les émissions de particules, d’Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP) et de monoxyde de carbone (CO) : faites-le entretenir et réviser tous les ans avant sa remise en marche ; faites ramoner votre installation deux fois par an ; ne brûlez jamais de plastiques ou de déchets ; utilisez du bois bien sec, sous forme de petites bûches, en privilégiant la technique de « l’allumage inversé » [5] ; etc. Si vous êtes équipée d’un appareil datant d’avant 2002, envisagez d’installer un nouvel appareil. Si vous utilisez une cheminée ouverte pour le chauffage, envisagez l’installation d’un insert [5].

En juillet 2016, j’ai participé à la conférence internationale Indoor Air [7], qui rassemblent des chercheurs du domaine de la qualité de l’air intérieur. L’impact du chauffage au bois a fait partie des sujets les plus abordés au cours de la conférence. De plus, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) subventionne actuellement plusieurs projets sur ce même thème, par l’intermédiaire de son programme de recherche CORTEA [8]. Ces deux informations me paraissent indiquer que le chauffage au bois fait partie des sujets de préoccupation actuels, en matière de qualité de l’air intérieur. Je vous invite donc à être particulièrement prudents sur ces aspects.

 

Connaissiez-vous ces recommandations permettant de diminuer son exposition à la pollution de l’air ? Faites-vous plus attention à suivre ces recommandations lorsqu’une femme enceinte est à proximité ? Partagez vos retours d’expérience dans les commentaires !

 

Références :

  1. Promoting Good Prenatal Health: Air Pollution and Pregnancy. US EPA, 2010. http://www2.epa.gov/sites/production/files/2014-05/documents/ochp_prenatal_fs_7_10.pdf
  2. Candles and Incense as Potential Sources of Indoor Air Pollution: Market Analysis and Literature Review. USEPA 2001 – http://nepis.epa.gov/Adobe/PDF/P1009D5G.pdf
  3. Plate-forme nationale de prévision de la qualité de l’air – http://www2.prevair.org/
  4. Associations Agréées pour la Surveillance de la Qualité de l’Air – http://www.atmo-france.org/fr/index.php?/200804119/carte-des-aasqa/id-menu-46.html
  5. Se chauffer au bois. ADEME 2014. http://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/se-chauffer-au-bois-7368.pdf
  6. Frydman R. Environnement et grossesse. Hachette Pratique 2011.
  7. ONférence internationale INDOOR AIR 2016 – http://www.indoorair2016.org/ (consulté le 18/08/2016)
  8. Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) – programme de recherche COnnaissances, Réduction à la source et Traitement des Emissions de polluants dans l’Air (CORTEA) – https://appelsaprojets.ademe.fr/aap/CORTEA2014-59 (consulté le 18/08/2016).

Photo par Steven Lee

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17 Commentaires

  1. Mi-Ko

    Bonjour Guillaume !
    Pour ma part, je connaissais globalement presque toutes ces recommandations, mais des précisions et un rappel font toujours du bien 😉
    Par contre, j’avais jusqu’à maintenant peu accordé d’attention aux encens, c’est utile à savoir, d’autant plus que c’est trompeur, je trouve, car c’est souvent associé à une connotation de bien-être, tradition nature, etc.

    Répondre
  2. Guillaume (Auteur de l'article)

    Hello Mi-Ko !

    De tes commentaires je comprends que tu as déjà eu l’occasion de creuser ces sujets, c’est super 🙂 Personnellement, le degré de « robustesse » de ces recommandations n’était pas toujours très clair. Autour de moi pas mal de gens faisait des remarques du style « ce n’est pas très sérieux tout ça, cela provient d’associations assez alarmistes ». Les trouver dans un document de l’USEPA, organisme de référence à l’international, leur donne une certaine assise 😉
    Comme tu le sais probablement, il y a plusieurs sources classiques de pollution de l’air intérieur. Aujourd’hui on essaye de les comparer les unes par rapport aux autres, afin de prioriser les mesures de prévention/protection. Et de ce que j’ai lu, brûler de l’encens semble être une des principales sources de pollution intérieure !

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  3. Flore

    Vous touchez là du doigt une question que je me pose souvent : quelle crédibilité accorder aux recommandations officielles ?
    Personnellement, sur le sujet de la nutrition/santé, je suis convaincue qu’il y a des choses à retenir, et d’autres à oublier ! Les lobbyistes de l’agro-alimentaire savent très bien faire leur travail…
    Qu’en est-il dans ce domaine ? Guillaume, as-tu pu creuser la question et te faire une opinion personnelle ?

    Répondre
  4. Guillaume (Auteur de l'article)

    Ce que je peux te dire c’est que, au travers de mon métier, je suis parfois amené à participer à des prises de décision publique, en tant qu’appui technique, portant sur des mesures de gestion visant à réduire le risque pour les populations. Pour celles que je connais, je n’ai pas assisté à une pression de lobbyistes industriels qui ait eu une influence importante sur la décision finale.

    Bien sûr cela a été le cas par le passé (je pense à l’amiante ou à la chlordécone par exemple), et cela doit parfois être le cas encore aujourd’hui, mais bien sûr on se fait aussi souvent des films et des « théories du complot ».

    Personnellement, sur la base des décisions que j’ai pu observer, le premier défaut des recommandations publiques me parait être de venir souvent très (trop) tardivement après les premiers éléments scientifiques crédibles, après moultes discussions et validations, très chronophages.

    Dans les exemples que tu donnes, j’imagine que tu as en tête des choses comme le lait, le sucre, le blé, les graisses hydrogénées, etc. En fait, peu importe le sujet en nutrition : il y a beaucoup d’écoles et d’opinions différentes. Au delà des intérêts économiques, j’imagine que cela ne doit pas être évident pour le décideur de se faire un avis et de pendre une décision à enjeux, avec autant d’éclairages différents autour de lui.

    Pour répondre à ta question sur mon opinion personnelle : je n’en ai pas de « robuste » à ce jour. Et pour le moment, je ne suis pas dans une position de défiance par défaut, mais je compte plus moi que sur les pouvoirs publiques pour que ma famille soit en bonne santé

    Je serais intéressé que tu partages avec nous les éléments qui te paraissent justifier une perte de confiance vis-à-vis de la décision publique

    Répondre
  5. Emrys

    Un article clair et concis ! merci encore

    Répondre
  6. Guillaume (Auteur de l'article)

    cool 🙂

    Répondre
  7. Julien du blog Voyage Baby

    Bonjour Guillaume,

    Intéressant et bien documenté ton article. Bravo et merci !

    Je découvre ton article en faisant des recherches sur les risques liés à la pollution de l’air lorsqu’on voyage avec un bébé.
    Je viens de publier cet article à ce sujet : http://www.voyagebaby.com/2015/10/comment-proteger-bebe-de-la-pollution.html

    J’aurais aimé savoir ce que tu en pensais. Est-ce que par exemple la recommandation de respirer de préférence par le nez en cas de pic de pollution est effectivement avéré par des études sérieuses ?

    Et en cas vraiment de très gros pic de pollution, comme on peut en voir régulièrement dans certaines grosses mégalopoles pas forcément en France, vois tu des recommandations qui s’appliquent alors plus spécifiquement ?

    Au plaisir de te lire et d’échanger avec toi.
    Julien du blog Voyage Baby Article récent : Comment protéger bébé de la pollution de l’air ? Notamment quand on voyage…My Profile

    Répondre
  8. Guillaume (Auteur de l'article)

    Salut Julien

    ok super, merci 🙂

    Ce sujet est sur « ma liste de travail », et je pense qu’il va me demander du temps car cette problématique me parait, a priori, la plus compliquée à gérer en termes de réduction des expositions.

    Je viens de lire ton article, qui me parait une très bonne base. Au feeling, je rajouterais une ligne sur les prévisions : si elles annoncent un pic de pollution (il existe différents types de valeurs repères, qui permettent d’apprécier le niveau du pic), prévoir des « plans B » d’activités en dehors de la ville. Pour faire le lien avec le thème de ton blog : par exemple si tu és en voyage à Pékin, planifier une visite de la grande muraille ce jour là plutôt que de la Place Tian’anmen.

    Sujet à creuser donc, mais je ne m’attends pas à trouver de solution miracle pour réduire l’exposition. Habiter ou visiter une grande ville est un choix multi-critères, dont la santé fait partie. Le reste des actions qui sont en notre pouvoir me semblent plus porter sur « faciliter l’élimination des polluants ».

    Pour te répondre : je n’ai pas spontanément croiser de recommandation robuste concernant la respiration par le nez. Les poils du nez peuvent servir de premier filtre, pour les plus grosses particules, mais pour celles de quelques microns de diamètre, les plus préoccupantes, je ne vois pas bien comment cela peut aider.

    Oui au plaisir de futurs échanges, je trouve que le thème de ton blog est très enthousiasmant !

    Répondre
  9. Julien

    Merci Guillaume,

    J’ai ajouté ta recommandation « plan B » en cas de pic qui me semble judicieuse. J’aime bien l’idée d’anticiper ce genre de situation plutôt que de la subir totalement.

    Pour la respiration par le nez, ok à vérifier donc.

    De même je vais suivre ton blog avec le plus grand intérêt car je suis de plus en plus préoccupé de tous ces problèmes d’environnement, j’y fais de plus en plus attention en voyage mais aussi au quotidien.

    En tant que papa parisien, j’en subit déjà certains effets, et ma femme est enceinte en ce moment, donc je vais suivre aussi les recommandations de ton article…

    Merci pour ta réponse et à très bientôt j’espère
    Julien Article récent : Comment protéger bébé de la pollution de l’air ? Notamment quand on voyage…My Profile

    Répondre
    1. Guillaume

      Je suis Parisien également, avec une femme enceinte à la maison, je comprends très bien.
      Merci pour tes mots gentils par mail.
      A bientôt alors !

      Répondre
    2. Guillaume (Auteur de l'article)

      Salut Julien.
      Au cas où tu suis encore les commentaires de cet article : je viens de lire de René Frydman « Grossesse et environnement » où il mentionne « D’après certaines recherches, la consommation d’antioxydants pourrait contribuer à protéger de la pollution de l’air. Alors, mangez des mûres, des prunes, des framboises, des fraises ou des artichauts, du chou rouge, des asperges, des brocolis. ». Intéressant, à approfondir !

      Répondre
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