10 bienfaits pour la santé des enfants apportés par… l’habitude de grimper aux arbres !

Un enfant qui n’a jamais eu le droit de grimper à un arbre, de s’éloigner de ses parents ou de craquer une allumette ne saura pas mesurer le danger ni maîtriser ses gestes, ne connaîtra par l’expérience ni la nature ni son propre corps, et c’est celui-là même qui courra le plus grand danger. – Marie Gervais

Laissez les enfants grimper aux arbres. – Richard Louv

 

Bonjour à tous !jeux-risques-nature-exterieur

Grimper aux arbres fait partie des activités « nature » que j’adore partager avec ma fille. Lorsque je vais dans un parc aujourd’hui, je jette systématiquement un coup d’œil aux arbres alentours, pour voir si certains peuvent être grimpés par une petite fille de 4 ans… et je suis assez content de constater qu’ils ne sont pas si rares ! 😉

 

D’une manière générale, passer du temps à l’extérieur, dans la nature, au sein d’environnements arborés, si possible comprenant des eaux de surface, procure de nombreux bienfaits pour la santé des enfants.

L’article d’aujourd’hui se concentre sur les bienfaits associés à l’habitude de grimper aux arbres.

 

Cette habitude pourrait permettre de :

  1. contribuer à inclure une grande variété de mouvements dans le quotidien des enfants [1, 2] : grimper, se suspendre, se balancer, se hisser, redescendre de l’arbre, etc. mobilisent de nombreux muscles et tendons (jambes, dos, bras, hanche…), dont certains peuvent être peu sollicités par les activités inhérentes au mode de vie moderne. Cette variété de mouvements sera plus élevée si l’enfant peut grimper pieds-nus ;
  2. profiter de l’action bénéfique de certaines substances volatiles émises par les arbres. Par exemple, certains composés phytochimiques, comme les phytoncides, induisent une augmentation de l’activité du système immunitaire [3] ;
  3. grâce au niveau d’attention requis, de « pleine conscience » nécessaire pour ne pas tomber, profiter des effets bénéfiques des bains de forêt : augmentation de la capacité de concentration, de l’activité du système immunitaire, de l’activité du système nerveux parasympathique (ce qui caractérise un état intérieur plus calme) ; et en parallèle diminution de la fréquence cardiaque, de la pression artérielle, …
  4. faire travailler le cerveau sur le positionnement et l’orientation du corps dans l’espace, ce qui a été associé avec une amélioration des performances de la mémoire [4] ;
  5. mieux comprendre ses propres limites et la notion de risque [5, 6]. En particulier, grimper aux arbres fait partie des « activités extérieures à risque » associées à des effets positifs sur plusieurs indicateurs sanitaires et comportementaux : niveau général d’activité physique, temps total passé à jouer avec les autres, compétences sociales (établissement et entretien de liens sociaux de qualité, facilité à l’interaction, résilience, …), risque de blessure (!!), comportements antisociaux (agressivité, isolement, …), créativité, etc. ;
  6. générer des occasions de « jeu libre dans la nature », non structuré et non dirigé par des adultes, auquel sont associés de nombreux bienfaits pour le bien-être des enfants [7] : physiques, émotionnels, sociaux et cognitifs ;
  7. contribuer à un meilleur développement physique. Certains experts alertent : « aujourd’hui les enfants ont moins de force musculaire comparés à ceux d’il y a 10 ans, parce qu’au lieu de grimper à des arbres ou à des cordes, leur temps de loisir est passé à jouer sur des ordinateurs » [8, 10].
  8. détendre plus efficacement les tensions physique et mentale, comparée à la grimpe d’une tour en béton de même hauteur [9] ;
  9. diminuer le taux d’hormones du stress dans le sang (adrénaline, cortisol, …). Certains chercheurs proposent une explication directement issue de l’approche ancestrale : la vie de nos ancêtres préhistoriques était rythmée par des interactions de type « combat ou fuite » avec de gros animaux ; grimper à un arbre a longtemps été un moyen de ne plus être une proie potentielle. Selon la biologiste Elaine Brooks, « biologiquement et génétiquement, nous n’avons pas changé. […] nos ancêtres ne pouvaient pas courir plus vite qu’un lion, mais nous pouvions grimper à un arbre » [11]. Les enfants d’aujourd’hui rencontrent rarement des lions en liberté 😉 mais grimper aux arbres pourraient les aider à mieux gérer le niveau de stress chronique lié au mode de vie moderne.
  10. prendre du bon temps avec ses enfants !! 😀 Et quand on sait l’importance pour la santé de passer du temps de qualité avec ses proches…

 

Et bien, pour une activité plaisante, simple et gratuite, je trouve ça plutôt pas mal !! 🙂

 

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Pour ceux qui seraient tentés de s’y mettre plus sérieusement, (re)faire le point sur quelques règles de sécurité de base parait le plus prudent. Sans prétendre à l’exhaustivité, voici celles que j’ai spontanément rencontrées au cours de mes recherches :

  • indiquer aux enfants comment reconnaitre une branche trop fragile : morte, trop fine, creuse, partiellement abîmée, …
  • placer son pied sur la branche au plus près du tronc : c’est là qu’elle est la plus solide ;
  • saisir les branches en ayant le pouce opposé aux autres doigts ;
  • lorsqu’on saute depuis une branche, fléchir les genoux pour amortir le contact avec le sol ;
  • avoir toujours au moins deux points d’appui bien stables, dont au moins une main. L’idéal est de revenir à trois points d’appui dès que possible ;
  • ne pas se suspendre la tête en bas (à moins d’être très près du sol) ni pencher la tête en arrière, mais plutôt rester à la verticale ou tourné face au sol ;
  • opter pour une démarche progressive. Par exemple, ne pas monter trop vite trop haut. Dans tous les cas, ne pas forcer un enfant qui a peur.

 

 

Est-ce que cette liste de bienfaits vous a convaincu d’inclure la grimpe d’arbres aux activités classiques de vos enfants ? Pour certains d’entre vous c’est probablement déjà le cas : voyez-vous une autre règle de sécurité importante pour compléter cette liste ? Partagez vos retours dans les commentaires !

 

 

Références :

  1. Bowman K. Blog Nutritious Movement – https://nutritiousmovement.com/blog/
  2. Bowman K. Move Your DNA. Propriometrics Press
  3. Li Q, Nakadai A, Matsushima H et al. Phytoncides (wood essential oils) induce human natural killer cell activity. Immunopharmacol Immunotoxicol. 2006;28(2):319-33.
  4. Alloway RG, Alloway TP. The Working Memory Benefits of Proprioceptively Demanding Training: a Pilot Study. Perceptual and Motor Skills 2015; 120 (3): 766 DOI:10.2466/22.PMS.120v18x1
  5. Brussoni M, Gibbons R, Gray C. What is the Relationship between Risky Outdoor Play and Health in Children? A Systematic Review. J. Environ. Res. Public Health 2015 ; 12, 6423-6454.
  6. University of British Columbia – Public Release: 10-JUN-2015. Risky outdoor play positively impacts children’s health: UBC study.
  7. Burdette HL, Whitaker RC. Play in natural settings – Resurrecting Free Play in Young Children Looking Beyond Fitness and Fatness to Attention, Affiliation, and Affect. Arch Pediatr Adolesc Med. 2005 ; 159(1):46-50. doi:10.1001/archpedi.159.1.46.
  8. Cohen DD, Voss C, Taylor MJD et al. Ten‐year secular changes in muscular fitness in English children. Acta Paediatrica
  9. Gathright J, Yamada Y, Morita M. Comparison of the physiological and psychological benefits of tree and tower climbing. Urban Forestry & Urban Greening 2006 ; 141–149.
  10. Site Internet du journal The Telegraph – Children ‘getting weaker because they don’t climb trees’ – http://www.telegraph.co.uk/news/health/children/8528464/Children-getting-weaker-because-they-dont-climb-trees.html (consulté le 11/09/2016)
  11. Louv R. Last Child in the woods. Algonquin Books
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4 Commentaires

  1. Laura

    Tu n’as pas peur des risques ? Je suis un peu frileuse quand même;)

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  2. Guillaume (Auteur de l'article)

    Oui j’ai peur 🙂 Et comme je pense que viser une vie à « risque 0 » ce n’est pas rendre service à ma fille, je l’expose à des risques qui me paraissent d’un niveau raisonnable et qui la font progresser… en essayant de rester détendu héhé

    Répondre
  3. Emilie

    Mes plus beaux souvenirs d’enfance sont perchés en haut des arbres… Le grand sapin chez mon oncle, dans lequel nous nous lancions des défis de hauteur avec mes cousins, le hêtre du jardin aux branches musclées et solides, ou encore cet énorme cerisier couché au sol par une tempête, aux branches duquel je me suis balancée et promenée inlassablement pendant des jours…

    Merci Guillaume, avec cet article, de contribuer à réhabiliter une pratique que je souhaite à chaque enfant de connaître! 😉

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    1. Guillaume (Auteur de l'article)

      Merci pour ton témoignage inspirant Emilie, qui m’a fait un véritable effet « Madeleine de Proust » : j’ai aussi passé pas mal de temps à jouer dans les branchages d’un grand arbre couché par une tempête 🙂
      Comme sur la notice du jeu il y a marqué « de 7 à 77 ans », je monte aussi avec ma fille aînée à l’occasion, un vrai moment de qualité passé ensemble !

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